L'Armurerie : Un Métier Entre Tradition et Modernité

L'armurerie, un domaine ancestral alliant savoir-faire technique et passion, continue de susciter l'intérêt et de s'adapter aux besoins contemporains. Cet article explore les différentes facettes de ce métier, en mettant en lumière des exemples concrets d'armuriers et l'évolution historique de l'art de la serrurerie, un domaine connexe.

L'Armurerie Le Mêle-sur-Sarthe : Un Service de Proximité

Bien que l'article ne fournisse pas directement les horaires d'une armurerie spécifique au Mêle-sur-Sarthe, il met en avant l'importance des services proposés par les armuriers de proximité. Ces professionnels jouent un rôle essentiel dans le domaine de la chasse et du tir sportif, en facilitant les transactions d'armes entre particuliers, qu'il s'agisse d'armes de catégorie B ou C.

L'armurerie offre également des services de restauration et de nettoyage d'armes, assurant ainsi leur bon fonctionnement et leur pérennité. De plus, elle propose la vente d'armes d'occasion de catégories B, C et D, permettant aux passionnés de trouver l'équipement adapté à leurs besoins et à leur budget. Les armuriers assurent également les transactions entre tireurs ou chasseurs.

Armurerie Anfray et Porier : Passion et Artisanat à Coulonges-sur-Sarthe

L'exemple de l'armurerie Anfray et Porier, située à Coulonges-sur-Sarthe (Orne), illustre parfaitement la passion et l'artisanat qui animent ce métier. Charles Anfray et Quentin Porier, les deux fondateurs, se sont rencontrés à l'école d'armurerie de Liège, en Belgique, et ont concrétisé leur rêve en ouvrant leur propre entreprise.

Leur armurerie propose une gamme complète de services, allant de la réparation à la vente de fusils neufs et d'occasion, en passant par le dépôt-vente. Ils mettent également l'accent sur la personnalisation des armes, en adaptant notamment les crosses aux besoins spécifiques de leurs clients. Pour la fabrication des crosses, ils utilisent du noyer pour ses propriétés mécaniques et esthétiques.

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Dans leur atelier de 120 m2, Charles et Quentin bichonnent les armes qui leur sont confiées, en utilisant des techniques artisanales et des matériaux de qualité. Ils sont à l'écoute des besoins de leurs clients, principalement des chasseurs de la région, mais aussi de régions voisines.

La vente d'armes est soumise à des règles strictes, notamment l'obligation d'être majeur et de détenir un permis de chasse avec une validation en cours ou une licence de tir sportif. L'armurerie ne propose pas d'armes de poing, car elles nécessitent une autorisation spéciale.

Charles et Quentin insistent sur l'importance de l'adaptation aux besoins de chaque client. Ils prennent le temps de comprendre leur pratique de la chasse, leur budget et leurs attentes, afin de leur proposer l'équipement le plus adapté. Ils considèrent leur métier comme un véritable artisanat, où le travail manuel et la passion sont essentiels.

L'Art de la Serrurerie : Un Héritage Historique

L'histoire de l'armurerie est intimement liée à celle de la serrurerie, un art qui a connu un essor important au XVIIe siècle. C'est dans ce contexte qu'émerge la figure de Mathurin Jousse, un maître serrurier dont l'œuvre gravée était recherchée par les amateurs.

Mathurin Jousse : Un Maître Serrurier à La Flèche

Mathurin Jousse, marchand et maître serrurier, est désigné comme tel dans sa dédicace aux Pères Jésuites de La Flèche, ainsi que dans le privilège royal de 1627 l’autorisant à commercialiser la Fidelle ouverture de l’art de serrurier. Établi à La Flèche après une formation de compagnon, il y fréquenta les architectes Martellange et Derand qui construisaient le collège des Jésuites. Il s’intéressa aux travaux et fut employé par le collège pour des enseignements pratiques sur la fabrication d’instruments scientifiques.

