Dans la presse spécialisée sur l’armement, les publications insistent volontiers sur le matériel détenu par des unités telles que le Groupement de sécurité et d’intervention et de la Gendarmerie nationale (GSIGN) ou la Garde républicaine. Il s’agit, pour ces cas spécifiques, d’armes d’exception et de haute technicité ou bien d’équipements destinés à la parade, qui ne renvoient pas à la représentation du traditionnel pandore arpentant la campagne. Cet article a pour but de combler cette lacune en dressant l’inventaire de l’armement léger de la gendarmerie départementale et de la gendarmerie mobile, pendant la période définie par la dotation, en 1907, du pistolet-revolver 1892 et du pistolet automatique Sig Sauer Pro en 2004.
L'armement de la gendarmerie : des années 1900 à 1940
Un héritage des années 1880
À la fin du XIXe siècle, la gendarmerie est équipée d’armes conçues au lendemain du désastre des armées impériales, puis républicaines, lors de la guerre de 1870-1871. Deux ans après la victoire des États allemands, les armées françaises se voient enfin dotées d’un arsenal léger performant. Citons les revolvers 1873, puis 1874 ainsi que l’adoption du système Gras en remplacement des Chassepots. Passant après les corps de troupe, la gendarmerie doit encore patienter deux à trois décennies pour pouvoir rivaliser avec ses homologues étrangers en matière de moyens.
Mais surtout, ces nouvelles armes permettent, pour un temps, de jouer à jeu égal avec les hors-la-loi qui n’ont pas besoin d’attendre le bon vouloir des politiques et des budgets supplémentaires pour améliorer leur arsenal. La guerre de 1870 a révélé toutes les carences des armées françaises. En 1874, le « merveilleux » Chassepot tire sa révérence au profit du fusil présenté par le capitaine Gras. Un des points novateurs est l’abandon de la cartouche en papier au profit d’une cartouche métallique.
En raison d’impératifs économiques, la culasse est celle du Chassepot, quelque peu modifiée. La boîte de culasse est aménagée afin de permettre le passage du levier d’armement, ainsi que le chargement et le déchargement de l’arme. La culasse mobile, quant à elle, est dite à verrou.
En 1880, un dispositif est aménagé en vue de faire dévier les gaz en cas de problème au départ du coup. Une des faiblesses du Gras vient de sa capacité de tir. En effet, il n’existe pas de chargeur : après chaque tir il faut donc réapprovisionner la chambre.
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La gendarmerie ne reçoit pas le fusil Gras, mais la version carabine, retenue sous l’appellation « 1874 Modifié 1880 ». Si l’on considère le service à cheval, il est indéniable qu’une arme plus courte facilite les mouvements du cavalier. Les gendarmes à pied ont aussi une version carabine. Le maniement d’une arme de taille réduite dans des affrontements de rue ou tout simplement lors d’opération de maintien de l’ordre reste plus aisé.
La carabine des gendarmes à cheval se caractérise par un levier d’armement coudé et aplati, ainsi que par l’emploi d’une baïonnette cruciforme à douille. L’exemplaire réservé aux gendarmes à pied est en grande partie identique à la précédente. Le fût est légèrement plus court. Le canon est solidaire de la monture par une grenadière et un embouchoir. De plus, par rapport à son homologue, elle a un battant de crosse pour la fixation de la bretelle.
Ces carabines (et le système Gras dans son ensemble), outre leur mécanique perfectible, sont pénalisées par leur capacité de tir qui se limite à une seule cartouche, alors que les modèles allemands sont pourvus d’un chargeur. Le Général Boulanger, alors ministre de la Guerre, impose en 1886, et en l’espace de six mois, un nouveau fusil réglementaire : le Lebel. Un certain Berthier, chef de bureau des chemins de fers algériens, se penche sur les armes Lebel et vise plus précisément à la création d’une carabine.
Il cherche à changer le système d’alimentation des armes en service. Berthier désire donc allier modernité et économies, ce dernier terme n’étant pas un vain mot dans la course à l’armement. Ces travaux aboutissent à la carabine modèle 1890, prévue pour accueillir un chargeur de quatre cartouches, placé sous la culasse devant le pontet. Quand le chargeur est vide, le système de fixation le laisse tomber. En 1892, la gendarmerie change de carabine et prend celle de l’Artillerie. Mais l’arme la plus intéressante de cette série reste le pistolet-revolver 1892.
