Cartouches 16/67 dans un fusil 16/65 : Danger ou compatibilité ?

La question de savoir si l'on peut utiliser des cartouches de calibre 16/67 dans un fusil chambré en 16/65 est un sujet récurrent parmi les amateurs d'armes, en particulier ceux qui possèdent des fusils anciens. Cette problématique soulève des interrogations quant à la sécurité, la performance et la préservation de l'arme.

L'origine du débat : Auto 5 et fusils "vintage"

Le débat a été relancé lors de discussions sur le fusil Auto 5, qui, bien que chambré en 70 en calibre 16, ne fonctionne pas forcément avec toutes les cartouches. La question s'étend également aux propriétaires de fusils juxtaposés anciens, chambrés en 65, qui se demandent s'il est sûr d'utiliser des cartouches de 67.

Comprendre les chambrages : 65, 67, 67.5, 70 et 76

Il est essentiel de comprendre les différents chambrages disponibles : 65, 67, 67.5, 70 et même 76 (bien que ce dernier soit rare en calibre 16). Le chambrage 65 était couramment utilisé jusqu'au milieu des années 1950. L'utilisation de cartouches 67.5 était alors justifiée par l'emploi de bourres grasses de longueur variable, qui nécessitaient un sertissage adaptable pour éviter les surpressions.

L'évolution des cartouches et des pratiques de chargement

Autrefois, les bourres grasses de longueur variable (de 12 à 18 mm pour les bourres "roses" ou de 11 mm pour la bourre Gabel) se heurtaient à des espaces de poudre et de plomb qui eux, n’étaient pas extensibles à l’infini, et tout se jouait sur le sertissage dont le déploiement (rond, demi-rond, étoile) pouvait influencer les surpressions. Les balances électroniques actuelles évitent en effet les erreurs anciennes de « dosettes » mal lues car mixtes plomb-poudre, et où le mélange par inadvertance et mauvaise lecture entre calibres 16 et 12, pouvait faire charger 2,5 grammes de poudre « T » là où il en aurait fallu deux fois moins… on risquait alors quasiment d’atteindre la pression d’épreuve ! Si fallait que ça « pète » à l’ouverture au lièvre, alors là, on était servi, et encore heureux que les armes de l’époque soient toutes en bon acier d’autrefois…

Le calibre 16 : un compromis de puissance et de légèreté

Le 16 classique, chambré 65 pouvait certes descendre à 24 grammes de plomb, mais aussi aller à 32 grammes soit à peu près la même chose qu’un 12 chambré 70 ce qui pouvait faire dire à la « réclame » laquelle d’ailleurs ne s’en privait pas, que « léger comme un 20, il frappait comme un douze ». Les cotes mini-maxi du calibre seize étaient en effet contenues dans une fourchette allant d’un alésage allant de 16.8 pour les plus anciens à 17.2 selon les époques et les fabricants, mais 17 était la valeur standard de l’âme la plus communément admise pour endurer le recul d’armes légères si l’on appliquait la règle ancienne du 1/00ème du poids de l’arme, quel que soit le calibre : pour un 16 de 2,6 kg ça faisait donc une charge « idéale » de 26 grammes de plomb.

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Risques potentiels et précautions à prendre

Il est risqué d'utiliser une cartouche plus longue que le chambrage prévu, car lors du tir, l'étoile ou le sertissage se déploient. Si le chambrage n'est pas suffisant, il y a réduction du diamètre intérieur du canon, due à l'épaisseur du carton ou du plastique. Cela peut entraîner un risque de surpression, en particulier lors d'un tir à balle.

Les chokes jouaient aussi pour beaucoup, ils étaient d’office pour la plupart demi-full, et seuls les spécialistes (bécassiers par exemple) pouvaient se payer le luxe d’un déchokage toujours possible en armurerie de tout chef-lieu-de-canton à peu près bien outillée, plutôt que de jouer sur l’âme, travail d’un autre niveau, nécessitant, en plus, un nouveau passage au banc d’épreuve. C’est la raison pour laquelle cette âme 67 était comme nous l’avons dit plus haut, un argument commercial non négligeable.

Avis des experts et témoignages

De nombreux témoignages indiquent que certaines personnes tirent des cartouches de 16/67 dans des fusils chambrés en 16/65 sans incident apparent. Cependant, il est important de noter que cela ne signifie pas que la pratique est sans risque. Des armuriers et experts mettent en garde contre cette pratique, soulignant le risque de surpression et de dommages potentiels à l'arme. D'autres estiment que cela peut être acceptable avec des cartouches à faible charge et en bon état.

Recommandations et bonnes pratiques

  • Privilégier les cartouches de 65 : L'option la plus sûre est d'utiliser des cartouches de 65, encore disponibles auprès de nombreux fabricants.
  • Être prudent avec les cartouches de 67 : Si vous choisissez d'utiliser des cartouches de 67, assurez-vous qu'elles sont adaptées aux fusils anciens, avec des charges légères et des pressions similaires à celles des cartouches de 65 d'époque.
  • Proscrire les cartouches de 70 : L'utilisation de cartouches de 70 est fortement déconseillée dans un fusil chambré en 65.
  • Choisir les balles avec précaution : Pour les armes antérieures aux années 1960, privilégiez les balles ensabotées et vérifiez que le canon n'indique pas "non pour la balle".
  • Consulter un armurier : En cas de doute, il est impératif de consulter un armurier compétent qui vérifiera l'état de l'arme et vous conseillera sur les munitions appropriées.

L'importance de connaître son arme

Il faut penser aux pressions plus basses où elles étaient utilisées, aux distances de tir plus courtes dans une période où le gibier était plus abondant et plus proche. C’est donc un choix qu’il faut assumer en toute connaissance de cause pour chasser tout simplement autrement, bien loin de l’esprit « super magnum » qui prévaut actuellement. En gros chasser comme autrefois, léger et souple avec des cartouches « toutes roulées » à domicile sous l’abat-jour, à tourner la manivelle du sertisseur et se faire des dosages au petit poil de poudre et de plomb.

En règle générale, l’usage d’une arme chambrée 65 ne se jouera pas sur sa conception qui est celle d’une époque où la qualité était plus généralement de mise, même en bas de gamme, mais que le temps et l’usage peuvent avoir obérées.

Rechargement : prudence et respect des dosages

Si on recharge, il ne faut pas hésiter à partir plus bas et penser à l’influence de la température et de l’humidité sur la poudre. De plus, il est crucial de bien connaître son arme et son état. Les manufacturées actuelles sont chargées pour des performances optimales et tiennent en principe compte du tir dans des armes anciennes dont il convient cependant d’examiner au début les signes de pression sur les étuis après tir sur l’amorce (arrondie, aplatie, cratérisée, percée) ou traces suspectes sur le culot d’extracteurs ou d’éjecteurs.

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Les cartouches alternatives

A l’heure actuelle, tirer avec un vieux fusil chambré 65 ne pose pas vraiment de problèmes car ce chargement initial est encore proposé par beaucoup de monde (Vouzelaud à Brou, Gilles à Flers, entre autres pour ne citer que les « régionaux de l’étape » !).

Pour la grenaille, le choix des cartouches 67 qui peuvent aller dans le 65 est assez étendu, toujours autour de 28 grammes (Fob standard, Mary Arm, BPF2 classic sans amorce Gordon) voire 26 grammes chez les encartoucheurs britanniques.

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