Balle Incendiaire Calibre .50 : Fonctionnement, Types et Sécurité

La balle incendiaire de calibre .50, une munition spécifique de la célèbre cartouche .50 Browning, est conçue pour initier des incendies à l'impact. Cet article explore en détail le fonctionnement de cette munition, les différents types existants, les armes qui l'utilisent, ainsi que les précautions de sécurité essentielles lors de sa manipulation.

La Cartouche .50 Browning : Un Aperçu

Découvrez la très célèbre “.50 Browning” (calibre de 0.5 pouce, soit 12,7 mm), une cartouche américaine emblématique datant d’avant la Seconde Guerre mondiale. C’est certainement la balle ou la cartouche la plus courante, avec celles du Mauser et du Lebel. Qui n’en a pas, un jour, découvert un spécimen ?

Cette cartouche de mitrailleuse, mise en service en 1923, fut la plus employée de par le monde. Son étui est à gorge, généralement en laiton, bien qu’il ait aussi été fabriqué en acier laqué.

Usages Multiples de la Cartouche .50 Browning

Cette fameuse cartouche US était initialement tirée à partir des mitrailleuses d’ailes ou de tourelles d’avions à hélices, engagées pour la chasse, l’attaque au sol ou le bombardement. Son usage s’est ensuite étendu : on la retrouvait également à bord de vedettes fluviales, de chalands de débarquement, et elle servait de projectile secondaire par les chars de combat en complément d’obus antichars ou antipersonnel. Elle pouvait même constituer l’armement principal des véhicules blindés ou non, de toutes catégories.

Dimensions Moyennes de la Cartouche .50 Browning

Pour une meilleure compréhension de ses dimensions, voici les cotes moyennes de la cartouche :

Lire aussi: Législation concernant les pistolets à balles caoutchouc

CaractéristiqueDimension
Diamètre de la balle12,95 mm
Diamètre de l’étui au collet14,08 mm
Diamètre de l’étui à la base20,28 mm
Diamètre de l’étui au culot20,35 mm
Longueur de l’étui99 mm
Longueur totale138 mm

Armes Utilisant la Cartouche .50 Browning

La cartouche .50 Browning est principalement utilisée par les mitrailleuses Browning M2 et M3. Ces armes automatiques, fabriquées lors de la Seconde Guerre mondiale, étaient alimentées par des bandoulières à cartouches et refroidies par air.

La M2 est transportable par quelques hommes, à condition de ne pas emporter trop de munitions. Une bandoulière métallique est utilisée pour introduire les munitions dans l’arme. En remplaçant certains éléments de la mitrailleuse, les munitions peuvent être introduites du côté gauche ou droit. Elle était et est toujours utilisée en appui d’infanterie au sein des compagnies d’armes lourdes, avec une cadence de tir de 450 à 550 coups/minute et une portée efficace de 1830 mètres. Le chargeur de la M2 contient 150 cartouches en bande panachée. La mitrailleuse est capable de tirer au coup par coup ou en rafales automatiques.

Évolution des Projectiles : Des Modèles Initiaux aux Balles Modernes

Le premier modèle de projectile était bi-ogival pointu, avec un noyau en acier doux contenu dans une enveloppe de plomb et une chemise en tombac (un alliage de cuivre et de zinc). En 1931, elle fut remplacée par la balle M1, qui comportait un noyau en acier doux, une coiffe en plomb et une chemise en tombac, l’ensemble d’un poids de 48 g. En 1941, apparut la balle M2, conçue de la même manière mais plus légère, pesant 45,4 g. Elle fut ensuite remplacée par la balle M33.

Les Différents Types de Munitions .50 Browning

Au fil du temps, différents types de balles ont été développés pour la .50 Browning, adaptées à des usages spécifiques.

  • La cartouche à balle incendiaire M1 : Adoptée en 1941, cette cartouche est bi-ogivale et pointue. La balle est constituée d’un manchon en acier, obturé à la base par un bouchon en plomb. L’espace laissé libre entre le noyau creux et la chemise est occupé par une matière incendiaire. Sa pointe est de couleur bleu ciel.
  • La cartouche à balle perforante-incendiaire M8 : Adoptée en 1943, la cartouche à balle perforante-incendiaire M8 est également bi-ogivale et pointue. La balle comporte un noyau en acier dur, une base en plomb et une chemise en tombac. L’espace laissé libre au niveau de l’ogive est occupé par la composition incendiaire. Sa pointe est de couleur argentée.
  • La cartouche à balle perforante M2 : Plus légère (45,4 g) mais conçue de la même manière que la précédente, la cartouche à balle perforante M2 fut adoptée en février 1941. Sa pointe est de couleur noire.
  • La cartouche à balle traçante M1 : La cartouche à balle traçante M1, ogivale, pointue et à base plate, fut adoptée en 1931. La chemise est en tombac ou en acier cuivré. Elle renferme à l’avant un noyau de plomb et à l’arrière une composition traçante avec un plot d’amorçage.

