Les fusils anglais ont joué un rôle central lors de la Seconde Guerre mondiale, en équipant les forces militaires britanniques et en contribuant de manière significative à l'effort de guerre. Parmi ces armes, le Lee-Enfield SMLE Mark III se distingue comme un fusil emblématique.
Le Lee-Enfield SMLE Mark III : Un pilier de l'armée britannique
Le fusil Short Magazine Lee-Enfield Mark III (SMLE Mk III) est une évolution du fusil à verrou Lee-Metford, adopté par l'Empire britannique en 1889. Il se distinguait par son magasin-chargeur conçu par Lee, qui révolutionnait les systèmes de l'époque, notamment les magasins tubulaires de type Spencer, Henry ou Kropatschek. Suite à la guerre contre les Boers en Afrique du Sud, l'Empire britannique décida de raccourcir le Lee-Metford pour créer l'Enfield SMLE en 1903, un fusil universel pour tout l'empire. Des améliorations furent apportées en 1907 et 1916. Solide, de grande contenance et très précis, le fusil acquit une excellente réputation grâce aux améliorations apportées suite aux conflits précédents. Le calibre de 7,7 mm du .303 British en faisait une munition redoutable. Les troupes britanniques commencèrent la campagne de France avec le fusil SMLE Mark III avant d'être remplacées, à partir de 1939, par l'Enfield Mark IV, plus économique à produire.
Le Lee-Enfield est un fusil militaire à répétition à verrou qui a accompagné les troupes britanniques et les soldats du Commonwealth de la fin du XIXe siècle jusqu'en 1957. Il a servi pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale. Il porte les noms de James Paris Lee, l'ingénieur concepteur du système de culasse, et de la ville d'Enfield (Royaume-Uni), où se trouvait son usine de fabrication. Conçu pour accueillir un chargeur de 10 coups, il a vu de nombreux modèles complémentaires de grande précision se développer. Les fusils Lee-Enfield sont par ailleurs utilisés dans pratiquement chaque compétition de tir à l'arme réglementaire (TAR).
Le Lee-Enfield MKIII, c'est l'arc "long bow" des archers anglais du XXe siècle, une arme mythique. C'est avec ce fusil qu'une "misérable petite armée" de moins de 240 000 professionnels, selon le mot méprisant de l'Empereur germanique Guillaume II (dont l'armée comptait 1,8 million d'hommes en temps de paix), maintenait un Empire équivalent au tiers du monde connu dans une paix quasi totale, comme il convient à tout Empire qui se respecte.
Quand le MKIII fut mis en service, Édouard VII venait de succéder à l'insubmersible Impératrice Victoria, et rien ne semblait pouvoir compromettre la pérennité d'un monde "Made in Britain". Sept ans plus tard, Gavrilo Princip, un Serbe très déterminé, allait se charger de mettre fin à tout cela avec quelques balles de .380 ACP tirées d'un Browning 1910 sur un obscur Archiduc autrichien, sans oublier l'épouse dudit Archiduc. Les Lee-Enfield, du MK I au N°5/L42, ont servi l'armée britannique et ses nombreux dominions de 1895 à 1957. Un vieux et bon serviteur de la monarchie.
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Le modèle présenté ici est un bon et classique MK III "étoile" (à ne pas confondre avec le très rare MKIII SANS étoile), version apparue en 1915 par simplification du MKIII sans étoile, apparu lui-même en 1907. L'étoile servait justement à le distinguer de son prédécesseur sans étoile de 1907, qui était le même mais avec encore son "volley sight" (un dispositif de tir lointain en volée descendante) et son "cut-off" (un dispositif permettant de le transformer en arme à coup par coup pour économiser les munitions). Ces deux dispositifs étaient devenus inutiles, voire baroques, avec la guerre de tranchées. À l'origine, ce chargeur détachable fit l'objet de quelques doutes dans les milieux militaires britanniques, qui craignaient que le soldat de base ne perde quantité de chargeurs en campagne. On les y entraînait, et on appelait même cela la "mad minute" ("minute de folie") dans l'armée britannique d'avant 1914.
