Avis de Décès Mahboubi Tir : Une Saga Familiale Entre Tradition et Tragédie à Marseille

Libra Memoria rassemble les avis de décès publiés dans la presse, transmis par les pompes funèbres, qui sont de véritables témoignages de vies riches. Ces avis révèlent l'empreinte profonde laissée dans nos cœurs par ceux qui nous ont quittés. Cet article explore le contexte complexe entourant les décès liés à la famille Tir, notamment dans la région de Marseille et au-delà.

Un Nom Respecté, une Rue et des Racines Algériennes

Aux origines de l'histoire de cette famille à Marseille, il y a la venue dans les années 1950 de Mahboubi Tir, un Berbère algérien, bientôt propriétaire d'un commerce d'alimentation. Un des aïeuls des Tir, un épicier prénommé Mahboubi, a donné son nom à une rue près de la cité de la Busserine (14e). En Algérie, ces deux grandes tribus que sont les Tir et les Remadnia partageraient une aïeule commune.

La Guerre des Clans à Marseille : Un Contexte de Narcobanditisme

À Marseille, ils s'exterminent les uns après les autres pour le contrôle du très juteux plan stups de la cité Font-Vert (14e). Dès ce matin, la cour d'assises des Bouches-du-Rhône à Aix va être amenée à juger un nouvel épisode de la sanglante vendetta qui oppose les deux familles depuis près de dix ans.

L'Engrenage de la Violence : Chronologie d'une Vendetta

Pendant un certain temps pourtant, les équipes Tir, associés aux Berrebouh et Remadnia, ont semblé avoir trouvé un terrain d'entente, une sorte de gentlemen's agreement. "Chacun des clans se gavait, Font-Vert, c'était un supermarché de la drogue : les Tir dans la tour C et les Remadnia dans la tour K", continue notre source. Jusqu'en 2010. Karim Seghier, proche des Remadnia, est tué "sur fond, selon des renseignements, de carottage mais aussi d'une séquestration qu'il aurait faite sur un Tir". "Et là c'est parti en vrille", assure un haut gradé de la PJ.

2011 : Saïd Tir, le grand-père de 59 ans que l'on qualifiait alors de "caïd des quartiers Nord", est abattu en avril 2011 à La Cabucelle, "mais ça n'était sans doute pas lié à ce début d'antagonisme, il ne faut pas oublier qu'il était proche de Berrhama, selon un enquêteur. En revanche, les minots, eux, ils se sont charclés". Son grand-père Saïd Tir, s'il faisait dans le commerce comme son illustre oncle Mahboubi, épicier respecté de La Busserine, avait plutôt choisi, lui, d'exercer dans l'ombre des réseaux de cannabis. "Quand je serai mort, toute la famille sera prise pour cible", aurait-il prévenu Eddy, qui a vu trois de ses oncles tomber sous les balles et a lui-même réchappé à une tentative d'assassinat quelques mois après la mise à mort de Saïd. La prophétie du grand-père se réalisant année après année, des exécutions "préventives" auraient été planifiées.Deux mois plus tard, c'est le beau-frère de Saïd, Akim Grabsi, 42 ans, qui est abattu de plusieurs tirs dans la tête alors qu'il circule sur le boulevard National, dans le troisième arrondissement de la cité phocéenne.

Lire aussi: Notre avis sur le pistolet à eau électrique AWA

2012 : Farid Tir, 39 ans, est criblé de balles en rentrant chez lui à Saint-Mauront en avril 2012. Puis Farid (son homonyme), le 11 avril 2012, dans sa voiture, alors que l'homme de 40 ans rentrait chez lui.

2014 : Karim Tir, alias Charlie, qui tentait de se "ranger des camions" dans son nouveau rôle de manager de Jul, à l'époque à ses débuts de rappeur, est lui aussi éliminé en juin 2014 à Asnières, en région parisienne, d'une balle tirée en pleine poitrine. Condamné pour trafic de drogues en 2009, il avait monté un label de musiques et était connu pour être le manageur du rappeur Jul. En parallèle, les enterrements se succèdent aussi dans le clan Remadnia : en juillet 2014, "Zak", 23 ans, soupçonné d'être impliqué dans l'assassinat de Karim Tir mais aussi dans celui de Medhi Berrebouh sur Plombières, tombe sous les balles à Sainte-Marthe. Zakary, 24 ans, a été criblé de balles le 18 juillet 2014 sur un rond-point de Sainte-Marthe (14e).Le 18 juillet suivant, vers 20 h, "l'étudiant" était renversé de son T-Max par une Golf noire, rue Jean-Queillau, au coeur du territoire convoité. Alors qu'il prenait la fuite en courant, il était rattrapé par les deux occupants cagoulés de la voiture, armés d'une arme de poing et d'une kalachnikov. Vingt-trois balles, dont quatre au niveau de la tête, atteignaient la jeune victime, exécutée en plein jour au milieu de la circulation dense d'une soirée d'été. Le geste criminel étant aussi sauvage qu'imprécis, quatre balles se logeaient dans la voiture d'une automobiliste et une autre traversait la chambre d'une habitation voisine…

2016 : Eddy Tir, dans le box des accusés des assises en novembre 2016. En 2016, le parquet de Marseille avait publiquement prêté à cette famille une rivalité avec un autre clan, les Remadnia, dont certains tremperaient dans les « stups ». On soupçonne Eddy Tir d'avoir commandité depuis sa prison l'assassinat de Zakary Remadnia en 2014, mais ce crime reste pour l'heure irrésolu et un épais mystère entoure les autres, même si des équipes de tueurs ont été identifiées autour des deux familles et arrêtées.