Composition et Fonctionnement des Munitions Incendiaires

Les cartouches incendiaires ont été utilisées pour la première fois lors de la Première Guerre mondiale et sont composées majoritairement de phosphore. La plupart des projectiles incendiaires modernes sont composés de substances explosives et incendiaires. Parmi ces munitions, on compte la munition HEI (High-explosive-incendiary) de calibre 20, 25 ou 30mm utilisées principalement dans l’armée contre des tanks, véhicules blindés, bunkers, navires de guerre etc. Ces cartouches fonctionnent à la manière des bombes incendiaires ou fougasses incendiaires utilisées lors de la Seconde Guerre Mondiale. Une charge explosive initiait le matériau inflammable contenu dans la cartouche. Les cartouches explosives contiennent environ 1 gramme de nitrocellulose ou de tétryl contenu dans une amorce placée dans la tête du projectile ou au milieu de celui-ci.

Lire aussi: Tout savoir sur la poudre pour balles

Sécurité et Manipulation des Munitions Incendiaires

Il est crucial de ne pas manipuler des munitions dont on ignore la composition et l'état. Si vous trouvez une munition suspecte, il est impératif de contacter les forces de l'ordre pour qu'elles puissent intervenir en toute sécurité.

Couleurs des pointes des munitions de Cal.50 BMG :

  • Pointe sans couleur = Balle normale
  • Pointe couleur noire = Balle blindée (perforante)
  • Pointe couleur bleue = Balle incendiaire
  • Pointe couleur rouge = Balle traçante
  • Pointe couleur aluminium (argent) = Balle blindée-incendiaire
  • Pointe couleur rouge et aluminium = Balle blindée-incendiaire-traçante

Une ogive incendiaire est généralement au phosphore donc potentiellement dangereuse, surtout si c'est du phosphore blanc. Le mieux est de s'en séparer pour éviter tout accident.

Composants Essentiels d'une Munition

Une munition est constituée de plusieurs composants essentiels, chacun ayant un rôle spécifique à jouer dans le processus de tir.

  • La douille : Sa fonction primaire est de solidariser l’ensemble des éléments entre eux. Elle constitue le récipient pour la poudre et le dispositif d’allumage (amorce et capsule d’amorçage). Elle est souvent en laiton, car cet alliage a la capacité de se déformer plastiquement sans se rompre et facilite la mise en forme lors du rechargement. Elle peut également être en aluminium (ex. A son extrémité (appelé collet de la douille), se trouve le projectile serti entre les lèvres de la douille. Ces deux types de douilles sont généralement utilisés pour des revolvers. Le bourrelet de la douille va taper contre le barillet de l’arme, l’empêchant ainsi de se déplacer vers l’avant lors de la percussion.
  • L'amorce : Lorsque l’on parle d’amorce, on fait référence d’une part à l’explosif primaire qui va servir à enflammer la poudre à l’intérieur de la douille, mais aussi à la capsule contenant cet explosif. La principale caractéristique de l’explosif primaire est sa forte sensibilité aux chocs et aux frictions. Dans ce genre de cartouche, il n’y a pas de capsule d’amorçage. L’explosif primaire est réparti dans le bourrelet de la douille et va s’enflammer dès que le percuteur annulaire va venir taper le culot de la douille. Aujourd’hui, très peu de munition possède ce genre de percussion (ex. La capsule d’amorçage contient l’explosif primaire qui va s’enflammer dès sa compression entre le percuteur et l’enclume (sorte de protubérance située au fond du logement de l’amorce, sur laquelle l’amorce va s’écraser lors de la percussion). Pour information, les cartouches de type Boxer sont beaucoup plus simples à recharger que les étuis Berdan. Au sein de la capsule d’amorçage on observe une sorte de canaux reliant l’amorce à l’intérieur de la douille, il s’agit des évents (au nombre de deux ou trois pour les systèmes Berdan et d’un pour les systèmes Boxer). La vitesse de combustion de l’explosif primaire est d’environ 1000m/s. La découverte de l’explosif primaire remonte à 1805, avec l’utilisation du fulminate de mercure (Alexander Forsyth). Cependant depuis 1926, les amorces Sinoxid® ont vu le jour avec le remplacement du mercure (responsable de l’altération des canons) par le styphnate de plomb. En 1982, un munition appelé Sintox® a été mis sur le marché dans le but de remplacer les métaux lourds par des composés organiques comme le diazole (ou diazodinitrophénol). La tendance actuelle est la suppression des métaux lourds de toutes les amorces.
  • La poudre : Découverte en Europe au XIIIe siècle, la charge propulsive utilisée pour les armes à feu était la poudre noire (composée généralement de 75% de nitrate de potassium (salpêtre), 15% de charbon de bois et de 10% de soufre). Les munitions composées de poudre noire produisait 44% de son poids en gaz et 56% de résidus solides. Sa combustion produisait un fort dégagement de fumée noire et une faible pression. La nitrocellulose est un polymère formé de monomères de glucose plus ou moins nitrés. Elément de base dans la fabrication de la dynamite, la nitroglycérine a été introduite par Alfred Nobel en 1860. Ainsi selon leur composition, les poudres peuvent être simple base (uniquement à base de nitrocellulose) ou double base (à base de nitroglycérine et de nitrocellulose). La poudre double base proposant d’avantage de groupe oxygène a une vitesse de combustion beaucoup plus importante que la poudre simple base. Il est important de faire la distinction entre combustion et détonation. La vitesse de combustion de la poudre dépend de la pression à l’intérieur de la cartouche et de la forme des grains de poudre. Ainsi la quantité de gaz produit par la combustion de la poudre dépend de la pression et de la géométrie des grains de poudre.
    • La quantité de chaleur produite par la combustion d’une masse d’un kilo de poudre.
    • Le volume spécifique de gaz produit par la combustion d’une masse d’un kilo de poudre.
    • La température d’explosion correspondant à la température du volume de gaz chaud lors de sa combustion.

