L'Entraînement au Tir dans la Police : Techniques, Nécessités et Défis

L'entraînement au tir est une composante essentielle de la formation et de la préparation des forces de l'ordre. Il vise à garantir la sécurité des agents, à protéger la population et à assurer l'efficacité des interventions policières. Cet article explore les techniques, les nécessités et les défis liés à l'entraînement au tir dans la police, en s'appuyant sur des exemples concrets et des témoignages de professionnels.

L'Importance Cruciale de l'Entraînement au Tir

L’amélioration des compétences de tir pour les forces de l’ordre est cruciale. En effet, cela garantit non seulement la sécurité personnelle, mais aussi la précision et l’efficacité lors des interventions de police. L'entraînement au tir est une composante essentielle de la formation des forces de l'ordre. Il permet de garantir la sécurité des agents, de protéger la population.

Maîtrise de l'Arme et Confiance en Soi

L’arme à feu est un outil qui requiert une manipulation précise et sûre. L’entraînement régulier permet de développer une maîtrise parfaite de son arme, de repousser ses limites et de réagir efficacement dans des situations de stress. Un membre des forces de l’ordre doit avoir une grande confiance en soi et en ses capacités. L’entraînement régulier renforce cette confiance en soi et permet de faire face à toutes les situations avec sérénité.

Précision et Rapidité

Une bonne précision est indispensable. L’entraînement permet d’affiner la visée, de contrôler la respiration et de développer ainsi une précision accrue dans vos entraînements. Dans certaines situations, la rapidité d’exécution peut faire la différence. L’entraînement permet d’acquérir des automatismes et de réagir instinctivement face à une menace.

Adaptation aux Nouvelles Technologies et Respect des Règles d'Engagement

Les armes et les munitions évoluent constamment. L’entraînement permet de se familiariser avec les nouvelles technologies et d’adapter ses techniques de tir. L’usage de la force létale est une décision grave qui doit être prise en dernier recours et dans le strict respect des règles d’engagement. L’entraînement permet de maîtriser ces règles et de prendre les bonnes décisions dans des situations complexes.

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Techniques d'Entraînement au Tir

La formation régulière est la solution de l'amélioration des compétences de tir. Recherchez des instructeurs qualifiés et certifiés en tir pour vous guider dans votre formation. Commencez par travailler sur les bases, y compris la position dans laquelle vous pratiquez, la prise en main de l'arme, la visée et votre respiration. Faites des séances de tir à sec pour œuvrer à la manipulation de votre arme sans munitions. Appliquez-vous à la fois sur la précision et la vitesse. Entraînez-vous dans des situations de terrain en simulant un scénario réaliste. Ajoutez la gestion du stress dans votre formation en tir. Soyez toujours ouvert à l'apprentissage continu. Conformez-vous à toujours suivre les protocoles de sécurité stricts lors des séances de tir. Enfin, n'omettez pas que l'entraînement répétitif, régulier et la pratique sont élémentaires pour garder et améliorer vos compétences de tir.

Entraînement en Situation Réelle et Gestion du Stress

Concernant l'arme de poing, Pascal Henault va donc diriger l'entraînement sur des mises en situation : protection et couverture d'un collègue, tir de protection, puis de blessure en cas de port de gilet pare-balles de l'agresseur, etc. Une manière d'être prêt « même si les cas sont extrêmement rares. » Ajoutez la gestion du stress dans votre formation en tir.

L'Expérience de Vendôme : Un Exemple Concret

Pas un bruit autour du stand de tir de Vendôme, un après-midi, jusqu'aux trois détonations. Elles seront nombreuses à s'enchaîner dans l'heure et demie qui suit. C'est par trois que les policiers s'entraînent avec Pascal Hénault, formateur en techniques de sécurité en intervention. Les policiers sont à 6 ou 7 mètres des cibles, volontairement. « Un agent n'est autorisé à tirer qu'en cas de légitime défense : ça se passe vite avec une personne qui n'est pas loin de lui, en position agressive », explique le formateur. C'est lui qui entraîne chaque policier dans le département. « Il n'est pas question uniquement de tir, mais de toutes les techniques liées à la sécurité et à la manipulation de l'arme. »

