L'Histoire des Fusils Réglementaires Français

L'histoire des fusils réglementaires français est marquée par une évolution constante, influencée par les avancées technologiques et les impératifs militaires. Du chargement par la bouche aux systèmes de culasse modernes, les armes françaises ont subi des transformations significatives au fil des siècles. Cet article explore cette évolution, en mettant l'accent sur les fusils Chassepot et Gras, deux modèles emblématiques du XIXe siècle.

Les Prémices du Chargement par la Culasse

Dès 1814, des travaux furent entrepris en France par le Sieur PAULY sur des armes d’épaule à chargement par la culasse. Cependant, cette innovation était prématurée pour l'époque, notamment aux yeux du "Comité de l'Artillerie". L'artillerie était considérée comme "l'arme savante" et ses ingénieurs possédaient de grandes compétences techniques. Malgré cela, le chargement par la bouche, avec des balles de gros calibre aux performances limitées, ne pouvait durer éternellement.

Plusieurs chercheurs français continuèrent d'explorer le principe du chargement par la culasse, notamment après l'adoption par l'armée prussienne en 1836 du fusil à "aiguille" de DREYSE, qui avait collaboré avec PAULY en 1814. Parmi ces chercheurs, Alphonse Antoine CHASSEPOT conçut en 1855 un système qui attira l'attention à la Manufacture de Châtellerault.

Le Fusil Chassepot : Une Révolution Technique

Le fusil Chassepot, créé par Antoine Alphonse Chassepot, armurier français, est considéré comme la première arme dite industrielle française. Il fit son entrée dans l’équipement de l’armée française dès 1866. La défaite de l’armée autrichienne, équipée de fusils à chargement par la bouche, face à l’armée prussienne dotée des fusils Dreyse à chargement par la culasse, en juillet 1866, fut un élément déclencheur. L’Empereur Napoléon III décida alors que l’armée française devait se moderniser rapidement.

La dernière version du fusil Chassepot convainquit les responsables du "Comité de l'Artillerie". Cependant, malgré la demande de l’Empereur de conserver la cartouche métallique initialement prévue, une cartouche "papier" fut adoptée, jugée moins onéreuse par l’armée, qui craignait également une pénurie de munition. Des essais comparatifs furent menés au "Camp de Châlons" dès 1866, et le Chassepot finit de prouver son efficacité. Plusieurs modèles de baïonnettes furent également testés pour accompagner l’arme. Dès mars 1867, toute la Garde Impériale fut équipée du nouveau fusil.

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L’Empereur ordonna la livraison de 400 000 armes aux troupes avant le 1er janvier 1868. Cette arme pouvait tirer jusqu'à 40 coups en 4 minutes lors des essais. Pour l’époque, et pour une arme réglementaire de ligne, c’était une belle performance. Le système d’armement fut modifié pour ralentir la cadence de tir, en revenant à un système d’armement préalable du chien avec le pouce, au lieu de l’armement automatique lors de la manœuvre du levier de culasse, car l’État-Major craignait un gaspillage des munitions. Elle pouvait tirer jusqu’à 1000 mètres, et plus. Sa munition de 11mm se révéla très précise et très meurtrière à l’usage. Elle avait une vitesse initiale de 436 m/seconde. L’arme faisait 1,30 m de longueur totale, et presque 1,88 m avec sa baïonnette, dans sa version « standard ». La hausse était graduée jusque 1200m. Elle fut déclinée en plusieurs versions, de longueurs différentes, en fonction des différentes « armes » qu’elle devait équiper : cavalerie, gendarmerie à cheval, à pied, dragons, infanterie, artillerie, etc.

Son efficacité par rapport aux armes équivalentes de l’époque (dont le DREYSE) était due entre autre à son système d’étanchéité de la culasse, obtenu par l’adjonction d’une « rondelle » de caoutchouc vulcanisé. Cette pièce, ainsi que l’aiguille « percuteur » devaient être remplacées plus ou moins régulièrement.

Caractéristiques du Fusil Chassepot

Le fusil Chassepot est le premier fusil réglementaire français à culasse mobile : le rechargement de l’arme se fait donc par l’arrière et non plus par la bouche comme on le faisait jusqu’à présent. Sa monture est réalisée d’une seule pièce, il s’agit ainsi toujours d’une arme à un coup, qui ne comprend pas de chargeur. Elle peut, par ailleurs, tirer jusqu’à quatorze coups par minute, chacun des tirs ayant une portée maximale de 1700 mètres.