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François Le Boeuf souligne que les archives départementales de la Sarthe renferment sous la cote 4 E VIII 16/418 un contrat entre Mathurin Jousse et trois compagnons serruriers pour les ferrures des croisées de l’aile orientale de la « cour des Classes » du collège des Jésuites.

Visiblement, Jousse était habile à confectionner des petits objets en métal repoussé ou moulé. Marchand, maître serrurier, Mathurin Jousse peut aussi être placé au Panthéon des meilleurs ornemanistes.

L'Influence des Jésuites et l'Importance de l'Apprentissage

On retrouve l’influence des Jésuites spécialistes de l’enseignement dans le prologue de l’ouvrage rédigé « pour facilliter en tout mon possible le chemin à ceux qui embrassent l’apprentissage de cest art ». La règle du métier consistait en un apprentissage de cinq à dix ans auprès d’un maître, suivi du compagnonnage pendant environ cinq ans. Si le compagnon accédait à la maîtrise, il pouvait alors ouvrir boutique et atelier.

La Fidelle Ouverture de l'Art de Serrurier : Un Traité Technique Novateur

La Fidelle ouverture de l’art de serrurier, où l’on void les principaulx preceptes, desseings et figures touchant les experiences et operations manuelles dudict art ; ensemble un petit traicté de diverses trempes / le tout faict et composé par Mathurin Jousse de La Fleche. A La Fleche : chez Georges Griveau imprimeur ordinaire du Roy, 1627.

Jousse a à la fois raison et tort quand il écrit : « Personne que je sache ne s’est encore jusqu’à présent ingéré d’en mettre aucune chose par écrit, ains au contraire, ceux qui en ont eu la plus grande connaissance se sont contentés d’une pratique mercenaire sans se soucier d’en découvrir aucune chose à la postérité, ensevelissant avec eux tant de belles et rares expériences qu’un assiduel travail leur avait fait découvrir » (p. 2). Raison, car la transmission des savoirs de maître à compagnon se faisait dans le plus grand secret et sans écrit, depuis l’organisation du métier de serrurier au XIIIe siècle.

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Il demeure que la Fidelle ouverture est l’un des premiers grands essais techniques sur le traitement du fer, essentiellement la trempe. Jousse révèle quelques autres perfectionnements techniques, comme la serrure bénarde qui s’ouvre à clef des deux côtés. Il décrit aussi un ressort en colimaçon, et non plat, car « je peux véritablement dire qu’entre tous les arts méchaniques, il n’y en a aucun qui puisse se parangonner à celuy du serrurier, pour nous être utile et nécessaire. C’est cette considération qui me faict mettre à jour ce traicté » (ch. I, p.

L'Importance du Chef-d'œuvre

L’accès au titre de maître serrurier s’accomplissait en partie par la réalisation d’un chef-d’œuvre composé d’une serrure et d’une clef. La réalisation d’une pièce de maîtrise conformément aux prescriptions des jurés de la corporation pouvait durer deux années pleines. La serrure doit avoir « des ornements et figures ».

Différents savoirs techniques et artistiques étaient mis en jeu : forge, orfèvrerie, armurerie, horlogerie, iconographie ornementale, pour fabriquer ces pièces à secret.

L'Héritage de Jousse et l'Évolution de la Serrurerie

À La Flèche, Mathurin Jousse est leur digne successeur, original dans les modèles qu’il propose dans la Fidelle ouverture de l’art du serrurier . Il montre des décors de couronnement ou foncets de serrures de coffre, des gravures d’écussons, des entrées de clefs (p. 31), une tête de grotesque tenant en laisse deux hippocampes, chimères, bouquetins, aigles, rinceaux, animaux chimériques, figurines en gaine, masques (p. 34, fig. IX).

L'œuvre de Mathurin Jousse témoigne de la richesse et de la complexité de l'art de la serrurerie au XVIIe siècle. Son traité technique, "La Fidelle Ouverture de l'Art de Serrurier", est un témoignage précieux de l'évolution des techniques et des savoir-faire de cette époque.

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