Fabien Barthez : Analyse de ses performances en tirs au but et comparaison avec Hugo Lloris

Fabien Barthez, gardien emblématique de l'équipe de France, a marqué l'histoire du football français par son talent, sa personnalité atypique et son rôle clé dans les succès des Bleus à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Cet article se penche sur ses performances spécifiques lors des séances de tirs au but, un exercice souvent considéré comme une loterie, et le compare à Hugo Lloris, son successeur en tant que gardien de l'équipe de France et détenteur du record de sélections.

Parcours et moments clés de Fabien Barthez

Fabien Barthez a débuté sa carrière professionnelle à Toulouse en 1991, gravissant rapidement les échelons jusqu'à l'équipe première. Remarqué par Bernard Tapie, il rejoint l'Olympique de Marseille, puis l'AS Monaco, où il remporte les titres de champion de France en 1997 et 2000. Il s'impose ensuite comme un pilier de l'équipe de France, remportant la Coupe du Monde 1998 et l'Euro 2000.

La Coupe du Monde 1998 et l'Euro 2000 : consécrations

Le parcours vers le premier titre de champion du monde en 1998 est passé par une séance de tirs au but face aux Italiens. Lors de cette séance, Barthez arrête le tir d'Albertini et est aidé par la barre transversale sur la tentative de Di Biagio. Il a également été sauvé par sa barre en 1998 contre Denilson (Brésil), aux tirs au but contre l’Italie, contre le Sénégal en 2002 (Fadiga) et en finale 2006 (tête de Toni en première mi-temps). La victoire à l’Euro 2000 confirme la popularité et la "valeur" sportive du joueur.

Les années 2000 : entre succès et critiques

Si le naufrage du mondial 2002 (élimination au premier tour) et le semi-échec de l’Euro 2004 (élimination en quarts de finale) constituent des mauvaise performances pour l’équipe de France, Fabien Barthez démontre pour sa part un talent intact. Son niveau de jeu est en revanche plus critiqué à l’occasion de la Coupe du monde 2006 disputée en Allemagne, même si les Tricolores atteignent la finale de la compétition. Il joue son dernier match international lors de la finale perdue contre l’Italie, le 9 juillet 2006.

Barthez face aux tirs au but : un bilan contrasté

Fabien Barthez n'est pas considéré comme un spécialiste des tirs au but. En club comme en sélection, ses performances dans cet exercice sont mitigées.

Les statistiques en équipe de France

Fabien Barthez a négocié dix penalties en cours de match avec les Bleus. Il en a encaissé huit. Le neuvième, Raul l’a mis au dessus à la dernière minute de France-Espagne en quart de finale de l’Euro 2000. Sur les trois séances de tirs au but qu'il a disputées en équipe de France, il n'en a remporté qu'une seule, en 1998 contre l'Italie, grâce à un arrêt et à une barre transversale. En 2000 contre le Japon au tournoi Hassan-II, il n’est pas malheureux non plus : Inamoto trouve le poteau et Nanami échoue sur la barre. La réussite le fuira la troisième fois, lors de son ultime sélection à Berlin contre l’Italie en 2006. Ni l’un ni l’autre ne sont des spécialistes des penalties.

L'importance du contexte et de la confiance

Malgré des statistiques qui ne font pas de lui un spécialiste, Barthez a souvent dégagé une impression de sérénité et de confiance lors des séances de tirs au but. Sa décontraction et sa capacité à rester concentré rassuraient sa défense. Il déclare même à un coéquipier « J’ai la gigitte. Les poils du cul qui s’agitent. » Mais le portier se concentre vite sur son sujet, refusant même les conseils de ses coéquipiers, notamment ceux jouant en Italie.

Comparaison avec Hugo Lloris : deux styles, deux époques

Hugo Lloris, qui a pris la relève de Barthez dans les buts de l'équipe de France, présente un profil différent. Recordman de sélections et capitaine emblématique, Lloris a connu des succès majeurs, notamment la Coupe du Monde 2018.

Statistiques comparées

Avec une moyenne de buts encaissés par match largement inférieure (0,55 contre 0,83) et une durée d’invincibilité incomparable (8 matchs contre 5), le champion du monde 1998 fait partout mieux que celui de 2018. Hormis au nombre de matchs sans but encaissé (51 contre 63, mais avec 58 sélections de moins), au nombre de sélections et à l’assiduité (qui tient compte du nombre de matchs manqués entre le début et la fin de la carrière internationale). Lloris a gagné 60% de ses matchs en Bleus, pour environ 16% de défaites. C’est moins bien que Barthez, qui compte 70% de victoires pour seulement 8% de défaites.

