Le Fusil Mitrailleur de l'Armée Française dans les Années 1980 : Évolution et Modernisation

L'armée française, forte de sa longue tradition militaire, a constamment cherché à moderniser son arsenal pour répondre aux défis opérationnels en constante évolution. Dans les années 1980, cette quête de modernisation s'est particulièrement concentrée sur le remplacement des armes individuelles vieillissantes, notamment les fusils à répétition MAS 36 et 51, ainsi que le fusil semi-automatique MAS 49/56. Ces armes, bien que de bonne valeur, atteignaient leurs limites d'usure et utilisaient le calibre 7,5 mm, considéré comme dépassé par rapport au calibre 7,62 mm adopté par les alliés de l'OTAN.

Le Choix du Calibre 5,56 mm et le Fusil MAS 5,56 (FAMAS)

Après de nombreux essais, le calibre 5,56 mm a été retenu, notamment en raison de la disponibilité de munitions fabriquées en série aux États-Unis pour l'arme individuelle des Marines engagés au Vietnam. Ce calibre offrait un excellent rapport puissance/poids, un critère essentiel pour une arme individuelle moderne.

Le Fusil d'Assaut de la Manufacture d'Armes de Saint-Étienne (FAMAS) a été conçu pour répondre à ce besoin de modernisation. Le 6 novembre, le général Lagarde, Chef d’état-major de l’Armée de terre (Cémat), a remis les premiers exemplaires du fusil d’assaut MAS 5,56 (Famas) à l’École nationale des sous-officiers d’active. En 1980, plus de 30 000 autres Famas seront livrés aux unités. Le Famas 5,56 est destiné à remplacer tout à la fois le fusil FSA MAS 49/56, le pistolet-mitrailleur MAT 49 et le fusil-mitrailleur AA 52.

Le FAMAS se distinguait par plusieurs caractéristiques innovantes :

  • Mécanisme à levier amplificateur d’inertie : Il fonctionne par action directe des gaz sur la culasse par l’intermédiaire du culot de l’étui.
  • Utilisation ambidextre : Il est utilisable indifféremment par un tireur gaucher ou droitier après adaptation du sens de l’éjection.
  • Alimentation par boîtes chargeurs : Cette considération fondamentale a donné à l’arme son aspect original.
  • Ergonomie Bullpup : Le levier d’armement est situé au-dessus pour permettre au gaucher comme au droitier d’armer le fusil sans difficulté avec des mouvements simples et naturels.
  • Hausse de combat : La hausse de combat est valable jusqu’à 300 mètres, compte tenu de la trajectoire très tendue de la munition à vitesse initiale très élevée.

Cette silhouette particulière lui a valu le surnom de « clairon ».

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Les Essais et l'Adoption du FAMAS

Avant son adoption massive, le FAMAS a subi des essais rigoureux pour vérifier sa fiabilité et ses performances dans des conditions extrêmes. En 1974, 21 armes ont tiré 80 000 cartouches et 2 300 grenades. En 1976, les essais constructeur ont porté sur 6 armes qui ont tiré 55 000 cartouches de fabrication française et 1 600 grenades. L’expérimentation portant sur l’utilisation pratique est en cours depuis mai 1976 sous la direction de la Section technique de l’Armée de terre (STAT). Le fusil a été essayé dans les conditions les plus extrêmes, que les installations de l’ETBS permettent de reproduire : chaleur + 75°, froid -51°, givre, pluie tropicale prolongée, eau salée, sable, absence de graissage, chocs répétés, encrassement prolongé, boue épaisse (5 kg d’argile sèche dans 10 litres d’eau).

La loi de programmation a prévu la commande de 236 000 armes de 5,56 dont 148 000 seront livrées entre 1979 et 1982. Si les essais de la STAT donnent satisfaction comme on a tout lieu de l’espérer, la fabrication en série serait enfin entreprise, atteignant la cadence de 4 000 armes par mois en 1979.

Le FAMAS : Une Arme Emblématique en Fin de Cycle

Le Famas équipe les militaires français depuis les années 1970. Dès son arrivée dans les unités au début des années 1980, le FAMAS reçoit de bonnes critiques : sa munition de 5,56 × 45 mm Mle F1 est puissante, létale et précise à plus de 300 mètres ; l’ergonomie bullpup (le chargeur est placé dans la crosse de l’arme), révolutionnaire pour l’époque, se distingue par sa compacité au plus grand bonheur des troupes mécanisées ; enfin, en comparaison des armes qu’il remplace, le FAMAS est bien plus léger et pratique à porter grâce à sa poignée de transport intégrée.