Les Inconvénients du Chassepot

En revanche, le fusil Chassepot n’est pas le plus optimal dans son chargement : on ne connaît encore à cette époque que la poudre noire, qui encrasse rapidement le canon, ce à quoi s’ajoute l’utilisation de cartouches, qui nécessitent un assemblage d’une grande minutie. Cet encrassement rapide de l’arme, en partie due à l’enveloppe en carton brûlant lors du tir, limite la possibilité de tirer plus de vingt coups d’affilée. De plus, l'emploi d'une cartouche en papier (et non métallique, jugée trop onéreuse) et la fragilité de l'aiguille de percussion étaient des points faibles de l'arme.

Le Fusil Gras : Une Amélioration du Chassepot

Digne successeur du fusil Chassepot, le fusil Gras le remplace dès 1874 en tant qu’arme à feu réglementaire de l’armée française. Son concepteur, le général de division français Basile Gras, le met au point à partir du modèle Chassepot : les deux armes sont relativement similaires dans leur aspect, si ce ne sont les cinquante grammes supplémentaires du fusil Gras. Adopté par l’armée de Terre, la Garde républicaine, les sapeurs-pompiers de Paris, par l’aviation pendant la Première Guerre mondiale et certains réservistes en 1939 et 1940, le fusil Gras innove sur plusieurs points techniques.

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Les Innovations du Fusil Gras

Il est avant toute chose la première arme d’épaule de l’armée française. De plus, il règle le point faible du modèle Chassepot et propose l’utilisation de cartouches à étui métallique pour remplacer celles à enveloppe en papier. Mais il s’agit tout de même d’un fusil à un coup qui nécessite l’utilisation de poudre noire. Enfin, si le fusil Gras s’accompagne lui aussi d’une baïonnette, la lame de cette dernière est désormais droite.

En raison d’impératifs économiques, la culasse est celle du Chassepot, quelque peu modifiée. La boîte de culasse est aménagée afin de permettre le passage du levier d’armement, ainsi que le chargement et le déchargement de l’arme. La culasse mobile, quant à elle, est dite à verrou. En 1880, un dispositif est aménagé en vue de faire dévier les gaz en cas de problème au départ du coup.

La Transformation des Chassepot en Gras

Ainsi, on compte au total 892 990 fusils Chassepot transformés en modèle Gras, auxquels s’ajoutent les 1 244 502 exemplaires fabriqués dans plusieurs manufactures françaises.

L'Armement de la Gendarmerie : Une Évolution Constante

À la fin du XIXe siècle, la gendarmerie était équipée d’armes conçues au lendemain de la guerre de 1870-1871. Deux ans après la victoire des États allemands, les armées françaises se virent dotées d’un arsenal léger performant, notamment les revolvers 1873 et 1874, ainsi que l’adoption du système Gras en remplacement des Chassepots.

La gendarmerie ne reçut pas le fusil Gras, mais la version carabine, retenue sous l’appellation « 1874 Modifié 1880 ». Cette carabine était plus adaptée au service à cheval et aux affrontements de rue. La carabine des gendarmes à cheval se caractérisait par un levier d’armement coudé et aplati, ainsi que par l’emploi d’une baïonnette cruciforme à douille. L’exemplaire réservé aux gendarmes à pied était en grande partie identique à la précédente.

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En 1886, le Général Boulanger imposa un nouveau fusil réglementaire : le Lebel. Berthier travailla sur les armes Lebel et créa la carabine modèle 1890, prévue pour accueillir un chargeur de quatre cartouches. En 1892, la gendarmerie adopta la carabine de l’Artillerie.

Le Pistolet-Revolver 1892

L’arme la plus intéressante de cette série reste le pistolet-revolver 1892. En 1885, la section technique de l’Artillerie proposa de remplacer les revolvers modèles 1873 et 1874. L’attribution réelle de ce modèle eut lieu en 1907, pour l’ensemble de l’institution. Techniquement, cette arme était plutôt révolutionnaire pour son époque.

