L'Histoire Fascinante des Fusils Arabes Anciens

Les fusils arabes anciens, notamment les moukhalas, sont des armes d'une grande beauté, riches en histoire et d'une fabrication complexe. Ces fusils étaient souvent utilisés lors de la fantasia, un spectacle équestre traditionnel. L'étude de ces armes révèle un pan important de l'histoire militaire et culturelle du monde arabe et de ses interactions avec l'Europe.

Fabrication des Fusils de Fantasia

Les armes de fantasia étaient généralement de vraies armes, utilisées à blanc pour le spectacle. Cependant, la fabrication de ces fusils était un processus complexe impliquant plusieurs étapes et matériaux.

Origine des Canons

Il a été rapporté que des canons destinés aux moukhalas étaient fabriqués à Liège, en Belgique. Seuls les canons étaient exportés vers l'Afrique, où l'arme complète était assemblée. Cependant, il existait également une production locale de l'arme complète au Maroc.

Production Locale vs. Importation

La production locale de canons et de platines était limitée. Il est possible que l'Empire Ottoman ait contribué à la production pour l'Algérie et la Tunisie. Seul le bois, les garnitures en laiton et les décorations (os, ivoire, métal) étaient produits dans la région. Souvent, ces matériaux étaient importés via le commerce, le pillage et la piraterie.

Caractéristiques et Évolution

Un fusil nord-africain typique présente un canon ancien et une monture de belle facture. Il est possible qu'il ne soit pas antérieur à la guerre du Rif. La platine peut ne pas dater du 19ème siècle, mais un examen plus approfondi serait nécessaire pour confirmer cela. Les platines des moukhalas utilisées durant les guerres coloniales du 19ème siècle montrent une variété de conceptions, certaines étant plus sophistiquées que d'autres. Les canons et les platines étaient souvent fabriqués à Liège ou à Marseille.

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Le Fusil Modèle 1777 Transformé

Un exemple intéressant est celui d'un fusil de famille, potentiellement un modèle 1777 transformé à percussion. L’histoire familiale raconte qu’il s’agirait d’un fusil français récupéré/vendu aux arabes puis qui aurait été récupéré lors de la guerre d’Algérie vers 1830 par un aïeul ayant participé aux combats contre la smala d'Abdel Kader. Il aurait ensuite servi à la chasse. Le fusil porte des inscriptions en arabe, traduites par le nombre « 7053 ». Des restes de marquages, un « r » sur le canon et d’autres sur la contre platine, sont également visibles.

Il est important de noter que durant la conquête de l'Algérie en 1830, les armes étaient encore à silex. La transformation à percussion est donc postérieure d'au moins une dizaine d'années. Cette transformation n'est pas faite de manière réglementaire et a probablement été réalisée par un armurier local. En 1830, le fusil 1777 était passablement dépassé et l'armée utilisait le système 1822 toujours à silex. Les puissances coloniales de l'époque fournissaient des armes obsolètes aux supplétifs indigènes.

Les chiffres arabes pourraient correspondre au numéro de l’arme ou à celui d’une troupe en particulier. L'origine exacte de l'arme pourrait être déterminée grâce aux restes de marquages.

Identification et Origine Possible

L'identification précise de l'origine d'un tel fusil est complexe. Un marquage avec un poinçon R surmonté d'une étoile ou couronne n'a pas été retrouvé parmi les contrôleurs de garnitures connus. Une autre hypothèse suggère une origine perse pour les marquages. Le pontet pourrait indiquer un "type" 1822, mais non français, car le tour de platine est trop large sur l'avant. La transformation à percussion semble trop propre pour être le bricolage d'un forgeron local.

Entretien et Valeur

Concernant la transformation à percussion, il est possible qu’elle fut réalisée en France pour servir à la chasse. Les chiffres arabes étaient utilisés dans tous les pays arabes, rendant difficile la détermination précise de son origine (algérienne ou autre).

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Un bon nettoyage lui ferait peut-être du bien, mais certainement pas une restauration pour enlever toute l'oxydation! Le bois peut être un peu dégraissé/décrassé sans démontage avec un tampon imbibé d'alcool ou d'essence de térébenthine.

Le fusil à silex, qu'il soit du modèle 1777, AN IX et surtout 1822, a perdu bien de sa valeur comparé à ce qu'elle était 30/40 ans auparavant. Une réplique 1777 Pedersoli neuve se vend actuellement plus cher qu'un authentique. Transformé à percussion dans le civil ou en mauvais état, il vaut évidemment encore moins, quelques petites centaines d'euros. Par contre, la valeur sentimentale ne baisse jamais quel que soit son état.

Nettoyage et Entretien

Pour nettoyer un fusil ancien sans démontage, il est conseillé d'utiliser de la laine de fer très fine imbibée d'un peu d'huile. Ensuite, il faut huiler légèrement de temps en temps avec de l'huile "3 en 1". L'idéal serait un démontage prudent de la platine pour un nettoyage plus approfondi.

Le Fusil Lefaucheux

Les fusils Lefaucheux sont des armes emblématiques avec des caractéristiques uniques qui ont marqué l’histoire de l’armurerie. Inventé par Casimir Lefaucheux en 1833, ce système révolutionnaire a changé la donne dans le monde des armes à feu. La signature Lefaucheux est la clé située sous le pontet et la culasse basculante. Les premiers modèles utilisaient un système de percussion à broche, tandis que les modèles plus récents utilisaient la percussion centrale.

Détails Distinctifs

  • Sur les modèles produits entre 1833 et 1843, vous trouverez le poinçon « Invention C. Lefaucheux à Paris »
  • Chaque série avait sa numérotation spécifique, par exemple, « LF1 » désignait le premier modèle d’une série
  • Les canons en damas sont un autre signe distinctif sur certains modèles
  • L’ajout d’un extracteur sur les modèles à percussion centrale

Après 1843, d’autres armuriers ont produit des fusils sous licence Lefaucheux, ce qui explique la grande variété de modèles disponibles. Chaque fabricant apportait sa touche personnelle, tout en respectant les brevets originaux.

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Évolution des Armes à Feu au Moyen Âge

Le médiéviste Alain PARBEAU nous fait partager toute une vie de recherches et de connaissances sur le début de l’arme à feu. Les données balistiques présentées sont issues de tirs réalisés avec des répliques d’armes et des armes authentiques, offrant une idée de la puissance des armes anciennes.

Les Premières Armes à Feu

  • Madfaa (vers 1150-1200): Canon rudimentaire à main utilisé par les Arabes pour propulser des flèches à courte distance.
  • Bombardelle (vers 1324): Canon primitif monté sur un fût en bois, lançant des boulets de pierre ou de fonte.
  • Hacquebute (vers 1370): Canon à croc destiné à être accroché à un mur pour absorber le recul.

Innovations et Améliorations

  • Platine à rouet (vers 1510-15): Mécanisme d'allumage sans mèche, utilisant une roue rainurée frottant sur une pyrite de fer.
  • Arquebuse à canon rayé (1520): Canon rainuré hélicoïdalement pour stabiliser la balle et augmenter la précision.

Le Fusil d'Abdel Kader

Un exemple spécifique est un fusil dit d'Abdel Kader, conservé au château de Soultberg. Ce fusil arabe de 1,94 m de long est orné d'incrustations de corail, caractéristiques des armes provenant d'Afrique du Nord, ce qui en fait un fusil de fantasia. Le mécanisme est un système très ancien, mais utilisé jusqu'au début du XXe siècle, dit à 'à la miquelet'. Le chien serre la pierre. La marque de l'armurier qui doit se trouver sur le canon n'a pu être observée. Faute de cette observation, l'arme ne peut être datée avec précision. Selon M. Bernard Bruel, expert en armes, elle pourrait être du 18ème siècle.

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