Introduction
Le fusil canardier calibre 12 est une arme à feu conçue pour la chasse à la sauvagine, en particulier les canards et les oies. Cet article explore l'histoire de ces fusils, leurs transformations au fil du temps, et leur utilisation moderne.
Origines et Transformations des Fusils Gras en Fusils de Chasse
Le contexte historique
Autour des années 1900, l'Armée Française, ayant remplacé ses fusils Gras par des modèles plus récents comme le Lebel et le Berthier, a mis en vente une partie de ses anciens équipements. Ces fusils Gras, robustes et simples, intéressaient les chasseurs aux moyens limités, à condition d'être transformés en fusils de chasse à canon lisse.
Le recyclage des fusils Gras
Les fusils Gras modifiés en arme de chasse à canon lisse représentent une particularité française. Après la Révolution, le droit de chasse n'était plus réservé à une élite, et de nombreux campagnards chassaient sans avoir les moyens d'acquérir un fusil de chasse coûteux. Ils utilisaient alors d'anciens fusils militaires à canon lisse, chargés par la bouche et amorcés par silex ou capsule.
Modifications en série
Achetés à bas prix en lots importants, de nombreux fusils Gras ont été modifiés en série par de grandes entreprises comme la Manufacture des Armes et Cycles de St Etienne, ou par de petits armuriers. Assez peu de ces fusils semblent avoir conservé leurs caractéristiques militaires d'origine, étant principalement destinés aux sociétés de tir.
Variantes de modifications
Les modifications "chasse" n'étaient pas standardisées, et de nombreuses variantes ont été proposées pour suivre la demande ou s'adapter à l'état des différents lots de surplus. Ces fusils Gras modifiés Chasse étaient proposés à un tarif bien inférieur à celui d'un fusil juxtaposé de l'époque.
Lire aussi: Meilleur fusil semi-automatique
Transformation en calibre 24
La transformation en calibre 24 était la plus fréquente, car elle nécessitait simplement d'aléser le canon, de modifier la tête mobile et de retoucher l'extracteur. Dans cette modification, la vis-éjecteur était généralement supprimée.
Transformations en calibres supérieurs
Les calibres plus gros (20, 16 et 12) demandaient plus de travail. Le canon d'origine (11 mm) n'était pas assez épais pour être réalésé directement en gros calibre. La boîte de culasse étant trop étroite pour le bourrelet de ces calibres, il fallait la réaléser et élargir la tête de culasse pour bien soutenir le culot des cartouches de chasse, ce qui modifiait la procédure de démontage.
Modifications esthétiques et fonctionnelles
La hausse, le guidon et le tenon de baïonnette militaires étaient généralement supprimés et remplacés par un grain d'orge en bout de canon et un cran de mire monté à queue d'aronde sur l'écrou de culasse. La longueur des fusils militaires étant excessive, ils étaient souvent raccourcis. Le bois était retouché pour amincir la crosse et dégager le canon.
Levier de culasse
Le levier de culasse droit, adapté au tir rapide de l'infanterie, était trop encombrant pour la chasse. La plupart des leviers de fusil étaient pliés et rognés pour ressembler aux leviers de carabine ou de mousqueton.
Apparence des carabines et mousquetons
Certains fusils ont pris l'apparence de carabines ou de mousquetons, reconnaissables à leurs dimensions spécifiques. La crosse des fusils est plus longue et plus massive que celle des carabines et mousquetons.
Lire aussi: Premier Ergal Extracteur : Test et Performance
Transformations directes du Chassepot
Certains fusils Chassepot ont été directement transformés, sans passer par la modification réglementaire 66-74.
Marquages et identifications
Il est fréquent que les marquages militaires soient effacés, mais des différences originelles permettent d'identifier le modèle initial des pièces.
Robustesse et utilisation
Ces fusils Gras transformés chasse étaient particulièrement robustes.
Le Fusil Canardier Moderne : Le Sabatti Canardier
Caractéristiques générales
Le Sabatti Canardier est un fusil de chasse à la sauvagine côte à côte, spécialement conçu pour la chasse aux canards et aux oies. Il offre des performances exceptionnelles grâce à sa construction de haute qualité et ses caractéristiques techniques avancées.
Canons et conception
Les deux canons du Sabatti Canardier sont fabriqués en acier spécial, rodés et chromés pour garantir des performances optimales même lors de l'utilisation de grenailles d'acier. Le système d'étranglement interchangeable Multichoke permet d'adapter le fusil à différents types de tir.
Lire aussi: Fusil de ball-trap idéal : guide d'occasion
Visée et flexibilité
La nervure de visée surélevée du Sabatti Canardier sert d'interface pour l'installation de viseurs optiques agrandis ou à point rouge, offrant une visée rapide et précise.
Conception de verrouillage et crosse
Le Sabatti Canardier dispose d'une serrure améliorée fabriquée à partir d'un bloc unique d'acier forgé à haute résistance. Le système de verrouillage Anson & Deeley modifié assure une sécurité optimale, tandis que le récepteur en acier cémenté garantit une durabilité exceptionnelle. La crosse en noyer robuste intègre un insert en plomb pour un meilleur équilibre et une meilleure absorption du recul.
Double gâchette
Le Sabatti Canardier est équipé d'un système de double gâchette, mais fonctionne également comme un fusil à gâchette unique. Ce système offre une flexibilité supplémentaire pour le chasseur, selon les situations de tir.
Caractéristiques techniques du Sabatti Canardier
- Utilisation : Chasse à la sauvagine
- Typologie : Fusil à pompe côte à côte
- Action : Break-action
- Gâchette : Double gâchette
- Barils : Côte à côte, à âme lisse
- Crosse : Droite, poignée pistolet en noyer fini à l'huile
- Système de verrouillage : A tassello inferiore
- Récepteur : Anson & Deeley modifié Boxlock
- Matériau du récepteur : Acier cémenté
- Alimentation : Manuelle
- Capacité du chargeur : 2 coups
- Poids de la gâchette : 1,8-2 kg
- Sécurité : Manuelle, bouton coulissant
- Éjecteurs : Manuel
- Viseur : Guidon sur nervure pour une visée rapide
- Nervure : Pleine longueur avec trous de vis percés et taraudés pour supports de lunette
- Longueur du canon : 81 cm
- Finition du canon : Bleui
- Poids total : 5,1 kg
Fonctionnalités clés
- Acier forgé de haute résistance
- Double gâchette
- Canons en acier spécial de 81 cm avec système Multichoke
- Prêt pour l'installation d'optique
- Crosse en noyer huilé
Options disponibles
- Système de gâchette unique ou double gâchette
- Éjecteurs automatiques
- Canons disponibles dans d'autres calibres
Autres Modèles et Fabricants Notables
Fusils de chasse anciens
Les fusils de chasse anciens sont généralement des fusils juxtaposés (Lefaucheux, Saint-Étienne, Lebel…). On retrouve aussi le fusil pliant, également appelé fusil de braconnier, qui est un mono-canon à broche connu des collectionneurs.
Lefaure à Paris (1850-1872)
Un autre exemple est le fusil juxtaposé Lefaure à Paris, datant de 1850 à 1872, à platines, calibre 24, double canon à percussion. Ces fusils sont considérés comme des pièces de collection et témoignent de l'histoire de la fabrication d'armes en France.
Fusil Warnant
Il existe également de très longs fusils canardiers à système Warnant un coup calibre 12/75, avec une épreuve de Saint Etienne, un pontet à volutes, et une crosse en noyer quadrillée. Ces modèles, souvent datant du XIXe siècle, sont prisés pour leur rareté et leur conception unique.
Le Simplex
Le Simplex est un fusil qui incarne la simplicité. La qualité des bois est tout à fait ordinaire avec cependant, un parfait alignement des fibres dans l’axe du recul. La crosse dispose d’une poignée pistolet assez ouverte, d’une plaque de couche en bakélite et d’une grenadière à rotation non limitée. La grenadière avant est directement soudée sur le canon. Sa rotation est limitée pour ne pas heurter le canon, lorsqu’il n’y a pas de bretelle.
Sa longuesse, qui est la partie métallique du devant, est réduite à sa plus simple expression en ne servant qu’à limiter l’usure du bois sur l’arrondi bascule. Elle n’intervient absolument pas dans l’armement de la batterie. Son maintien en place est assuré par un système de verrouillage mettant en œuvre un pointeau sous tension de ressort qui vient s’encastrer dans un crochet fixé au canon.
Le Simplex est bien évidemment équipé d’une mono détente dont le tarage est supérieur à 2,5 kilos. Le sélecteur disposé sur le col de crosse, permet au tireur d’activer, selon son choix, le départ en premier l’un ou l’autre des canons.
Canon et visée
La bouche du canon est surmontée par le guidon de type grain d’orge en laiton. On notera que la bouche n’est pas équipée d’un choke interchangeable. Une hausse en demi-lune faisant partie intégrante de la bascule et un guidon de type grain d’orge, constituent les organes de visée de ce fusil. Certains modèles ne disposaient que d’un léger cran en V, en guise de hausse. Dénué de bande sur le canon, le Simplex est équipé d’une sorte de hausse fixe.
Caractéristiques du canon
D’une longueur de 80,3 cm, le canon est chambré pour le tir de munitions du calibre 12 magnum (12/76). Bien entendu, il accepte les autres munitions du calibre comme les cartouches 12/65, 12/67,5 et 12/70. Ce canon a une âme de 18,4 mm, ce qui est la normale pour un calibre 12. Son diamètre intérieur à la bouche est de 17,5 mm, ce qui correspond à un rétrécissement de 0,9 mm. On est donc très proche full choke. Ce resserrement très classique avec ce genre d’arme, n’autorise pas le tir avec la grenaille d’acier.
