Mauser est un fabricant d'armes allemand fondé au XIXe siècle, réputé pour ses fusils à verrou et ses pistolets. L'entreprise, basée à Oberndorf am Neckar, a joué un rôle majeur en équipant l'armée allemande et de nombreuses armées étrangères durant les deux guerres mondiales. Ses innovations, en particulier le mécanisme de culasse du fusil Gewehr 98, ont eu un impact durable sur l'armement mondial, au point d'être encore utilisées de nos jours dans des fusils de chasse modernes. Cet article explore l'histoire du fusil Mauser et de ses baïonnettes associées, en mettant en lumière les différents modèles et leur évolution à travers le temps.
Les origines de Mauser et le fusil modèle 1871
L’histoire de Mauser commence à l’arsenal royal d’Oberndorf, fondé le 31 juillet 1811 par le roi Frédéric Ier de Wurtemberg. C’est dans cet atelier que les frères Wilhelm et Paul Mauser travaillent au milieu du XIXe siècle comme armuriers et mettent au point un nouveau fusil à répétition à culasse rotative dès 1867. Leur prototype s’inspire du fusil français Chassepot, qui avait montré sa supériorité lors de la guerre de 1870.
Le Gewehr Modell 1871 (fusil Mauser 1871) est ainsi adopté par la nouvelle armée allemande unifiée, supplantant la concurrence et marquant le début du succès pour Mauser. La baïonnette modèle 1871 s'adapte sur le Mauser 1871. C'est une baïonnette avec une poignée en laiton et ressort de bouton poussoir extérieur. La croisière est en acier avec douille et quillon tandis que la lame est assez longue et possède une gouttière ronde. Ce modèle existe à lame à dents de scie. Le fourreau est en cuir avec des garnitures en laiton, on peut aussi le trouver tout en acier.
L'expansion internationale et les modèles des années 1880 et 1890
Fort de ce premier contrat national, Mauser se tourne aussi rapidement vers l’exportation. Les premières commandes étrangères arrivent dans les années 1880-1890 avec, par exemple, le fusil Mauser 1889 pour la Belgique, le Mauser 1890 pour l’Empire ottoman et le Mauser 1891 pour l’Argentine. Le Mauser modèle 1893, adopté par l’Espagne (calibre 7×57 mm), rencontre un succès international en étant également choisi par de nombreux pays d’Amérique latine.
Lors de la guerre hispano-américaine de 1898, les troupes espagnoles équipées de fusils Mauser 1893 infligent de lourdes pertes aux forces américaines, notamment à la bataille de San Juan où 750 soldats espagnols tinrent tête à 15 000 Américains pendant plus de 12 heures. Cet événement incite les États-Unis à adopter à leur tour le système de culasse Mauser pour leur fusil Springfield M1903, moyennant le paiement de royalties à l’entreprise allemande.
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À la fin du XIXe siècle, Mauser devient l’un des plus grands noms de l’armement : la Turquie, le Brésil, le Mexique, le Chili, l’Uruguay, la Chine, l’Iran, la Serbie ou encore la Suède figurent parmi les nombreux pays ayant adopté des variantes du fusil Mauser à cette époque.
Le Gewehr 98 et la Première Guerre mondiale
Paul Mauser, l’ingénieur en chef et cofondateur, décède en mai 1914 peu avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Le conflit entraîne une explosion de la demande pour les fusils Mauser : le Gewehr 98 équipe massivement les troupes allemandes, tandis que des versions carabines plus courtes sont également distribuées (Karabiner 98AZ, etc.) pour les unités de cavalerie et les Sturmtruppen (troupes d’assaut). Les usines Mauser, soutenues par d’autres arsenaux allemands, produisent des centaines de milliers de fusils pour l’effort de guerre.
