Coupe du Monde 1998 : Détails des Tirs au But et Parcours Triomphal de la France

À quelques semaines du coup d'envoi de la Coupe du monde, la France du football cachait mal son inquiétude. Le manque d'enthousiasme de la population ajouté aux médiocres matchs de préparation de l'équipe nationale alimentaient les doutes sur le succès de la compétition à venir. L'événement sportif du siècle allait-il faire un flop ? Les premières rencontres, organisées à partir du 10 juin dans les stades de dix villes françaises (Saint-Denis, Paris, Lyon, Marseille, Montpellier, Lens, Toulouse, Bordeaux, Saint-Étienne, Nantes), dissipaient les craintes relatives à la qualité du jeu et à l'engouement des spectateurs. De l'avis général, cette Coupe du monde, élargie pour la première fois à 32 équipes (24 précédemment), a été d'un excellent niveau. Trois millions de personnes sont venues assister aux 64 matchs, et la France, longtemps frileuse, a vécu pendant un mois au rythme du football.

Un Parcours Semé d'Embûches et de Tirs au But Décisifs

Le chemin vers la victoire de la Coupe du Monde 1998 pour l'équipe de France a été marqué par des moments de tension extrême, notamment les séances de tirs au but. Ces instants cruciaux ont mis à l'épreuve la solidité mentale et la précision technique des joueurs.

France - Italie : Un Quart de Finale Haletant Décidé aux Tirs au But

Le 3 juillet 1998, au Stade de France de Saint-Denis, la France affrontait l'Italie en quart de finale. Ce match, décrit comme tendu et fermé, n'a pas permis de départager les deux équipes, conduisant à la redoutée séance de tirs au but.

La Tension Monte : La Séance de Tirs au But

Agés de 19 ans, Henry et Trezeguet prennent leurs responsabilités avec réussite. La joie du gardien français Fabien Barthez et la déception de Luigi Di Biagio à la fin de la séance de tirs au but lors du quart de finale de la Coupe du monde de football 98 entre la France et l’Italie au Stade de France à Saint-Denis, le vendredi 3 juillet. Les deux nations doivent se départager aux tirs au but après le score de 0 à 0 à la fin des prolongations. Lors de la séance, après un échec de Bixente Lizarazu, Fabien Barthez arrête le tir de Demitrio Albertini et Luigi Di Biagio (au sol) frappe sur la barre. Les Bleus s’imposent 4 à 3.

La séance de tirs au but s'est déroulée comme suit :

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  1. Zinédine Zidane (France) : Marque (0-1)
  2. Roberto Baggio (Italie) : Marque (1-1)
  3. Bixente Lizarazu (France) : Manqué (1-1)
  4. Demetrio Albertini (Italie) : Manqué (1-1)
  5. David Trezeguet (France) : Marque (2-1)
  6. Alessandro Costacurta (Italie) : Marque (2-2)
  7. Thierry Henry (France) : Marque (3-2)
  8. Christian Vieri (Italie) : Marque (3-3)
  9. Laurent Blanc (France) : Marque (4-3)
  10. Luigi Di Biagio (Italie) : Manqué (4-3)

La France a gagné ce quart de finale aux tirs au but (4-3) et, pour la quatrième fois (après 1958, 1982 et 1986), a atteint les demi-finales d'une Coupe du monde.

Les Compositions d'Équipe

France :

  • Entraîneur : Aimé Jacquet
  • Joueurs clés : Barthez, Desailly, Thuram, Lizarazu, Petit, Deschamps, Zidane, Djorkaeff, Guivarc'h, Karembeu, Blanc, Henry, Trezeguet.

Italie :

  • Entraîneur : Cesare Maldini
  • Joueurs clés : Pagliuca, Cannavaro, Costacurta, Maldini, Moriero, Pessotto, Dino Baggio, Di Biagio, Del Piero, Vieri, Albertini, Roberto Baggio.

Analyse Tactique

Aimé Jacquet est dans sa chambre de Clairefontaine. Seul. Il tourne et cherche le plan parfait pour contrer cette Squadra glaciale, invaincue lors des six quarts de finale de Coupe du monde qu’elle a eu à disputer au cours de son histoire. En conférence de presse, il en parle vaguement - « L’Italie a un bloc défensif extrêmement performant, une science du contre et il y a les coups de poignard que peuvent décocher ses attaquants » , « La France possède bien son football, la différence se fera dans la patience, le sang-froid et, sûrement, grâce aux joueurs exceptionnels que possède chaque formation ». Un temps évoqué, la possibilité d’aligner Boghossian est finalement écartée, tout comme la piste menant à Patrick Vieira : ce sera Christian Karembeu. L’objectif est alors de contenir les contres italiens et de protéger un Zidane qui manque de rythme. Le choix est également fait d’aligner Djorkaeff plutôt qu’Henry : la France va patienter avant de piquer.

La France a opté pour un système à trois récupérateurs similaire à celui de l'Euro 96, avec pratiquement les mêmes joueurs. L'objectif était de contenir les contres italiens et de protéger un Zidane qui manquait de rythme.

Un Anecdote Révélatrice

Emmanuel Petit a profité de cette occasion pour livrer une anecdote sur la séance des tirs au but face à l’Italie en quarts de finale. Dans cette liste aurait dû figurer Youri Djorkaeff, spécialiste de l’exercice. Mais le Snake a refusé pour une raison très précise révélée par Emmanuel Petit vendredi dans le Vestiaire spécial 1998 sur SFR Sport 1 au Stade de France. Youri Djorkaeff, spécialiste de l'exercice, a refusé de tirer pour une raison précise.

Le Huitième de Finale Contre le Paraguay : Une Qualification Difficile

En huitièmes de finale, les Bleus partent largement favoris contre le Paraguay. Mais, privés de Zinédine Zidane (suspendu) et de Christophe Dugarry (blessé), ils ne trouvent pas la faille dans une défense très regroupée (0-0) et sont embarqués dans les prolongations, où s’applique pour la première fois en Coupe du monde la règle du but en or : le premier qui marque a gagné. C’est Aristides Rojas qui remplace José Cardozo à la 91e. Mais plus le temps passe, plus les Paraguayens défendent avec acharnement, tout en laissant planer la menace d’un contre définitif. Alors que la séance fatidique des tirs au but s’approche, ce qu’attend avec gourmandise le gardien-capitaine-buteur José Luis Chilavert, un centre en cloche de Robert Pirès côté droit trouve David Trezeguet dans la surface, lequel remet de la tête à Laurent Blanc qui marque de près, du tibia (114e).

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La France a affronté le Paraguay, une équipe solide défensivement, en huitièmes de finale. Le match s'est prolongé jusqu'aux prolongations, où Laurent Blanc a marqué le but en or à la 114e minute, évitant ainsi une séance de tirs au but que redoutait l'équipe de France, connaissant les qualités de José Luis Chilavert.

Les Prolongations : Un Scénario Fréquent pour les Bleus

A l’Euro, la probabilité pour l’équipe de France de jouer au moins une prolongation est très élevée, encore plus qu’en Coupe du monde. Depuis 1934, l’équipe de France a disputé 18 prolongations. Parmi elles, 7 ont été gagnées, 3 perdues et 8 n’ont pas pu départager les deux protagonistes et ont donné lieu à une séance de tirs au but, ces dernières débouchant sur 3 victoires et 5 défaites. En mettant de côté les séances de tirs au but, étudiées dans le détail ici, regardons quels sont les différents scénarios des prolongations, et leurs conséquences. A quels moments les buts ont-ils été marqués ? Dans quelle mesure est-il possible d’égaliser ou de renverser le score en prolongations ? Pour commencer cette série de trois articles, voici les sept fois où l’équipe de France a marqué en premier. A Séville contre la RFA en demi-finale, alors que le temps règlementaire s’est achevé sur le score de 1-1, Marius Trésor donne l’avantage aux Bleus dès la 93e minute sur un coup franc obtenu côté droit par Alain Giresse. Ce dernier double la mise à la 99e, mais les Allemands peuvent compter sur leurs deux attaquants lancés par Jupp Derwall : Horst Hrubesch a remplacé Klaus Fischer à la 73e et Karl-Heinz Rummenigge est rentré à la place de Felix Magath à la 97e. La RFA finit le match avec 4 joueurs devant, et c’est Rummenigge qui réduit le score très vite (103e), alors que les Français se sont arrêtés de jouer pour protester sur une faute commise sur Giresse après une séquence de passe à dix dans le camp allemand. Ces quatre buts en un quart d’heure font sauter le score à 3-3, mais plus rien ne sera marqué avant la première séance de tirs au but de l’histoire de la Coupe du monde malgré plusieurs occasions franches devant la cage d’Ettori. Cette séance sera fatale aux Bleus (4-5). Quatre ans plus tard, pour la troisième place de la Coupe du monde mexicaine, la France retrouve la Belgique à Puebla dans l’indifférence générale. Les deux équipes ne peuvent se départager au terme des 90 minutes (2-2) et prolongent leur séjour mexicain d’une demi-heure supplémentaire. Bernard Genghini marque juste avant le changement de côté (104e), et Manuel Amoros assure le résultat sur pénalty (111e).

L'équipe de France a une longue histoire de prolongations en compétitions internationales. Depuis 1934, elle en a disputé 18, dont 8 se sont soldées par des séances de tirs au but. Ces statistiques soulignent la capacité des Bleus à se battre jusqu'au bout, même dans les moments les plus difficiles.

La Finale : Un Triomphe Historique

Portée par son public et sa réussite, l'équipe de France abordait en toute sérénité la finale contre le Brésil, disputée dans le tout nouveau Stade de France de Saint-Denis, construit pour l'événement. Face à des champions du monde qui avaient tout à perdre, les Français ont su saisir leur chance.

Une Victoire Éclatante

Le 12 juillet 1998, la France affronte le Brésil en finale de la Coupe du monde, au Stade de France de Saint-Denis. A la 27e minute, Zinédine Zidane ouvre le score de la tête sur un corner d’Emmanuel Petit. A la 45e minute, Zinédine Zidane marque un deuxième but de la tête sur un corner de Youri Djorkaeff. La France mène 2 à 0 à la mi-temps. Emmanuel Petit inscrit un troisième but en fin de match et l’équipe de France s’impose face aux Brésiliens sur le score de 3 à 0. Les Français sont champions du monde.

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La finale a été un moment de gloire pour l'équipe de France, qui a dominé le Brésil et remporté la Coupe du monde sur le score de 3-0. Les buts de Zinédine Zidane (2) et Emmanuel Petit ont scellé la victoire.

L'Effervescence Populaire

Immédiatement, plus d'un million et demi de personnes envahissaient les Champs-Élysées, consacrant l'apothéose du phénomène Coupe du monde dans un pays jusque-là moins passionné de football que beaucoup de ses voisins européens. Le parcours des joueurs d'Aimé Jacquet provoquait une sorte d'union nationale teintée d'euphorie.

La victoire a déclenché une immense vague de joie et d'unité nationale en France. Plus d'un million de personnes se sont rassemblées sur les Champs-Élysées pour célébrer le triomphe.

Les Facteurs Clés du Succès

  1. Solidarité et Défense Imperméable : Armés d'une solidarité sans faille et d'une défense quasiment imperméable, ils ont pourtant péché par la qualité de leur attaque : plus de la moitié des 15 buts marqués par les champions du monde l'ont été par des défenseurs ou des milieux de terrain.
  2. Absence de Star Unique : Contrairement aux précédentes éditions, la Coupe du monde 1998 n'a pas vraiment révélé de joueur phare. Cela tient sans doute à l'échec relatif de Ronaldo et au caractère homogène et collectif d'une équipe de France sans véritable star. Barthez, Desailly, Thuram, Lizarazu, Petit, Deschamps ont réalisé un parcours exemplaire. Blanc et Zidane, handicapés par deux matchs de suspension, ont été déterminants le reste du temps.
  3. Un Entraîneur Stratège : Aimé Jacquet, initialement critiqué, a su construire une équipe solide et équilibrée, capable de s'adapter à toutes les situations. Son approche tactique et sa gestion du groupe ont été déterminantes.

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