Guide complet sur le calibre des sondes urinaires chez l'homme

Dans certaines situations médicales, notamment en cas de blocage urinaire, le sondage urinaire devient une nécessité. Cet article détaille les aspects essentiels du calibre des sondes urinaires chez l'homme, les différentes techniques de sondage, les complications potentielles et les alternatives comme l'autosondage.

Pourquoi un sondage urinaire est-il nécessaire chez l'homme ?

Plusieurs conditions médicales peuvent rendre le sondage urinaire indispensable chez l'homme.

  • Rétention urinaire aiguë : C'est la cause la plus fréquente de mise en place d'une sonde urinaire. Avec l'âge, la prostate augmente de taille et exerce un effet compressif sur l'urètre, le conduit chargé d'évacuer l'urine. Lorsque la prostate devient trop volumineuse et trop dure, une interruption complète du jet urinaire peut survenir. Cette rétention peut être déclenchée par des facteurs comme un long trajet en voiture, une infection urinaire ou une situation ayant conduit le patient à se retenir d'uriner de façon prolongée.
  • Interventions chirurgicales : Certaines interventions, notamment sur la prostate, peuvent nécessiter la mise en place d'une sonde urinaire.
  • Pathologies de la vessie : Certaines pathologies de la vessie, notamment des maladies dégénératives neurologiques, peuvent entraîner un blocage des urines qui nécessite également la mise en place d'une sonde à demeure. La sclérose en plaques, par exemple, peut entraîner des troubles urinaires nécessitant des autosondages.
  • Sténose urétrale : Certaines maladies, comme la sténose urétrale post-infectieuse, peuvent diminuer le calibre de l'urètre et entraîner un obstacle à l'écoulement des urines.

Les différents types de sondage urinaire

Le drainage des urines peut se faire à l'aide de différents dispositifs. On distingue principalement :

  • Sondes urinaires intermittentes : Ces sondes sont à usage unique et permettent de vider une seule fois la vessie (technique de « l'aller-retour »). Elles ne restent jamais en place dans la vessie. Le sondage intermittent doit être effectué plusieurs fois au cours de la journée, en fonction de la prescription médicale. Le patient peut le réaliser lui-même (autosondage) ou le faire faire par une infirmière ou aide médicale (hétérosondage). Le rythme du sondage doit suivre méticuleusement les recommandations du médecin. En moyenne, il faut compter environ 5 à 6 sondages intermittents par jour en cas de rétention urinaire complète.
  • Sondes urinaires à demeure : Il s'agit d'un cathéter qui reste en place dans la vessie. Un ballon est gonflé au bout de la sonde, afin que celle-ci reste en place dans la vessie. Après sa mise en place, la sonde est connectée à une poche qui permet le recueil des urines.
  • Cathéter sus-pubien : Il s'agit d'un cathéter qui, comme son nom l'indique, est directement mis en place dans la vessie à travers la peau juste au-dessus du pubis. Il ne passe pas par la verge. Celui-ci peut être mis par ponction directe ou sous guidage échographique. Une petite anesthésie locale est réalisée sur la peau et la paroi de la vessie qui rend le geste indolore. Le cathéter sus-pubien est également connecté à une poche de recueil des urines. Ce type de sondage urinaire est préconisé en cas de rétention urinaire résultant d'une obstruction de l'urètre, ou chez les patients qui tolèrent mal un sondage urinaire par voie naturelle.

Le calibre des sondes urinaires chez l'homme

Le calibre d'une sonde urinaire est un élément crucial pour assurer un drainage efficace et minimiser les risques de complications.

  • Unité de mesure : Le diamètre des sondes est exprimé en charrières (CH), une unité correspondant à 1/3 de millimètre. Il varie de 4 à 26 CH, soit de 1,3 mm à 8,6 mm, sachant que le calibre de l'urètre fait de 3 à 8 mm.
  • Choix du calibre : Pour l’adulte, les sondes vésicales de charrière 12 à 14 sont généralement les plus appropriées. Assurez-vous d’avoir choisi le bon diamètre de sonde vésicale. Une sonde d’un diamètre trop grand peut endommager l’urètre ; un diamètre trop petit prendra trop de temps pour drainer toute l’urine de la vessie. Cela augmente également le risque de lésion.
  • Adaptation à l'anatomie masculine : L’urètre masculin est plus long et plus sinueux que celui de la femme. Il faut donc adapter la longueur et le diamètre de la sonde à l’anatomie du conduit, et prendre en compte la présence éventuelle d’une hypertrophie de la prostate. Les sondes utilisées par les hommes font en moyenne 40 cm de long.

