L'arbalète et la catapulte sont deux machines de guerre emblématiques utilisées depuis l'Antiquité jusqu'au Moyen Âge. Elles ont joué un rôle crucial dans les sièges et les fortifications, et leur histoire et fonctionnement sont fascinants.
Léonard de Vinci et ses machines de guerre
Connais-tu Léonard de Vinci, le célèbre génie de la Renaissance ? Sais-tu qu'en plus d'avoir peint le fameux tableau de la Joconde, il était aussi un grand inventeur ? Assemble, puis joue avec deux des machines qu'il a conçues, la catapulte et l'arbalète. Cela semble incroyable, mais tous les détails des maquettes reproduisent scrupuleusement les dessins de Léonard de Vinci ! En lisant le livre, tu apprendras un tas de choses sur la vie et les idées du grand inventeur de génie, tu découvriras comment fonctionnaient ses inventions et tu verras que certaines de ses idées sont encore utilisées aujourd'hui ! Dimensions de la CATAPULTE : 17 x 21 x 26 cm, de l'ARBALÈTE : 36 x 8 x 39 cm. Une boîte contenant un livre de 14 pages pour découvrir l’histoire des machines de Léonard de Vinci. détail et conçues selon les dessins originaux de Léonard de Vinci.
L'artillerie romaine : un atout stratégique
Les Romains considéraient initialement l'artillerie comme un simple "bonus" au combat, privilégiant les traditionnelles méthodes de siège consistant à encercler les places fortes jusqu'à leur reddition, à travers des techniques de circonvallation et de contrevallation. Cependant, la conquête du monde hellénistique confronta les Romains à des cités mieux défendues, dotées de murailles plus robustes et de réserves de nourriture plus importantes. Face à ces défis, l'armée romaine fut parfois contrainte d'opter pour l'assaut plutôt que d'attendre une reddition incertaine.
La nécessité de défendre les villes et les camps fortifiés à moindre coût humain pendant que l'armée était en campagne devint également une préoccupation majeure pour Rome. C'est dans ce contexte que l'artillerie, et notamment la catapulte et l'arbalète, prit une importance croissante.
Les engins de siège : une panoplie d'armes pour briser les fortifications
Au Moyen Âge, les châteaux forts et les villes fortifiées étaient omniprésents, faisant des catapultes des armes de siège essentielles pour percer les défenses ennemies. Pour créer des brèches dans les murs, on lançait des flèches incendiaires à l'intérieur des fortifications. Des expériences de guerre bactériologique ont même été menées, consistant à catapulter par-dessus les murs des carcasses infectées ou des ordures putréfiées.
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Outre les catapultes, d'autres engins de siège étaient couramment utilisés :
- Le bélier : Cet engin, dont l'origine remonte à l'Antiquité, servait à enfoncer les murs des fortifications ou les portes. Dans sa version la plus simple, il s'agissait d'un gros tronc d'arbre manœuvré par plusieurs personnes et projeté avec force contre un obstacle. Les versions plus sophistiquées étaient montées sur un châssis sur roues et actionnées au moyen de cordes ou de chaînes, permettant d'utiliser des béliers plus lourds tout en facilitant leur manœuvre. Les béliers étaient souvent protégés par un toit et des écrans latéraux pour résister aux projectiles enflammés et protéger les servants des tirs ennemis.
- La tour de siège : Également appelée beffroi au Moyen Âge, la tour de siège était conçue pour protéger les assaillants et les échelles d'assaut pendant l'approche des murs de fortifications. Ces tours étaient souvent rectangulaires, montées sur quatre roues et d'une hauteur comparable à celle des murs, voire plus élevée, pour permettre aux archers de tirer à l'intérieur des fortifications. Comme elles étaient construites en bois, elles étaient recouvertes de matériaux ininflammables pour les protéger du feu. Les tours de siège étaient principalement construites sur le site du siège en raison de leur taille imposante. Une fois à proximité des murs, une passerelle était abaissée pour permettre aux troupes de franchir les défenses ennemies.
Les différents types de catapultes
Parmi les engins fonctionnant avec un ressort à torsion, on distingue notamment l'onagre et la baliste, utilisés conjointement avec les engins à contrepoids tels que le mangonneau et le trébuchet. La catapulte, apparentée à la baliste qui projetait des lances, était capable de lancer de lourdes pierres, voire des cadavres ou des déjections, afin de saper le moral de l'ennemi et propager des infections. La force de propulsion était initialement fournie par la flexion d'un arc géant, puis par la torsion d'un ressort constitué de fibres.
