Au supermarché, avez-vous déjà remarqué des mentions de "catégorie" sur l'étiquetage de certains fruits et légumes ? Cette classification, souvent discrète, a pourtant un impact sur l'aspect, le prix et même la destination de ces produits. Cet article vous dévoile les secrets du calibre des fruits et légumes, en explorant les différentes catégories, leurs critères et leurs implications pour les consommateurs et les professionnels.
Les Catégories de Fruits et Légumes : Une Question d'Esthétique
Certains fruits et légumes sont soumis à une classification en trois catégories : Extra, I et II. Cette classification est avant tout une question d'esthétique. Elle renseigne principalement sur l'aspect des produits. La catégorie Extra correspond aux fruits et légumes sains, bien calibrés et homogènes.
Seuls dix types de fruits et légumes sont concernés par l'obligation d'afficher une de ces trois catégories. Il s'agit de produits "soumis à une norme spécifique qui implique des règles de calibrage et de présentation", explique la Confédération nationale des associations familiales catholiques (CNAFC) sur le site de l'Institut national de la consommation.
Cette norme, issue d'un règlement européen de 2013, indique qu'un fruit ou un légume commercialisé doit être "intact, sain, propre et exempt de parasite". Elle impose des conditions encore plus strictes pour les fruits et légumes suivants :
- Agrumes (à l’exception du citron vert, du kumquat et du pomelos)
- Fraises
- Kiwi
- Pomme
- Poire
- Raisin
- Pêches et nectarines
- Poivron
- Salade
- Tomate
Le classement de ces dix produits selon ces trois catégories correspond donc tout simplement à des normes esthétiques, avec, entre autres, des poids minimaux à respecter : 62 grammes pour le kiwi, 90 grammes pour la pomme.
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Concrètement, un kiwi de catégorie extra sera esthétiquement quasi parfait : une couleur éclatante, une forme sans aspérités. Un kiwi de catégorie 1 pourra présenter quelques légers défauts : une forme pas tout à fait parfaitement ovale. Quant au kiwi de catégorie 2, il sera encore un peu plus… "moche", tout en respectant quand même les normes de calibrage et d'apparence imposées par les centrales d'achat.
Le Calibre : Taille et Poids, Facteurs de Valorisation
L'autre aspect important pour les consommateurs, plus que la catégorie, c'est le calibre. Il en existe différents en fonction des fruits et légumes, avec une incidence sur le prix de vente. Il est plus complexe de détailler l'importance du calibre, car il y en a presque autant que de fruits et légumes. En effet, on ne peut pas comparer le calibre d'une prune avec celui d'un melon. De manière générale, plus les fruits sont volumineux et/ou lourds (puisqu'on trouve dans le calibre soit une taille, soit un poids), plus ils sont valorisables, donc onéreux.
Conséquences de la Classification : Gaspillage et Opportunités
Ceux qui ne respectent pas ces normes esthétiques finissent en effet dans les paniers anti-gaspi, voire dans l'alimentation des animaux. Il y a une dizaine d'années, les enseignes avaient créé des opérations spéciales "fruits et légumes moches", avec étals dédiés et tarifs attractifs, mais ils n'ont malheureusement pas trouvé leur public.
Pourtant, les fruits et légumes de catégorie 2, tout comme d'ailleurs les fruits et légumes qui ne répondent pas aux normes imposées par ces trois catégories, ne sont pas moins bons, ni nutritionnellement parlant, ni en termes de goût. D'ailleurs, les fruits et légumes bio sont rarement de catégorie extra puisqu'ils sont "a priori moins traités et peuvent donc avoir un aspect plus cabossé, quelques colorations naturelles ou autre," indique le site de l'Institut national de la consommation.
En dehors des produits bio, les fruits et légumes de catégorie 2 peuvent représenter une option intéressante pour les personnes qui font attention à leur budget : tout aussi bons que les produits des deux autres catégories, ils sont souvent moins chers. On trouve désormais de plus en plus à la vente au détail des primeurs de catégorie I, sous la forme de premier prix. Mais les catégories inférieures, qui ont des qualités gustatives et nutritionnelles similaires, sont principalement à destination des usages professionnels. La raison est simple et vous devez l'avoir devinée : les catégories I et II sont moins onéreuses à l'achat que les fruits et légumes de la catégorie Extra.
