Les Fusils de l'Armée Française : Évolution et Types (1990-Aujourd'hui)

L'armement de l'armée française a connu une transformation significative depuis les années 1990, marquée par le remplacement du FAMAS, un symbole de l'industrie d'armement française, par le HK416F de fabrication allemande. Cette transition reflète les défis et les choix stratégiques auxquels la France a été confrontée en matière de défense et de souveraineté industrielle. Cet article explore les différents types de fusils utilisés par l'armée française, en mettant en lumière leur évolution, leurs spécificités et les raisons qui ont motivé certains choix.

Le FAMAS : Un Héritage en Fin de Cycle

L'histoire du FAMAS (Fusil d'Assaut de la Manufacture d'Armes de Saint-Étienne) commence dans les années 1960, en pleine Guerre Froide. Les militaires français s’inquiètent du retard qualitatif de leurs armes individuelles réglementaires, à l’époque le pistolet-mitrailleur MAT 49 et le FSA 49/56, en comparaison de nombre de pays du bloc de l’Est ou de l’OTAN. Tandis que nombre d’armées de part et d’autre du Rideau de Fer s’équipent en fusils d’assaut capables d’appliquer précisément des feux dans une profondeur de 200 à 300 mètres, les Français devaient se contenter d’un pistolet mitrailleur efficace jusqu’à seulement 100 mètres ou d’un fusil semi-automatique pour tirer au-delà. En outre, ces deux armes étaient d’un calibre différent (9 × 19 mm pour le MAT 49 et 7,5 × 54 mm pour le FSA 49/56), ce qui complexifiait et densifiait évidemment la chaîne logistique. A cause de ces facteurs, les autorités politiques françaises de l’époque confièrent à la Manufacture d’Armes de Saint-Etienne le soin de concevoir et fabriquer un fusil d’assaut moderne pour équiper les armées françaises dès la décennie qui suivrait.

Finalement, le nouveau FAMAS est présenté pour la première fois en 1973, adopté en 1977, commandé en 1978 et livré à partir de 1979 aux forces françaises. Dès son arrivée dans les unités au début des années 1980, le FAMAS reçoit de bonnes critiques : sa munition de 5,56 × 45 mm Mle F1 est puissante, létale et précise à plus de 300 mètres ; l’ergonomie bullpup (le chargeur est placé dans la crosse de l’arme), révolutionnaire pour l’époque, se distingue par sa compacité au plus grand bonheur des troupes mécanisées ; enfin, en comparaison des armes qu’il remplace, le FAMAS est bien plus léger et pratique à porter grâce à sa poignée de transport intégrée.

Cependant, malgré sa modernisation à travers deux versions distinctes (la version valorisée et la version « félinisée »), le FAMAS restait une arme peu évolutive. Sauf dans les deux dernières versions, il n’intègre de manière native aucun rail Picatinny, un standard qui s’est imposé depuis des années déjà sur la quasi-totalité des armes d’infanterie modernes et qui permet l’installation d’optiques de visée diurne/nocturne et d’accessoires divers (laser infrarouge, lampe, lance-grenades …). De plus, le FAMAS a plusieurs autres défauts irréversibles et rédhibitoires : la mécanique est peu tolérante, réclame un entretien régulier et très soigné et est irréparable si endommagée sur le terrain. Le FAMAS est aussi très lourd, que ce soit à vide ou chargé, tandis que ses chargeurs sont fragiles, non compatibles avec les chargeurs OTAN de type M16 et ne peuvent contenir que 25 cartouches maximum. En plus, le pas du canon du FAMAS F1 (c’est-à-dire les rayures internes) et la force du recul de la culasse empêchent l’arme de tirer les mêmes cartouches de 5,56 × 45 mm que nos alliés de l’OTAN. Si nous fabriquions encore nos cartouches Mle F1 à étui en acier jusqu’en 1999, la disparition de notre industrie munitionnaire de petit calibre nous oblige désormais à les acheter à l’étranger. Rajoutons à tout cela que l’arme est désormais âgée et donc usée, les FAMAS français ayant en moyenne 25 ans.

Le FAMAS, malgré ses qualités initiales, est donc arrivé en fin de cycle, rendant son remplacement nécessaire.