Une poudre à grande vivacité implique une grande surface des grains de poudre par rapport à leur volume. Elle va par conséquent produire un grand volume de gaz et brûler rapidement. De l’autre côté, une poudre lente aura des grains de poudre plus petits par rapport à leur volume. Dans le cas de projectiles lourds, il est nécessaire d’utiliser des munitions comportant une poudre lente car le volume pour la combustion augmente relativement lentement. L’utilisation d’une poudre vive avec un projectile lourd, pourrait provoquer le gonflement du canon. La longueur de celui-ci est donc un paramètre important à prendre en considération dans le choix de la poudre, car la combustion doit être complètement terminée une fois le projectile en dehors du canon. A l’inverse, pour les armes de poing, il est nécessaire d’utiliser des munitions comportant une poudre ayant une grande vivacité afin que toute la combustion soit achevée avant que le projectile ne quitte le canon. Il arrive parfois pour les armes ayant un canon très court d’observer une petite flamme au niveau de la bouche du canon.

Lire aussi: Législation LBD 40

  • Le projectile : Les premiers munitions étaient pourvues de projectiles sous forme de simples sphères de plomb mou de 31 à 37 grammes environ et d’un diamètre moyen de 18mm. On chargeait ces projectiles par la bouche du canon. De nos jours, il existe un très grand nombre de formes de projectiles et de type / composition de chemisage.
    • Les projectiles homogènes (une seule matière ex.
    • Les projectiles chemisés (ex. Le chemisage TMJ (Totally Metal Jacketed) concerne les projectiles dont la totalité de celui-ci est chemisée (base comprise). Ce type de chemisage est souvent utilisé pour les munitions sans plomb ou métaux lourds dans l’amorce, car il permet d’éviter que le noyau en plomb du projectile ne s’évapore lors de la mise à feu. Il arrive que la surface de certains projectiles homogènes ou chemisés soit recouverte d’une couche métallique infime (galvanisage). Cette technique réalisée par électrodéposition de cuivre, nickel ou de zinc, permet d’éviter la déposition de plomb à l’intérieur du canon (le projectile étant de diamètre plus important que celui du canon). Cette couverture de protection peut présenter des alliages spéciaux. Certaines munitions militaires sont pourvues de projectile en noyau en plomb nu ou d’un mélange plomb acier avec un chemisage complet TMJ en acier ou tombac (Cuivre + 5 à 20% de Zinc). En revanche, les projectiles utilisés pour la chasse sont pour la plupart à tête creuse (Hollow Point en anglais, HP) ou à pointe mousse (Jacket Soft Point, JSP). Dans un contexte de chasse, ces projectiles sont conçus pour faire le plus de dégât possible dans le corps de la cible, mais surtout d’éviter tout dommage collatéral (le projectile ne doit pas ressortir de sa cible). Utilisée par les Anglais en Inde, les munitions Dum-Dum produites par un arsenal de Dum-Dum à Calcutta étaient les premières à utiliser cette technique pour obtenir cet effet. Interdite par la convention de La Haye en 1899, ce projectile Dum-Dum possédait un noyau en plomb recouvert d’une couche fine en nickel striée. Lors du choc, le chemisage éclate et la balle se déforme suivant les stries et peut même éclater. Certains projectiles, appelés projectiles traçants ou lumineux, possèdent à l’intérieur de celui-ci une charge pyrotechnique généralement à base de phosphore ou de magnésium qui produit une vive lumière lors de son inflammation.

Calibre Réel vs Calibre Nominal

On parle de calibre réel lorsqu’il s’agit du diamètre d’un projectile et de calibre nominal quand il s’agit de l’appellation de la munition. Le calibre nominal d’une munition d’arme de poing peut être exprimé en millimètres (exemple du 9mm Parabellum ou du 7,65mm Browning), en centième de pouce (par exemple le .45ACP avec 1 pouce = 25,4mm) ou même en millième de pouce (par exemple le .357 Magnum).

tags: #balle #incendiaire #calibre #50 #fonctionnement

Articles populaires: