Le fusil à broche de calibre 16 est une arme à feu qui a marqué l'histoire de l'armurerie. Cet article explore l'histoire et la fabrication des cartouches à broche de calibre 16, un élément clé des fusils de chasse d'époque. Ces cartouches, aussi connues sous le nom de cartouches Lefaucheux, se distinguent par leur conception unique et leur rôle dans la démocratisation du chargement par la culasse.
L'Invention et la Démocratisation du Chargement par la Culasse
Casimir Lefaucheux déposa un brevet d'invention le 10 janvier 1833 décrivant son célèbre fusil à brisure. Grâce à cette invention, il démocratisa ainsi le chargement par la culasse. Cette innovation a permis une plus grande rapidité et facilité de chargement par rapport aux armes à chargement par la bouche, marquant une avancée significative dans la technologie des armes à feu.
Caractéristiques et Identification d'un Fusil Lefaucheux
Un fusil Lefaucheux directement fabriqué à broche date d'après 1835, date de l'invention de la broche. Pour identifier un Lefaucheux, il faut regarder les poinçons, ici "invention C.Lefaucheux à Paris" (normalement il n'y a pas le "C"): poinçon apposé sur les armes de fabrique de 1833 à 1843 après que le brevet tombe dans le domaine public. Ici, il manque un autre poinçon: le numéro d'ordre qui devait être également apposé.
Dans une cartouche à broche ou cartouche Lefaucheux, la base de la douille inclut la capsule d’ignition ou amorce. Le fulminate de mercure dans celle-ci est mis à feu par une courte tige de métal, la broche, saillant à l’angle droit, assez longue pour sortir du contour du canon ou barillet. Pour la mise à feu de la cartouche, le chien frappe verticalement cette broche.
Il est à noter la goupille permettant l'ouverture, mais empêchant toute désolidarisation des canons, un des gros points faibles du fusil; seul moyen chasser la goupille. A noter également la mortaise coté bascule recevant une petite lame coté canons et empêchant la mise à feu de la cartouche voisine.
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Joseph Marin Gévelot et l'Amorce au Fulminate de Mercure
L'histoire de la cartouche à broche est intimement liée à celle de Joseph Marin Gévelot [1786-1843]. Au début du XIXe siècle, Gévelot développe une activité de fabrication d'armes blanches et d'équipements militaires à Paris. En 1816, il est installé "Fourbisseur", puis "Armurier, Arquebusier, Fourbisseur et Ceinturonnier" rue Saint-Denis.
En 1820, Gévelot produisait en série des amorces pour armes de chasse et pistolets. En 1823, Joseph-Marin Gévelot dépose le brevet d'invention de l'amorce au fulminate de mercure, rendant ainsi plus sûr le procédé de Jean Samuel Pauly qu'avait refusé Napoléon en 1813.
En 1826, il rachète le matériel de la fabrique d'amorces Leroy, après le décès du fils de M. Daguerre Leroy. Son beau-frère, Julien Leroy, qui, en 1816, avait lancé en France la fabrication d'amorce au fulminate, était lui aussi décédé dans une explosion. Joseph Marin Gévelot construit alors une nouvelle usine aux moulinaux.
À partir de là, il développera son activité, notamment en rachetant ses concurrents, en fédérant les fabricants d'armes et en rationalisant la production. Son attention portée à la sécurité le mettra à l’abri des nombreux accidents dont sont victimes les autres fabricants. La manipulation du fulminate de mercure est effectivement très dangereuse et a rendu sourd et aveugle, quand elle ne les a pas tués, de nombreux fabricants.
En 1839, Joseph Marin Gévelot est considéré comme « le plus habile de nos fabricant », chef de file de la profession qui exporte la moitié de la production française d'amorces. Il est même consulté en tant qu'expert par le conseil de salubrité pour définir les règles de préventions. Il utilise alors les méthodes de production les plus modernes, comme la machine à vapeur, alors que ses concurrents (comme Gaupillat) en sont encore aux manèges à chevaux. Avec Gaupillat, il assurera la suprématie Française en matière d'amorce, jusque dans les années 1860, avant d'être imité par les Belges, les Allemands et les Anglais.
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Bientôt, il étendra sa production aux cartouches pour devenir une référence copiée dans le monde entier. Il travaille d'ailleurs avec Casimir Lefaucheux au perfectionnement de la cartouche à broche qui fera le succès du révolver Lefaucheux, vendu au gouvernement américain pendant la guerre de Sécession. En effet, la supériorité des cartouches Gévelot rend le révolver 1854 supérieur au Colt Paterson. La munition est plus fiable, plus rapide à charger et insensible aux intempéries. Le gouvernement américain en achètera 10000 exemplaires et 200000 cartouches en 1861.
L'Utilisation Prolongée et l'Évolution des Fusils à Broche
Les fusils à broche ont été utilisés relativement longtemps: naissance dans les années 1830 et encore en vente après 1900. Ils ont côtoyé les fusils à percussion et la percussion centrale. La cartouche à broche est une grande invention: c'est la première fois que l'on réunit en une entité une amorce, de la poudre, bourre et plomb; permettant la démocratisation du chargement par la culasse.
Un fait étonnant : dans les catalogues, genre Manufrance, d'avant guerre 14, il y a encore plein de fusils de chasse à cartouches à broche qui sont proposés à côté des percus centrales. Ils sont même assez bien moins chers… Les deux raisons possibles à cela sont : tradition ou écoulement des pièces. Il y avait aussi des fusils à percussion (chargement par la gueule) jusque tard. Pas cher.
