Tous les bons bricoleurs savent que leur atelier doit être pourvu en lubrifiants en tous genres, notamment des huiles et des graisses. Parmi ces dernières, la graisse verte est un incontournable. Présente dans tous les ateliers, elle peut être utile dans de nombreuses situations. Cet article explore en détail les cartouches de graisse, en particulier celles destinées aux pistolets de graissage, en abordant leur composition, leurs utilisations variées, et même des mélanges "maison" simples pour des applications spécifiques.
La graisse verte : un aperçu
La graisse verte possède des caractéristiques techniques supérieures à celles de la graisse ordinaire. Il s’agit d’une graisse à base d’huile minérale, contenant des épaississants organiques, dite « graisse lithium ». L’agent extrême qu’elle renferme améliore sa résistance à des pressions très élevées.
Propriétés et avantages
La graisse verte est en mesure de résister à des températures comprises entre - 10 °C et +150 °C, sans jamais sécher. Elle peut également être soumise à des pressions très élevées sans perdre son pouvoir lubrifiant, comme c’est le cas dans le domaine industriel, en particulier pour les machines à usage intensif. Grâce à un agent antioxydant, la graisse verte résiste particulièrement bien aux effets du vieillissement, ce qui constitue une source d’économie importante.
Applications courantes
La graisse verte est très efficace pour lubrifier tous les systèmes en mouvement et toutes les pièces mécaniques, même s’ils sont soumis à des projections d’eau ou à une atmosphère très humide. Elle est en mesure de graisser :
- Les roulements
- Les paliers
- Les engrenages
- Les chaînes
- Les cardans
On l’utilise aussi en mécanique générale, ainsi que dans des domaines très précis, tels que la serrurerie, sur des pièces comme :
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- Des glissières
- Des serrures
- Des gonds
- Des articulations
La graisse verte est insensible aux solutions acides et alcalines comme à la plupart des détergents domestiques et industriels, quelle que soit leur puissance dégraissante. Il est important de connaître en détail la composition de la graisse verte et ses caractéristiques physico-chimiques, afin de l’utiliser dans les meilleures conditions possibles. Comme son nom l’indique, elle est d’un aspect graisseux et de couleur verte.
Méthodes d'application
Les bricoleurs occasionnels appliquent la plupart du temps la graisse verte manuellement. Du côté des professionnels de la mécanique, on utilise plus volontiers un pistolet à graisse pour obtenir un résultat plus propre et plus précis. Certaines petites pièces mécaniques, comme les roulements ou les engrenages, demandent en effet de la minutie.
Avant tout graissage, assurez-vous tout d’abord que la machine ou le mécanisme à traiter est bien à l’arrêt, ceci dans le but d’éviter tout incident. Pulvérisez ensuite la graisse verte directement sur les pièces métalliques. L’opération peut être renouvelée régulièrement en fonction des contraintes et des charges subies par le métal.
Les cartouches de graisse : un format pratique
Les cartouches de graisses 400g sont des récipients cylindriques contenant des lubrifiants à base de graisse, conçus pour être utilisés avec des pistolets de graissage. Elles sont essentielles pour la maintenance industrielle, permettant de réduire la friction et l'usure des composants mécaniques. Ces cartouches assurent une application précise et efficace dans les roulements, joints et autres pièces mobiles, prolongeant ainsi la durée de vie des équipements. Leur format standardisé facilite le stockage et le remplacement rapide, optimisant les opérations de maintenance en milieu professionnel.
Les cartouches de graisse Würth : un gage de qualité
Les cartouches de graisse Würth se distinguent par leur qualité supérieure et leur fiabilité. Elles offrent une excellente résistance à l'eau et à la chaleur, ce qui les rend idéales pour une utilisation dans des conditions difficiles. De plus, leur composition spéciale assure une protection durable contre la corrosion et l'oxydation, prolongeant ainsi la durée de vie des pièces mécaniques. Les cartouches de graisse Würth sont disponibles dans une variété de formulations pour répondre à des besoins spécifiques. Elles sont généralement proposées dans des dimensions standard telles que 400g, ce qui les rend compatibles avec la plupart des pistolets à graisse. Les matériaux utilisés incluent des huiles de base minérales et synthétiques, enrichies d'additifs pour une performance accrue.
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Caractéristiques communes des cartouches de graisse Würth
- Qualité professionnelle : Graisses conçues pour répondre aux besoins des secteurs industriel, agricole, transport, travaux publics et maintenance, avec une large compatibilité mécanique.
- Bases chimiques variées : Lithium, lithium/calcium, 12-hydroxystéarate de lithium, calcium complexe, huiles synthétiques et bases savonneuses inorganiques selon le type de graisse.
- Grade et consistance : Majoritairement de grade NLGI 2 (consistance moyenne) assurant une bonne pompabilité et une haute tenue en charge.
- Conditionnement : Cartouches standard de 400 g/ml pour pistolets à graisse (compatibles Lube-Shuttle®), modules industriels 459 ml et jusqu’à des fûts de 50 L pour usage intensif.