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Évolution de la Réglementation : Vers Plus de Transparence ?
La classification pourrait toutefois disparaître dans les années à venir. Des nouveautés sur les normes de commercialisation des fruits et légumes sont entrées en vigueur le 1er janvier 2025 en application du règlement européen 2023/2429. Pour comprendre certaines nouveautés, un petit rappel du cadre réglementaire s’impose. Selon leur nature, les fruits et légumes sont soumis pour la commercialisation :
- Soit à une norme générale définissant simplement les exigences minimales de qualité et de maturité à respecter (notion de « qualité saine, loyale et marchande »).
- Soit à une norme spécifique définissant, en plus des exigences minimales, des catégories de qualité (Extra, I, II) et, pour certains produits, de calibre.
Les obligations d’étiquetage pour la vente au détail dépendent de la norme dont relève le produit. Le pancartage des fruits et légumes relevant de la norme générale est le plus simple : dénomination, pays d’origine et prix. Le nouveau règlement n’apporte pas de changement sur ce point. Pour les produits relevant d’une norme spécifique, l’exercice se corse : affichage selon le cas des catégories, de la variété… Et le nouveau règlement apporte quelques modifications.
11 produits relèvent désormais d’une norme spécifique contre 10 auparavant :
- Pomme
- Poire
- Fraise
- Kiwi
- Pêche, nectarine
- Raisin de table
- Agrumes
- Poivrons doux
- Certaines salades : laitues, chicorées frisées et scaroles.
Si vous faites de l’achat-revente ou du dépôt-vente de fruits et légumes, vous devrez donc reporter sur la pancarte en magasin la mention de calibre qui sera indiquée sur l’étiquette du colis (selon le produit, il est possible qu’il n’y ait rien à indiquer). Si vous êtes producteur et un peu perdu dans les règles sur les calibres, l’application « Etiquetage pancartage » du CTIFL pourra vous aider.
Le nouveau règlement précise également les dérogations possibles au respect des normes de commercialisation. Cela concerne notamment :
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- Les produits vendus par les producteurs directement aux consommateurs pour leur usage personnel dans leur exploitation. Il est donc possible sur le lieu de production de vendre des fruits et légumes sans tenir compte des normes de catégories et de calibre (et donc sans les afficher).
- Les produits présentés à la vente au détail aux consommateurs pour leur usage personnel et destinés à être transformés par leurs soins. Exemples : pommes à compote, fraises à confiture. Cette dérogation est applicable quel que soit le lieu de vente aux consommateurs.
Enfin, la norme spécifique agrume s’élargit avec l’ajout des pomelos, pamplemousses et limes (« citron vert »).
Déjà obligatoire pour les fruits et légumes relevant de la norme générale ou d’une norme spécifique, le nouveau règlement élargit cette obligation à d’autres produits comme :
- Les noix, noisettes, amandes, pistaches… sans coques
- Le safran
- Les fruits séchés : pruneaux, abricots secs, raisins secs, figues sèches…
- Les produits sommairement préparés (1ère gamme ½). Exemple : blanc de poireaux, demi-choux…
- Les produits prêts à l’emploi dits fraîche découpe (4e gamme).
Le nouveau règlement interdit strictement l’apposition de mention autre que la catégorie suggérant une qualité meilleure ou supérieure du produit.
Se Repérer dans la Jungle de la Réglementation
Se repérer dans la jungle de la réglementation sur l’étiquetage des fruits et légumes relève du défi ! D’autant qu’aux normes obligatoires s’ajoutent toutes sortes de normes facultatives très utilisées dans certaines transactions commerciales entre professionnels (normes CEE-ONU). Le CTIFL propose une application gratuite « Etiquetage et pancartage des fruits et légumes » permettant de visualiser rapidement les mentions obligatoires par produit selon le stade : expédition en gros ou vente au détail. L’application permet également d’accéder en un simple clic aux textes de références s’appliquant au produit (ex : définition des catégories, des calibres…).
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