En 1885, la section technique de l’Artillerie propose de remplacer les revolvers modèles 1873 et 1874. Le but du ministère de la Guerre est simple : il s’agit de réduire le nombre de modèles d’armes de poing en service. Dès l’adoption du revolver 1892, les premiers exemplaires sont livrés aux officiers de la gendarmerie et de l’armée de Terre. L’attribution réelle de ce modèle a lieu en 1907, pour l’ensemble de l’institution.
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Techniquement cette arme est plutôt révolutionnaire pour son époque ou tout du moins à la pointe de la technique. Le chien rebondissant est équipé d’un percuteur qui frappe l’amorce perpendiculairement, diminuant ainsi le nombre de ratés. La portière de chargement sert de verrou au barillet. En position ouverte, le chien se met automatiquement en position de sécurité. Quand le chien est en position de rebondissement (à l’abattu), une partie crantée de la détente vient s’encastrer dans de petits carrés sur le barillet. Ce dernier est ainsi immobilisé. Pour faire basculer le barillet, il faut ouvrir la portière de chargement puis le faire basculer sur la droite.
Au bon vouloir de l’armée de Terre
Après la Première Guerre mondiale, un événement international fournit l’occasion pour une petite partie du personnel de l’Arme d’expérimenter une arme allemande. En effet, suite aux conditions du traité de Versailles et notamment aux problèmes de remboursements des dommages de guerre, la Ruhr est envahie par les armées belge et française. Comme pour chaque projection des armées dans un pays étranger, des gendarmes sont en charge de la prévôté. Cet épisode de l’entre-deux-guerres permet à ces hommes d’être équipés d’une arme mythique du second Reich : le Mauser Bolo 1912.
L’inconvénient de cette arme vient de son trop grand encombrement et de son poids. Malgré ces défauts, le Kaiser en a commandé, durant la Grande Guerre, un grand nombre d’exemplaires pour faire face à la pénurie d’armes de poing de ses troupes. Pourquoi avoir donné cette arme à la prévôté ? Selon toute vraisemblance, cette attribution est due à un manque d’armes de poing au sein de l’armée française. La confiscation des stocks allemands à la fin du conflit a servi à résoudre ce problème. Dans une moindre mesure, il est possible d’y ajouter les productions de la firme Uniques. Mais en raison de leur plus faible attribution et de leur ressemblance du point de vue technique, ce modèle ne fera ici l’objet d’aucun développement.
Le pistolet Ruby est directement issu de la Première Guerre mondiale. En 1914, l’armée française sollicite la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne (MAS) afin que sa production d’armes de poing augmente. Seul problème, sa production est en quasi-totalité tournée vers la fabrication de fusils et de mitrailleuses. La société Gabilondo et Urresti, implantée au pays basque, produit alors un pistolet automatique appelé Ruby. C’est une arme au fonctionnement simple et à l’entretien facile. Il réside dans l’emploi d’une culasse non calée. La platine, quant à elle, est à simple action. Ce PA est chambré en 7,65 mm et muni d’un chargeur de neuf cartouches. En 1924, une modification concernant la sécurité du PA est apportée. Un rivet à tête ronde est rajouté sur la face gauche de la glissière, dans le but d’empêcher la sûreté de se retirer inopinément lors de l’introduction de l’arme dans l’étui.
Le Ruby est la copie d’un pistolet automatique (PA) existant : le Browning 1906. À son tour, le PA Ruby est reproduit par d’autres firmes. Ces créations sont connues sont le nom d’Astra et d’Izarra. L’Astra est décliné en deux versions. La première dite de « troupe » est reconnaissable à un canon long et à son chargeur de neuf coups. L’autre variante, dénommée « officier », a un canon plus court et un chargeur de sept coups. Quelle que soit la finition, l’Astra est chambré en 7,65 mm.
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Autant la gendarmerie reçoit pendant l’entre-deux-guerres un nombre relativement important de PA, autant l’univers des mousquetons reste quasi inchangé. Le Berthier 1892 est toujours en service mais, en 1921, l’institution donne sa préférence au modèle 1916. Le véritable changement ne concerne pas la mécanique de l’arme mais encore et toujours le chargeur. En effet, pendant la Grande Guerre, le commandement français admet que les modèle Lebel et Lebel Berthier sont inférieurs aux fusils allemands. Dans le but de rétablir un équilibre entre les combattants, un nouveau chargeur de cinq coups est adapté.
En matière d’armement, la Seconde Guerre mondiale provoque de profonds bouleversements au niveau de la dotation des unités. Durant la campagne 1939-1940, le personnel envoyé pour encadrer des corps de troupe (cela concerne essentiellement des gardes républicains mobiles) est amené à employer les armes en dotation dans l’armée française. Celui-ci dispose généralement d’une bonne instruction militaire sur les différents modèles utilisés. Dans les brigades, les gendarmes disposent de leur armement individuel et d’un armement collectif de type FM 1924-1929. Comme leurs aînés de 1914, certains d’entre eux sont même amenés à faire le coup de feu contre l’envahisseur en mai et juin 1940.
Après la défaite, l’Occupation entraîne une restriction drastique de l’armement des unités. Conformément aux clauses de l’armistice de juin 1940, les gendarmes ne peuvent plus disposer que de leur seul armement individuel, c’est-à-dire de leur pistolet. Des commissions d’armistice allemandes et même italiennes sont chargées de veiller au bon respect de ces prescriptions. Même les gendarmes d’AFN sont soumis à de semblables contrôles. Quelques gendarmes choisissent néanmoins de camoufler des armes à l’occupant.
Par ailleurs, la période de l’Occupation est également marquée par un changement important dans le domaine du droit de l’usage des armes. En effet, la loi du 22 juillet 1943 étend le droit d’usage des armes concédé aux soldats de la Loi.
Lors de la Libération, les connaissances du personnel de l’Arme en matière d’armement sont particulièrement appréciées par les maquis qui comptent souvent sur les gendarmes pour former et encadrer leurs jeunes recrues. Plusieurs membres de l’institution participent aussi aux combats libérateurs, les armes à la main. Un certain nombre d’entre eux paie cet engagement de leur vie. Avec la fin de la guerre, les sources d’approvisionnement en matière d’armement se multiplient pour la gendarmerie.
Vers une lente gendarmisation de l’armement
Une politique de réarmement et d’harmonisation bien faible
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Gendarmerie nationale recense sur ses râteliers, en plus des armes réglementaires, bon nombre de produits alliés ou ennemis. Comment ne pas citer le pistolet-mitrailleur (PM) américain Thompson ou la mitraillette anglaise Sten. Mais il ne faut pas oublier non plus les armes de l’armée allemande, comme le MP 38 et le MP 40. La provenance de ces armes est facile à deviner. De toutes ces armes, une seule fait carrière, la Sten.
Si cette mitraillette est rentrée en gendarmerie d’une façon « classique », il n’est est pas de même pour deux futurs PA réglementaires d’origine allemande. Il s’agit bien entendu des mythiques. Le pistolet Luger P 08 et Walther P 38, qui sont en service de 1945 au début des années 1970. L’arrivée officielle de ces deux PA au sein de l’armée française, et plus particulièrement dans la gendarmerie, fait suite à une prise de guerre conséquente. En 1945, l’armé de De Lattre se rend maître des usines Mauser à Oberndorf.
Mais avant d’anticiper sur cet événement, il est intéressant de se pencher plus longuement sur l’histoire et le fonctionnement de ces deux références.
Le P 08 est une version améliorée du pistolet de l’ingénieur Borchardt. Cette arme, en rupture totale avec la production de la fin du XIXe siècle, reste le premier pistolet semi-automatique véritablement opérationnel. Parmi les nouveautés, il faut noter le système d’ouverture à genouillère, réalisable suite à un court recul du canon. Qui plus est, pour la première fois, un chargeur est dissimulé dans la poignée. En 1898, l’ingénieur Luger s’attelle à perfectionner ce modèle. Son travail s’achève en 1908 : cette année le Kaiser décrète que ce PA devient l’arme d’ordonnance des troupes impériales d’Allemagne. Le système d’ouverture-fermeture par genouillère est conservé. Un indicateur de chargement est installé. Par contre le Lugeur est dépourvu d’arrêtoir de fin de glissière, de sécurité de poignée et de verrou de genouillère (ouverture sur un axe). Le P 08 est produit pour les armées allemandes jusqu’en 1942, année ou le P 38 de la firme Walther le remplace définitivement.
Par le fait du hasard et des victoires alliées, les armées françaises prennent possession en avril 1945 des usines Mauser. La déception se fait vite sentir. À l’exception de quelques armes, les râteliers sont vides. Par contre, il reste des caisses remplies de pièces non montées.
Le Gouvernement français ordonne la réouverture de l’usine et sa production reprend au profit des armées de De Lattre. En fait, aucune arme n’est créée, les responsables se contentent de monter les pistolets qui sont en pièces détachées. Donc, grâce à ces différentes prises de guerre et au manque d’armes françaises, la gendarmerie utilise officiellement dès 1945 les P 08 et P 38.
Au regard de ces quelques lignes, il ne faut pas s’imaginer que les nouvelles armes sont seulement d’origine étrangères. Deux PA et un PM d’origine française sont à l’honneur, il s’agit des PA 35 A et 35 S et du PM MAS 38. En dépit d’un même millésime, les deux PA proviennent de deux manufactures bien distinctes. Le 35 A est fabriqué par la Société Alsacienne de Construction Mécanique et le PA 35 S est l’œuvre de la MAS. Même si leur mécanisme est similaire, aucune pièce n’est interchangeable d’un modèle à l’autre. Leur point véritablement commun reste l’emploi d’une seule et même munition, le 7,65 mm long. Cette munition est satisfaisante pour ce qui est du recul, par contre sa puissance de perforation est faible.
En 1945, le PA 35 A rejoint les rangs de la gendarmerie. En 1951, le PA 35 est attribué à son tour à la gendarmerie.
Il est indéniable que la gendarmerie est passée au second rang pour ce qui est de l’attribution de ces armes. Une fois que l’armée de Terre a eu le stock suffisant, la gendarmerie a pu enfin bénéficier de ces PA. Au début des années 1970, ces PA sont recyclés pour l’instruction des gendarmes en écoles.
En ce qui concerne le pistolet-mitrailleur, les militaires de l’institution reçoivent le PM MAS…
Armes Actuelles
De nouvelles armes sont livrées en ce moment dans les commissariats et brigades pour renforcer la protection des forces de l’ordre et accroître leur efficacité en cas d’attaque terroriste ou d’émeutes. Les forces de l’ordre sont en passe d’être dotées de nouvelles armes, suite à l’application de deux plans adoptés par le gouvernement à la suite des attaques terroristes survenues en France.
Le HK 416 F
Fusil au calibre Otan 5,56 mm, le HK 416 F dispose d’une crosse réglable et de talons de crosse permettant de s’adapter à la morphologie de chaque tireur. Disposant d’une autonomie accrue, le combattant sera muni de 10 chargeurs de 30 cartouches. Ce fusil, véritablement conçu comme un système d’armes, intègre l’ensemble des dispositifs existants et notamment les aides à la visée. Il équipera toutes les unités de l’armée de Terre et sera compatible avec toutes les munitions de 5,56 mm homologuées Otan. 1 HK 416 F perçu = 1 Famas réintégré.
Le HK 416 F est un fusil reconnu pour sa fiabilité et sa sécurité accrue. Sa sécurité de percuteur lui permet également d’éviter tout départ de coup non-voulu, notamment en cas de chute, lorsque le fusil est approvisionné et armé. Le HK 416 a véritablement été pensé pour s’adapter aux besoins de chaque tireur. Plus de droitier ou de gaucher : l’arme offre une seule configuration.
Englobant de nombreux accessoires (sangle ISTC, poignée de tir amovible incluant le bipied, bipied amovible…), le HK 416 F est conçu comme un système d’armes permettant d’intégrer l’ensemble des dispositifs existants, et notamment les aides à la visée. Le HK 416 est compatible avec toutes les munitions de 5,56 mm homologuées OTAN. La version standard permettra le tir de grenades à fusil en tir tendu jusqu’à 100m. Le combattant dispose d’une autonomie accrue.
Le HK 416 dispose d’une crosse réglable et de talons de crosse s’adaptant à la morphologie des tireurs. Il englobe de nombreux accessoires (sangle ISTC, poignée de tir amovible incluant le bipied, bipied amovible) et est conçu comme un système d’armes permettant d’intégrer l’ensemble des dispositifs existant et notamment les aides à la visée. A cet effet, il est équipé d’un rail Picatinny supérieur d’au moins 25 crans, et de rails secondaires latéraux et inférieur permettant la fixation d’accessoires divers.
Le processus de sélection a été très rigoureux et exhaustif. Ainsi, de septembre 2015 à juillet 2016, le groupe AM4, commandé par un officier de la STAT (section technique de l’armée de Terre) a réalisé les épreuves d’évaluation interarmées du programme commun d’évaluation (PCE) de l’arme individuelle du fantassin (AIF), conjointement avec le centre d’expertise aérienne militaire (CEAM) et la force maritime des fusiliers marins et commandos (FORFUSCO). Le groupe AM4 a donc réalisé des épreuves de contrôle de la définition des systèmes, de durée de vie et de fiabilité, de précision du tir des fusils d’assaut avec visée mécanique, Eotech 552, FIL et FIR et de leur lance-grenades de 40×46 mm, de compatibilité FELIN et de soutien des candidats AIF version canon long.
Renforcé par un formateur ISTC de l’école d’infanterie, il a conduit les épreuves d’ISTC et supervisé celles d’aptitude aux franchissements, au corps-à-corps adapté au combat haute intensité, au détachement d’accompagnement d’autorité (DAA) et de combat en espace confiné (PARCREC) au centre national d’entraînement commando (CNEC). A partir du chalet des Gondrans du 7ème bataillon de chasseurs alpins, il a supervisé les épreuves d’aptitude au tir, aux déplacements et franchissements en milieu montagneux hivernal. Ces évaluations ont représenté 54 jours de tirs soit plus de 190 000 5,56×45 mm (balles ordinaires et d’exercice) tirées ; les évaluations se sont concentrées de septembre 2015 à février 2016 et de juin à juillet 2016.
Il est vrai que les deux fusils coexisteront au sein de l’armée de Terre mais aussi au sein d’un régiment. Toutefois, nos soldats sont des professionnels dont l’une des forces est la capacité d’adaptation ; un soldat lors de sa formation initiale et tout au long de sa carrière apprend à manipuler plusieurs sortes d’armes (individuelles et collectives) et ce quelle que soit son arme d’appartenance. D’autre part, l’appropriation du HK 416 est vraiment très simple. Le HK 416 F est une arme simple d’utilisation et rustique ; par conséquent son appropriation par nos soldats se fera aisément.
Il va de soi que l’arrivée des HK 416 F a été anticipée ; les premières livraisons étaient à l’origine prévues en début de second semestre 2017, raison pour laquelle les nouveaux râteliers modulables seront mis en place durant cette période. Il n’est pas question de créer une armée à deux vitesses ; le fait est que compte tenu des volumes importants, il convient bien évidemment d’échelonner les livraisons dans le temps et pour ce faire, des choix sont faits en matière de déploiement. L’option retenue privilégie la fonction combattants débarqués avec effort sur l’infanterie. Pour autant dès 2017 des régiments de cavalerie, du génie, de l’artillerie mais aussi des écoles verront le début des livraisons du HK 416 F.
Le processus qui conduit à déclarer une arme opérationnelle est un processus qui s’inscrit dans la durée et obéit à des procédures établies et strictes. Après la notification du marché, la STAT conduit des expérimentations avec les unités de l’armée de Terre afin de tester l’arme dans toutes sortes de conditions. La réussite de ces expérimentations conduit la STAT à proposer à l’état-major de l’armée de Terre une autorisation d’emploi qui est in fine validée et signée par le chef d’état-major de l’armée de Terre. Cependant, en cas d’expérimentations conduisant à des réserves, l’autorisation n’est pas proposée afin que l’industriel réponde aux besoins initialement définis.
Armes de poing modernes
- Sig Sauer SP2022 : Le Sig Sauer SP2022 est l’arme de poing réglementaire depuis les années 2000 pour la Police nationale et la Gendarmerie nationale. C’est un pistolet semi-automatique chambré en 9 mm Parabellum avec une capacité de 15 coups. Il possède une conception robuste et simple à entretenir, ainsi qu'un rail Picatinny intégré pour accessoires (lampe, laser). Remplaçant du pistolet automatique MAC 50, ce modèle équipe également d’autres administrations comme les Douanes et l’Administration pénitentiaire. Malgré sa désignation "2022", il reste en dotation en 2025.
- Glock 17 : Le Glock 17, célèbre pistolet autrichien, est particulièrement apprécié pour sa légèreté, sa fiabilité et sa grande capacité (17 coups). Il est utilisé par le RAID et les unités FIPN (Force d’intervention de la Police nationale), le GIGN (Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale), les douanes et agents de la biodiversité. En 2020, les forces armées françaises ont commandé plus de 75 000 Glock 17 Gen5 FR pour remplacer les anciens pistolets MAC 50 et PAMAS G1 dans l’armée de Terre, l’armée de l’Air et la Marine nationale.
- Manurhin MR 73 : Le Manurhin MR 73 est un revolver français de calibre .357 Magnum (également compatible avec du 9 mm grâce à des barillets interchangeables). Il est reconnu mondialement pour sa précision et sa solidité, notamment utilisé par le GIGN depuis sa création mais également par le RAID, les GIPN, la Police nationale, la Gendarmerie nationale, ainsi que certains tireurs d’élite ou négociateurs d’intervention. Il s’agit d’un des rares revolvers encore en service dans les forces armées modernes. Il reste utilisé pour des missions très spécifiques et symbolise l’excellence française en armurerie.
Armes de poing dans la Police Municipale
Depuis les années 2010, la majorité des communes françaises ont décidé d’armer leur police municipale. En 2025, environ 56 % des policiers municipaux sont équipés d’une arme de poing. Le choix du modèle est laissé à la mairie et varie en fonction des marchés publics et des budgets. Les armes les plus courantes sont le revolver Manurhin MR 88 (ancien modèle, chambré en .38 Special), le Glock 17 (moderne, fiable, ergonomique), le HS Produkt XDM-9 (pistolet croate à haute capacité) et le Sig Sauer SP2022 (même modèle que la police nationale). Selon les corps spécifiques ou les anciennes dotations, on peut aussi trouver des PAMAS G1, des FN Five-seveN et des MAC-50.
Défis Actuels et Perspectives d'Avenir
Le statut militaire de la Gendarmerie a été conforté par un décret signé en 1854, la rattachant au ministère de la Guerre. Elle a été grandement sollicitée lors des deux guerres mondiales et des conflits en Indochine et en Algérie. C’est en raison de leur statut militaire que les gendarmes tiennent un rôle important dans le concept de « Défense opérationnelle du territoire ».
En 2009, il a été décidé de rattacher la Gendarmerie au ministère de l’Intérieur, ce qui a engendré de nombreux débats. Le général Hubert Bonneau, directeur de la DGGN, a souligné lors d’une audition à l’Assemblée nationale, le 15 octobre, que les moyens de la Gendarmerie ne sont plus en phase avec ceux des autres armées.
Bonneau a rappelé que la Gendarmerie joue un rôle primordial pour la préservation des intérêts fondamentaux du pays et la défense opérationnelle du territoire, aux côtés des armées. Il a insisté sur le fait qu'en cas d’un potentiel « engagement majeur de la France à l’Est », la Gendarmerie serait en première ligne pour la défense du territoire national.
Pour cela, la Gendarmerie s’appuie sur sa réserve opérationnelle, dont l’effectif est passé de 35 000 à 38 000 volontaires en moins de trois ans. Selon le général Bonneau, il serait même possible d’aller jusqu’à 50 000, à condition d’en avoir les moyens budgétaires. Il a confié qu'il pouvait augmenter le nombre de réservistes, mais qu'il n'avait pas les moyens pour les équipements, notamment l’armement. La Gendarmerie n’a pas pu remplacer, comme l’ont fait les autres armées, ses fusils d’assaut par des HK-416F.
La Gendarmerie est entièrement équipée de FAMAS, qui ne seront plus soutenus à compter de 2030. Il est donc nécessaire de financer ces moyens spécifiques avec le budget de la Gendarmerie. Le général Bonneau a également mentionné des besoins en équipements lourds, notamment en mobilité et en augmentation du parc des blindés.
Ces urgences ne peuvent pas être complètement prises en compte pour l’instant, car les priorités vont d’abord à l’immobilier et à l’équipement des brigadiers.
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