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Le HK416F : Le Nouveau Standard

Le 23 septembre dernier, la Direction générale pour l’Armement (DGA) du ministère de la Défense annonçait publiquement que l’arme individuelle règlementaire qui succéderait au FAMAS à partir de 2017 serait la HK416F, fabriquée par la firme allemande Heckler & Koch. Le remplacement du FAMAS est envisagé depuis quelques années déjà. La question se posait ainsi dès les débuts du programme d’infanterie du futur FELIN, au milieu de la décennie 2000, avant qu’il ne soit décidé de moderniser et « féliniser » un certain nombre de FAMAS existants. En mai 2014, la DGA lançait un appel d’offres européen pour trouver un successeur officiel au FAMAS, sous le nom d’Arme individuelle future (AIF). L’objectif affiché était alors d’acheter 90.000 fusils d’assaut sur étagère. Finalement, à cause des attentats de janvier 2015 et du choix politique intrinsèque d’augmenter la taille de la Force opérationnelle terrestre (FOT) de 66.000 à 77.000 hommes, l’objectif d’acquisition fut augmenté à 101.000 puis 102.000 armes.

A l’issue de l’appel d’offres, ce sont finalement cinq finalistes qui furent ultimement retenus par la DGA : la SCAR-L de la FN Herstal (Belgique), l’HK416A5 d’Heckler & Koch (Allemagne), l’ARX-160 de Beretta (Italie), le MCX de Swiss Arms (Suisse) et le VHS2 d’HS Produkt (Croatie). Après plusieurs mois de tests intensifs conduits par la Section technique de l’Armée de Terre (STAT) dans toutes les conditions possibles et imaginables, c’est finalement l’HK416A5 qui fut déclarée vainqueur et chargée de remplacer le FAMAS au cours de la prochaine décennie.

Apparemment, le modèle de Heckler & Koch a largement répondu aux exigences de la DGA et des forces armées en tant qu'utilisatrices, voire même les a surpassés. La première étant notamment que l’AIF doit être « félinisable », et donc pouvoir être intégrée sans modifications majeures dans le système FELIN.

Le 22 septembre dernier, le contrat d’une valeur totale de 168 millions d’euros est finalement notifié à Heckler & Koch. Sur une période de quinze années, la firme d’Oberndorf devra livrer 51.000 HK416F-S (pour « Standard », soit un canon de 14,5 pouces/36,8 cm), 51.000 HK416F-C (« Court », soit un canon de 11,5 pouces/26,4 cm), 10.767 lance-grenades HK269F de 40 mm et les accessoires adéquats. Le contrat inclut également la fourniture de près de 38 millions de cartouches d’exercice de 5,56 × 45 mm, 51.000 grenades anti-personnelles et anti-véhicules, au moins 28.000 grenades d’exercice et 13.000 grenades fumigènes. Toutes ces grenades sont au calibre 40 × 46 mm. Enfin, sont inclus dans le contrat la totalité des services de soutien (pièces détachées, documentation techniques, qualification, soutien initial et formation des utilisateurs) pour l’instruction et l’entretien des fusils.

Au contraire du FAMAS qui affichera 38 ans de service l’année prochaine, l’HK416 est une arme beaucoup plus récente, qui a été conçue au début des années 2000 pour les forces spéciales occidentales. Elle équipe depuis des années des unités d’élite chez nous, aussi bien les forces spéciales que des unités d’intervention (GIGN, RAID, BRI …).

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Il s’agit donc d’une arme très fiable, d’un entretien relativement simple, affichant de très bonnes performances de tir et qui a déjà fait ses preuves dans des conditions des plus exigeantes. Son caractère très évolutif est également à signaler, de nombreux accessoires pouvant y être adjoints, notamment les lance-grenades, ce qui était loin d’être le cas sur le FAMAS. Le chargeur de 30 coups devient aussi interchangeable avec la plupart des armes de nos alliés otaniens. Au-delà de ces seules considérations technico-opérationnelles, le choix de l’HK416 est aussi logistiquement intéressant : les chaînes de production étant encore ouvertes, le soutien sera facilité au niveau des pièces détachées et des services associés. Tout porte donc à croire que le choix de l’HK416F sera techniquement et opérationnellement très bénéfique aux armées françaises engagées en opérations.