La pose d'une sonde urinaire chez l'homme

Afin d’éviter les traumatismes de l’urètre qui peuvent provoquer des saignements, des infections ou des sténoses urétrales, la technique de pose d’un sondage urinaire chez l’homme doit être pratiquée avec une grande minutie.

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  • Préparation : Il s’agit d’un cathéter en silicone mesurant 5 à 10 millimètres de diamètre. La mise en place doit être précautionneuse afin d’éviter les faux trajets sur l’urètre. Un gel d’anesthésiant local peut être mis en place dans la verge pour limiter les douleurs lors de l’introduction de la sonde.
  • Technique : Les hommes doivent dans un premier temps tenir leur verge orientée vers le haut et, en appuyant sur le gland d’une main, ouvrir le méat urinaire. De l’autre main, en tenant l’embout adéquat, il faut alors introduire doucement la sonde dans le méat, puis remonter, tout aussi doucement, l’urètre.
  • Sondage en aller-retour : Aussi nommé sondage en aller-retour ou sondage va et vient, il s’agit d’un type de sondage intermittent pratiqué ponctuellement par un professionnel de santé dans un établissement de soins.

Complications potentielles et gestion

La pose d’une sonde urinaire chez l’homme, mais aussi chez la femme, peut parfois entraîner des effets secondaires indésirables (notamment en cas de sondage à demeure).

  • Infections urinaires : La présence d’un corps étranger dans les urines est un facteur de risque d’infection urinaire. De plus, une mauvaise vidange des urines peut également favoriser une stagnation des urines qui favorise également l’infection. En cas d’infection urinaire, des symptômes comme de la fièvre, des douleurs pelviennes, ou une modification de la couleur des urines peuvent survenir. Dans ces cas-là, il est nécessaire de réaliser une analyse des urines (ECBU) assez rapidement pour pouvoir ensuite mettre en place un traitement antibiotique.
  • Spasmes et douleurs : La sonde urinaire ou le cathéter sus pubien peuvent parfois être source de spasme ou de douleur en raison de la mauvaise tolérance d’un corps étranger par la vessie qui se contracte en retour. La sonde urinaire peut aussi avoir un effet irritant dans l’urètre avec des douleurs de friction, ou des douleurs de l’extrémité du gland.
  • Saignements : En dehors d’un contexte post-chirurgical ou cancéreux, la survenue de saignements lors du port d’une sonde est relativement rare. Afin d'éviter les traumatismes de l'urètre qui peuvent provoquer des saignements, des infections ou des sténoses urétrales, la technique de pose d'un sondage urinaire chez l'homme doit être pratiquée avec une grande minutie.
  • Gestion des urines : Lorsqu’un patient est porteur d’une sonde urinaire ou d’un cathéter sus-pubien, les urines s’écoulent en permanence, et nécessitent donc un système de recueil. En général il s’agit d’une poche qui doit elle-même être vidée régulièrement. La présence d’une sonde urinaire et du système de collecte par poche est un handicap pour les patients, qui peut être vécu comme un « fil à la patte ». Heureusement il existe des systèmes dédiés de poche qui s’attachent autour de la jambe, en dessous du pantalon, pour permettre au patient de se déplacer ou de conduire aisément.
  • Hygiène et hydratation : Il est primordial en cas de sonde urinaire de bien boire environ 2 litres d’eau par jour. Il est également important de respecter les règles d’hygiènes en cas de port d’une sonde urinaire. La poche de recueil doit être vidangée régulièrement afin d’éviter les débordements.
  • Durée du sondage : Il n’y a pas de limite de durée pour le sondage urinaire. Certains patients gardent un traitement par sonde urinaire plusieurs années, lorsque leur vessie n’est plus fonctionnelle par exemple. Pour limiter au maximum la durée du sondage urinaire, il est nécessaire de traiter la cause du blocage urinaire lorsque cela est possible. En revanche, le cathéter doit être changé régulièrement pour limiter le risque d’infection. Ce changement doit être fait par un infirmier formé ou un médecin.

L'autosondage : une alternative pour certains patients

L'autosondage est un procédé qui permet de vider sa vessie de façon mécanique quand cette dernière ne fonctionne plus correctement de manière naturelle. Il consiste à introduire dans l’urètre, le canal qui permet d’évacuer l’urine, un fin tuyau (une sonde) jusque dans la vessie. Celle-ci se vide alors automatiquement.

