L'histoire de l'accordéon musette et du jazz manouche est riche en personnalités marquantes et en anecdotes fascinantes. Cet article se propose d'explorer cette histoire à travers le prisme de l'affaire Gus Viseur, en rendant hommage à des figures telles qu'Armand Lassagne et en mettant en lumière les enjeux et les évolutions de ce genre musical.
Hommage à Armand Lassagne
Récemment, l'accordéoniste Armand Lassagne nous a quittés discrètement. Bien que son nom ne soit pas forcément familier au grand public, il était une figure respectée des bals musette et des galas d'accordéon. C'est Jazz Magazine qui a rendu hommage à ce musicien, soulignant son importance dans le paysage musical français.
La première fois que le nom d'Armand Lassagne a été évoqué, c'était par Didier Roussin, guitariste éclectique et collectionneur de raretés phonographiques. Roussin travaillait avec François Billard sur un livre encyclopédique intitulé "Histoires de l'accordéon". Le projet "Paris Musette", initié par Patrick Tandin, visait à mettre en valeur les derniers grands représentants du genre musette et leurs héritiers.
Les séances d'enregistrement de "Paris Musette" ont débuté le 23 avril 1990. Armand Lassagne a participé à ces séances, aux côtés d'autres grands noms du musette tels que Daniel Colin. Lassagne a notamment recréé une œuvre qu'il chérissait, "Douce Joie", qui aurait été dictée à Gus Viseur dans une sorte d'abandon improvisé.
Armand et Daniel représentaient les deux visages opposés du grand musette. Colin incarnait la "passion" incandescente de Murena, tandis que Lassagne exprimait la tendresse caressante de Gus Viseur. Malheureusement, les enregistrements d'Armand Lassagne ont été en partie victimes d'erreurs techniques, et seule "Douce Joie" a pu être sauvée grâce au mixage.
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Malgré ces difficultés, "Paris Musette" a connu un grand succès, ouvrant la voie à d'autres volumes. Armand Lassagne a participé à "Vol. 2, Swing et manouche" en créant la valse "Dans ma verdine" et à "Vol. 3, Vent d'automne" en interprétant "Brise Napolitaine". Il avait également enregistré une valse jazz avec Marcel Azzola, "Made in Valse", qui est malheureusement restée inédite.
Armand Lassagne est né le 27 novembre 1934 à Montrouge. Il a commencé à jouer de l'accordéon à l'âge de 10 ans. Il a ensuite étudié avec Camille Di Duca, chez qui il a découvert sa vocation. En 1949, il a commencé à jouer dans les entractes des cinémas, puis a accompagné la chanteuse Ody Renaud.
En 1952, sa carrière a pris de l'ampleur. Il a joué dans "Mère Courage" de Bertold Brecht au TNP de Jean Vilar. Il a également eu son propre orchestre à Paris. En 1955, il a remplacé Maurice Vittenet à la Croix de Malte, où il a joué avec des musiciens tels qu'André Lluis et Louis Faÿs.
Armand Lassagne a rencontré Gus Viseur lors d'un bal à la Mairie de Clichy. Viseur l'a invité à déjeuner et lui a proposé de lui passer certaines de ses partitions. Lassagne a également rencontré Jo Privat, qu'il remplaçait parfois au Balajo.
L'Ère du Jazz Musette
Le jazz musette a émergé dans les années 1930 en France, mêlant les influences du musette et du swing gitan. Gus Viseur, Tony Murena et Jo Privat ont été les figures de proue de ce mouvement. Cependant, l'arrivée du rock et des guitares électriques a conduit à un déclin de l'accordéon et à une mise en sommeil de ce style de jazz français.
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Dans les années 2010, un regain d'intérêt pour le vintage a permis au jazz musette de refaire surface. Le label Frémeaux et Associés a joué un rôle important dans la défense du patrimoine musical, notamment à travers la distribution de "Paris-Musette". Des groupes comme Swing of France ont également contribué à relancer le genre.
Le jazz musette est avant tout une musique de danse, invitant à la joie et à la célébration. Les écoles de swing devraient prendre en compte cet aspect et ne pas négliger la java, la valse musette et le cha-cha-cha.
Gus Viseur : Pionnier de l'Accordéon Jazz
Gus Viseur est une figure emblématique de l'accordéon jazz. Il a abordé tous les genres du répertoire musette et a été l'un des premiers accordéonistes de jazz. Évoluant dans les milieux parisiens dès 1930, il a développé son langage musical aux côtés des guitaristes manouches. Il a enregistré son premier disque en 1937 et a accompagné Édith Piaf en 1940.
Parmi ses compositions les plus célèbres, on peut citer "Flambée Montalbanaise", "Douce Joie" et "Swing Valse". Son phrasé inimitable et son swing sans pareil ont marqué l'histoire de l'accordéon.
Marcel Loeffler : Un Héritier Moderne
Marcel Loeffler est considéré comme l'un des plus grands spécialistes de l'accordéon jazz en France. Lauréat du prix Gus Viseur en 2007, il jouit d'une réputation internationale. Issu d'une famille de musiciens tziganes, il a affiné son talent depuis l'enfance. Frappé de cécité à l'âge de 6 ans, il a développé une oreille absolue.
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Loeffler a commencé par jouer du répertoire tzigane et jazz manouche avec sa famille. Puis, il a accompagné son père pour animer les bals musette. Vers l'âge de 17 ans, il s'est intéressé au répertoire du jazz américain. Il a passé des heures à copier les musiques de Miles Davis et John Coltrane à l'oreille.
Dans les années 1980, il a créé le groupe Sweet Chorus avec Mandino Reinhardt. Il a également collaboré avec Stéphanie Simon pour créer "l'accordéon Gadji", un instrument spécialisé adapté au jazz.