Performance et balistique
D’une longueur de 121,7 cm pour un poids de 2680 g, ce fusil est particulièrement léger. Cette munition affiche une vitesse initiale de 400 m/s avec une très bonne régularité dans la mesure où l’écart type se chiffre à 4,5 m/s avec un écart de vitesse entre la plus et la moins rapide des cartouches de 11,76 m/s, ce qui peut être considéré comme remarquable. À la distance de 33 m, il a été possible de grouper, en moyenne, 135/189 soit 71,43 % de la charge dans le cercle de 76 cm d’une cible conventionnelle. Le cercle central de 54 cm ayant été atteint par 95 impacts, le pourcentage atteint un peu plus de 50 % des grains de plomb.
Focus sur le Canon d'un Fusil Ancien
Description physique
Le canon de section circulaire est le "gros morceau" de l'arme, pesant près de 4 kg pour une longueur interne de 1,36 m. Au niveau du bouchon de culasse, le canon a un diamètre de 40 mm, diminuant progressivement jusqu'à 27 mm à 50 cm de la bouche. L'âme du canon est lisse et alésée au diamètre de 22 mm.
Technique de fabrication
Le tube était réalisé à partir d'un fil carré en fer enroulé à chaud autour d'un mandrin et soudé à la forge, une technique courante appelée canon-ruban. La trace d'une ligne hélicoïdale court tout le long du canon.
Bouchon de culasse et marquages
À l'arrière, le canon est obstrué par un bouchon massif, se terminant par un crochet s'insérant dans la face avant de la fausse queue de culasse. Une masselotte à droite reçoit la cheminée. Le bouchon porte le marquage "GOUTOLLAU à ANGERS" en partie supérieure, et "G. WILKIN" ainsi qu'un poinçon en partie inférieure.
Fixation à la monture
La fausse queue de culasse est assemblée sur la monture par trois vis, assurant le maintien et la transmission du recul. La génératrice inférieure du canon porte deux brides pour les clavettes reliant le canon à la monture.
Guide de la baguette
L'avant du canon porte un guide pour la baguette, fixé sur une embase brasée à l'étain.
Restauration d'un canon ancien
La restauration implique le nettoyage de l'oxydation intérieure et extérieure. L'intérieur nécessite un outil spécifique, tandis que l'extérieur est poncé à la main. Une brosse à monter sur perceuse facilite le décapage.
Fusil juxtaposé : une option traditionnelle
Le fusil juxtaposé se distingue par ses canons parallèles, offrant une gerbe large et efficace, idéale pour les tirs en mouvement. Sur Chassemarket.com, vous trouverez une sélection diversifiée de fusils juxtaposés de qualité, proposés à des prix compétitifs. Explorez leur gamme et trouvez l'arme qui allie tradition, performance, élégance et qualité.
Portée et Efficacité du Calibre 12
Portée Utile
La portée utile d’un fusil calibre 12 correspond à la distance à laquelle le tir reste efficace, capable d’atteindre le gibier de façon nette et précise. Au-delà, la dispersion des plombs devient trop importante. La portée maximale dépend du type de munition utilisé. Une balle de type slug ou Brenneke peut théoriquement atteindre plus de 100 mètres, mais la précision chute rapidement à ces distances.
Puissance et Gibier
Le calibre 12 est réputé pour sa puissance modérée mais suffisante, variant selon la munition, la charge de la cartouche, et la longueur du canon. Cette puissance est suffisante pour de nombreux gibiers. Elle permet un bon pouvoir d’arrêt tout en conservant une maitrise du recul. Pour la chasse au petit gibier (faisan, lapin, perdrix), le calibre 12 se montre particulièrement efficace. Avec des cartouches de 28 à 32 grammes, la dispersion des plombs reste maîtrisée, ce qui permet des tirs rapides et instinctifs.
Chasse au Gros Gibier
Le calibre 12 peut aussi s’utiliser pour la chasse au gros gibier, à condition d’opter pour des munitions adaptées, comme des balles Brenneke. Utilisé en battue, le fusil superposé calibre 12 offre une très bonne réactivité, notamment en cas de tir à courte ou moyenne distance.
Réglage de l’Arme
L’efficacité d’un tir ne dépend pas uniquement de la munition. Le réglage de l’arme joue un rôle essentiel. Il est conseillé de tester différentes cartouches pour trouver le meilleur compromis entre précision, recul et efficacité. Une configuration bien pensée permet de gagner en confort, en régularité et en précision.
Portée Utile et Besoins des Chasseurs
Le fusil superposé calibre 12 reste une valeur sûre. Grâce à sa portée utile comprise entre 30 et 40 mètres avec des plombs, et jusqu’à 70 mètres avec une balle, il répond à la grande majorité des besoins des chasseurs français. Son efficacité repose sur un bon équilibre entre le choix de la munition, le réglage de l’arme et l’expérience du tireur.
tags: #fusil #canardier #calibre #12 #histoire #et
