Avenue du Tir à Mons : Une Histoire Riche et Complexe

L'histoire de l'avenue du Tir à Mons est intimement liée à l'histoire de la région, marquée par des événements significatifs et des figures emblématiques. Cet article explore cette histoire, de ses racines à son contexte actuel, en passant par les périodes sombres des guerres et les évolutions industrielles.

Les Origines Rurales et Agricoles de Saint-Saulve

Avant de devenir un lieu associé au tir et aux conflits, la région de Saint-Saulve, où se situe l'avenue du Tir, était principalement rurale et agricole. Au XIXe siècle, l'agriculture tenait une place prépondérante. En 1852, sur les 1 204 hectares de la commune, 1 100 étaient consacrés à l'activité agricole, répartis dans 59 fermes. Les céréales, comme le froment, l'avoine et l'orge, occupaient une place importante, mais de nouvelles cultures, telles que la betterave sucrière et la chicorée, commençaient à gagner en importance. Les productions légumières, notamment les poireaux, les carottes et les navets, valaient aux habitants de Saint-Saulve le surnom de "Choux rouges", alimentant ainsi le marché de Valenciennes.

L'Ère Industrielle et les Transformations de Saint-Saulve

L'essor industriel de la région a profondément transformé Saint-Saulve. La population a connu une croissance significative, passant de 1 355 habitants en 1837 à 2 031 en 1861. Cette croissance démographique a nécessité la construction d'une nouvelle église entre 1863 et 1865, l'ancienne église Saint-Martin étant devenue insuffisante malgré son agrandissement en 1838.

À partir de 1842, le chemin de fer a relié le Valenciennois à Quiévrain, facilitant le transport des marchandises et des personnes. Le quartier du Marais a également connu des bouleversements avec l'aménagement de la zone industrielle de Valenciennes-Saint-Saulve (ZI n°4) en 1971, couvrant une superficie d'environ 150 hectares, dont 134 sur le territoire de la commune.

Dans les années 1950, les premières "cités" ont vu le jour de part et d'autre de l'avenue Jean Jaurès. Les années 1970 ont marqué un tournant avec la création de la ZAC "Centre" (devenue "la Pépinière"), déplaçant le centre de gravité de la commune vers le sud. Cette mutation a débuté en 1970 avec le percement de l'avenue Charles-de-Gaulle et la construction de nouveaux logements.

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La Guerre et l'Occupation : Une Période Sombre

La Première Guerre mondiale a laissé des traces indélébiles dans la région. Les troupes allemandes ont pénétré en France par Quiévrain et se sont emparées du Valenciennois le 25 août 1914. En novembre 1916, le maire, Victor Hornez, a été arrêté pour avoir protesté contre les réquisitions et les mauvais traitements infligés aux ouvriers. Il est resté en prison jusqu'à la fin de la guerre.

En 1917, la statue de la Duchesnois a été enlevée pour être fondue. Le 24 octobre 1918, l'abbé Maës, curé de Saint-Saulve, a été mortellement blessé par un obus anglais. Le bilan pour Saint-Saulve s'élève à 105 militaires et 28 civils tués.

La Seconde Guerre mondiale a également marqué la région. Fin août 1944, à la veille de la Libération, 21 résistants ont été fusillés par les Allemands au champ de tir du Rôleur. Leurs corps mutilés ont été découverts le 6 septembre et exposés dans une chapelle ardente au musée de Valenciennes.

L'Association "La Fraternelle" et les Débuts du Tir à Mons

Les premières traces de l'activité de tir à Mons sont liées à l'association "La Fraternelle". Fondée par l'abbé Sion, cette association regroupait des personnalités telles que M. Monter, J. Buysse, H. Loiseau et les frères Moulard. En 1950, M. d'Alex* en était le président. Les activités de La Fraternelle étaient variées, incluant probablement des compétitions et des entraînements de tir.

Parallèlement à La Fraternelle, d'autres sociétés de Fives ou de La Madeleine existaient également. Cependant, ces activités parallèles ont disparu, transformées en habitations villeneuvoises.

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Le Tir National : Organe Officiel de l'Union Nationale des Sociétés de Tir de France

Le Tir National était l'organe officiel de l'Union Nationale des Sociétés de Tir de France, fondée en 1886 et reconnue d'utilité publique par décret du 20 février 1897. Publié chaque samedi, ce journal contenait des informations officielles et non officielles relatives au tir en France.

Le Tir National fournissait des informations sur les armes utilisées, comme les fusils modèle 1886 et les mousquetons modèle 1892. Des autorisations de détention étaient accordées à certains tireurs. De plus, le journal publiait les records nationaux dans différentes catégories : arme nationale (adultes et jeunesse), arme libre et revolver.

Le Stand de Tir Moderne : Un Projet Réalisé

Après des années de dévouement, le stand de tir a été officiellement inauguré. Cette réception officielle récompense un travail de longue haleine pour le bureau du club, qui s'étale sur plusieurs années. En effet, c'est grâce à sa volonté d'aller de l'avant et de proposer un stand fonctionnel et multidisciplinaire que ce projet a été mené à terme.

L'Occupation Allemande et le Système Répressif

L'Occupation de 1914-1918 a été marquée par un arsenal répressif mis en place par les autorités allemandes pour assurer la sécurité de l'armée. Ce dispositif sécuritaire s'est étendu à la population civile, devenant un instrument de maintien de l'ordre et d'exploitation du pays occupé.

La Zentralpolizeistelle, police secrète allemande, a découpé le pays en cinq secteurs, les Polizeiabschnitte, qui disposaient de bureaux, les Polizeistellen, établis généralement dans des chefs-lieux d'arrondissement. Mons était le siège du Polizeiabschnitt IV, avec des Polizeistellen à Charleroi, Maubeuge, Tournai et Mons.

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Les activités de la police secrète étaient facilitées par les mesures de contrôle de la population et les dénonciations. La Feldgendarmerie, la police militaire allemande, assurait également le maintien de l'ordre.

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