L'architecture "bull-pup", bien que présente dans de nombreuses forces armées à travers le monde, reste méconnue du grand public et n'a rencontré qu'un succès limité auprès des chasseurs. Le concept "bull-pup" a été adopté par de nombreuses forces armées à travers le monde pour réduire la longueur totale de l'arme sans sacrifier la longueur du canon.
Le Concept Bull-Pup : Réduction de la Longueur Totale sans Sacrifier le Canon
Le concept d’arme longue dite « bull-pup » a été adopté de longue date par de nombreuses forces armées à travers le monde, néanmoins en dépit d’une importante exposition médiatique il reste relativement méconnu du grand public et n’a rencontré qu’un succès très limité auprès des chasseurs. Bien que le Famas, le SA-80 et l’AUG représentent l’armement individuel de base de trois grandes armées européennes (la France, l’Angleterre et l’Autriche) il est toujours étonnant de constater que très peu de personnes sont capables d’associer ce fameux anglicisme à une configuration mécanique devant permettre de réduire la longueur totale de l’arme sans pour autant sacrifier à la longueur de son canon. En mettant à profit l’espace habituellement dévolu à la seule crosse, le boîtier de ce type d’armes se retrouve à hauteur du visage du tireur et contrairement aux productions « traditionnelles », le chargeur est donc placé en arrière de la poignée pistolet et du pontet (une spécificité qui permet de l’identifier au premier regard).
Combiné à un mécanisme automatique, la compacité inégalée que confère un design « bull-pup » a encore récemment séduit l’armée australienne puis belge, mais sur le marché civil ses interprétations semi-automatiques ou à répétition, sont cantonnées à des niches quasi confidentielles. Entre restrictions légales et contraintes commerciales ce concept n’est désormais exploité sur le marché du tir et de la chasse que par une poignée de fabricants dont la majorité sont des artisans germaniques. Un seul (l’allemand Gressar) propose encore à ce jour une version semi-automatique - de loin la plus pratique étant donné les contraintes de cette architecture - et ce, sur la base d’une Browning BAR, tandis que tous les autres ont opté pour un mécanisme à verrou (en général un Mauser 98 ou un Blaser R93).
Analyse de la Carabine Crapahute de Gex Dumez
La carabine Crapahute, conçue par l'armurier Dumez de Sallanches, est une arme destinée à la chasse en montagne. Elle est appréciée pour son équilibre, son faible encombrement et sa facilité de transport. Cette arme est idéale pour être glissée dans un sac de randonneur ou portée en sautoir, à l'instar d'une arme militaire.
Caractéristiques et Conception
La Crapahute est fabriquée de manière artisanale par l'Armurerie Gex Dumez depuis le début des années 80. Elle est montée avec une action Mauser 98, ce qui lui confère une grande robustesse et fiabilité. Sa conception de type "bull-pup" est particulièrement intéressante, car elle permet de réduire la longueur totale de l'arme tout en conservant une longueur de canon suffisante pour une bonne précision. Les premiers modèles ont connu des problèmes de fuites de gaz, mais ces problèmes ont été résolus avec les versions ultérieures. Aujourd'hui, il existe même un modèle avec une crosse en Kevlar.
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Spécificités Techniques
- Action: Mauser 98
- Type: Bull-Pup
- Fabricant: Armurerie Gex Dumez
- Destination: Chasse en montagne
Avantages et Inconvénients
Avantages:
- Compacité: Sa conception bull-pup réduit la longueur totale, facilitant le transport en montagne.
- Précision: Les propriétaires rapportent une excellente précision, même avec des calibres puissants.
- Ergonomie: Conçue pour être équilibrée et facile à manipuler en terrain difficile.
Inconvénients:
- Prix: Les modèles avec crosse en Kevlar peuvent être coûteux.
- Complexité: Le réarmement peut être compliqué et l'ergonomie peut dérouter au début.
- Restrictions légales: Les crosses bull-pup peuvent être soumises à des restrictions légales dans certains pays.
Alternatives et Comparaisons
Il existe d'autres options pour la chasse en montagne, notamment des carabines légères et modernes. Cependant, la Crapahute se distingue par son design unique et sa fabrication artisanale.
- Ruger Scout: Une autre option populaire pour le tir de survie, avec un canon de 46 cm, un rail picatinny, et un chargeur 10 cartouches métallique. On crapahute plus facilement avec la scout.
- Tikka T3x CTR: Avec un canon de 50.8 cm, un rail picatinny, et un chargeur 10 coups.
Autres Armes de Type Bull-Pup
Le concept "bull-pup" a été adopté par de nombreuses forces armées à travers le monde pour réduire la longueur totale de l'arme sans sacrifier la longueur du canon. Des armuriers allemands et autrichiens ont également exploré ce concept pour des carabines de chasse.