L'Après-Première Guerre Mondiale

Après la Première Guerre mondiale, une partie du personnel de l’Arme expérimenta une arme allemande : le Mauser Bolo 1912. L’inconvénient de cette arme était son encombrement et son poids. Le pistolet Ruby, issu de la Première Guerre mondiale, fut également utilisé. En 1914, l’armée française sollicita la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne (MAS) afin d’augmenter sa production d’armes de poing. La société Gabilondo et Urresti produisait alors un pistolet automatique appelé Ruby, une arme au fonctionnement simple et à l’entretien facile.

L'Entre-Deux-Guerres

Autant la gendarmerie reçut pendant l’entre-deux-guerres un nombre relativement important de PA, autant l’univers des mousquetons resta quasi inchangé. Le Berthier 1892 était toujours en service, mais en 1921, l’institution donna sa préférence au modèle 1916.

La Seconde Guerre Mondiale

En matière d’armement, la Seconde Guerre mondiale provoqua de profonds bouleversements au niveau de la dotation des unités. Durant la campagne 1939-1940, le personnel envoyé pour encadrer des corps de troupe employa les armes en dotation dans l’armée française. Après la défaite, l’Occupation entraîna une restriction drastique de l’armement des unités.

L'Après-Seconde Guerre Mondiale

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Gendarmerie nationale recensa sur ses râteliers, en plus des armes réglementaires, bon nombre de produits alliés ou ennemis, comme le pistolet-mitrailleur (PM) américain Thompson ou la mitraillette anglaise Sten. Les pistolets Luger P 08 et Walther P 38, d’origine allemande, furent également utilisés.

La Modernisation des Armes Militaires Légères au XIXe Siècle

Au XIXe siècle, la fabrication des armes militaires légères (fusils et pistolets) bénéficia des progrès de la Révolution industrielle. De 1850 à 1870, les responsables militaires et politiques ont été confrontés à un double défi : doter l’armée d’un fusil moderne et passer d’une production manuelle à une production mécanisée.

Les Premières Modernisations (1840-1866)

Après les guerres de la Révolution et de l’Empire, la modernisation de l’arme visait un triple objectif :

  • Supprimer les ratés au départ du coup en remplaçant la platine à silex par une platine à percussion.
  • Obtenir un tir précis à longue portée grâce à l’adoption du canon rayé et de balles profilées.
  • Accroître la cadence de tir en recourant au chargement par la culasse et non plus par la bouche.

Dès 1841, la Prusse dota son armée d’un fusil répondant à ces nouvelles exigences, le Dreyse. La France créa en 1837 sa première arme légère à percussion, la carabine Delvigne-Pontcharra, avant d’adopter en 1840 le système de mise à feu par percussion. En 1857, le principe du canon rayé fut retenu. Cette phase de transition technologique (1842-1866) contraignit les quatre manufactures françaises (Châtellerault, Mutzig, Saint-Étienne et Tulle) à transformer le stock existant tout en construisant des armes neuves répondant aux nouvelles normes.

L'Ère du Chassepot Modèle 1866

En 1864, le conflit prusso-danois démontra la supériorité des fusils à chargement par la culasse. La mise au point du système Chassepot débuta en 1858. La victoire de la Prusse sur l’Autriche en 1866 conduisit à adopter le système Chassepot, premier modèle réglementaire français véritablement moderne.

La Mécanisation de la Production

Normaliser la production en recourant à des machines pour assurer l’exacte reproduction des pièces était une idée ancienne. Les États-Unis y parvinrent avec le fusil modèle 1842. En France, le procédé d’Honoré Blanc, d’un coût plus élevé que la fabrication artisanale, fut abandonné. La guerre de Crimée révéla les performances accrues des fusils à canon rayé. Soucieux de modernité, le Second Empire décida en 1862 de remplacer la production artisanale des armes militaires individuelles par la fabrication mécanique, grâce à l’emploi systématique des machines-outils. De 1863 à 1868, une usine ultramoderne fut construite à Saint-Étienne, tandis que les autres manufactures (notamment Châtellerault) furent partiellement modernisées. La construction du Chassepot par voie mécanique débuta aussitôt et n’a cessé de croître jusqu’en 1870.

