Le fusil à pompe, une arme à la fois familière et entourée de mystère, occupe une place particulière dans l'histoire de l'armement en Belgique. Cet article explore l'évolution de cette arme, son adoption par les forces de l'ordre et les tireurs sportifs, ainsi que les modèles les plus emblématiques qui ont marqué son histoire.
Les origines du fusil à pompe
L’histoire des fusils à pompe est intimement liée à l’innovation et à la passion pour la chasse. C'est une histoire d’innovation continue, d’ingéniosité et de passion pour la chasse.
L'héritage de John Moses Browning
Le plus grand créateur d'armes est Américain et s'appelle John Moses Browning. John Moses Browning est né en 1855 à Ogden, dans l’Utah, aux États-Unis. Dès son plus jeune âge, il a montré un talent extraordinaire pour la mécanique et l’ingénierie. Ces nombreuses inventions et ses 128 brevets déposés ont changé le cours de l'histoire de l'arme et du monde moderne.
Fils d'un armurier Mormon de l'Utah aux états Unis, il préfère l'atelier de son père aux bancs de l'école et travaille inlassablement et ingénieusement à améliorer toutes les armes qui lui passent entre les mains. Très rapidement il dépose de nombreux brevets.
En compagnie de trois de ses frères et à la mort de leur père en 1879 il fonde «The Browning Gun Factory » qui va vendre de nombreuses licences de fabrication d'armes à Winchester dont la célèbre carabine 1894 utilisée par John Wayne dans les films de Western mais surtout fabriquée à 7 Millions d'exemplaires.
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La collaboration avec Winchester
Le tournant décisif dans la carrière de Browning est survenu lors de sa rencontre avec la société Winchester Repeating Arms Company en 1883. La collaboration avec Winchester dure presque vingt ans, jusqu'à ce que la marque boude son nouveau projet du fusil semi-automatique Auto-5. En 1902, John Browning a conçu ce qui fût une avancée majeure dans le domaine des armes à feu, le célèbrissime Auto 5.
Le partenariat avec FN Herstal
Il se tourne dès lors vers la Belgique avec qui il a déjà travaillé pour son pistolet Automatique modèle 1900 fabriqué par la FN Herstal et tristement célèbre pour avoir été l'arme ayant servie à l'assassinat de l'archiduc d'Autriche à Sarajevo, top départ de la première guerre mondiale.
Après la mort de John Moses Browning en 1926, son fils, Val A. Browning, a continué à perpétuer l’héritage de son père en travaillant avec plusieurs fabricants d’armes à feu, notamment Fabrique Nationale d’Herstal en Belgique. Le nom de Browning est devenu synonyme de qualité, de précision et de durabilité dans le monde des armes de chasse.
Aujourd’hui, la société Browning continue de prospérer en tant que fabricant d’armes de chasse de premier plan. L’entreprise reste fidèle à l’héritage de John Moses Browning en plaçant l’innovation, la qualité et la performance au cœur de ses activités. Ses armes sont toujours fabriquées avec le souci du détail et le savoir-faire qui ont fait la renommée de la marque. John Moses Browning a laissé un héritage durable dans le monde des armes à feu, et sa marque continue d’être un symbole de qualité et de performance.
Le fusil à pompe : un mécanisme efficace
Le fusil à pompe est une arme équipée d'un canon à âme lisse ou rayée et d'un magasin tubulaire où les têtes des cartouches, plates et molles, ne risquent pas de percuter. Ce système est plus efficace que le levier de sous-garde car il permet au tireur de recharger l'arme en la gardant épaulée et sans déplacer sa main forte. Il s'agit d'un mécanisme dont l'action est aussi plus rapide.
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Modèles emblématiques de fusils à pompe
Voici une liste non exhaustive de modèles de carabines 22lr à réarmement à pompe disponibles sur le marché :
Henry Pump-Action : Fabriquée aux États-Unis (NJ), cette carabine partage les mêmes caractéristiques que sa cousine, la Lever-Action. A l'origine il s’agit en fait d'une Erma dont la licence à été reprise par la firme Américaine.
- Pays d'origine: USA
- Prix: de 550 à 750 €
- Capacité du magasin: 9 coups.
- Les +: Une carabine à pompe neuve, les pièces détachées, peu tirer du short, rail 11mm…
- Les -: Mécanisme capricieux, guidon en plastique, forme octogonale du canon ne plaisant peu être pas à tout le monde…
Erma EG72 Pump Action : C'est la version originale de ce que nous présente Henry avec sa Pump-Action. Le M572A ayant le look et la même prise en main que son aîné, le Remington 870, qui lui est un fusil de chasse.