  • Indications : Les autosondages urinaires deviennent nécessaires en cas de troubles urinaires liés à la sclérose en plaques. Lorsque la vessie est hyperactive, il est fréquent qu’un traitement soit prescrit, soit par voie orale, soit par injection dans la vessie, pour réduire ou bloquer les contractions vésicales incontrôlées.
  • Bénéfices : Le premier bénéfice des autosondages est de pouvoir vider correctement sa vessie et d’en retrouver un usage normal. Les envies fréquentes et/ou urgentes disparaissent. Les autosondages permettent également de limiter les infections urinaires. En effet, la rétention d’urine dans la vessie augmente le risque de survenue de telles infections. Globalement, les autosondages améliorent la qualité de vie des personnes souffrant de troubles urinaires.
  • Types de sondes : Il existe différents types de sondes pour réaliser un autosondage. Elles se présentent sous la forme d’un fin tuyau en plastique, comprenant une extrémité arrondie d’un côté (celle qui est introduite dans la vessie) et l’autre évasée pour permettre l’évacuation de l’urine. Il existe des sondes de différentes longueurs et diamètres. Pour les femmes, dont l’urètre est plus court que chez l’homme, la longueur est généralement comprise entre 7 cm et 20 cm. Les sondes utilisées par les hommes font en moyenne 40 cm de long.
  • Réalisation pratique : L’autosondage est généralement réalisé dans des toilettes. Il peut être pratiqué dans tout endroit préservant l’intimité, une chambre par exemple. Dans un premier temps, il faut se laver soigneusement les mains. Pour les femmes, il est conseillé de s’asseoir, soit directement sur les toilettes, soit sur une chaise ou un lit par exemple. Les hommes peuvent rester debout face aux toilettes ou s’asseoir dessus. Les personnes qui rencontrent des difficultés de mobilités peuvent réaliser l’autosondage dans leur fauteuil. Il est conseillé de procéder à une toilette intime une à deux fois par jour. Il n’est pas nécessaire pour cela d’utiliser un antiseptique.
  • Apprentissage et suivi : L’autosondage n’étant pas un geste naturel, il nécessite un apprentissage. La durée et le format de cette éducation dépendent des services. En général, il est proposé une hospitalisation pendant quelques jours. L’éducation a pour objectif dans un premier temps de permettre aux patients de bien comprendre leur anatomie et le fonctionnement de la vessie. Puis de montrer le matériel à utiliser et de procéder à l’apprentissage de l’autosondage lui-même. Il est indispensable qu’un suivi à domicile soit ensuite mis en place, soit avec une infirmière d’un réseau SEP, soit avec une infirmière libérale.
  • Difficultés et complications : Certaines personnes peuvent rencontrer des difficultés à pratiquer des autosondages. Ce peut être un blocage psychologique, compte tenu de la nature du geste. Elles peuvent également avoir des difficultés à faire remonter la sonde jusqu’à la vessie. Dans tous les cas, quelle que soit la difficulté rencontrée, il faut prendre contact avec l’infirmière qui a réalisé l’apprentissage de l’autosondage. La principale complication de l’autosondage est d’entraîner une infection. C’est pour cela que le lavage préalable des mains est indispensable. Normalement, l’autosondage est totalement indolore. Sauf éventuellement en cas de gestes un peu brutaux ou trop rapides. Dans ce cas, il faut essayer de se détendre et recommencer l’autosondage.

Alternatives au sondage urinaire

Dans certains cas, des alternatives au sondage urinaire peuvent être envisagées.

  • Embolisation de la prostate : L’embolisation est un des traitements de l’adénome de la prostate. Elle consiste en une injection de petites billes pour boucher les artères de la prostate, au travers d’un cathéter, inséré dans le plis de l’aine puis amené à travers les artères jusqu’aux vaisseaux de la prostate. Ce traitement permet de ramollir la prostate et diminuer son volume. Lorsqu’une embolisation est réalisée chez un patient porteur d’une sonde urinaire après une rétention, celle-ci est généralement laissée en place pendant 7 jours avant tentative de retrait. En cas d’échec d’une reprise des urines après désondage, une nouvelle tentative peut être réalisée tous les 7 à 15 jours.
  • Traitements chirurgicaux de la prostate : Les traitements chirurgicaux permettent d’enlever par voie interne l’excès de tissu prostatique qui obstrue l’urètre. Le chirurgien met en place un endoscope dans la verge, puis le tissu prostatique est ensuite réséqué par laser (technique HOLEP) ou par éléctrocoagulation (TURP ou Trans-Uretral-Resection of Prostate). Ces techniques sont efficaces pour la levée de l’obstacle prostatique.

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