Malgré sa modernisation qui s’est incarnée dans deux versions distinctes (la version valorisée et la version « félinisée »), le FAMAS reste un arme très peu évolutive. Sauf dans les deux dernières versions, il n’intègre de manière native aucun rail Picatinny, un standard qui s’est imposé depuis des années déjà sur la quasi-totalité des armes d’infanterie modernes et qui permet l’installation d’optiques de visée diurne/nocturne et d’accessoires divers (laser infrarouge, lampe, lance-grenades …). De plus, le FAMAS a plusieurs autres défauts irréversibles et rédhibitoires : la mécanique est peu tolérante, réclame un entretien régulier et très soigné et est irréparable si endommagée sur le terrain. Le FAMAS est aussi très lourd, que ce soit à vide ou chargé, tandis que ses chargeurs sont fragiles, non compatibles avec les chargeurs OTAN de type M16 et ne peuvent contenir que 25 cartouches maximum. En plus, le pas du canon du FAMAS F1 (c’est-à-dire les rayures internes) et la force du recul de la culasse empêchent l’arme de tirer les mêmes cartouches de 5,56 × 45 mm que nos alliés de l’OTAN. Si nous fabriquions encore nos cartouches Mle F1 à étui en acier jusqu’en 1999, la disparition de notre industrie munitionnaire de petit calibre nous oblige désormais à les acheter à l’étranger. Rajoutons à tout cela que l’arme est désormais âgée et donc usée, les FAMAS français ayant en moyenne 25 ans.

Le Remplacement du FAMAS par le HK416F

Un appel d'offres pour renouveler les fusil d'assaut a été remporté par le groupement allemand Heckler et Koch. L'armée française va remiser son Famas, le fusil d'assaut conçu au début des années 1970 et fabriqué pendant trois décennies à Saint-Etienne jusqu'à la fermeture de l'usine en 2001.

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Le 23 septembre dernier, la Direction générale pour l’Armement (DGA) du ministère de la Défense annonçait publiquement que l’arme individuelle règlementaire qui succéderait au FAMAS à partir de 2017 serait la HK416F, fabriquée par la firme allemande Heckler & Koch. Le fusil d'assaut HK 416, fabriqué en Allemagne, remplacera le Famas. "Ce fusil, au calibre Otan de 5,56 mm, possède la capacité de tirer les grenades à fusil et peut recevoir un lance-grenades de 40 mm pour augmenter sa puissance de feu", précise la DGA.

Les Détails du Contrat

Le remplacement du FAMAS est envisagé depuis quelques années déjà. La question se posait ainsi dès les débuts du programme d’infanterie du futur FELIN, au milieu de la décennie 2000, avant qu’il ne soit décidé de moderniser et « féliniser » un certain nombre de FAMAS existants. En mai 2014, la DGA lançait un appel d’offres européen pour trouver un successeur officiel au FAMAS, sous le nom d’Arme individuelle future (AIF). L’objectif affiché était alors d’acheter 90.000 fusils d’assaut sur étagère. Finalement, à cause des attentats de janvier 2015 et du choix politique intrinsèque d’augmenter la taille de la Force opérationnelle terrestre (FOT) de 66.000 à 77.000 hommes, l’objectif d’acquisition fut augmenté à 101.000 puis 102.000 armes.

A l’issue de l’appel d’offres, ce sont finalement cinq finalistes qui furent ultimement retenus par la DGA : la SCAR-L de la FN Herstal (Belgique), l’HK416A5 d’Heckler & Koch (Allemagne), l’ARX-160 de Beretta (Italie), le MCX de Swiss Arms (Suisse) et le VHS2 d’HS Produkt (Croatie). Après plusieurs mois de tests intensifs conduits par la Section technique de l’Armée de Terre (STAT) dans toutes les conditions possibles et imaginables, c’est finalement l’HK416A5 qui fut déclarée vainqueur et chargée de remplacer le FAMAS au cours de la prochaine décennie.

Apparemment, le modèle de Heckler & Koch a largement répondu aux exigences de la DGA et des forces armées en tant qu'utilisatrices, voire même les a surpassés. La première étant notamment que l’AIF doit être « félinisable », et donc pouvoir être intégrée sans modifications majeures dans le système FELIN.