- Résistances spécifiques : Propriétés anti-usure, extrême-pression (EP), anti-rouille. Résistances à l’eau (eau chaude, eau salée), à la chaleur, aux acides ou solutions alcalines pour certains produits. Stabilité au stockage élevée.
- Normes : Adaptés à la plupart des prescriptions machines, conformes aux exigences européennes pour graissage.
Applications industrielles des cartouches Würth
Les cartouches de graisse Würth sont largement utilisées dans divers secteurs industriels. Elles sont idéales pour la lubrification des roulements, des joints et des engrenages dans les machines industrielles, les véhicules utilitaires et les équipements agricoles. Leur capacité à résister à des charges élevées et à des températures extrêmes les rend également adaptées aux applications dans les secteurs de la construction et de la manutention.
Conseils d'utilisation
Pour tirer le meilleur parti des cartouches de graisse Würth, il est conseillé de suivre quelques recommandations simples. Assurez-vous que les surfaces à lubrifier sont propres et exemptes de contaminants avant l'application. Utilisez un pistolet à graisse compatible pour garantir une distribution uniforme du produit. Respectez les intervalles de lubrification recommandés par le fabricant de l'équipement pour maintenir une performance optimale.
Mélanges "maison" de graisses : explorations et applications
La lubrification est une composante du chargement liée aux autres, et donc si une recette se montre efficace dans un cas, elle n'est pas pour autant universelle. Selon le mode d'application des lubrifiants, leurs caractéristiques prépondérantes diffèrent.
Modes d'application et caractéristiques prépondérantes
- Trempage de l'ogive : On recherche un dépôt assez mince pour éviter les problèmes de chambrage, relativement dur et sec pour le confort des manipulations (épaisseur, dureté, viscosité). Il faudrait que la graisse couvrant l'ogive se détache et passe entre l'ogive et la paroi du canon. Mais doit-elle s'écailler facilement afin de se détacher par inertie ? (tenue). Ou sera-t-elle fondue et arrachée par la colonne d'air poussée devant la balle ? (fusion).
- Balles à gorges de graissage : Il lui faut la dureté requise pour glisser progressivement dans les rainures, d'abord sous l'effet de l'inertie puis des forces centrifuges, afin d'alimenter l'interface balle / canon durant la totalité du trajet, sans qu'il en reste trop à la fin. Compromis assurément très délicat (dureté, viscosité). Au stockage, en aucun cas la graisse ne devra pouvoir atteindre la poudre (suintement).
- Grease-cookie (poudre noire) : Doit se pulvériser au départ du coup (dureté), bien ramollir les crasses (caractéristique concernée ? aucune idée !), mais surtout pas contaminer la poudre pourtant placée tout près, ni imprégner l'éventuel calepin (mouillage).
- Application localisée (cordon de graisse sur le collet) : Ce devra être assez dur et sec pour la manipulation (dureté, viscosité), mais gélifiable par un solvant volatil permettant une application contrôlée, en étendue comme en épaisseur.
Conventions de notation pour les mélanges
Pour la concision et la clarté des marquages, une notation inspirée d'usages métallurgiques (alliages cuivreux) est utilisée.
- Abréviations :
- A = cire d'Abeille
- V = Vaseline
- M = suif de Mouton
- H = Huile d'olive
- P = Paraffine
- B = cire de Babybel
- L = Lanoline
- S = Savon
- Désignation des mélanges :
- Pour les produits purs, "100%" est précisé : p.ex. B100 = babybel 100 %
- Pour les mélanges, en % du poids : p.ex. AV55 = base abeille, 55 % vaseline
- Additifs à faible teneur : "+" suivi des abréviations, cette fois en minuscules
Tests sur ogives trempées (bain fondu)
Sauf l'AloxLEE, qui est badigeonné puis séché.
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- Dureté à T° ambiante, de mou à dur : AV55, AH50, (AM80, B100), AM25, AloxLEE, (A100, AP66)
- Epaisseur de dépôt à durée de trempage égale (dépend de la fluidité), de épais à mince : B100, (AM25, AV55, AH50, AM80), (A100, AP66), AloxLEE
- Tenue sur ogive trempée, de "adhérent" à "écaillable" : AV55, A100, AloxLEE, B100, AM80, AH50, AM25, AP66
- Viscosité au doigt, de gras à sec : AV55, (AH50, AM80), B100, AM25, AloxLEE, (A100, AP66)
Action des solvants
En solvants courants on trouverait alcool à brûler, acétone, white spirit, essence minérale (essence F) et pétrole lampant (kérozène, kerdane). L'alcool ne dissout pas grand chose, et le pétrole risque d'être bien long à s'évaporer ; le white spirit et l'acétone sont donc privilégiés. Il s'agissait surtout de vérifier si les divers mélanges étaient transformables en pâte, pour des applications localisées ; le choix final du solvant dépendant certainement des modalités d'application.