Difficultés et Défis de la Mécanisation

La volonté de mécanisation s'est heurtée à des difficultés conceptuelles. De plus, le poids des préoccupations sociales, en d’autres termes, des dégâts humains susceptibles d’être occasionnés par le passage d’un système artisanal à un système mécanisé, était une préoccupation pour les responsables.

Les Fusils Modernes de l'Armée de Terre

Aujourd'hui, l’armée de Terre dispose de plusieurs types d'armes modernes, chacune ayant un rôle spécifique :

  • Le Fusil de Précision Semi-Automatique (FPSA) remplace le FRF2, en service depuis 1980.
  • Le pistolet semi-automatique Glock-17 de 5e génération FR est robuste, fiable, léger et ergonomique.
  • Le NEROD RF est une solution de lutte anti-drone contre la très grande majorité des drones commerciaux.
  • La mitrailleuse belge MAG 58 a été choisie en 2010 pour remplacer l’AANF1.
  • La FN Minimi est une mitrailleuse légère conçue par la fabrique nationale de HERSTAL en Belgique (FN HERSTAL) dans les années 1970.

Le HK 416 F : Un Fusil Moderne et Adaptable

Le HK 416 F est un fusil au calibre Otan 5,56 mm, disposant d’une crosse réglable et de talons de crosse permettant de s’adapter à la morphologie de chaque tireur. Il équipe toutes les unités de l’armée de Terre et est compatible avec toutes les munitions de 5,56 mm homologuées Otan. Il s’agit d’un fusil reconnu pour sa fiabilité et sa sécurité accrue. Sa sécurité de percuteur lui permet également d’éviter tout départ de coup non-voulu, notamment en cas de chute, lorsque le fusil est approvisionné et armé. Le HK 416 F est conçu comme un système d’armes permettant d’intégrer l’ensemble des dispositifs existants, et notamment les aides à la visée. Le combattant dispose d’une autonomie accrue, étant muni de 10 chargeurs de 30 cartouches. La version standard permet le tir de grenades à fusil en tir tendu jusqu’à 100m.

Tableau Comparatif des Fusils

FusilCalibreCaractéristiques principales
HK 416 F5,56 mm OTANCrosse réglable, rail Picatinny, compatible avec les munitions OTAN
FAMAS5,56 mm OTANFusil d'assaut standard de l'armée française (en remplacement)
FRF27,62 mmFusil de précision (remplacé)

Le Processus de Sélection du HK 416 F

Le processus de sélection a été très rigoureux et exhaustif. De septembre 2015 à juillet 2016, le groupe AM4 a réalisé les épreuves d’évaluation interarmées du programme commun d’évaluation (PCE) de l’arme individuelle du fantassin (AIF), conjointement avec le centre d’expertise aérienne militaire (CEAM) et la force maritime des fusiliers marins et commandos (FORFUSCO).

Déploiement et Appropriation

Il est vrai que les deux fusils (HK 416 F et FAMAS) coexistent au sein de l’armée de Terre. Toutefois, nos soldats sont des professionnels dont l’une des forces est la capacité d’adaptation. D’autre part, l’appropriation du HK 416 est vraiment très simple. L’option retenue privilégie la fonction combattants débarqués avec effort sur l’infanterie.

L'Évolution de l'Arme à Feu : Des Origines à la Modernité

L'histoire de l'arme à feu est intimement liée à l'évolution de la poudre noire et des techniques de mise à feu. Des premières utilisations rudimentaires aux armes sophistiquées d'aujourd'hui, le développement de l'arme à feu a transformé les conflits et les sociétés.

Les Débuts de la Poudre Noire et des Canons Primitifs

Au VIIIe siècle après Jésus-Christ, les Chinois (et peut-être aussi les Indiens) inventèrent la poudre noire, un mélange de salpêtre (nitrate de potassium), de soufre et de charbon de bois. Le salpêtre agit comme comburant, apportant de l'oxygène et activant la vitesse de combustion du charbon de bois et du soufre. Ce mélange, lorsqu'il est de qualité et comprimé dans un canon, brûle à la vitesse d’environ 300 à 600 mètres par seconde (suivant sa granulométrie), ce qui constitue une explosion de type « déflagration » (vitesse d’inflammation inférieure au km/seconde).

Vers 1150 - 1200, les Arabes utilisèrent la poudre noire (empruntée aux Chinois via le Moyen-Orient) sous la forme d'un canon rudimentaire à main, le « Madfaa », qui propulsait une flèche trapue à courte distance. Vers 1280, la poudre fut redécouverte en Europe, et des pots de fer à « traire garrot » furent créés. Ce type de canon primitif propulsait une grosse flèche appelée « Garrot », cherchant ainsi à concurrencer l’espringale, une sorte de grosse arbalète sur roues.

En août 1324, une des premières utilisations d'une bombarde en France eut lieu lors de l'attaque de la ville de la Réole (Gironde). Celle-ci était montée sur un fût en bois et posée à même le sol. Son pointage rudimentaire se faisait à l'aide de cales de bois glissées sous le fût.

L'Émergence des Armes Portatives : Hacquebutes et Arquebuses

Vers 1370, l’hacquebute (primitive), littéralement « canon à croc », du germanique « hakenbüchse », était destinée à tirer en crochetant un mur ou une palissade avec son croc de fer situé en dessous de l’arme, pour que le mur encaisse le recul à la place du tireur. Elle comportait un long fût de bois (ou parfois de fer), à l’avant duquel était fixé un canon de fer de courte dimension (20 à 25 cm). Son calibre était généralement de 18 à 28 mm. Une balle ronde en plomb, de 18 mm de diamètre, partait à la vitesse de 130 mètres par seconde, avec une charge de 4 grammes (7 grammes au Moyen Âge) de poudre noire. L'allumage se faisait au boutefeu à mèche ou par un ringard chauffé au rouge.

Vers 1460 jusqu’à 1660, l’arquebuse, mot découlant d’hacquebute, était une arme à feu à fût de bois, véritable ancêtre des carabines, mousquets et fusils, que l’on tenait sous l’aisselle ou que l’on commençait à épauler. La mise à feu était faite par un « serpentin » en fer fixé sur le côté du fût et tenant une mèche.

Les Innovations de la Renaissance : Rouet, Rayures et Mousquets

Vers 1510-15, la platine à « rouet » (peut-être inventée par Léonard de Vinci ou Johan Kuhfuss) permit un allumage sans mèche, sur le principe d’une roue rainurée (le rouet) entraînée par un ressort, et qui frottait sur une pyrite de fer mordue (tenue) par un « chien », produisant ainsi des étincelles qui allumaient la poudre. Ce mécanisme fiable, mais coûteux et fragile, fut principalement réservé aux arquebuses de chasse et aux pistolets. L’arquebuse resta le plus souvent à allumage à mèche pour les usages militaires.

En 1520, l’arquebuse à canon rayé (rainuré) hélicoïdalement apporta une précision nettement plus efficace de l’arme par stabilisation gyroscopique de la balle dans l’espace, et une augmentation de puissance en supprimant les fuites de gaz propulseurs des armes à canon lisse dont la balle était plus petite que l’âme du canon. L’ancêtre de la carabine était né.

Le mousquet, une version plus longue et plus puissante de l'arquebuse, fut développé pour le tir de guerre sur plusieurs rangs. Pour des raisons de vitesse et de facilité de rechargement, le canon resta lisse, et la balle inférieure d’un à deux mm environ au calibre de ce dernier. Cette balle était enveloppée d’un « canepin », pièce de tissu graissé au suif, pour la caler dans le canon.

L'Évolution des Systèmes de Mise à Feu : Silex et Percussion

Le système primitif de mise à feu évolua vers la platine dite à « Miquelet », inventée vers 1600 en Espagne, dont le mécanisme était extérieur. Initiée par Louvois, ministre d’État, et sur le conseil du maréchal de Vauban, Louis XIV généralisa par ordonnance la platine à silex à la française sur les mousquets en allégeant leur poids en 1703.

Les travaux sur les agents chimiques explosant suite à un choc, réalisés par le chimiste français Bertholet, comme le fulminate de mercure et le muriate de potassium, amenèrent le pasteur écossais Alexandre John Forsyth en 1808 à concevoir la première platine à percussion par chien (sans pierre) dite à « flacon de parfum », n’utilisant pas le silex, mais le fulminate de mercure, sur un fusil de chasse.

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