2017 : Deux ans plus tôt, c'est son cousin Ilyas, dit "Jojo", qui avait été abattu. Après quatorze ans de prison, son grand frère Mehdi, surnommé "l'Ours de Font-Vert" et décrit comme le leader du clan, est lui aussi tué à Allauch en février 2017.

Récentes : Farid Tir, il y a un mois aux Pennes-Mirabeau, est sans doute encore à lier à cela. Quand les enquêteurs finissent par identifier vendredi l' un des hommes abattus quelques heures plus tôt dans un hôtel marseillais, son nom leur est assurément familier. Non seulement parce que, dans le sud de la France, Farid Tir, 29 ans, est bien connu des services comme celui d'un caïd de la drogue.

Lire aussi: Tout savoir sur le Fusil Jager Calibre 12

Les Accusations et les Procès

Dans le box, Hichem Tir, 34 ans, et son neveu, Eddy, 29 ans, accusés d'avoir commandité le crime, dont l'exécution aurait été confiée à Sofiane Agueni, "lieutenant" de leur associé en affaires, Medhi Berrebouh, abattu trois mois plus tôt. À leurs côtés, quatre autres "petites mains" du clan "Tir-Berrebouh", qui auraient participé de près ou de plus loin au "meurtre en bande organisée". Selon le juge, qui avait décidé de renvoyer tout le monde devant le tribunal correctionnel avant que la cour d'appel n'estime que les faits relevaient bel et bien des assises, le plan aurait été fomenté par le jeune Eddy Tir. Depuis sa cellule de la prison de Luynes, où il purge une peine de vingt ans pour l'assassinat d'un adolescent à La Castellane. Par l'intermédiaire de sa mère, Eddy lui aurait même remis une sorte de "trombinoscope" avec le nom et la photo de ceux qu'il fallait éliminer, sur lequel figurait notamment Zakary Remadnia.

Les Enquêtes et les Écoutes Téléphoniques

Tout le scénario, les enquêteurs le tenaient, ou l'avaient déduit, d'une série d'écoutes téléphoniques. Dès la mort de Medhi Berrebouh, quelques-uns de ses proches, dont Eddy Tir en prison et Sofiane Agueni, avaient été écoutés. Et suivis presque à la trace grâce aux différentes bornes. En garde à vue, s'ils n'ont guère pu nier les conversations écoutées, les protagonistes leur ont donné une signification différente. Admettant avoir été un peu contrariés par tous ces morts, ils auraient projeté, un temps, des représailles. Mais après réflexion, ils y auraient renoncé. Finalement, même si Zakary Remadnia, vert de jalousie depuis que les Tir géraient le rappeur "Jul", et même s'il était soupçonné d'être impliqué dans l'élimination d'un ou deux frères, il était "un cousin avec qui on avait grandi" et avec lequel on entretenait de "bonnes relations". Les jurés ont jusqu'au 11 octobre pour croire, ou pas, à cette tragique fable familiale.

La Complexité des Clans et des Motivations

"Entre les membres de ces familles, ceux de la famille Berrebouh qui était affiliée aux Tir, et les affidés des Remadnia, notamment ceux qui ont depuis formé ce que l'on appelle l'équipe de Marignane, cette guérilla a engendré une vingtaine de règlements de comptes", assure un fin connaisseur. Pourtant, rares sont les affaires élucidées au coeur de cette guerre, dont plusieurs batailles mortelles sont encore à l'instruction.

Au-Delà du Banditisme : Une Communauté Diverse

Les Tir ne sont pas tous impliqués dans le banditisme, soulignait L'Express en 2016. « L'immense majorité des quelque 300 membres du vaste clan Tir est, en effet, totalement inconnue des services de police », écrivait l'hebdomadaire. C'est l'histoire de deux tribus chaouis venues s'installer en France il y a des décennies, composées essentiellement de gens très bien, impliqués en politique pour certains, dans la vie associative et commerciale pour d'autres. Deux clans dont la came a sali, depuis un peu moins d'une décennie, les patronymes, mais dont la majorité des membres répètent pourtant à l'envi que jamais ils ne renieront leur nom.

Lire aussi: Le Fusil Mixte : Analyse complète

tags: #avis #de #deces #mahboubi #tir

Articles populaires: