L'histoire du fusil de chasse est intimement liée à l'évolution des armes à feu. Des premières cartouches rudimentaires aux modèles sophistiqués d'aujourd'hui, le fusil de chasse a connu de nombreuses transformations. Cet article explore l'évolution du fusil, en mettant en lumière les aspects techniques et culturels qui l'entourent, en particulier le fusil de calibre 12 avant 1900.
L'Aube de la Révolution Armurière
Au cours du 19ème siècle, la révolution armurière affecte d’abord le fusil, arme principale du combattant. Le Mauser M71, adopté par le nouvel Empire allemand, puis le fusil Gras de 1874 en France, tous deux avec cartouches métalliques de calibre 11 mm, marquent l’apogée du fusil tirant au coup-par-coup. Suivant l’exemple américain, des fusils Spencer et des carabines Winchester, l’attention se tourne en effet vers des armes à répétition, où l’on peut tirer plusieurs coups sans rechargement, en déplaçant successivement des cartouches placées dans un magasin, dans la crosse ou sous le canon. Venant après les affrontements de la guerre de 1870, le siège de Plevna mettait en effet l’accent sur l’importance de la vitesse du tir. La piste privilégiée est celle d’une transformation en arme à répétition des fusils existants. Le rééquipement de l’armée représentant un enjeu beaucoup plus important suscite un long programme d’essais. La perspective d’être devancé par l’Allemagne qui devait adopter en 1884 son premier fusil à répétition, un modèle 71/84 modifié par Mauser en 1884, conduisait à accélérer le processus.
Les Premières Cartouches
La cartouche date d'environ 1640. Elle était composée d'un étui contenant la poudre et le projectile. Elle était introduite par la bouche du canon après avoir coupé l'étui côté poudre, puis poussée à l'aide d'une baguette vers la chambre. Ce type de cartouche était fragile et peu pratique.
Avec les fusils de chasse à chargement par la bouche du canon, les chasseurs employaient le plus souvent un petit cornet de papier contenant la charge de poudre et un autre contenant le plomb. On versait la poudre dans le canon, puis le papier du cornet l'ayant contenu était introduit dans le canon et servait de bourre que l'on poussait (bourrait) avec la baguette. Le cornet de plomb était à son tour vidé dans le canon et le papier servait d'obturateur.
L'Invention de la Cartouche à Broche
Avec le chargement par la culasse au début des années 1800 apparaissent les fusils à canons basculants. L'invention de la cartouche à broche par Casimir Lefaucheux en 1828 va populariser ce type de fusil auprès des chasseurs. Dans une cartouche à broche ou cartouche Lefaucheux, la base de la douille inclut la capsule d’ignition ou amorce. Lefaucheux dépose un brevet d’invention le 10 janvier 1833 décrivant son célèbre fusil à brisure. Grâce à cette invention, il démocratisa ainsi le chargement par la culasse.
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Le nom de Casimir Lefaucheux (1802-1852) est entré au XIXe siècle dans le langage commun des Français de l'époque pour désigner un fusil de chasse ou un revolver à broche. L'activité professionnelle de la famille Lefaucheux a couvert trois quarts de ce siècle. Casimir, boutiquier très inventif, exerça de 1827 à 1852. Son fils Eugène, nettement plus ambitieux participa activement à la naissance de l'industrie armurière pour se retirer en 1880. On leur doit l'invention du fusil de chasse à bascule, de la cartouche à broche et du premier revolver réglementaire mondial à cartouches.
Le fusil de chasse à broche est évidemment d’un modèle antérieur à 1900 et d’une fabrication antérieure à 1946. La cartouche à broche est une grande invention: c'est la première fois que l'on réunit en une entité une amorce, de la poudre, bourre et plomb; permettant la démocratisation du chargement par la culasse.
L'Évolution des Poudres
L’amélioration des qualités balistiques du fusil exige une augmentation de la vitesse initiale, couteuse en termes de poids et de force du recul, sauf à réduire le calibre, ce qui permet de diminuer le poids du projectile et/ou d’augmenter sa densité de section. Amorcée avec le Chassepot, puis le Mauser M.71 et le Gras, cette réduction venait buter sur la qualité de poudres disponibles, variétés de poudre noire plus ou moins améliorées dans leur texture. Non seulement, la combustion de ces poudres entrainait un important dégagement de fumée, mais elle laissait subsister un dépôt de matières non consumées entrainant un encrassement rapide, prohibitif dans un canon de calibre réduit.
L’ancêtre des poudres modernes est le coton-poudre : « Dans les derniers mois de 1846, les journaux commencèrent à s’occuper d’une découverte des plus singulières. Un chimiste de Bâle avait, disait-on, trouvé le moyen de transformer le coton en une substance jouissant de toutes les propriétés de la poudre. On prêtait à cette substance nouvelle des propriétés merveilleuses […] elle brulait sans fumée, elle ne noircissait pas les armes, enfin elle avait une force de ressort trois ou quatre fois supérieure à celle de la poudre ordinaire »[7]. « En 1847, Schönbein vendit en Angleterre son brevet pour la fabrication du fulmicoton. Seulement, l’explosion de la fabrique qui était établie à Dartford mit fin à l’entreprise du cessionnaire du brevet »[8]. En France, des essais semblables sont abandonnés en 1852 à la suite d’accidents survenus à la poudrerie du Bouchet. Diverses tentatives menées, en particulier en Autriche par le général baron Lenk, pour modérer la vivacité de ce nouvel explosif, ne peuvent éviter que son usage ne produise des efforts excessifs sur les canons des armes, conduisant rapidement à leur déformation et souvent à leur éclatement.
L’idée reste cependant bien ancrée que, comme l’écrivait en 1875 le « Spectateur Militaire », « la découverte destinée à révolutionner l’art de la guerre, la découverte qui donnera à la nation qui la première en fera usage une prépondérance invulnérable, c’est l’emploi du fulmi-coton, la ‘poudre sans fumée’ »[9]. L’utilisation militaire de la nitroglycérine, proposée par Nobel en 1854 comme explosif de mine, posait également des problèmes qui paraissaient insolubles.
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L’invention d’une poudre sans fumée répondant aux exigences d’une utilisation opérationnelle est un cas unique, pour l’époque considérée, d’innovation armurière résultant directement d’un protocole scientifique. Polytechnicien, ingénieur des poudres et salpêtres, Paul Vieille (1837-1904) était ce que l’on appelait un savant, tôt associé aux travaux des grands chimistes Berthelot et Sarrau. Sa découverte de la poudre sans fumée ne fut qu’une résultante de ses apports à la thermochimie. Développant un instrument qualifié de bombe calorimétrique, il est capable en 1881 de mesurer précisément l’évolution de la température et de la pression dans une substance en voie d’explosion[11]. Plutôt que de se limiter à considérer la composition chimique des poudres, il peut alors expliquer comment la vivacité de l’explosion du fulmi-coton tient à sa structure géométrique et concevoir le moyen de maitriser cette explosion en « gélatinisant » cette substance par dissolution dans un mélange d’éther et d’alcool : « la matière, mise sous forme de plaques minces, a une vitesse de combustion qui peut être réglée en modifiant l’épaisseur.
La Fabrication du Fusil de Chasse
La fabrication d’un fusil de chasse est un art. Si les étapes de sa fabrication restent identiques pour chaque type fusil, les techniques utilisées sont diverses. La fabrication artisanale façonne des fusils uniques tandis que la fabrication industrielle produit des armes plus uniformes.
Aujourd’hui, la technologie la plus moderne employée pour l’usinage est la machine dites à 5 axes. Une fois usinée, les pièces du canon sont assemblées. Ensuite, c’est l’étape du bronzage qui a pour but de protéger le canon de l’oxydation et de la corrosion. Là encore, il existe différentes techniques : bronzage à la couche, bronzage par bain ou teflonnage. Chapuis Armes bronze toutes ces armes à la couche.
Le plus souvent, la crosse est fabriquée en noyer, voire en matériaux synthétiques tels que le carbone. En carbone, elle est réalisée industriellement. On retrouve différentes essences pour la réalisation de crosse, telles que le hêtre sur des fusils industriels ou le noyer sur des armes de qualité. La crosse en noyer est en effet un incontournable pour un fusil de chasse traditionnel. Son veinage si particulier lui confère de splendides contrastes. Les bois utilisés par Chapuis Armes proviennent de Turquie, et sont scrupuleusement sélectionnés pour leurs qualités techniques et esthétiques. Étape de sublimation, seule une main experte peut graver une arme de chasse. Tous les éléments métalliques peuvent être gravés. Il existe diverses techniques de gravure, qui influence le rendu final de l’œuvre. Les motifs décoratifs que l’on retrouve le plus sont les scènes de chasse, qui représentent les animaux dans leur environnement naturel, les perdreaux à l’envol aux bécasses en sous-bois. Les chiens de chasse sont aussi des motifs appréciés.
Contrairement à la gravure, le quadrillage n’a pas seulement une fonction esthétique : il permet une prise en main optimale du fusil.
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Les Cartouches Modernes
Rares sont les chasseurs qui de nos jours fabriquent encore leurs cartouches. A la fin du 19 éme siècle et jusqu'au milieu du 20 éme siècle la plupart des chasseurs confectionnait leurs cartouches dont ils conservaient précieusement les étuis après le tir afin de les "recharger" et ainsi en diminuer le coût. De nos jours, les cartouches modernes sont de type hamerless (ou en plastique), mais l'amorce placée au centre du culot est externe.
Comment Reconnaître un Fusil Lefaucheux ?
Pour reconnaître un fusil Lefaucheux, il faut d’abord comprendre son histoire. Inventé par Casimir Lefaucheux en 1833, ce système révolutionnaire a changé la donne dans le monde des armes à feu.
La première chose qui saute aux yeux, c’est le système de fermeture unique. Vous remarquerez une clé située sous le pontet. C’est la signature Lefaucheux par excellence ! Autre élément distinctif : la culasse basculante. C’est l’invention phare de Casimir Lefaucheux. Elle permet une ouverture facile du fusil pour le chargement.
Les premiers modèles Lefaucheux utilisaient un système de percussion à broche. Plus tard, on est passé à la percussion centrale. C’est un indice précieux pour dater approximativement l’arme.
Sur les modèles produits entre 1833 et 1843, vous trouverez le poinçon « Invention C. Lefaucheux à Paris ». C’est la preuve irréfutable de l’authenticité de l’arme. Et aussi, chaque série avait sa numérotation spécifique. Par exemple, « LF1 » dési…
Le Fusil Gras : Un Tournant Décisif
Dans cet article, nous allons aborder le fusil réglementaire modèle 1874 "Gras" et ses variantes (carabine de cavalerie, carabine de gendarme à pied et à cheval et mousqueton d'artillerie, mais aussi les déclinaisons du Gras de chasse, et les fusils Gras scolaires et de cadet). Ce fusil, contemporain des revolvers modèles 1873 et 1874, est une évolution du fusil modèle 1866 Chassepot. Bien que n'ayant pas connu de conflit majeur, les armes modèle 1874 du système Gras firent régulièrement le coup de feu dans les colonnies françaises, par nos militaires.
Les armes du système Gras, tout comme les revolvers modèles 1873 et 1874, utilisent une cartouche de calibre 11mm, dans un soucis d'harmonisation des calibres des armes portatives légères réglementaires. L'année terrible, Gustave Doré. La tâche noire, Albert Bettannier. Le réarmement de l’armée devient donc un sujet d’importance. Une commission fut chargée d’évaluer le meilleur système de conversion, c’est au final celui proposé par le capitaine Basile Gras (polytechnicien) en 1873 qui fut adopté en 1874. Les anciens Chassepots mle 1866 seront modifiés et deviendront des fusils, mousquetons ou carabines Gras modèle 1866-74 (1 700 000 exemplaires), les armes longues construites neuves (2 250 000) porteront la référence 1874 (fusils, carabines ou mousquetons Gras modèle 1874).
Le fusil chassepot (et ses dérivés supra) est le 1er fusil français à chargement par la culasse, il tire une munition dont l'amorce, la poudre et la balle sont enveloppés dans du papier. L’arme reste au calibre 11 mm. Les armes du type 1866-74 (Chassepot transformé Gras) seront soit modifiées au niveau de la chambre pour recevoir la nouvelle cartouche métallique (alésage puis insertion à force d’un cône de raccordement aux rayures), soit équipées d’un nouveau canon. La date de la modification est rajoutée sur le côté droit du canon à la suite de la date d’origine ou figure seule dans le cas du canon changé.
La planche mobile comporte des crans de mire fixes pour les distances de 200, 350 et 1.300 mètres. Le curseur, quand à lui, porte le cran de mire mobile servant pour les distances de 400 à 1.200 mètres, et la rallonge (qui porte le cran de mire mobile) pour les distances de 1.400 à 1.800 mètres. Au niveau de la finition, toutes les armes du système 1874 (Gras) reçoivent un bronzage noir sur le canon et la boîte de culasse. Embouchoir et grenadière de fusil modèle 1874 dans leur finition d'origine, noircie au feu.
Le fusil mle 1874 est équipé d’une nouvelle baïonnette droite: l'épée-baïonnette modèle 1874. La lame est en forme de "T", et la poignée est en bois et laiton. Trois autres types de marquages apparaissent régulièrement sur le dos des lames d'épées-baïonettes modèle 1874. Tout d'abord "Usine de Steyr " suivi de la date, qui correspond à une commande de plus de 200 000 baïonnettes à l’usine de Steyr en Autriche (contrat avec le Ministère de la Marine et des Colonies), en 1878 et 1879. Ensuite, on trouve les marquages "Paris Oudry" ou "L.Deny", suivi d'une date (année de fabrication). Il est également à noter que la baïonnette destinée au fusil modèle 1878 de marine Kropatschek ressemble fortement au modèle 1874 Gras. Lame et fourreau sont similaires, c'est principalement le profil du dos de la poignée (droit, sans le décrochement de la Gras), et la largeur de bague qui est plus grande. Enfin, le dos des lames des baïonnettes modèle 1878 pour fusil Kropatschek est marqué "Mre de Steyr Mr de Werndl" (pour la manufacture de Steyr, en Autriche), suivi de l'année de fabrication (pas de mois). Carabine de cavalerie modèle 1866 Chassepot (1872), transformée Gras. La carabine de cavalerie modèle 1874 possède des garnitures en laiton. Mousqueton d'artillerie modèle 1866, transformé Gras (1874), modifié 1880 (M80). Les hausses sont adaptées à la balistique de chaque modèle. Ci-dessous un fusil fabriqué par S.
La cartouche 1874 est une munition d’un diamètre de 11.25 mm calepinée (papier fin enroulé autour de balle pour éviter le plombage), la balle en plomb pur pèse 25 g elle est propulsée par 5.25 g de poudre noire. Entre les deux se trouve une rondelle de feutre gras. Les armes du système Gras ne constitueront pas l’armement principal des armées lors de conflits majeurs, le Lebel 1886 et les Berthiers l’auront remplacé lors de la grande guerre bien qu’il équipa encore les troupes de l’arrière (territoriaux) qui, dans certains cas eurent à combattre. Episode de la défense de Tuyen-Quan (janvier 1885), Lucien Pierre Sergent. Les Chinois avaient pratiqué une mine qui fit brèche à l'enceinte, ils donnèrent l'assaut et furent repoussés. la Grèce (commande spécifique à Steyr) et l’Ethiopie (armes réglementaires Françaises) l’utiliseront au combat, de même que la Russie qui en recevra un grand nombre au début de la Grande Guerre pour pallier les énormes pertes de son armée. Le Chili en utilise aussi (armes fabriquées à Steyr) lors de la Guerre du Pacifique (1879 - 1884), l'opposant au Pérou et à la Bolivie. Une commande de 20 000 armes (avec leurs baïonnettes) aurait été faite à l'usine de Steyr (Toutefois, Il se pourrait, en réalité, qu'il s'agisse d'armes rachetées à la Grèce, et non commandées neuves à Steyr).
Ces fusils sont fabriqués par Osterreichische Waffenfabriks Gesellshaft (OEWG), à Steyr (Autriche-Hongrie). La commande de fusils modèles 1874 du contrat Grec porte sur 57 000 fusils et 6 000 carabines. Cartouche de 11mm pour le fusil Gras Grec, fabriquée par Georges Roth à Vienne (Autriche). En effet, en août 1914, il existe dans les dépôts et unités 1.260.000 fusils d'infanterie modèle 1874 gras. En décembre 1915, le Ministère de la Guerre est obligé d'informer les autorités gouvernementales sur la situation réelle du stock des fusils modèle 1874 qui est pratiquement épuisé. Modèle de fusil signaleur réalisé à la Manufacture Générale d'Armes (MGA) (futurs établissements BALP), à partir d'un fusil Gras modèle 1874.
Ces transformations de fusils Gras en modèles de chasse s'accompagnent systématiquement d'une suppression des rayures du canon par alésage et du remplacement de la hausse réglementaire. Certains seront adaptés à des calibres plus gros (20, 16 et 12) mais plus rarement car le canon devait être changé. Exemplaire du fusil Le Hubert de la Manufacture Française d'Armes de Saint Etienne, en calibre 24. Le fusil scolaire de tir est destiné aux écoles primaires. La hausse est l'ancienne hausse du fusil modèle 1866, réduite dans ses dimentions; elle est graduée de 10 à 40 mètres. La chambre est plus courte que celle des armes modèle 1874, afin que ces fusils ne puissent pas tirer la cartouche de guerre; elle ne peut recevoir qu'une cartouche dont l'étui est raccourci de 10 millimètres. (Note: On donne encore le nom de fusil scolaire à des fusils de manoeuvre, de modèles divers, fabriqués par l'industrie privée et que les communes sont autorisées à acquérir pour exercer les enfants des écoles. Ces fusils ne doivent pas pouvoir faire feu ni être mis facilement en état de faire feu. Les fusils Gras scolaires pour le tir (Gras de cadet) ont été fabriqués dans les Manufactures d'Armes d'état, au même titre que les armes de guerre. Une note du Ministre de l'Instruction Publique du 20 Avril 1880 nous apprends aussi que l'armée pouvait fournir plusieurs sortes d'armes à feu pour les collèges et les lycées.
Les Bataillons Scolaires et l'Esprit de Revanche
Les bataillons scolaires sont institués en France, par le décret du 6 juillet 1882. Mais ce décret ne fait que valider une pratique qui se répand de plus en plus dans le pays depuis la fin de la guerre de 1870. De nombreuses communes ont déjà développé la pratique de la gymnastique et des exercices militaires dans leurs établissements d'instruction publique primaire ou secondaire. La défaite cinglante de la France en 1871 et la perte de l'Alsace et de la Lorraine ont engendré un vif sentiment de revanche. Le pays est exsangue et l'armée humiliée à beaucoup perdue de sa crédibilité. Mais aux initiatives du gouvernement pour restaurer le potentiel militaire du pays, s'ajoutent de nombreuses initiatives privées dont le seul but est de ranimer la flamme des bataillons de l'espérance, qui ont vu le jour sous la Révolution française. L'espoir de la revanche appartient aux enfants, et les adultes ont désormais le devoir de préparer la jeunesse au prochain conflit qui rendra son honneur à la France.
La loi de 1882, qui comprend de nombreux articles, prévoit une préparation dès l'école primaire afin d'incorporer les enfants dès l'âge de douze ans au sein des bataillons scolaires. Ces bataillons sont organisés de façon militaire. Aucun modèle particulier n'est décrit dans les différents textes qui régissent l'organisation des bataillons. Mais à l'instar de la ville de Paris, dans la majorité des cas l'uniforme adopté par les bataillons scolaires des grandes villes est constitué d'une veste de drap bleu, d'un pantalon gris fer et d'un béret de marin, marqué du nom de la ville. L'armement est beaucoup mieux décrit, il évolue suivant l'âge de l'enfant, allant du simple fusil de bois, tout juste bon au maniement d'arme, au fusil de cadet, tirant une cartouche réduite du fusil réglementaire Mle 1874, en passant par divers modèles d'armes de manœuvre ou de tir réduit. Les instituteurs assurent l'instruction. Ils sont souvent assistés dans cette tâche par d'anciens militaires de carrière et aidés par la lecture de nombreux ouvrages de théorie qui apparaissent au début des années 1880.
Dès leur formation, les bataillons scolaires participent à toutes les manifestations publiques. Mais ils brillent surtout lors des grandes messes républicaines du 14 juillet. A leur création, les bataillons portent l'espoir de tout un peuple et la France vibre aux sons de leurs tambours et de leurs clairons. Mais leur instauration va vite déchaîner les passions. Le clergé voit d'un très mauvais œil la pratique des exercices militaires au sein de ses établissements privés. Face à des adversaires aussi nombreux et puissants, le mouvement s'essouffle rapidement. D'autant que l'organisation et l'entretien de ces bataillons d'enfants grève d'importance le budget des communes. En 1892 s'en est fini des bataillons scolaires. Les armes disparaissent dans les combles des écoles, les uniformes partent chez les chiffonniers et la gymnastique d'une part, le tir scolaire d'autre part, remplacent manœuvre et défilés. Mais tous les bataillons ne disparaissent pas en même temps. Certaines communes de l'est de la France garderons leurs petits soldats jusqu'au début des années 1900. Il reste de cette époque de nombreux vestiges.
L'Héritage du Fusil Gras
De nos jours ce magnifique fusil se rencontre quelquefois dans nos stands de tir, c’est tout de même assez rare car la munition n’étant plus fabriquée depuis longtemps, seuls les tireurs disposant des compétences nécessaires pour recharger les cartouches pourront l’employer. Pour confectionner les munitions, il faut tout d’abord trouver des étuis. Certains fabricants en proposent, comme Bertram ou Horneber (à commander en Allemagne), voire H&C (car ils sont fragiles), on peut aussi reformer des étuis en 348 Winchester ou en 10.3x60R qui est un calibre encore employé à la chasse en Suisse. Restera à définir quelle poudre employer et quelle charge. En poudre noire, une charge d’environ 3 g, complétée par de la semoule pour ne pas laisser de vide dans l’étui, suffira pour propulser la balle avec suffisamment de précision. Pour ceux qui préfèrent les poudres modernes, la Vectan AO convient très bien avec une charge de 0.8 à 1 g.
Le fusil Gras est un superbe fusil fiable et précis qui, bien que moins célèbre que le Lebel, a accompagné une page de l’histoire de France. En terme de législation, les différentes armes du système Gras (armes non "modifiées chasse") sont aujourd'hui classées en catégorie D§e ("Armes historiques et de collection dont le modèle date d'avant janvier 1900, sauf celles classées dans une autre catégorie en raison de leur dangerosité"), et peuvent donc être détenus par toute personne de plus de 18 ans.
Les Fusils à Broche Lefaucheux
Lefaucheux déposa un brevet d'invention en 1833 décrivant son célebre fusil à brisure. Grâce à cette invention il démocratisa ainsi le chargement par la culasse. Le fusil présenté ici n'a pas été fabriqué par Lefaucheux lui même, mais par un fabricant ayant eu l'autorisation de fabriquer ces fusils. En effet, pour "diffuser" son invention et rentabiliser l'affaire Lefaucheux compris vite qu'il avait besoin de fabricants d'armes et différents contrats de cession d'exploitation furent signés.
Pour en revenir au fusil: Il est à été directement fabriqué à broche ( apres 1835 l'invention de la broche). On peut noter la goupille permettant l'ouverture, mais empêchant toute désolidarisation des canons, un des gros point faible du fusil; seul moyen chasser la goupille. Pour identifier un Lefaucheux, il faut regarder les ponçons, ici "invention C.Lefaucheux à Paris" (normalement il n'y a pas le "C"):poinçon apposé sur les armes de fabrique de 1833 à 1843 après le brevet tombe dans le domaine public. Ici, il manque un autre poinçon: le numéro d'ordre qui devait être également apposé. Ce fusil n'est plus très frais mais témoin de l'évolution de l'armurerie. Dans le contexte de l'époque, c'était une petite révolution, ce fusil côtoyait encore les fusils à percussion. Je vous laisse imaginer les joutes verbales entre ceux qui n'y voyaient que des avantages et les autres que des inconvénients. A ces dates, on reste dans le domaine du prototype, rien est standard, ce qui rend intéressant l'étude.
Comme vous l'avez dit ,les fusils à broche ont été utilisés relativement longtemps: naissance dans les années 1830 et encore en vente après 1900 . Ils ont côtoyé les fusils a percussion et la percussion centrale. Ils ont côtoyé les fusils a percussion et la percussion centrale. La cartouche à broche est une grande invention: c'est la première fois que l'on réunit en une entité une amorce, de la poudre, bourre et plomb; permettant la démocratisation du chargement par la culasse.
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