À Vendôme, les entraînements ont lieu dans un lieu associatif privé. « Nous avons conclu un accord avec le club de tir local », détaille le commandant Bissieux qui dirige le commissariat de Vendôme. « L'entraînement ayant lieu sur les heures de service, cela rendrait la présence policière trop faible s'il fallait que les collègues aillent systématiquement au centre de Blois. »

L'Importance de la Formation Continue

Aujourd'hui, après avoir été formé à l'utilisation d'armes de poing en école de police, chaque policier doit effectuer trois séances de tirs par an, avec 90 cartouches tirées au total. Ces séances font partie des 12 heures - portées à 15 depuis début 2022, selon le commandant Delenclos - de formation continue aux "techniques et à la sécurité en intervention".

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Le Rôle des Simulateurs de Tir

Ils tiraient sur des silhouettes de papier, ils pourront désormais aussi s’entraîner avec de la vidéo: Eva, un nouveau programme “inventé par un policier pour les policiers“, permet aux fonctionnaires de s’entraîner à tirer “dans les conditions les plus proches de la réalité“. Dans le stand de tir du commissariat du Ve arrondissement de Paris, un mur de papier et un vidéoprojecteur plongent deux policiers sur le parvis du Stade de France un soir de match. Soudain, dos tourné aux fonctionnaires, un individu armé surgit et vise un passant avec son fusil-mitrailleur. “Police, jette ton arme!“, hurlent les deux fonctionnaires. Pas de réaction de l’agresseur. Le moniteur de tir fait un arrêt sur image et désigne, avec un pointeur laser, les impacts sur l’écran. “Parfait, thorax et tête“. L’invention d’Eva (entraînement vidéo assisté) vient du major Pascal Tran, moniteur de tir depuis 13 ans à la Préfecture de police de Paris. “Depuis toujours, les entraînements se faisaient sur des cibles inertes qui” n’incitent “pas à l’analyse. “L’idée, ce n’était pas de faire un jeu vidéo mais de les plonger dans des scènes de la vie de tous les jours. A un moment donné, en intervention, il peut être amené à prendre la décision qui sera sans doute la plus difficile de toute sa vie. Ce nouvel outil ne vise pas à remplacer les trois tirs réglementaires de trente cartouches que les policiers doivent effectuer chaque année.

Les Armes et les Équipements

Arme individuelle : Chaque policier tire avec son arme de poing, un Sig-Sauer, un automatique qui tire des projectiles de 9 mm. « Chaque agent doit sortir dans la rue muni d'une arme », rappelle le formateur. « Il doit pour cela passer une habilitation et un examen. » Pour les autres armes non létales telles que les pistolets à impulsion électrique, les tonfas ou les bombes lacrymogènes, une habilitation supplémentaire est nécessaire. « On équilibre dans un commissariat le nombre de personnes formées aux différentes armes. »

En session de tir, le port des lunettes, du casque intégré et du gilet pare-balles est imposé. Selon l’exercice, le stand de tir est aménagé en créant des situations, en extérieur.

Défis et Controverses

Malgré l'importance de l'entraînement au tir, plusieurs défis et controverses persistent.

Insuffisance de la Formation

"Insuffisant", juge la syndicaliste d'Unité-SGP, Linda Kebbab. "Personne ne peut prétendre être un bon tireur avec trois séances de tirs par an". Et si ces remises à niveau sont obligatoires, elles ne sont pas suivies par tous. Dans son rapport sur la formation des policiers, remis début 2022, la Cour des comptes, relève qu’"en 2019, le pourcentage de personnels actifs ayant réalisé trois séances de tirs à l’arme individuelle s’élevait à 62 % au niveau national et le taux de réalisation complet des douze heures d’entraînement annuel réglementaires n’était que de 24 % pour la DGPN et de 14 % pour la préfecture de police". En 2017, la moitié des policiers n’avait pas bénéficié de ces trois séances de tirs (51%). Ainsi, en 2019, les commissaires étaient très peu assidus à s’entrainer aux tirs (33% respectaient les trois séances). En revanche, les gardiens de la paix étaient deux fois plus nombreux à y assister (64%).

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Linda Kebbab, d’Unité-SGP, l'a par exemple souligné à l’AFP : "personne ne peut prétendre être un bon tireur avec trois séances de tirs par an".

Manque de Temps et de Formateurs

Mais, nuance-t-il, la hiérarchie n'arrive pas toujours à leur libérer assez de temps pour le volet "rappels déontologiques, légitime défense" ou les autres "exercices de techniques d'intervention". "L'opérationnel prend le pas sur tout ça". "On a un problème pour recruter les policiers formateurs", souligne aussi Yvan Assioma, d'Alliance.

L'Équilibre Délicat entre Formation et Opérationnel

"Le policier ne dispose que de quelques secondes pour analyser une situation qui le met dans un danger possiblement mortel", observe-t-il, précisant que "ce sera à la justice de dire s'il fallait tirer ou non".

Cadre Légal et Légitime Défense

Les deux agents sont interrogés sur le contenu du texte régissant leur usage des armes depuis 2017. Il stipule que les policiers ne peuvent tirer qu'"en cas d'absolue nécessité" et de "manière strictement proportionnée" à la menace. Ici, "leur intégrité physique était en danger, donc l'emploi de l'arme était justifié", explique le formateur. Mais impossible de donner aux policiers une liste des situations lors desquelles tirer ou non. "On donne des grands principes généraux de sécurité et, à partir de là, le policier fait son choix opérationnel", explique le commandant Ludovic Delenclos, chef adjoint à la direction de la formation de la police nationale.

Techniques de Tir Essentielles

Respiration et Vision

Au niveau de la respiration, chacun comprendra que le geste du tireur s’accommode mal des ” bougers ” qu’elle peut engendrer. Au niveau de la vision, un œil domine l’autre : c’est l’œil directeur. Il est recommandé de tirer en ayant les deux yeux ouverts. L’œil humain possède de nombreuses facultés mais il ne sait pas voir simultanément net de près et de loin. Puisqu’il faut, pour viser, aligner plusieurs éléments situés à différentes distances, le tireur devra faire un choix. En effet, un léger écart par rapport au visuel, de l’ensemble des instruments de visée bien alignés entre eux, se traduira par un faible écart en cible. Par contre, un alignement imprécis des instruments de visée se traduira par un écart très important en cible. Au pistolet, il est donc préférable de régler son arme pour toucher plus haut que le point visé et de voir se détacher parfaitement les instruments de visée sur le fond blanc du carton. La marge de blanc est une référence de placement de la visée autour de laquelle vous allez décrire de petits mouvements oscillants résultants du contrôle de votre stabilité.

Lâcher et Suivi

C’est une phase déterminante de la séquence de tir : un bon lâcher laisse l’arme stable au départ du coup ou n’amplifie pas ses mouvements si elle bouge légèrement. Ce défaut, courant au stade de l’initiation, est très limitant dans la progression du tireur. La partie la plus sensible de l’index se situe au niveau de la pulpe de la dernière phalange (ou phalangette). La course de la queue de détente s’effectue sous faible pression dans un premier temps (pré-course) jusqu’à un point dur (bossette). A partir de ce point, la pression nécessaire au départ du coup sera plus importante. C’est la prolongation, au delà du départ du coup, de toutes les actions qui en sont à l’origine (position, visée, lâcher).

Réglage de l'Arme et Analyse des Impacts

Une balle annoncée dans la certitude que tout était parfait se dit ” bien partie ” ce qui ne signifie pas que ce soit un dix si l’arme n’est pas encore réglée à la vue du tireur. On appelle ” point moyen “, le milieu d’un ensemble d’impacts. Le principe est simple. Avec quatre ou cinq clics (selon les constructeurs) vous déplacez votre tir d’une zone.

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