Plusieurs modèles de baïonnettes étaient compatibles avec le Gewehr 98, notamment les modèles 84/98 et S98. La baïonnette 84/98 1er type peut s’adapter sur le G98 ou la Kar 98. Il existe 2 types de lame, l‘une avec gouttières carrées longue et l’autre avec gouttières carré courte. Les poignées de cette baïonnette ne sont pas munies de pare-flamme et la croisière possède un quillon. Le fourreau quant à lui est en cuir et acier. La baïonnette 84/98 2ème type peut s’adapter sur le G98 ou la Kar 98. Ce nouveau modèle de 84/98 apparaît en 1915. Il est doté de lame à gouttières rondes qui existe en version standard mais également à dents de scie. 3 ou 4 fabricants ont utilisé des lames à gouttières carrées comme celles montées sur les 84/98 1er type mais ces dernières n’ont pu en aucun cas arborées des dents de scies. La baïonnette S98 peut s’adapter sur le fusil G98 ou la Kar 98. Il existe 2 types pour ce modèle. Le 1er type a une poignée munie d’une plaquette en bois monobloc enveloppante et le 2ème type a une poignée munie de 2 plaquettes en bois sans pare-flamme. La croisière de cette baïonnette ne possède pas de douille pour les 2 types tandis que sa lame est très longue et est munie d‘une gouttière. Ces 2 modèles existent avec lame à dents de scie.
L'entre-deux-guerres et le Karabiner 98k
Après la défaite de 1918, le traité de Versailles impose de fortes restrictions à l’industrie allemande de l’armement. Mauser n’a plus le droit de produire des armes militaires en grande quantité. Durant les années 1920, l’entreprise survit en se consacrant partiellement à la fabrication de produits civils et d’outillage de précision (par exemple des instruments de mesure comme des micromètres). Néanmoins, Mauser continue à concevoir des armes et à honorer certains contrats étrangers en contournant les limitations du traité via des filiales ou des partenariats à l’étranger.
Avec la montée en puissance du régime nazi et le réarmement de l’Allemagne dans les années 1930, Mauser retrouve une place centrale. Le fusil Karabiner 98k, version raccourcie du Gewehr 98, est adopté en 1935 comme arme de base de la Wehrmacht.
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La Seconde Guerre mondiale et la production massive
Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate en 1939, l’usine d’Oberndorf tourne à plein régime pour équiper les forces allemandes. Mauser produit non seulement des millions de fusils 98k, mais également d’autres armes : le pistolet semi-automatique Mauser HSc en calibre 7,65 mm (destiné aux officiers et à la police), des fusils mitrailleurs et des canons automatiques pour l’aviation (par exemple le canon de 20 mm MG 151/20). L’importance stratégique de Mauser pour l’effort de guerre allemand est telle qu’Adolf Hitler en personne exige une production massive : il ordonne que la ville d’Oberndorf fournisse 70 000 fusils Mauser par mois, objectif atteint en ayant recours à environ 5 000 travailleurs forcés venus de toute l’Europe. L’usine Mauser devient ainsi un pilier de la machine de guerre nazie, au point d’être une cible pour les Alliés.
Le Karabiner 98k était principalement utilisé avec la baïonnette 84/98 3ème type. Cette dernière possède une poignée avec pare-flamme et une lame à gouttières rondes. Ce modèle fait son apparition en 1934. Cette baïonnette va garder la même forme tout au long de la guerre avec comme seules variations le matériau des plaquettes utilisé et le degré de finition (de plus en plus mauvais au fur et à mesure de l’avancement de la guerre). A savoir également que de 1934 à 1937, les plaquettes sont en bois, de 1937 à 1941 les plaquettes sont en bakélite et après 1941 il y a alternance de plaquettes bois et bakélite en fonction des différents fabricants. Pour ce qui concerne les marquages, les codes « S » sont employés de 1934 à 1937, de 1937 à 1940 le nom du fabricant est inscrit en toute lettres et en 1940 jusqu’à la fin de la guerre le nom du fabricant est codé sous forme de code à 1,2 et 3 lettres. Les plaquettes sont maintenus par des vis et écrous. En 1944 et 1945 certains fabricants délaissent la visserie pour la remplacer par des rivets pour une fabrication simplifiée. Le fourreau de cette baïonnette est métallique.
Après-guerre : restructuration et diversification
Après la capitulation allemande de 1945, la ville d’Oberndorf se retrouve en zone d’occupation française. Les installations de Mauser sont en partie démantelées sur ordre des autorités françaises : une grande partie des machines-outils est saisie au titre des réparations de guerre et les archives de l’entreprise sont détruites. Dans ce contexte, trois anciens ingénieurs de Mauser - Edmund Heckler, Theodor Koch et Alex Seidel - récupèrent clandestinement certains équipements restants et fondent dès 1949 une nouvelle société d’armement : Heckler & Koch.
Quant à Mauser, l’entreprise elle-même renaît après-guerre sous une forme réduite. Dans les années 1950, Mauser se concentre sur la fabrication de fusils de chasse et de carabines de tir sportif, le marché militaire lui étant fermé par les Alliés au début. La société est officiellement reconstituée dans les années 1950 et présente de nouveaux fusils de chasse dans les décennies suivantes (par ex. le modèle Mauser 66 en 1965, un fusil à verrou à armement linéaire innovant).
À la fin du XXe siècle, Mauser subit d’importantes restructurations. En 1994-1995, la division armement de Mauser est rachetée par le groupe allemand Rheinmetall AG, connu pour ses canons automatiques et munitions. L’entité est rebaptisée Mauser-Werke Oberndorf Waffensysteme GmbH et intègre le giron de Rheinmetall. Parallèlement, en 1999, la branche produisant des fusils civils (chasse et tir) est séparée du reste et devient Mauser Jagdwaffen GmbH. Cette dernière est cédée au groupe Lüke & Ortmeier (maison-mère de SIG Sauer, Blaser, etc.), et continue de fabriquer des armes de chasse sous la marque Mauser.
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Les modèles emblématiques de Mauser
Au cours de son histoire, Mauser a conçu et produit de nombreuses armes devenues légendaires. Les plus notables sont ses fusils à verrou de la famille Mauser 98 - qui ont défini le standard du fusil militaire au XXe siècle - ainsi que certains pistolets révolutionnaires pour leur époque.
Karabiner 98k
Principal fusil d’infanterie allemand pendant la Seconde Guerre mondiale, ce fusil à répétition à verrou de calibre 7,92 mm dérive directement du Gewehr 98 adopté par l’armée impériale en 1898. Le Gewehr 98 original mesurait 1,25 m avec un canon long, tandis que le Karabiner 98k est une version plus courte (barreled 600 mm) adoptée en 1935 comme standard par la Wehrmacht. Alimenté par un chargeur interne de 5 cartouches, il était robuste, précis et fiable. Environ 14,6 millions de Karabiner 98k ont été produits de 1934 à 1945, faisant de lui l’un des fusils militaires les plus fabriqués de l’histoire. Bien que la Wehrmacht ait introduit en fin de guerre quelques fusils semi-automatiques, le 98k est resté l’arme individuelle principale du soldat allemand jusqu’en 1945. Des millions de Mauser 98k capturés ont ensuite été redistribués après-guerre - par exemple par l’URSS à des mouvements alliés - si bien qu’on retrouva ce fusil dans de nombreux conflits de la seconde moitié du XXe siècle.
Mauser C96
Le Mauser C96 est un pistolet semi-automatique introduit en 1896, à une époque où les armes de poing étaient encore majoritairement des revolvers. Conçu par les frères Feederle au sein de Mauser, ce pistolet présente une silhouette unique : chargeur interne de 10 coups placé en avant du pontet, canon long (environ 15 cm sur les versions standard) et une crosse en bois détachable pouvant servir d’étui holster. Sa poignée profilée lui a valu le surnom de « Broomhandle » (« manche à balai ») dans les pays anglo-saxons. Chambré à l’origine pour la munition 7,63×25 mm Mauser, particulièrement puissante, il offrait une portée et une pénétration supérieures à la plupart des pistolets contemporains. Le C96 a connu un grand succès tant militaire que civil : utilisé par certains officiers allemands durant la Grande Guerre, il a surtout été exporté massivement - par Mauser ou via des copies sous licence - vers des pays comme la Chine (où il fut surnommé « boîte à canon » en raison de sa forme) et l’Empire ottoman. Des variantes select-fire à rafale (M712 « Schnellfeuer ») ont même existé dans les années 1930. Au total, Mauser a produit environ 1 million de pistolets C96, sans compter les copies espagnoles et chinoises.
Autres armes marquantes
Outre le fusil 98 et le C96, Mauser a développé d’autres armes marquantes. Le Tankgewehr M1918 a déjà été mentionné comme le premier fusil antichar de l’Histoire, capable de tirer une munition de 13 mm perforante pour tenter d’arrêter les chars alliés en 1918. Dans les années 1930-40, Mauser a produit des canons automatiques, dont le MG 151/20 (un canon de 20 mm) qui a armé de nombreux avions de la Luftwaffe durant la Seconde Guerre mondiale. Côté armes de poing, le Mauser HSc est un pistolet compact en calibre 7,65 mm, introduit en 1940 et utilisé par la Kriegsmarine et la police allemande. Bien qu’il soit moins connu que le Luger P08 (fabriqué à la même époque par Mauser pour le compte de DWM), le HSc illustre la capacité de Mauser à produire des armes modernes jusqu’à la fin du conflit.
Sites de production et exportations
Historiquement, l’essentiel de la production Mauser s’est déroulé à l’usine d’Oberndorf am Neckar en Allemagne. Durant la Première et la Seconde Guerre mondiale, cette ville-usine vivait quasiment au rythme de Mauser, mobilisant jusqu’à 11 000 ouvriers au plus fort de l’activité industrielle. Mauser n’avait pas d’usines à l’étranger lui appartenant en propre, mais l’entreprise a souvent construit des chaînes de production sous licence dans d’autres pays. Par exemple, avant 1914, Mauser a aidé à établir des manufactures d’armes en Suède et dans l’Empire ottoman pour produire localement des fusils Mauser commandés par ces États.
Dès la fin du XIXe siècle, Mauser a fortement misé sur l’exportation d’armes militaires. Les fusils à verrou Mauser, grâce à leur fiabilité et leurs performances, ont été adoptés par des dizaines de pays sur tous les continents, soit par des ventes directes, soit via des licences de fabrication. On retrouvait des fusils Mauser dans les armées d’Europe (Allemagne, bien sûr, mais aussi Belgique, Espagne, Suède, Turquie, Serbie, etc.), d’Asie (Chine, Empire ottoman, Iran…), d’Afrique (l’Afrique du Sud des Boers en fit usage lors des guerres anglo-boers) et d’Amérique latine (Mexique, Chili, Argentine, Brésil, etc.). Cette diffusion a fait de Mauser un standard international : par exemple, le 7×57 mm Mauser, parfois appelé « 7 mm espagnol », est devenu une munition militaire courante dans de nombreux pays non alignés sur les puissances anglo-saxonnes.
Après la Seconde Guerre mondiale, les exportations directes d’armes Mauser depuis l’Allemagne de l’Ouest ont cessé (du fait de l’interdiction d’armement jusqu’en 1950, puis de la concurrence de H&K pour les armes militaires). Néanmoins, les armes Mauser existantes ont continué à circuler dans le monde : beaucoup de pays en développement ont utilisé des surplus de Kar98k ou de dérivés locaux jusque dans les années 1960-1970. Sur le marché civil, Mauser a exporté ses carabines de chasse (telles que les modèles 66, 77, puis M03, M12…) auprès des chasseurs du monde entier.
Mauser et les conflits
Mauser a été un atout stratégique pour l’Allemagne lors des deux guerres mondiales, fournissant l’armement individuel standard du soldat. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’usine Mauser était intégrée dans le complexe militaro-industriel du Troisième Reich, avec une production sous contrainte (objectifs imposés par Hitler) et le recours au travail forcé. Cette implication totale dans l’effort de guerre a fait de Mauser une cible pour les Alliés, et sa destruction en 1945 symbolise l’écroulement de la puissance industrielle allemande.
À l’inverse, la renaissance partielle de Mauser après-guerre, via H&K pour les armes légères et via l’intégration à Rheinmetall pour les canons, reflète la volonté de l’Allemagne de l’Ouest de reconstituer une industrie de défense sous contrôle démocratique.
Réglementations et contrôle des armements
L’histoire de Mauser a aussi été marquée par les régulations internationales de l’armement. Le traité de Versailles (1919) a quasiment mis fin, pendant une décennie, à la production d’armes militaires par Mauser - poussant la firme vers des activités civiles jusqu’à ce que ces restrictions soient abolies de facto par le réarmement clandestin nazi. De même, après 1945, l’interdiction de toute activité d’armement en Allemagne a duré jusqu’en 1950, forçant Mauser à se reconvertir temporairement.
Par la suite, la RFA a mis en place un cadre légal strict (loi de contrôle des armes de guerre) pour encadrer la production et l’exportation d’armes. Aujourd’hui, l’Allemagne figure parmi les plus grands exportateurs d’armes au monde (3e rang en valeur en 2010), mais ses entreprises doivent respecter des réglementations drastiques. Des scandales éclatent parfois lorsque ces règles sont contournées (ventes illégales vers des zones interdites, etc.), ce qui montre que la diplomatie et l’éthique pèsent sur le commerce des armes.
Du temps de Mauser, des enjeux diplomatiques existaient déjà : l’Empire allemand voyait d’un bon œil l’exportation de fusils Mauser vers des pays amis (Empire ottoman, Chine impériale), tandis qu’au contraire les brevets Mauser ont été au centre de frictions (exigeant des redevances, comme ce fut le cas avec les États-Unis pour le Springfield 1903).
Les baïonnettes : une arme complémentaire
Une baïonnette est une arme blanche conçue pour s'adapter au canon d'un fusil ou d'une arme similaire et est destinée au combat rapproché. Apparue dès le XVIIe siècle, elle est toujours utilisée de nos jours mais s’est vue métamorphoser. Il existe des milliers de types de cette arme blanche et presque chaque armée du monde a son, voir ses propre(s) modèle(s) de baïonnette(s).
La convention de Genève a interdit l'usage des modèles triangulaires, cruciformes ou dentelées lors de conflit armé mais cela n’en a pas empêché leur fabrication ou même leur utilisation durant les conflits que les pays du monde ont connus. Cette interdiction n'est pas innocente puisqu'en effet, les blessures qu’entraînent ces modèles de baïonnettes, considérées souvent comme inhumaines, cicatrisent difficilement.
Les principaux modèles de baïonnettes
La baïonnette modèle 1871 : Elle s’adapte sur le fusil Mauser 1871. C’est une baïonnette avec une poignée en laiton et un ressort de bouton-poussoir extérieur. La croisière est en acier avec douille et quillon tandis que la lame est assez longue et possède une gouttière ronde. Ce modèle existe à lame à dents de scie. Le fourreau est en cuir avec des garnitures en laiton, on peut aussi le trouver tout en acier.
La baïonnette 71/84 : Elle s’adapte au fusil Mauser 71/84. Sa poignée possède deux plaquettes en bois, n’a pas de pare-flamme et sa croisière est dotée d’une douille. Cette baïonnette existe avec deux types de lame : une lame à gouttières carrées longues (presque jusqu’au bout de la lame) et une lame à gouttières carrées plus courtes. Elle existe aussi en version avec lame à dents de scie mais uniquement pour la version avec gouttières longues. Un modèle précoce présente une lame de ressort sur le côté droit de la poignée. Le fourreau est en cuir et acier.
La baïonnette 84/98 1er type : Elle peut s’adapter sur le fusil G 98 ou la carabine Kar 98. Il existe deux types de lame, l‘une avec gouttières carrées longues et l’autre avec gouttières carrées courtes. Les poignées de cette baïonnette ne sont pas munies de pare-flamme et la croisière possède un quillon. Le fourreau quant à lui est en cuir et acier.
La baïonnette 84/98 2ème type : Ce modèle, compatible avec le G 98 ou la Kar 98, apparaît en 1915. Il est doté d’une lame à gouttières rondes qui existe en version standard mais également à dents de scie. Certains exemplaires du début 1915 ne comportent pas de pare-flamme alors qu’il est monté d’origine sur tout le reste de la production. À partir du début 1918, le haut commandement allemand ordonne le meulage des dents de scie pour les troupes sur la ligne de front. On peut ainsi trouver ce modèle avec une lame à scie meulée. Le fourreau de la baïonnette 84/98 2ème type est métallique.
La baïonnette 84/98 3ème type : Adaptable sur le K 98, ce modèle fait son apparition en 1934. Cette baïonnette possède une poignée avec pare-flamme et une lame à gouttières rondes. Elle va garder la même forme tout au long de la Seconde Guerre mondiale avec comme seules variations le matériau des plaquettes utilisé et le degré de finition, de plus en plus sommaire au fur et à mesure de l’avancement de la guerre. Concernant les matériaux, de 1934 à 1937, les plaquettes sont en bois, puis en bakélite de 1937 à 1941. Après 1941, on observe une alternance de plaquettes en bois et en bakélite en fonction des différents fabricants. Pour les marquages, les codes « S » sont employés de 1934 à 1937. De 1937 à 1940, le nom du fabricant est inscrit en toutes lettres, puis codé sous forme de code à une, deux ou trois lettres jusqu’à la fin de la guerre. Les plaquettes sont maintenues par des vis et écrous. En 1944 et 1945, certains fabricants délaissent la visserie pour la remplacer par des rivets pour une fabrication simplifiée. Le fourreau de cette baïonnette est métallique.
La baïonnette S 98 : Elle peut s’adapter sur le fusil G 98 ou la Kar 98. Le premier type a une poignée munie d’une plaquette en bois monobloc enveloppante et le deuxième type a une poignée avec deux plaquettes en bois, sans pare-flamme. La croisière de cette baïonnette ne possède pas de douille pour les deux types tandis que sa lame est très longue et munie d‘une gouttière. Ces deux modèles existent avec une lame à dents de scie. Les fourreaux peuvent être en cuir et acier ou entièrement en acier.
La baïonnette KS 98 : C’est un modèle très particulier avec un pommeau en forme de tête d’aigle. Il est entièrement en acier et composé de deux plaquettes qui peuvent être en cuir compressé quadrillé, en bois lisse ou en corne striée. La lame comporte deux gouttières rondes avec une scie d’origine et n’existe que dans cette configuration. On peut rencontrer des lames à scie meulée mais jamais de lames standard. Le KS 98 comporte des poinçons sur le pommeau et des marquages sur le dos de la lame. Son fourreau est métallique.
La baïonnette 98/05 : Elle s’adapte sur le G 98 et la Kar 98. La première variante possède une poignée sans pare-flamme avec deux plaquettes en bois et une croisière comportant un quillon et deux embryons de douille très saillants. Ce modèle est muni d’une grosse lame à gouttières rondes qui s’élargit vers la pointe, qui peut être de type standard, à dents de scie ou à dents de scie meulées. Son fourreau est en cuir et acier. La deuxième version apparaît dès le début de l’année 1915. Elle possède deux plaquettes en bois ainsi qu’un pare-flamme. Sa croisière comporte un quillon et des embryons de douilles beaucoup moins saillants que pour le premier type. Sa lame est identique à la première version et son fourreau est entièrement en acier.
La baïonnette S 14 : Elle est munie d’une poignée avec deux plaquettes et, dans la majeure partie des cas, sans pare-flamme. La lame est à gouttières rondes, hormis pour un fabricant qui a utilisé une lame à gouttières carrées. Ce modèle existe aussi avec une lame à scie et à scie meulée. Il existe également un modèle avec douille pour montage sur le fusil G 88. Le fourreau de la baïonnette S14 est métallique.
La baïonnette S 14 de type Gottscho : Elle peut s’adapter sur le G 98 ou la Kar 98. Son nom vient du fait qu’elle a été fabriquée par la firme du Dr Lucian GOTTSCHO. Cette baïonnette possède une poignée avec une seule plaquette monobloc sans pare-flamme, maintenue par deux vis. De plus, la croisière comporte un quillon et la lame est à gouttières rondes, mais peut exister également à dents de scie. Le fourreau de cette dernière est métallique.
Les baïonnettes ersatz : La guerre perdurant, le besoin de matériel devient de plus en plus important. Ainsi, dès 1915, les Allemands décident de fabriquer des baïonnettes simplifiées en plus de la production normale. Ces dernières, appelées baïonnettes ersatz, doivent être de conception simple pour une fabrication rapide et peu coûteuse. Leur fabrication, en plus des usines spécialisées, sera faite par des petites unités de production initialement destinées à la fabrication de matériel agricole par exemple. Il existe une multitude de variantes de ce genre de baïonnettes, tout comme pour leurs fourreaux.
Les modèles dits de « sortie » : Les plus courants sont ceux de type KS 98, c’est-à-dire une poignée avec pommeau en forme de tête d’aigle, des plaquettes en cuir compressé quadrillé, bois quadrillé ou matériaux composites quadrillés pour la période de la Seconde Guerre mondiale. La croisière est avec quillon et les lames, de différentes tailles, sont standards ou à scie. Pour les modèles de la Première Guerre mondiale, elles sont principalement en acier poli ou nickelé. Durant la Seconde Guerre mondiale, elles sont surtout en alliage léger et nickelé. On trouve aussi des baïonnettes dotées de plaquettes en corne non quadrillées. Toutes ces baïonnettes sont dépourvues de poinçon de contrôle, bien que le nom du fabricant soit généralement marqué sur le talon de la lame.
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