- Pays d'origine: USA
- Prix: 665$
- Capacité du magasin: 15 coups
- Les +: Grande capacité du magasin, peu tirer du short, rare en Europe, …
- Les -: Même voir trop rare, dispo uniquement en import,…
Rossi Model 62 : Réplique de l’ancestrale Winchester 62 produite au début des années 1900. Ce modèle est aussi disponible en version longue avec un canon de 59cm.
- Pays d'origine: USA
- Prix: entre 200 et 300€
- Capacité du magasin: 9 coup en 7éme / 15 coups en 4éme.
- Les +: Légèreté, rail pour lunette, look ancien,…
- Les -: Hausse austère, mécanique capricieuse,…
Browning BPR (Browning Pump Rifle) : Ce modèle à été mis en place quelques temps après l’arrêt définitif de la production de son aînée la Trombone. Conservant cependant la même mécanique qui fit le succès de sa prédécesseur, la BPR n'en est pas moins une extrapolation de sa cousine la BAR du même calibre.
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- Pays d'origine: Japon, sous licence Américaine.
- Prix: environ 600€
- Les +: Mécanisme qui à fait ses preuves, précision toujours au rendez-vous, rail pour pose d'un optique…
- Les -: Difficile à dénicher, prix élevé, hausse de type "Grain d'orge" ne faisant pas toujours l'unanimité,…
Browning/ FN Herstal Trombone : Fabrication de la FN-Herstal sur un brevet JM browning de 1922. Durant la fin des années 70 les Trombone furent renomées BPR pour Browning Pump Rifle.
- Pays d'origine: Belgique, sous licence Américaine.
- Prix: environ 600€ voir plus selon l'état du modèle.
- Les +: Finitions, qualité des matériaux, précision, démontable en deux parties,…
- Les -: Deviens de plus en plus rare, prix parfois élevé, …
L'importance du modèle 4 en Belgique
Le modèle 4 est un formulaire administratif utilisé en Belgique pour l'acquisition d'armes à feu. Le choix du type d'arme (canon lisse ou rayé, à répétition, etc.) est crucial pour que la demande soit recevable.
Dans le contexte de l'acquisition d'un fusil à pompe en Belgique, il est essentiel de bien comprendre le processus lié au modèle 4. Plusieurs intervenants sur les forums spécialisés soulignent l'importance de correctement remplir ce formulaire, en particulier en ce qui concerne la classification de l'arme (canon lisse ou rayé, mode de fonctionnement à répétition, etc.).
Exigences d'examen
Pour l'acquisition d'un fusil à pompe de calibre 12, il est généralement nécessaire de passer un examen théorique pour les armes longues à canon lisse. Cette exigence peut varier selon les provinces. Il est recommandé de se renseigner auprès des autorités compétentes de sa province pour connaître les modalités spécifiques.
Armes longues : canon lisse ou rayé ?
Le modèle 4 distingue les armes longues à canon lisse et celles à canon rayé. Le fusil à pompe est généralement classé comme une arme longue à canon lisse, sauf dans certains cas spécifiques comme les modèles en calibre .22 LR dits "modèle trombone" qui sont forcément en canon rayé.
L'industrie armurière liégeoise : un héritage séculaire
Déjà au XVIIe siècle, la région liégeoise était réputée pour ses fabrications mécaniques et particulièrement ses armes à feu. Leurs forgerons seront reconnus comme les meilleurs fabricants d'armes et elles seront connues de la Scandinavie jusqu'au frontière de l'Inde. Liège commencera à partir de cette époque à livrer au monde entier des armes ou des pièces d'armes . La dernière fit franchir à une grande partie de l'industrie armurière un seuil technologique . On dira à Liège pour qualifier un ouvrier de valeur "c'est un bon il a fait des 77" (en 1886 les fabricants d'armes réunis utilisaient encore le terme de "qualité 1777").
Les armes dit de "luxe" ou de "traite" avait été exempté de banc d'épreuve à cette époque. Après 1815 Liège va surtout travailler aux armes dites "de luxe" c'est à dire celles destinées à la vie à l'occidentale.