Le 22 septembre dernier, le contrat d’une valeur totale de 168 millions d’euros est finalement notifié à Heckler & Koch. Sur une période de quinze années, la firme d’Oberndorf devra livrer 51.000 HK416F-S (pour « Standard », soit un canon de 14,5 pouces/36,8 cm), 51.000 HK416F-C (« Court », soit un canon de 11,5 pouces/26,4 cm), 10.767 lance-grenades HK269F de 40 mm et les accessoires adéquats. Le contrat inclut également la fourniture de près de 38 millions de cartouches d’exercice de 5,56 × 45 mm, 51.000 grenades anti-personnelles et anti-véhicules, au moins 28.000 grenades d’exercice et 13.000 grenades fumigènes. Toutes ces grenades sont au calibre 40 × 46 mm. Enfin, sont inclus dans le contrat la totalité des services de soutien (pièces détachées, documentation techniques, qualification, soutien initial et formation des utilisateurs) pour l’instruction et l’entretien des fusils.

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D’après les informations disponibles aujourd’hui, il n’est pas possible de connaître les modalités concrètes de remplacement des quelque 284.000 FAMAS possédés par la France. Tout ce que l’on sait, c’est que les livraisons commenceront en 2017 et s’échelonneront jusqu’en 2032. Le rythme de livraison serait d’environ 6.800 fusils et 700 lance-grenades par an. La priorité est avant tout de remplacer les FAMAS des unités engagées en opérations extérieures. La Force opérationnelle terrestre de l’Armée de Terre devrait ainsi bénéficier de la majeure partie des livraisons, tandis que le reste sera dévolu à l’Armée de l’Air et à la Marine Nationale. De fait, il est très probable que les FAMAS félinisés et revalorisées, eux très récents, soient progressivement transférés aux unités hors de la Force opérationnelle terrestre une fois l’HK416F félinisée. Les FAMAS F1 les plus récents (produits dans les années 1990) pourraient vraisemblablement être attribués aux unités de réserve. Quant au sort des FAMAS les plus anciens, il est fort probable qu’ils soient cédés gratuitement ou non en lots à des pays étrangers, notamment africains, auxquels nous sommes liés par des accords d’assistance militaire, mis sous cocon dans nos arsenaux, adaptés et vendus en petites quantités sur le marché civil, ou encore purement et simplement détruits.

Le HK416F : Une Arme Moderne et Polyvalente

Au contraire du FAMAS qui affichera 38 ans de service l’année prochaine, l’HK416 est une arme beaucoup plus récente, qui a été conçue au début des années 2000 pour les forces spéciales occidentales. Elle équipe depuis des années des unités d’élite chez nous, aussi bien les forces spéciales que des unités d’intervention (GIGN, RAID, BRI …).

Il s’agit donc d’une arme très fiable, d’un entretien relativement simple, affichant de très bonnes performances de tir et qui a déjà fait ses preuves dans des conditions des plus exigeantes. Son caractère très évolutif est également à signaler, de nombreux accessoires pouvant y être adjoints, notamment les lance-grenades, ce qui était loin d’être le cas sur le FAMAS. Le chargeur de 30 coups devient aussi interchangeable avec la plupart des armes de nos alliés otaniens. Au-delà de ces seules considérations technico-opérationnelles, le choix de l’HK416 est aussi logistiquement intéressant : les chaînes de production étant encore ouvertes, le soutien sera facilité au niveau des pièces détachées et des services associés. Tout porte donc à croire que le choix de l’HK416F sera techniquement et opérationnellement très bénéfique aux armées françaises engagées en opérations.

Le HK 416 F est un fusil reconnu pour sa fiabilité et sa sécurité accrue. Sa sécurité de percuteur lui permet également d’éviter tout départ de coup non-voulu, notamment en cas de chute, lorsque le fusil est approvisionné et armé. Le HK 416 a véritablement été pensé pour s’adapter aux besoins de chaque tireur. Plus de droitier ou de gaucher : l’arme offre une seule configuration. Englobant de nombreux accessoires (sangle ISTC, poignée de tir amovible incluant le bipied, bipied amovible…), le HK 416 F est conçu comme un système d’armes permettant d’intégrer l’ensemble des dispositifs existants, et notamment les aides à la visée. Le HK 416 est compatible avec toutes les munitions de 5,56 mm homologuées OTAN. La version standard permettra le tir de grenades à fusil en tir tendu jusqu’à 100m. Le combattant dispose d’une autonomie accrue. Le HK 416 dispose d’une crosse réglable et de talons de crosse s’adaptant à la morphologie des tireurs. Il englobe de nombreux accessoires (sangle ISTC, poignée de tir amovible incluant le bipied, bipied amovible) et est conçu comme un système d’armes permettant d’intégrer l’ensemble des dispositifs existant et notamment les aides à la visée. A cet effet, il est équipé d’un rail Picatinny supérieur d’au moins 25 crans, et de rails secondaires latéraux et inférieur permettant la fixation d’accessoires divers. Il n’y a pas de régression par rapport au FAMAS à proprement parler. Il s’agit de choix faits par les armées dans l’expression des besoins. Par exemple le tir courbe de grenades à fusil n’a pas été souhaité.

Le processus de sélection a été très rigoureux et exhaustif. Ainsi, de septembre 2015 à juillet 2016, le groupe AM4, commandé par un officier de la STAT (section technique de l’armée de Terre) a réalisé les épreuves d’évaluation interarmées du programme commun d’évaluation (PCE) de l’arme individuelle du fantassin (AIF), conjointement avec le centre d’expertise aérienne militaire (CEAM) et la force maritime des fusiliers marins et commandos (FORFUSCO). Le groupe AM4 a donc réalisé des épreuves de contrôle de la définition des systèmes, de durée de vie et de fiabilité, de précision du tir des fusils d’assaut avec visée mécanique, Eotech 552, FIL et FIR et de leur lance-grenades de 40×46 mm, de compatibilité FELIN et de soutien des candidats AIF version canon long. Renforcé par un formateur ISTC de l’école d’infanterie, il a conduit les épreuves d’ISTC et supervisé celles d’aptitude aux franchissements, au corps-à-corps adapté au combat haute intensité, au détachement d’accompagnement d’autorité (DAA) et de combat en espace confiné (PARCREC) au centre national d’entraînement commando (CNEC). A partir du chalet des Gondrans du 7ème bataillon de chasseurs alpins, il a supervisé les épreuves d’aptitude au tir, aux déplacements et franchissements en milieu montagneux hivernal. Ces évaluations ont représenté 54 jours de tirs soit plus de 190 000 5,56×45 mm (balles ordinaires et d’exercice) tirées ; les évaluations se sont concentrées de septembre 2015 à février 2016 et de juin à juillet 2016.

Il est vrai que les deux fusils coexisteront au sein de l’armée de Terre mais aussi au sein d’un régiment. Toutefois, nos soldats sont des professionnels dont l’une des forces est la capacité d’adaptation ; un soldat lors de sa formation initiale et tout au long de sa carrière apprend à manipuler plusieurs sortes d’armes (individuelles et collectives) et ce quelle que soit son arme d’appartenance. D’autre part, l’appropriation du HK 416 est vraiment très simple. Le HK 416 F est une arme simple d’utilisation et rustique ; par conséquent son appropriation par nos soldats se fera aisément.

Il va de soi que l’arrivée des HK 416 F a été anticipée ; les premières livraisons étaient à l’origine prévues en début de second semestre 2017, raison pour laquelle les nouveaux râteliers modulables seront mis en place durant cette période. Il n’est pas question de créer une armée à deux vitesses ; le fait est que compte tenu des volumes importants, il convient bien évidemment d’échelonner les livraisons dans le temps et pour ce faire, des choix sont faits en matière de déploiement. L’option retenue privilégie la fonction combattants débarqués avec effort sur l’infanterie. Pour autant dès 2017 des régiments de cavalerie, du génie, de l’artillerie mais aussi des écoles verront le début des livraisons du HK 416 F.

Le processus qui conduit à déclarer une arme opérationnelle est un processus qui s’inscrit dans la durée et obéit à des procédures établies et strictes. Après la notification du marché, la STAT conduit des expérimentations avec les unités de l’armée de Terre afin de tester l’arme dans toutes sortes de conditions. La réussite de ces expérimentations conduit la STAT à proposer à l’état-major de l’armée de Terre une autorisation d’emploi qui est in fine validée et signée par le chef d’état-major de l’armée de Terre. Cependant, en cas d’expérimentations conduisant à des réserves, l’autorisation n’est pas proposée afin que l’industriel réponde aux besoins initialement définis.

Un Remplacement Symbolique du Déclin Industriel Français

Le choix de remplacer le FAMAS par une arme fabriquée à l’étranger a été abondamment commenté dans les médias depuis l’annonce de la DGA. Nombre de commentateurs s’étonnent voire critiquent le fait que nous ne choisissions pas de concevoir et fabriquer nous-mêmes l’arme individuelle réglementaire pour équiper nos forces armées. C’est oublier qu’une stratégie industrielle se bâtit sur le temps long - ce qui n’a jamais été fait dans le domaine - et complètement se leurrer sur l’état actuel de notre industrie.

Un simple panorama du secteur suffit pour montrer que l’industrie armurière militaire française a aujourd’hui presque totalement disparu. Dans les années 1980, la filière connaissait déjà une perte de vitesse considérable. La Manufacture d’Armes de Châtellerault avait par exemple fermé ses portes depuis plus d’une décennie. Rappelons aussi que pour produire le FAMAS à partir de 1973, la Manufacture d’Armes de Saint-Etienne ne disposait déjà plus des infrastructures et équipements adaptées. La MAS dut reconstituer une unité de production complète, investir dans de nouvelles machines-outils, embaucher et former de nouveaux personnels aux spécialités des plus pointues. En conséquence de ces investissements et des salaires élevés des ouvriers d’Etat, le coût unitaire du FAMAS explosa en comparaison avec des armes similaires chez nos alliés. Depuis, la situation ne s’est pas arrangée, et les principales manufactures d’armes ont été fermées : la MAS a été fermée en 2001 avec le départ de GIAT Industries. La Manufacture d’Armes de Tulle a quant à elle été fermée dans les années 1990. Même si elle existe encore, Nexter Mechanics l’a reconvertie et y fabrique désormais des canons, notamment ceux équipant le Rafale. C’est aussi dans ces ateliers qu’est réalisée la maintenance des FAMAS. Enfin, nous ne produisons plus de munitions de petit calibre depuis la fermeture de l’atelier munitionnaire du Mans (ALM) par GIAT Industries en 1999.

En fait, le secteur industriel des armes de petit calibre (armes et munitions) en France est un secteur qui ne s’est jamais vraiment adapté au changement de paradigme géopolitique après la Guerre Froide. Aujourd’hui plus que jamais, le secteur est le siège d’une concurrence internationale exacerbée, au sein de laquelle s’affrontent un très large nombre de fabricants sur une large gamme de prix. Le marché des munitions de petit calibre est lui aussi saturé par les productions américaine, allemande, israélienne ou encore brésilienne. Nos entreprises publiques ont ainsi été prises en tenailles entre :

  • Un marché intérieur limité par la taille de notre armée et de nos forces de sécurité. Les faibles volumes impliqués (quelques dizaines de milliers d’armes), ne permettaient pas d’amortir les investissements relatifs à une production d’armes légères. L’exportation aurait pu être une solution.
  • Mais une concurrence de plus en plus rude aux niveaux européen et mondial dans le domaine des armes légères a vu la compétitivité de nos manufactures mise à mal par leur taille inférieure à celle requise pour survivre sur le marché mondial, un statut d’ouvrier d’Etat très couteux à financer ou encore des décideurs politiques et économiques peu au fait des évolutions du marché.

C’est sur ce seul facteur de rentabilité économique que se sont appuyés les décideurs politiques et les hauts fonctionnaires pour justifier le délitement progressif de notre industrie armurière militaire depuis près de quarante ans. La fabrication de munitions de petit calibre a aussi été abandonnée pour cette raison, le marché étant saturé. Nos approvisionnements en munitions dépendent ainsi désormais complètement de l’étranger, ce qui est un vrai problème dans le cas où une montée en puissance rapide de nos armées serait nécessaire. On peut alors reprocher aux décideurs politiques d’avoir oublié que le domaine de la Défense nationale ne saurait n'être qu’une question de rentabilité économique. La Défense, comme nous l’entendons avec un certain sens gaullien, relève aussi et surtout de choix politiques déterminants pour la part de souveraineté et d’indépendance stratégique que nous souhaitons conserver. Ainsi, le choix de l’HK416 est aussi à considérer comme le symptôme visible de l’abandon par les décideurs politiques de certaines filières industrielles critiques, il y a presque quatre décennies déjà. Nous payons ainsi un déficit manifeste de stratégie de la part des acteurs publics, et ces questions auraient dû être résolues en conséquence il y a longtemps déjà.