- L'onagre : Cet engin de siège romain post-classique tire son nom de l'analogie de son mouvement avec celui de la ruade d'un onagre, un âne sauvage. Il utilisait la force de torsion d'une corde torsadée pour stocker l'énergie nécessaire au tir. Les historiens romains divergent quant à sa description précise, certains le considérant comme une petite catapulte capable de lancer de petits projectiles à courte distance, tandis que d'autres le décrivent comme une arbalète géante. Au Moyen Âge, une version moins puissante de l'onagre, appelée mangonneau, était utilisée pour lancer de nombreux petits projectiles à l'aide d'une cuillère géante.
- La baliste : Développée à partir d'une arme grecque plus ancienne, la baliste utilisait deux leviers agissant sur des ressorts à torsion constitués de faisceaux de fibres tordues. Les premières versions lançaient de lourdes flèches ou des projectiles sphériques lors des sièges. Elle a servi de base au développement du scorpion et du polybolos. Bien que la baliste ait été abandonnée au profit des engins à contrepoids au Haut Moyen Âge, le terme "baliste" a été conservé pour désigner l'arbalète à tour et parfois, abusivement, les engins de siège à contrepoids.
- Le mangonneau : Cet engin militaire offensif médiéval, une sorte de catapulte, était utilisé pour lancer des projectiles contre les murs des châteaux forts. Il tirait de lourds projectiles à partir d'une poche en forme de fronde fixée à l'extrémité d'un bras. Au combat, le mangonneau lançait des pierres, des engins incendiaires, ou tout autre objet disponible. Il était également utilisé pour lancer des cadavres ou des carcasses d'animaux dans le but d'intimider les assiégés et de propager des maladies. Le rôle principal du mangonneau était de détruire les murs et les infrastructures d'une ville, plutôt que de tuer ou de démoraliser les troupes.
- Le trébuchet : Contrairement aux catapultes qui utilisent la torsion ou la tension, le trébuchet emploie un contrepoids. Il fonctionne comme une fronde géante. Inventé au Moyen Âge, il a remplacé la catapulte en raison de sa meilleure précision et de sa résistance au climat européen. Le trébuchet pouvait lancer des projectiles de plus de 100 kg à grande vitesse contre les fortifications ennemies. Il est apparu en Chine au IVe siècle avant J.-C. et en Europe au VIe siècle de notre ère, et n'est devenu obsolète qu'au XVIe siècle, après l'introduction de la poudre à canon.
L'évolution vers les canons
Les catapultes ont été progressivement remplacées par les canons au cours du XIVe siècle. La bombarde, un canon de siège utilisé entre la fin du XIVe siècle et le début du XVIe siècle, était fixée dans un affût en bois et tirait de lourds boulets sur les murailles pour les affaiblir. Cependant, la métallurgie de l'époque ne permettait pas de réaliser des canons d'un seul bloc, ce qui les rendait fragiles et sujets à des éclatements dangereux.
L'artillerie antique : témoignages textuels
Les textes anciens fournissent des informations précieuses sur la conception et l'utilisation des machines de jet. L'écrivain juif Flavius Josèphe, dans ses récits du siège de Jotapata en Galilée en 69 après J.-C., décrit en détail la quantité et le type de machines de jet utilisées par les Romains : "Vespasien installa tout autour les pièces d’artillerie, en tout cent soixante engins et commanda de tirer sur les hommes postés sur le rempart. Alors, en même temps que les catapultes faisaient siffler leurs traits, les pierriers lançaient de grosses pierres d’un talent (env. 36kg), du feu, une grêle de flèches, tous projectiles qui rendaient intenable aux juifs non seulement le rempart mais encore, à l’intérieur, tout espace à la portée du tir."