Performances en compétition

Barthez en a joué 28 entre 1998 et 2006 contre 35 pour son cadet, et il n’en a perdu que trois (deux au Mondial 2002, on l’a vu plus haut, et le quart de finale de l’Euro 2004). Lloris s’est incliné six fois en cinq phases finales : face au Mexique et à l’Afrique du Sud en 2010, contre la Suède et l’Espagne en 2012, face à l’Allemagne en 2014 et contre le Portugal en 2016. La Coupe du monde 2018 est la première où il termine invaincu. Mais son nombre de buts encaissés est bien supérieur : 36 contre seulement 18 pour Barthez. Ce dernier a réussi 12 clean sheets (matchs sans but encaissé) en 28 rencontres de phases finales, contre 13 pour Lloris (en 35 matchs, donc).

Tirs au but : un avantage pour Barthez

Enfin, si Hugo Lloris a perdu deux séances de tirs au but en sélection (sur deux jouées, dix tirs concédés), Fabien Barthez en a joué trois. En 1998 contre l’Italie, il a arrêté la tentative d’Albertini et a été suppléé par sa transversale sur celle de Di Biagio. En 2000 contre le Japon au tournoi Hassan-II, il n’est pas malheureux non plus : Inamoto trouve le poteau et Nanami échoue sur la barre. La réussite le fuira la troisième fois, lors de son ultime sélection à Berlin contre l’Italie en 2006. Ni l’un ni l’autre ne sont des spécialistes des penalties.

Style de jeu et leadership

Remarquable sur sa ligne, où il a réalisé souvent des sauvetages spectaculaires (notamment à l’Euro 2016 contre la Roumanie et l’Allemagne et à la Coupe du monde 2018, à chaque match, ou plus récemment contre l’Allemagne à l’Euro 2020, face à la Belgique et l’Espagne en Ligue des Nations 2021 et contre l’Angleterre en 2022), Lloris était également efficace sur les sorties aériennes (hormis une erreur en 2010 contre l’Afrique du Sud sur corner) grâce à son envergure. Ses sorties hors de la surface (notamment de la tête) étaient généralement maîtrisées, mais il n’a quasiment jamais eu de un contre un à devoir gérer. Barthez était bon sur les sorties aériennes malgré une envergure moyenne (1,83 m) et un gabarit plutôt trapu, mais plus vulnérable sur sa ligne, notamment sur des têtes adverses (Lampard 2004, Charisteas 2004, Materazzi 2006). Avec son excellent jeu au pied, Barthez se payait le luxe de dribbler des attaquants adverses et délivraient des relances tendues très précises, comme pour Henry en 1998 (Arabie Saoudite) ou Trezeguet en 2000 (Italie). Le jeu au pied était le gros point faible de Lloris. Gaucher exclusif, il était en grande difficulté quand le ballon arrive sur le pied droit.

L'importance de la préparation mentale et de la psychologie

Les séances de tirs au but sont un exercice complexe qui fait appel à des qualités techniques, physiques et mentales. La préparation psychologique est cruciale pour aider les joueurs à gérer la pression et à optimiser leurs chances de réussite.

La préparation en club et en sélection

En Allemagne, la fédération donne accès à des psychologues sportifs à toutes les sélections de jeunes. De même, les gardiens de but reçoivent un briefing penalty sur leurs adversaires avant chaque match. Luis Enrique, avant le dernier Mondial, avait demandé à ses joueurs espagnols de tirer 1000 penalties avec leurs clubs respectifs avant de prendre l’avion pour le Qatar. Mais personne ne travaille mieux dans ce domaine que les Anglais, qui possèdent le pire ratio des grandes nations avec une réussite de 22% dans l'exercice.

L'exemple d'Andrew Redmayne

En Australie, Andrew Redmayne a une carrière tout à fait modeste dans le championnat australien et ne compte que quatre sélections, mais il est pourtant devenu un héros national le 13 juin 2022 au cours des barrages qui enverront l'Australie à la Coupe du monde au détriment du Pérou. Entré en jeu quelques secondes seulement avant la séance de tirs au but, il gesticule grossièrement sur sa ligne de but, reproduisant les mouvements d'une danse du groupe australien "The Wiggles" et gagne, au passage, un surnom pour la postérité. Plus fourbe encore, il s'empare de la gourde du gardien péruvien où figure quelques indications sur les tireurs australiens et l'envoie balader dans les tribunes. Le but est clair : déstabiliser l'adversaire. Plus original encore, Redmayne a accompagné tous les tireurs australiens jusqu'au point de penalty les protégeant des manipulations mentales adverses.

tags: #Barthez #gardien #tir #au #but #statistiques

Articles populaires: