L'histoire de la flèche noire au tir à l'arc

Introduction

Le tir à l'arc, initialement pratiqué pour la chasse, est devenu un sport à part entière, pratiqué aussi bien en loisir qu'en compétition. Accessible aux enfants, aux femmes et aux hommes, ce sport d'adresse, ludique et non violent, allie concentration, précision, discipline et rigueur. Le tir à l'arc est un sport olympique depuis 1972.

Le tir à l'arc moderne : disciplines et pratiques

De nos jours, le tir à l'arc se pratique sous diverses formes. Il est possible de s'initier chez soi, dans un espace restreint, seul ou en famille, grâce au SOFTARCHERY. Les clubs offrent également la possibilité de pratiquer en salle (indoor) à 18 mètres, ou en extérieur à des distances de 30, 50 et 70 mètres. La taille des blasons varie en fonction de la distance de tir.

Les compétitions en salle se déroulent à 18 mètres, avec 10 volées de 3 flèches tirées deux fois sur des blasons de 40 cm. En extérieur, plusieurs disciplines sont proposées : le tir fédéral (30 et 50 mètres avec des blasons de 80 cm), le FITA Olympique (30, 50 mètres sur blasons de 80 cm et 2 fois 70 mètres sur blasons de 122 cm), avec 12 volées de 3 flèches à chaque distance. D'autres disciplines comme le tir nature sur cibles animalières, le Field (tir campagne) ou le 3D sont également proposées. Il existe également des disciplines suivant les pays ou les coutumes régionales comme le tir à la perche ou le tir du roi, le golf archerie…

Les blasons sont généralement divisés en 5 zones : Jaune (10 et 9), Rouge (8 et 7), Bleu (6 et 5), Noir (4 et 3) et Blanc (2 et 1). Les tirs Field et nature se pratiquent sur des distances allant de 6 à 60 mètres. Des classements sont établis en fonction du matériel utilisé : arc classique ou à poulies, avec ou sans viseur. Les tirs sur cibles 3D sont de plus en plus populaires.

Les origines préhistoriques du tir à l'arc

L'histoire du tir à l'arc remonte à la Préhistoire. En Europe, l'arc et la flèche ont supplanté le propulseur et la sagaie à la fin de la dernière glaciation. Les plus anciens arcs et flèches ont été découverts en Europe du Nord. Des flèches en bois de pin, datant d'environ 10 000 ans avant J.-C., ont été retrouvées à Stellmoor, près de Hambourg. En 2023, des pointes de flèches datées de 54 000 ans et attribuées à Homo sapiens ont été découvertes dans la grotte de Mandrin (Drôme). En 2025, les plus anciennes armatures de flèches connues à ce jour en Eurasie, datées d’environ 80 000 ans, ont été identifiées sur le site d’Obi-Rakhmat en Ouzbékistan.

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La fabrication des arcs et des flèches au Néolithique

Au Néolithique, le bois d'if était privilégié pour la fabrication des arcs, tandis que les pousses de viorne ou de cornouiller étaient utilisées pour les hampes de flèches. La fabrication d'un arc exigeait beaucoup d'expérience, comme en témoignent les négatifs d'enlèvement laissés par les haches de pierre sur les ébauches d'arcs. Après avoir été frottés sur des plaques de grès, les arcs étaient polis avec de la prêle pour obtenir une surface parfaitement lisse. Une flèche parfaitement droite était encore presque plus importante que l’arc lui-même, et l’on consacrait beaucoup de temps à sa fabrication. Il fallait compter au moins une heure de travail pour écorcer, polir et redresser la hampe à la chaleur de la braise.

Tous les arcs n'étaient pas confectionnés avec le soin requis et pouvaient se rompre en cas de tension non constante.

Les pointes de flèches et la chasse préhistorique

Les types de pointes de flèches étaient adaptés à la chasse de l'espèce convoitée. Des pointes en bois à extrémité élargie étaient utilisées pour les oiseaux et les animaux à fourrure, afin d'éviter d'endommager le pelage ou le plumage. La flèche de Lilla Loshult (Province de Schonen, Suède), datant d'environ 7500 av. J.-C. et garnie de lames de silex acérées, était adaptée à la chasse au gros gibier.

Grâce à l'arc et à la flèche, l'homme préhistorique était capable d'abattre n'importe quel gibier. La découverte d'ossements dans la grotte du Bichon (NE) révèle cependant les dangers de la chasse. Le squelette d'une ourse brune, dans lequel plusieurs flèches de silex étaient fichées, y a été découvert. La bête eut encore assez de force pour entraîner le chasseur dans la mort.

Violence et conflits : l'usage des flèches comme armes

Des squelettes humains avec des flèches fichées dans les os ont été découverts sur des sites mésolithiques et néolithiques. Le squelette d'un homme découvert à Feldmeilen (Suisse), vieux de 5600 ans, présente deux pointes de flèches en silex plantées dans les os.

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Le tir à l'arc : un jeu d'enfant et un entraînement

Les enfants entretenaient des rapports ludiques avec les armes. Dès leur plus tendre enfance, ils possédaient de courts arcs-jouets et des flèches miniatures. Vers deux ou trois ans sans doute, les garçons recevaient leur premier arc, comme c'était encore la tradition chez les eskimos voilà quelques décennies. L'arc grandissait avec ces chasseurs en herbe.

La portée et la précision du tir à l'arc préhistorique

Les flèches pouvaient être tirées à plus de 150 mètres, mais la précision en était affectée. Les armes les plus anciennes témoignent d'une excellente qualité, avec une section d'arc bombée sur la face externe et plate à l'intérieur, exploitant les caractéristiques du bois de manière optimale.

L'archerie au Moyen Âge : mythes et réalités

L'archerie médiévale, notamment l'arc long anglais, a souvent été entourée de mythes et d'idées reçues. Des études récentes nuancent ces idées, notamment en ce qui concerne la puissance des arcs, la cadence de tir et l'efficacité des flèches face aux armures.

Certains experts estiment que la puissance de l'arc médiéval est de 22,5 kg (50 lbs), une valeur discutable présentée sans référence. La cadence de tir est également un sujet de débat, certains avançant qu'un arbalétrier ne pouvait tirer que deux traits par minute, tandis qu'un archer expérimenté pouvait tirer jusqu'à 20 flèches.

Les fouilles sur le Mary Rose, navire de guerre anglais qui a coulé en 1545, ont permis de découvrir de nombreux arcs longs et des squelettes d'archers, fournissant des informations précieuses sur l'archerie à cette époque.

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L'archerie comme art et discipline : le Toxophilus de Roger Ascham

Roger Ascham, dans son ouvrage Toxophilus (1545), décrit l'archerie comme un art et une discipline nécessitant entraînement et maîtrise de soi. Il met en avant les bienfaits physiques et moraux de l'archerie, ainsi que son importance pour la défense du royaume.

L'art d'archerie : le premier traité de tir à l'arc en Occident

L'art d'archerie ou La fachon de tirer de l'arc a main est considéré comme le premier traité de tir à l'arc en Occident. Ce texte, datant du début du XVIe siècle, offre un aperçu précieux des techniques de tir, du matériel utilisé et de la place de l'archerie dans la société de l'époque.

L'auteur de L'art d'archerie reste anonyme, mais il se présente comme un archer expérimenté ayant compilé ses connaissances et ses observations pour les partager avec ceux qui souhaitent apprendre. Il décrit trois types de tir : le tir à la butte, le tir au chaperon et le tir au loin.

Le texte de L'art d'archerie s'inspire de sources variées, notamment des traités de chasse et des ouvrages militaires. L'auteur cite des personnages bibliques et mythologiques, ainsi que des auteurs antiques et médiévaux, pour illustrer ses propos et souligner l'importance de l'archerie.

Le manuscrit de La fachon de tirer de l'arc a main a appartenu à Henri Gallice (1853-1930), un riche bibliophile passionné de chasse. Gallice fit éditer le manuscrit pour le plaisir des amateurs de tir à l'arc.

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