FN Herstal : un acteur majeur de l'industrie armurière belge
À cette occasion, la Fabrique Nationale d’Herstal a été créée. C’est un immense complexe de 13 hectares, au cœur de la petite ville d’Herstal, près de Liège (Belgique). La Fabrique Nationale d’Armes de Guerre est née. FN Browning (ex-FN Herstal), ou la « FN » (Fabrique nationale), comme la surnomment les locaux, est une institution centenaire de l’industrie de défense outre-Quiévrain. Désormais recentré sur les armes légères, le site d’Herstal reste une des plus grands d’Europe, avec 1.500 salariés. Ici, la production est intégrée verticalement, de l’usinage de l’acier au montage final des armes.
Le montage final est réalisé dans un autre hall. Canon, culasse, rails, crosse : l’arme prend peu à peu forme sur les tables des opérateurs.
Héritage et production actuelle
Avec 903 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023, le champion belge figure aujourd’hui dans le top 4 du marché des armes légères, aux côtés de l’américain Sig Sauer, de l’allemand Heckler & Koch et de l’italien Beretta. Il équipe évidemment l’armée belge, son client historique, mais aussi l’armée américaine, dont il est un des fournisseurs majeurs d’armes légères. Aujourd’hui, la Fabrique Nationale commande, produit et distribue elle même ses armes.
Le fusil à pompe : un outil pour les forces de l'ordre
À défaut de renforts, les policiers vont obtenir des fusils à pompe. Quelle que soit la tristesse de perdre l’un de leur collègue, plusieurs syndicats ont manifesté leurs réserves devant cette décision prise sous le coup de l’émotion. La ficelle est un peu grosse, mais le procédé n’est pas nouveau. Au début des années 80, alors que les attentats terroristes se multipliaient en France et que plusieurs policiers avaient trouvé la mort, Gaston Defferre, alors ministre de l’Intérieur, s’était engagé dans la même direction. Ou du moins, avait-il décidé de lancer une table ronde, à laquelle j’avais participé, pour réfléchir à l’utilisation du fusil à pompe par les forces de l’ordre, voire pour remplacer le pistolet-mitrailleur, la fameuse MAT 49.
À l’époque, plusieurs pays européens avaient déjà adopté cette arme, mais uniquement pour les unités spécialisées chargées de la lutte contre le grand banditisme et le terrorisme. En revanche, aux États-Unis, de nombreux services en étaient dotée : gardes statiques, patrouilles, interventions, ordre public… Le fusil de type Riot Gun (fusil anti-émeute) était considéré là-bas comme la « bonne à tout faire » de la police. C’est une arme voyante et impressionnante, surtout au bruit de la manœuvre d’armement. Elle entraîne un triple effet psychologique : rassurant pour celui qui la tient, dissuasif pour celui qui est en face, inquiétant pour le public.
Mais faire croire à un policier qu’avec une telle arme il peut se confronter à un adversaire qui le braque avec un fusil d’assaut comme une Kalachnikov, c’est l’envoyer au casse-pipe. En revanche, à quelques dizaines de mètres, avec la munition appropriée, elle peut permettre d’immobiliser un véhicule. Et c’est bien l’avantage et l’inconvénient de cette arme : ses possibilités dépendent essentiellement du type de cartouches utilisées. Or, sauf dans le cas d’une intervention mûrement réfléchie, les policiers le plus souvent subissent l’événement.
La cartouche à plombs n°5, celle le plus souvent utilisée pour la chasse, contient entre 200 et 250 petits plombs. À 3 ou 4 mètres, ils sont encore groupés, ensuite, ils se dispersent. Pour la cartouche à chevrotine 9 grains, la dispersion est deux fois moindre, mais le risque de dégâts collatéraux est encore fort. Quant aux cartouches à projectile unique, comme la Brenneke ou la Prevot, elles sont encore plus puissantes et possèdent un effet de choc et un pouvoir de pénétration très importants. Elles peuvent sans difficulté stopper une voiture. Lors des essais, une Prevot a quasiment traversé un muret de parpaings.
Il existe cependant des munitions moins létales dans lesquelles le plomb est remplacé par du caoutchouc. En fait, l’essai le plus intéressant a été celui de la cartouche à gaz lacrymogène. Capable de perforer la vitre d’un véhicule, son utilisation oblige le conducteur et les passagers à descendre. Sans bobo, si ce n’est les éclats de verre.
La majorité des représentants syndicaux se sont dits opposés à l’adoption du fusil à pompe comme arme de police. Parmi leurs remarques, il y avait celle-ci : « Il n’est pas humain d’autoriser l’usage contre les personnes de munitions interdites pour la chasse au gros gibier et susceptibles de causer des blessures particulièrement affreuses. C’était en 1982. Aujourd’hui, un syndicat proche du pouvoir le demande et, sans aucune concertation, la décision tombe.
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