- White spirit : Agit sur les 8 produits testés ci-dessus, parfois au prix d'un long malaxage, et les transforme en pâte plus ou moins onctueuse. Si la cire d'abeille A100 se dissout mal et reste trop épaisse, les autres sont utilisables : AM25 (pâte épaisse), AP66 (peu onctueux), AV55 (pâte molle), AM80, AH50 et B100 (très onctueux). Un vieil AloxLEE épaissi devient presque liquide. Les produits reprennent leurs caractéristiques initiales après un séchage assez long (environ 24 h), sauf le AP66 qui ne reprend pas sa cohésion (peut-être la paraffine ne s'était-elle pas dissoute dans le white spirit, il faudrait essayer l'essence).
- Acétone : Moins satisfaisant, peut-être tout simplement parce-qu'il s'évapore trop vite alors que le malaxage devrait durer longtemps. Mais il est efficace sur l'AloxLEE épaissi, qu'il transforme en pate séchant rapidement.
Résistance thermique (mouillage, suintement et fusion)
Essais sous cloche sur la cuisinière à bois, dans la plage 30 à 60°, recoupés et complétés le 20/02/2015 dans la plage 17 à 85°.
Les échantillons étant placés sur du papier de soie absorbant, leur comportement a été surveillé durant la montée en température, pour noter 3 stades particuliers :
- "Mouille" : quand les premières exsudations commencent à former une auréole le papier.
- "Suinte" : quand apparaissent des goutelettes ou que la surface se liquéfie.
- "Fond" : quand l'échantillon fond totalement.
A noter que les valeurs sont approximatives (à 2 ou 3° près) par suite de la montée relativement rapide de la température, d'autant que la cloche se couvrait intérieurement de condensation gênant l'observation.
La résistance thermique des mélanges n'est pas forcément la moyenne de celle de leurs composants, et que le classement par températures de mouillage n'est pas toujours identique à celui par températures de fusion. En effet, certains mélanges ou additifs paraissent "retenir" les suintements (AP66, AH49L1+s, et surtout AloxLEE) ou contenir la fusion (AH50).
La différence entre AH50 et AH49L1+s (addition de 1.2% Lanoline et traces de savon de Marseille) est impressionnante, d'autant qu'à froid le second paraîtrait pourtant plus mou que le premier…
Choisir la bonne graisse pour une application spécifique
Vous vous demandez sans cesse quelle graisse mécanique sera la plus adaptée à votre installation ? La graisse protège toutes les pièces mécaniques en mouvement de l’usure et de la rouille, grâce à sa lubrification.
Facteurs à considérer
Selon la charge, la vitesse de rotation, et la température de service de l’équipement, le choix de la viscosité de l’huile de base diffère. Pour des utilisations à haute température, préférez une graisse composée d’huile de base avec une viscosité élevée. Les épaississants vont permettre de varier les propriétés de la graisse telles que la résistance à l’eau, la résistance aux charges élevées, la tenue à haute performance, ou la pompabilité. Identifiez les performances attendues de votre graisse selon l’utilisation que vous allez en avoir. Choisir un bon additif, c’est protéger son équipement contre l’usure, la corrosion, ou l’oxydation.
Types de graisse et leurs usages
- Graisse additivée au graphite : Utilisée pour les installations mobiles comme les roulements ou les paliers. Elle dégrippera également les pièces d’assemblage mécanique comme les vis, les boulons, ou les écrous. Son pouvoir lubrifiant favorise le glissement des pièces, même pour les graissages les plus difficiles.
- Graisse au lithium : Dite multifonctionnelle. En effet, elle protège correctement tous les corps mobiles. Elle bénéficie d’une protection contre la rouille et d’une bonne tenue à la chaleur.
- Graisse cuivre : Utilisée pour les très hautes températures. Elle correspond parfaitement pour des assemblages visés (boulons, filetages…) soumis à la chaleur.
- Graisse extrême pression (EP) : Formulée avec des additifs spéciaux extrême pression. L’épaississant polyurée présent dans cette graisse la rend idéale pour les hautes vitesses et les hautes températures. Elle permet également de limiter les phénomènes d’usure à basse température.
Utilisation des pompes à graisse
La pompe à graisse permet, grâce à son réservoir, de répartir le contenant de façon homogène sur votre surface mécanique.
- Pompe à graisse manuelle : La pompe à graisse « à levier » ou « à gachette » est simple et facile d’utilisation.
- Pompe à graisse électrique : Equipée d’une batterie, la pompe électrique ne nécessite qu’une simple pression pour libérer la graisse.
- Pompe à graisse pneumatique : Cette pompe à graisse est branchée à un bidon de graisse. Elle est idéale pour les surfaces volumineuses, ou demandant une pression de graissage considérable.
Entretien de la pompe à graisse
- Tirez sur le manche en fer dessous la pompe, si on ne peut pas tirer dessus et que ça bloque, elle est vide.
- Dévissez la tête de votre pompe à graisse.
- Retirez le deuxième opercule avec précaution.
Conseils d’entretien
Nettoyez régulièrement la surface de votre pompe à graisse, le flexible, et l’agrafe. Le graisseur permet de relier la pompe à la pièce à graisser.
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