Les Fusils de Précision

Dans le monde militaire, le rôle des sniper est crucial, nécessitant une précision chirurgicale et une expertise inégalée. L'armée française ne fait pas exception, avec ses propres unités de tireurs d'élite qui utilisent une gamme d'armes spécialisées pour des missions variées sur le champ de bataille moderne.

  • FR-F2 (Fusil à Répétition - Modèle F2) : Le FR-F2 est le fusil de précision standard de l'armée française. Fabriqué par la Manufacture d'Armes de Saint-Étienne (MAS), il est utilisé par les tireurs d'élite des forces armées françaises depuis les années 1980. Le FR-F2 est une version améliorée de son prédécesseur, le FR-F1. Il est chambré en calibre 7,62 mm NATO, ce qui lui permet de tirer des munitions standardisées au sein des forces de l'OTAN. Le fusil est équipé d'un canon flottant, une caractéristique qui minimise les vibrations et améliore la précision du tir. Le FR-F2 est également doté d'un frein de bouche et d'un bipied repliable, offrant une stabilité accrue lors des tirs à longue distance.

  • Hécate II (FR-12.7) : Le Hécate II, aussi connu sous le nom de FR-12.7, est le fusil de précision anti-matériel de l'armée française, conçu pour les opérations à très longue distance et capable de neutraliser des cibles lourdement blindées. Il est chambré en calibre .50 BMG (12,7 x 99 mm NATO), une munition lourde utilisée principalement pour les tirs de très longue portée et les cibles dures. Le fusil dispose d'un canon de 700 mm équipé d'un frein de bouche efficace, réduisant significativement le recul et permettant aux tireurs de maintenir une précision exceptionnelle. Le Hécate II est également doté d'un bipied réglable et d'une crosse ajustable, offrant confort et stabilité lors des tirs prolongés.

  • PGW Defence Technology LRT-3 : Le PGW Defence Technology LRT-3 représente la dernière avancée en matière de fusils de précision de haute performance dans l'armée française. Le LRT-3, produit par la société canadienne PGW Defence Technologies, est un fusil de précision chambré en .50 BMG (12,7 x 99 mm NATO), similaire au Hécate II, mais avec des améliorations notables qui le distinguent. Il est équipé d'un canon de haute précision de 29 pouces (environ 737 mm), conçu pour maximiser la stabilité et la précision des tirs à des distances extrêmes. L'une des caractéristiques distinctives du LRT-3 est son frein de bouche efficace, qui réduit considérablement le recul, améliorant ainsi le confort et la précision des tirs. Il est également équipé d'une crosse ajustable en longueur et en hauteur, ainsi que d'un bipied réglable, offrant une ergonomie optimale pour les tireurs d'élite.

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  • SCAR-H PR (Precision Rifle) : Le SCAR-H PR (Precision Rifle) occupe une place de choix au sein de l'armée française, notamment dans les unités des forces spéciales. Il est chambré en calibre 7.62x51mm NATO, une munition reconnue pour son efficacité à longue distance et sa puissance de pénétration. Comparé à la version standard du SCAR-H, le modèle PR se distingue par un canon plus long et plus lourd, spécifiquement conçu pour maximiser la précision sur des distances étendues. Les unités des forces spéciales françaises, telles que le 1er Régiment de Parachutistes d'Infanterie de Marine (1er RPIMa) et l'ensemble des unités rattachées au Commandement des Opérations Spéciales (COS), utilisent le SCAR-H PR pour des missions nécessitant une précision et une portée accrues.

  • PGM Précision : PGM Précision est une entreprise emblématique dans le domaine des fusils de précision, incarnant l'excellence française en matière d'armement. Depuis sa création, PGM Précision s'est engagé à développer des fusils de précision répondant aux besoins exigeants des tireurs d'élite professionnels.

Autres Armes d'Infanterie

L'Armée Française, fière de sa longue tradition militaire, dispose d'une vaste gamme d'armes pour répondre à ses divers besoins opérationnels. De l'infanterie aux forces spéciales, chaque unité est équipée d'armes spécialisées conçues pour maximiser son efficacité sur le terrain.