Le Lee-Enfield MKIII est le fusil à verrou le plus rapide de son époque. Le record du monde, toujours à battre à ce jour, pour un tir avec un fusil à verrou est détenu par le Lee-Enfield et un instructeur de tir britannique, le sergent instructeur Snoxall, qui, en 1914, mit 38 coups dans une cible de 300 mm de large (12 pouces) à 270 m (300 yards) en une minute avec son MKIII. Les Britanniques ont toujours été d'excellents tireurs. Tous les adversaires des Britanniques ont reconnu leur qualité de tireurs de précision. De plus, l'arme fonctionne dans un très bon calibre de guerre et de chasse (les deux activités ne sont jamais très loin l'une de l'autre), le .303 British. Nombre de tigres et d'éléphants de l'Empire lui doivent un départ prématuré pour un monde meilleur.
Le MK III est donc une arme d'avant la Première Guerre mondiale, faite pour former d'excellents tireurs dans une toute petite armée professionnelle (officiers sans fusil compris) et pas tous fantassins. C'est une excellente arme de tir, très moderne comparée aux concurrents allemands et français, car elle est courte. Une autre nouveauté pour l'époque. Les Anglais avaient appris à se méfier de l'encombrement des armes longues aux colonies (où ils avaient eu pas mal de combats urbains, notamment en Asie) et dans la guerre d'Afrique du Sud, qui supposait des déplacements fréquents et longs dans une guerre d'embuscades. Ils adoptèrent donc une arme remarquablement compacte, ce qui fit scandale en Grande-Bretagne. Clubs de tir, vétérans et armuriers s'inquiétèrent du fait qu'une ligne de mire plus courte et un recul nécessairement accru entraîneraient une précision moindre pour les armées de Sa Majesté. L'opinion de l'état-major sur la praticité d'une arme plus courte prévalut. L'arme "standard" du fantassin est dotée d'une hausse de type micrométrique très finement réglable en site et en dérive, cas unique dans les armées modernes de l'époque, toujours pour plus de précision !
Ce modèle simplifié devint le Lee-Enfield Mark III "étoile" ou "MKIII ()", et les marquages de modèle sur la poignée furent modifiés en conséquence. 99,99 % des Lee-Enfield MKIII furent transformés au standard MKIII () pendant et après la guerre et portent cette mention à la jonction de la poignée sous le levier d'armement. Le Lee-Enfield MKIII () a donc été produit sans discontinuer de 1915 à 1943 en Grande-Bretagne (mais jusqu'en 1953 à Lithgow en Australie et en 1950 à Ishapore en Inde, qui l'a mis au calibre 7,62 × 51 OTAN/.308 !), mais assez peu en Grande-Bretagne. Les exemplaires de MKIII () datés de la Seconde Guerre mondiale sont bien moins courants que ceux de 1914-1918, la production des années 1920 et 1930 ayant été assez faible comparée aux années de guerre. Si son successeur véritable, le Lee-Enfield No 4 Mk I (on avait changé les dénominations entre-temps), a été mis à l'étude dès la fin des années 1930, il n'est officiellement adopté qu'à la mi-1941, mais en masse, remplaçant largement le MKIII (*) car plus simple à produire. De plus, ces n° 4 MK I ont été massivement parachutés aux résistances européennes, et en premier lieu à la Résistance Française.
Caractéristiques d'un exemplaire de la Seconde Guerre mondiale
Un exemplaire typique de la Seconde Guerre mondiale présente les caractéristiques suivantes :
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- Les pièces métalliques sont toutes au même numéro (hausse, culasse, chambre, etc.).
- Seul l'embouchoir est muet, mais néanmoins conforme au modèle. Très peu de traces d'oxydation, assez légères et uniquement sur l'embouchoir.
- La hausse est au numéro.
- Absence de piqûre ou de peau d'orange.
- Le bois est en excellent état et au numéro de l'arme. Très peu de traces de manipulation, ni manque ni enture.