Autres Armes en Service dans l'Armée Française

Outre les fusils d'assaut, l'armée française utilise une variété d'autres armes pour répondre à ses besoins opérationnels :

  • Mitrailleuses :
    • Mitrailleuse moyenne FN MAG : Le FN MAG (Mitrailleuse d'Appui Général) est utilisé par l'armée française pour fournir un soutien feu sur le champ de bataille. En 2010, la mitrailleuse belge MAG 58 est choisie pour remplacer l’AANF1 dans l’armée de Terre. Mitrailleuse légère standard de l’armée de Terre, elle peut être utilisée selon les versions, au sol, sur trépied ou montée sur véhicule.
    • Mitrailleuse lourde Browning M2 : La Browning M2 est une mitrailleuse lourde utilisée pour des missions anti-aériennes, anti-véhicules blindés et de soutien feu lourd.
    • Mitrailleuse polyvalente HK MG4 : La HK MG4 est une mitrailleuse polyvalente utilisée par l'armée française pour des missions d'appui-feu et de défense.
    • FN Minimi (Mini-mitrailleuse) : La FN Minimi est une mitrailleuse légère conçue par la fabrique nationale de HERSTAL en Belgique (FN HERSTAL) dans les années 1970.
  • Armes de poing :
    • Pistolet semi-automatique PAMAS G1 : Conçu par la Manufacture d'Armes de Saint-Étienne (MAS), le PAMAS G1 est le pistolet réglementaire des forces armées françaises depuis les années 1970.
    • Pistolet semi-automatique HK USP : Utilisé par des unités spéciales et des forces de sécurité, le HK USP est réputé pour sa fiabilité, sa précision et sa polyvalence.
    • Revolver Manurhin MR73 : Bien que de moins en moins courant, le Manurhin MR73 reste en service dans certaines unités françaises en raison de sa précision et de sa robustesse.
    • Sig pro 2022 : équipé par plusieurs branches des forces de l'ordre françaises, notamment la police nationale, la gendarmerie, les douanes et même l'administration pénitentiaire.
    • Pistolet semi-automatique Glock-17 de 5e génération FR est robuste, fiable, léger et ergonomique.
    • Pistolet-mitrailleur FN Five-seveN : Adopté par certaines unités spécialisées, le FN Five-seveN est connu pour sa munition spéciale 5.7x28mm et sa capacité à perforer les gilets pare-balles légers.
  • Fusils de précision :
    • FR-F2 : Fabriqué par la Manufacture d'Armes de Saint-Étienne, le FR-F2 (Fusil à Répétition de Précision) est le fusil de précision standard de l'armée française depuis les années 1980. L’armée de Terre a un nouveau fusil de précision semi-automatique (FPSA), remplaçant le FRF2, en service depuis 1980.
    • FR-F1 : Prédécesseur du FR-F2, le FR-F1 était le fusil de précision standard de l'armée française avant son remplacement dans les années 1980.
  • Armes anti-char :
    • Missile antichar Milan : Un missile antichar filoguidé de fabrication franco-allemande, utilisé par l'armée française.
    • Missile antichar ERYX : Un missile antichar portable et polyvalent, conçu pour être utilisé par l'infanterie et les forces spéciales.
  • Autres équipements :
    • Le NEROD RF (RiFle) : Il est conçu pour brouiller les signaux radiofréquences ennemis, perturbant ainsi leurs communications et leurs systèmes électroniques. Le NEROD RF est une solution de lutte anti-drone contre la très grande majorité des drones commerciaux.
    • Le NEROD F5-5 : un brouilleur portatif directionnel anti-drones utilisé dans l'armée française.
    • Le P3TS, ou "Plug and Play Positioning and Timing System" : un système de positionnement et de synchronisation plug-and-play. Ce système offre une solution complète et facile à déployer pour la synchronisation précise des horloges et des appareils de positionnement dans diverses applications, notamment militaires et industrielles.
    • MURIN : abréviation de "Moyen de Surveillance Utilisant un Radar d'Observation des Intervalles", est un système de surveillance utilisé dans le domaine militaire.

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