  • FN SCAR : Le FN SCAR (Special Operations Forces Combat Assault Rifle) est également utilisé dans certaines unités spéciales de l'armée française pour sa polyvalence et sa précision.
  • HK G36 : Bien que moins courant, le Heckler & Koch G36 est également présent dans l'arsenal français pour certains rôles spécifiques.

Armes de Soutien

L'armée française utilise plusieurs types d'armes pour fournir un soutien feu sur le champ de bataille.

  • Mitrailleuse moyenne FN MAG : Le FN MAG (Mitrailleuse d'Appui Général) est utilisé par l'armée française pour fournir un soutien feu sur le champ de bataille.
  • Mitrailleuse lourde Browning M2 : La Browning M2 est une mitrailleuse lourde utilisée pour des missions anti-aériennes, anti-véhicules blindés et de soutien feu lourd.
  • Mitrailleuse polyvalente HK MG4 : La HK MG4 est une mitrailleuse polyvalente utilisée par l'armée française pour des missions d'appui-feu et de défense.

Armes de Poing

L'armée française utilise plusieurs types d'armes de poing pour différents rôles et missions.

  • Pistolet semi-automatique PAMAS G1 : Conçu par la Manufacture d'Armes de Saint-Étienne (MAS), le PAMAS G1 est le pistolet réglementaire des forces armées françaises depuis les années 1970.
  • Pistolet semi-automatique HK USP : Utilisé par des unités spéciales et des forces de sécurité, le HK USP est réputé pour sa fiabilité, sa précision et sa polyvalence.
  • Revolver Manurhin MR73 : Bien que de moins en moins courant, le Manurhin MR73 reste en service dans certaines unités françaises en raison de sa précision et de sa robustesse.
  • Sig pro 2022 : équipé par plusieurs branches des forces de l'ordre françaises, notamment la police nationale, la gendarmerie, les douanes et même l'administration pénitentiaire.
  • Pistolet-mitrailleur FN Five-seveN : Adopté par certaines unités spécialisées, le FN Five-seveN est connu pour sa munition spéciale 5.7x28mm et sa capacité à perforer les gilets pare-balles légers.

Ces armes de poing sont utilisées par l'armée française pour diverses tâches, y compris l'autodéfense personnelle, la protection des installations militaires et les opérations spéciales.

Armes Anti-Char

L'armée française utilise plusieurs types d'armes anti-char pour contrer les menaces blindées sur le champ de bataille.

  • Missile antichar Milan : Un missile antichar filoguidé de fabrication franco-allemande, utilisé par l'armée française.
  • Missile antichar ERYX : Un missile antichar portable et polyvalent, conçu pour être utilisé par l'infanterie et les forces spéciales.

Guerre Électronique

  • Le NEROD RF (RiFle) : Il est conçu pour brouiller les signaux radiofréquences ennemis, perturbant ainsi leurs communications et leurs systèmes électroniques.
  • Le NEROD F5-5 : un brouilleur portatif directionnel anti-drones utilisé dans l'armée française.
  • Le P3TS, ou "Plug and Play Positioning and Timing System" : un système de positionnement et de synchronisation plug-and-play. Ce système offre une solution complète et facile à déployer pour la synchronisation précise des horloges et des appareils de positionnement dans diverses applications, notamment militaires et industrielles.
  • MURIN : abréviation de "Moyen de Surveillance Utilisant un Radar d'Observation des Intervalles", est un système de surveillance utilisé dans le domaine militaire.

Un Choix Symbolique du Déclin Industriel Français ?

Le choix de remplacer le FAMAS par une arme fabriquée à l’étranger a été abondamment commenté dans les médias depuis l’annonce de la DGA. Nombre de commentateurs s’étonnent voire critiquent - comme Arnaud Montebourg - le fait que nous ne choisissions pas de concevoir et fabriquer nous-mêmes l’arme individuelle réglementaire pour équiper nos forces armées. Nicolas Bays, député PS et vice-président de la Commission de la Défense, disait « Même si nous comprenons la nécessité de trouver rapidement une nouvelle arme pour remplacer un FAMAS vieillissant, il aurait été souhaitable de trouver les moyens de créer une solution nationale, en totalité ou en partie ». Philippe Vitel, député Les Républicains, expliquait quant à lui « je suis inquiet car, pour la première fois dans l'histoire, depuis trois cents ans, lorsque nous aurons à remplacer le FAMAS, les armées seront dotées d'un fusil qui ne sera pas français. Nous devons nous interroger sur ce qui doit rester dans le domaine national et ce qui peut être ouvert ».

C’est oublier qu’une stratégie industrielle se bâtit sur le temps long - ce qui n’a jamais été fait dans le domaine - et complètement se leurrer sur l’état actuel de notre industrie.

Un simple panorama du secteur suffit pour montrer que l’industrie armurière militaire française a aujourd’hui presque totalement disparu. Dans les années 1980, la filière connaissait déjà une perte de vitesse considérable. La Manufacture d’Armes de Châtellerault avait par exemple fermé ses portes depuis plus d’une décennie. Rappelons aussi que pour produire le FAMAS à partir de 1973, la Manufacture d’Armes de Saint-Etienne ne disposait déjà plus des infrastructures et équipements adaptées. La MAS dut reconstituer une unité de production complète, investir dans de nouvelles machines-outils, embaucher et former de nouveaux personnels aux spécialités des plus pointues. En conséquence de ces investissements et des salaires élevés des ouvriers d’Etat, le coût unitaire du FAMAS explosa en comparaison avec des armes similaires chez nos alliés. Depuis, la situation ne s’est pas arrangée, et les principales manufactures d’armes ont été fermées : la MAS a été fermée en 2001 avec le départ de GIAT Industries. La Manufacture d’Armes de Tulle a quant à elle été fermée dans les années 1990. Même si elle existe encore, Nexter Mechanics l’a reconvertie et y fabrique désormais des canons, notamment ceux équipant le Rafale. C’est aussi dans ces ateliers qu’est réalisée la maintenance des FAMAS. Enfin, nous ne produisons plus de munitions de petit calibre depuis la fermeture de l’atelier munitionnaire du Mans (ALM) par GIAT Industries en 1999.

En fait, le secteur industriel des armes de petit calibre (armes et munitions) en France est un secteur qui ne s’est jamais vraiment adapté au changement de paradigme géopolitique après la Guerre Froide. Aujourd’hui plus que jamais, le secteur est le siège d’une concurrence internationale exacerbée, au sein de laquelle s’affrontent un très large nombre de fabricants sur une large gamme de prix. Le marché des munitions de petit calibre est lui aussi saturé par les productions américaine, allemande, israélienne ou encore brésilienne. Nos entreprises publiques ont ainsi été prises en tenailles entre :

  • Un marché intérieur limité par la taille de notre armée et de nos forces de sécurité. Les faibles volumes impliqués (quelques dizaines de milliers d’armes), ne permettaient pas d’amortir les investissements relatifs à une production d’armes légères. L’exportation aurait pu être une solution.
  • Mais une concurrence de plus en plus rude aux niveaux européen et mondial dans le domaine des armes légères a vu la compétitivité de nos manufactures mise à mal par leur taille inférieure à celle requise pour survivre sur le marché mondial, un statut d’ouvrier d’Etat très couteux à financer ou encore des décideurs politiques et économiques peu au fait des évolutions du marché.

C’est sur ce seul facteur de rentabilité économique que se sont appuyés les décideurs politiques et les hauts fonctionnaires pour justifier le délitement progressif de notre industrie armurière militaire depuis près de quarante ans. La fabrication de munitions de petit calibre a aussi été abandonnée pour cette raison, le marché étant saturé. Nos approvisionnements en munitions dépendent ainsi désormais complètement de l’étranger, ce qui est un vrai problème dans le cas où une montée en puissance rapide de nos armées serait nécessaire. On peut alors reprocher aux décideurs politiques d’avoir oublié que le domaine de la Défense nationale ne saurait n'être qu’une question de rentabilité économique. La Défense, comme nous l’entendons avec un certain sens gaullien, relève aussi et surtout de choix politiques déterminants pour la part de souveraineté et d’indépendance stratégique que nous souhaitons conserver. Ainsi, le choix de l’HK416 est aussi à considérer comme le symptôme visible de l’abandon par les décideurs politiques de certaines filières industrielles critiques, il y a presque quatre décennies déjà. Nous payons ainsi un déficit manifeste de stratégie de la part des acteurs publics, et ces questions auraient dû être résolues en conséquence il y a longtemps déjà.

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