- L'arme porte, sur le côté droit, gravés dans le métal au niveau de sa poignée, la Couronne royale au-dessus de GR (pour "George Rex"), mais il s'agit cette fois-ci de Georges VI (Roi de 1936 à 1952) et non plus du Georges V de 1914-1918 (Roi de 1910 à 1936), et la mention "Sht LE III (*)" pour le "Short Magazine Lee-Enfield modèle III", date "1943" finement estampée.
- Absence de mention d'arsenal, ce qui est la norme en cette fin de production, notamment sur pas mal de N°4. Le numéro de série, comme les poinçons, sont clairs : série N, ce qui correspond effectivement aux armes produites par BSA pour les années 1942 (M et N utilisés en 1942) et 1943 (seulement N), date de la fin de production par BSA. Seuls 160 000 exemplaires MKIII (*) ont été produits par BSA entre 1940 et 1943, dont 60 000 seulement en 1943. Le gros de la production était devenu le N°4. Les quelques exemplaires produits après ne l'ont été qu'à Ishapore en Inde et à Lithgow en Australie.
- La culasse et le levier d'armement sont fluides et au même numéro que le reste du fusil.
- Le chargeur est conforme au modèle et parfaitement fonctionnel.
- Le levier de mise en sécurité est également fonctionnel.
- L'arme a sa bretelle d'origine, datée 1943 et réceptionnée.
En résumé, il s'agit d'un magnifique Enfield MKIII (*), anglais, dans une rare production de la Seconde Guerre mondiale, difficile à trouver.
Autres fusils anglais utilisés pendant la Seconde Guerre mondiale
Bien que le Lee-Enfield SMLE Mark III soit le fusil le plus emblématique, d'autres armes ont été utilisées par les forces britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale :
- Fusil Enfield Pattern 14 (P14) : Ce fusil, initialement conçu pour être chambré en .276 Enfield, a été modifié pour tirer la cartouche .303 British lors de la Première Guerre mondiale. Bien qu'il n'ait pas été aussi largement utilisé que le SMLE, il a servi comme fusil de tireur d'élite.
- Carabine USM1 : Bien qu'elle soit américaine, la carabine USM1 a été utilisée par les parachutistes britanniques et les soldats dont le rôle les empêchait de posséder une arme de guerre longue de taille standard.
- PM Sten : Cette arme, moins raffinée, était dérivée d'un modèle tchèque et est entrée en service dans l'armée britannique en 1937. Elle a été utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale pour armer l'armée britannique, mais également les mouvements de résistance.
Le calibre .303 British (7.7x56mm R)
Le calibre .303 British (7.7x56mm R) a servi les forces du Commonwealth jusqu'en 1954 avec le Lee-Enfield. Il a été officiellement remplacé par le fusil FAL belge et d'autres variantes dans le calibre 7,62 OTAN. Une petite quantité de fusils No.4 désignés 2A et 2A1 ont été convertis en 7,62 OTAN de 1964 à 1965. Avec des projectiles classiques, le .303 British donne des performances plus ou moins identiques à la .308 Winchester, bien qu'il ne soit pas si pénétrant. Il existe encore un certain nombre de charges d'usine disponibles pour le .303 British.
L'importance des fusils anglais dans l'histoire militaire
Les fusils anglais, en particulier le Lee-Enfield SMLE Mark III, ont marqué l'histoire militaire par leur fiabilité, leur précision et leur cadence de tir élevée. Ils ont contribué de manière significative à l'effort de guerre britannique pendant la Seconde Guerre mondiale et restent des armes emblématiques pour les collectionneurs et les passionnés d'histoire militaire.
Répliques décoratives
Pour les passionnés d'histoire et de la Seconde Guerre mondiale, il existe des répliques décoratives de haute qualité du fusil Lee-Enfield SMLE. Fabriquées avec des matériaux tels que le bois et le zamak, ces répliques sont fidèles aux modèles originaux et permettent de revivre l'histoire. Elles peuvent être utilisées dans des reconstitutions historiques, des films, des séries, ou simplement pour décorer une collection.
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