Pour les fusils à percussion, c'est vrai qu'avec un flacon de PN et du petit plomb, on fait du boulot facile et pas cher. Pour la broche, c'est sans doute moins évident par rapport à la percu centrale. Mais, le prix devait être un sacré bon argument pour qui chasse assez peu.
Le Calibre 16 : Un Choix Populaire
Le calibre 16 était très répandu pour les fusils Lefaucheux. Le calibre 16 est le calibre préféré de nombreux chasseurs car il offre un équilibre parfait pour leur activité.
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L'évolution technologique a rendu la production de munitions de calibre 16 plus efficace et rapide. Parmi les marques les plus recherchées sur ce calibre, on trouve Tunet ainsi que Blaser, Norma et RWS… Le calibre 16 est un choix privilégié pour les chasseurs qui cherchent l'excellence. Son efficacité et sa puissance font de cette munition un incontournable dans l'univers de la chasse.
Anecdotes et Souvenirs de Chasse
Les anecdotes de chasse sont toujours plaisantes à lire. Ces vieux fusils sont élégants, c'est un plaisir de chasser avec de telles armes du moins de les porter à la chasse car on ne tue guère que le temps en action de chasse. Dans l'imaginaire de certains, cette arme reste attachée au personnage de Tartarin d'Alphonse Daudet.
Les Fusils Lefaucheux : Des Armes Chargées d'Histoire
Le monde des fusils Lefaucheux est vaste et plein de surprises. Après 1843, d’autres armuriers ont produit des fusils sous licence Lefaucheux. Cela explique la grande variété de modèles que l’on peut trouver. Identifier un fusil Lefaucheux demande de l’attention aux détails et une bonne connaissance historique.
Sécurité et Manipulation des Cartouches à Broche
Il paraît que le tir avec des cartouches à broches est interdit en stand de tir ? Ces cartouches seraient trop dangereuses à manipuler. Quand est-il vraiment, est ce des "on dit", est une interdiction générale venant de la FFT ou bien c'est au cas par cas suivant les stands de tir ? Je me souviens que les chasseurs utilisaient encore ces cartouches dans les années 50, on trouvait plein de douilles vides dans les champs, sont elles réellement dangereuses ?
Interdit je ne sais pas, mais dangereux oui. Le fait est dut a la broche qui est nie plus que l'amorce. En tombant au sol il y a un risque de percution. Dans les fusils de chasse avant de le ferme, bien faire attention a mettre la broche en place, sinon gros risque!!!
Je ne comprends pas, une cartouche à broche chargée comprend obligatoirement une amorce à l'intérieur de la douille, si elle tombe sur la broche, il y a percussion. Le chargement, en lui même est déjà périlleux. Ces cartouches contiennent bien une amorce, sans cela elle ne ferais pas bruler la poudre. Si elle est encore en bon état et qu'elle tombe sur la broche , il y as donc risque d'explosion.
Rechargement des Cartouches à Broche
Je suis à la recherche de douille de cal 16 a broche rechargeable, a part HC ou peut on en trouver ou des douilles cartons vides, je n'ai aucune adresse a part natura, tout cela pour faire revivre des 16 vieux fusils a broches, (si on peut les sauvegarder des armodromes) tant mieux.
Attention avec les douilles HC elles ne sont pas a la bonne longueur et ne chambrent pas toujours correctement mais au pire on peut les raccourcir. Pour les douilles a broche d'époque en carton on en trouve encore régulièrement en brocante, il faut le plus souvent les restaurer et les modifier pour pouvoir les recharger car les amorces d'époques étaient plus petites que celles de nos jours.
Après il est toujours possible de modifier des cartouches a percution centrale en cartouches a broche mais il faut modifier les drageoirs des canons pour les faire chambrer, je ne trouve pas ça bien génial. Les cartouches de chasse a broche ont un bourrelet mais il est moins épais que celui d'une cartouche a percution centrale, Spalek en vendait c'était des douilles plastic qui avaient encore la marque de l'emplacement de l'amorce a percution centrale, donc j'en déduis qu'on doit pouvoir en imprimer en 3d en tenant compte des cotes actuelles des chambres du fusil auquel elles sont destinées.
J'imagine une douille moderne en percussion centrale de cal. 16 à long culot, avec réduction du bourrelet (adaptée selon l'arme dont on dispose), taraudage de l'orifice d'amorce, vissage d'une vis laiton puis une brasure pour l'étanchéité, perçage d'un orifice pour la broche et …. test à la ficelle. Ça fait quand même pas mal de manip, mais sur des petites séries, c'est jouable.
Autre solution, être patient sur le net, trainer sur les vide greniers, mais elles se font de plus en plus rares. J'ai des douilles à broche en 16 et 20 en carton, avec un léger bourrelet mais j'en ai aussi en alu sans bourrelet et avec une amorce insérée par l'arrière comme une PC mais "percutable" via une broche (marque "l'Inusable"). Système assez bizarre et qui a dû être de peu d'avenir commercial car il lie le chasseur rechargeur à une amorce spécialement adaptée à cette douille.
Pour créer des douilles à broche à partir de douille à percussion centrale le plus facile est surement de récupérer des douilles tout plastique, celles dont le culot et le tube sont monobloc, genre cartouche "activ" de trap, j'ai aussi tiré pas mal de monobloc espagnoles, culot marron et tube vert mais je ne rapelle plus de la marque. Il suffit de faire sauter le bourrelet…
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