Pfeifer Safety Rifle : Une Alternative Autrichienne
Deux « outsiders » de ce micro marché, l’allemand Sommer & Ockenfuss et l’Autrichien Pfeifer ont cependant tenté de revoir ce concept au début des années 2000 : le premier avec un mécanisme à répétition par poignée pistolet et le second avec une monocoup dont la plaque de couche fait office de verrou.
Conscient qu’une carabine de chasse « bull-pup » déclinée en version « Kipplauf » serait plus à même de susciter la convoitise de sa clientèle (de tradition germanique et donc majoritairement adepte de l’affût et de l’approche), Christian Pfeifer a tout simplement opté pour le système de verrouillage le plus évident.
Une cinématique inédite
Sa carabine fonctionne en conséquence en sept temps et non pas en cinq comme une monocoup à bascule :
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- Déverrouillage de la plaque de couche en actionnant un petit levier latéral.
- Basculement de cette dernière à 90° pour permettre son ouverture.
- Introduction de la cartouche dans la chambre, celle-ci étant située en haut dans l’axe du canon.
- Nouveau basculement de la plaque de couche pour procéder à la fermeture.
- Reverouillage par l’intermédiaire du levier.
- Armement du percuteur en poussant une queue de détente inversée en avant du pontet.
- Pression de l’index sur un bouton cylindrique protubérant pour obtenir le départ du coup.
Alors tout cela peut logiquement paraître un peu fastidieux, mais pour une « Kipplauf » avec laquelle on est en général censé « faire mouche » à la première opportunité de tir ce n’est somme toute pas choquant. En tout état de cause cette arme n’usurpe pas sa réputation en termes de sécurité car la redondance du dispositif est très rassurante.
Au tir les sensations sont inhabituelles et dérouteront ceux qui sont habitués à une monocoup traditionnelle à éjecteur ou extracteur. Il est donc nécessaire de revoir ses automatismes et ses petites habitudes et ne pas oublier le poussoir d’armement au moment fatidique. Si sa course est d’ailleurs aussi longue que ferme son principal défaut est en fait d’être assez bruyant, mieux vaut donc anticiper son tir, surtout si le gibier se trouve à distance réduite. Ce défaut mineur mis à part, l’équilibre de l’arme demeure en réalité très sain et sa prise en main est facilitée par sa crosse à trou de pouce ambidextre.
A ce propos, il faut préciser que la pente de la crosse est inversée et ne comprend ni joue, ni busc. Pour garantir une prise de visée confortable et efficace il a fallu faire appel à un support de montage rehaussé sur lequel il est possible d’adapter soit un montage « pivotant » ou « deux points », soit un simple rail.
Au chapitre de la compacité la SR2F destinée au marché français a dû gagner une dizaine de centimètres afin d’atteindre une longueur totale lui permettant de se classer en catégorie C. Pour ce faire, on lui a adjoint un frein de bouche inamovible à deux chambres d’expansion qui ne se révèle pas inutile, même si le poids de l’arme (environ 3,3 kg nue) est déjà en soi suffisant pour ne pas craindre un recul trop marqué avec des calibres un peu plus musclés.
En termes de précision le canon flottant Heym de 66 cm ne démérite pas et la détente n’y est bien sûr pas étrangère. Agréable, précise et très maniable cette arme méritait sans conteste tous les efforts nécessaires à son introduction sur notre marché. Dans le sillage de la bien nommée « Crapahute » de François Gex, cette petite autrichienne fait ainsi le bonheur d’un nombre croissant de chasseurs en montagne, conducteurs de chien de rouge et d’amateurs d’armes d’exception parmi les plus exigeants.
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La SR2F destinée au marché français
La Pfeifer « Safety Rifle » est une Kipplauf disponible en 10 calibres standards (du 22-250 au 8x68S) et en 8 calibres magnums (du 270 WSM au 338 Win Mag) fonctionnant par basculement de sa plaque de couche. Elle dispose d’une crosse semi-ergonomique non quadrillée à trou de pouce en lamellé collé ou en noyer, d’un magasin de réserve de 2x1 coup et d’une détente directe sous forme de poussoir subordonnée à un armement séparé et combinée à un indicateur de chambrage par goupille saillante. Dénuée d’organes de visée mécaniques, elle est équipée de série d’un frein de bouche, d’une plaque amortissante (lisse de 1,5 cm ou ventilée de 2,5 cm.) et d’anneaux de grenadières. En option sont disponibles une canonnerie inox, une crosse en noyer ou en lamellé collé foncé, ou encore une détente réglable par vis et à sécurité à clé.
Choix du Calibre et de l'Optique
Pour la chasse en montagne, le choix du calibre est crucial. Le .270Win est un bon calibre polyvalent car il ne cogne pas trop, y compris sur les armes relativement légères. Il est aussi très répandu, possède de nombreux chargements et il n'est pas cher. Il est important de choisir une optique de qualité avec une bonne distance oculaire pour préserver votre arcade sourcilière lors des tirs en hauteur.
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