Végèce, un auteur latin du IVe siècle, souligne l'importance du choix des armes dans la légion romaine : "Ce n’est pas seulement par le nombre des soldats que la légion remporte le plus souvent la victoire, mais par le choix des armes. La plus redoutable est cette espèce de javelot, à l’épreuve duquel il n’y a ni bouclier ni cuirasse, lorsqu’il est lancé par ces machines appelées carrobalistae. Chaque centurie a à sa suite une de ces machines tirée par des mulets, et servie par onze soldats ; plus elles sont grandes, plus elles chassent loin et raide les javelots dont on les charge : on ne s’en sert pas seulement pour la défense des camps ; on les place encore sur le champ de bataille, derrière les pesamment armés ; et ni la cavalerie, ni l’infanterie, armées de boucliers, ne résistent aux traits qu’elles lancent."
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Ammien Marcellin, un historien romain du IVe siècle, décrit en détail le fonctionnement de la baliste et du scorpion (ou onagre) : "La baliste : On ajuste une grande pièce de fer solide allongée à la manière d’une longue règle, entre deux petites traverses. De sa gouttière arrondie, que dispose en son centre une technique raffinée, se détache assez longuement une tige de section carrée, creusée en ligne droite d’une étroite rainure, et reliée à cette corde de multiple torons en boyaux qui se tordent. Deux cabestans en bois lui sont très exactement adaptés ; près de l’un d’eux se tient un servant pointeur, qui maintient dans la rainure du timon une flèche de bois armée d’une grosse pointe. Ceci fait, de part et d’autre, de jeunes soldats robustes font tourner énergiquement la manivelle du treuil. Quand le bout de la pointe est parvenue au point extrême de tension des cordes, la flèche est décochée par un déclenchement interne de la machine s’envole hors de la vue de la baliste." Quant au scorpion, appelé maintenant « onagre », en voici la structure. On taille deux pièces de chêne ou d’yeuse, on les incurve légèrement pour qu’elles présentent une saillie pareille à une bosse, on les assemble comme pour fabriquer une scie à châssis, et l’on y creuse de chaque côté de très larges trous ; on attache entre ces barres, en les faisant passer par leurs orifices, des cordes solides qui maintiennent ce bâti pour l’empêcher de se disloquer brutalement. Du milieu de ces câbles, une tige de bois se dresse en biais, levée tout droit à la manière d’un timon d’attelage, on l’assujettit étroitement par des boyaux noueux, mais de telle sorte qui l’on puisse la relever et l’abaisser, et l’on adapte à son extrémité des crochets en fer auxquels est suspendue une fronde en courroie tressées ou en fer. Devant cette armature de bois, on étend par terre une énorme banquette : un sac en poil de chèvre, bourrée de menue paille, puissamment amarré et reposant sur des mottes de gazon entassées ou des remblais en briques. Car si l’on dispose une énorme machine de guerre de ce genre sur un mur de pierre, elle est capable de disloquer tout ce qu’elle rencontre sous elle, non point par son poids, mais par la violence du choc. Quand le moment de l’engagement est donc venu, on pose un boulet de pierre sur la fronde, quatre jeunes soldats, de chaque côté, tendent vers l’arrière les barres dans lesquelles sont engagées les cordes, et incline ainsi la tige, presque jusqu’à la coucher au sol. On appelle cette machine tormentum, du fait que toute sa détente s’opère par torsion ; et scorpion, parce qu’elle a un aiguillon dressé au dessus d’elle ; le nom d’onagre, que tout récemment on lui a aussi donné, vient de ce que les ânes sauvages, quand on les chasse à courre, projettent au loin, par leurs ruades, des pierres derrière eux, jusqu’à transpercer la poitrine de leurs poursuivants, ou même à leur faire éclater la crâne en leur broyant les os. »
Il est important de noter que les termes de tormenta, ballista et catapulta sont souvent confondus dans les textes antiques, ce qui peut rendre l'identification précise des machines difficile.
L'artillerie byzantine : une continuité de l'usage des machines de jet
L'utilisation de balistes et d'onagres était toujours d'actualité dans l'armée byzantine au 6ème siècle. L'historien Procope décrit les balistes comme des machines projetant des traits dont on découvre les dimensions et la nature de l'empennage.
La catapulte et l'arbalète au-delà des textes : reconstitutions et expérimentations
Pour mieux comprendre le fonctionnement des machines de jet antiques, il est possible de se tourner vers le monde de la reconstitution. L'officier d'artillerie Verchère de Reffye a construit, d'après les traités d'Héron et de Philon, une oxybèle qui projetait un trait de 1,30m de long pesant 85 grammes à 310m.
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