Jeu de Duel au Pistolet : Histoire et Règles

Le duel, une pratique ancienne et codifiée, a fasciné et horrifié les sociétés à travers l'histoire. Des œuvres littéraires comme Le Cid, Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo, Le Capitaine Fracasse, Cyrano de Bergerac, Barry Lindon et Eugène Onéguine illustrent la puissance dramatique de cette scène. Étroitement lié à la notion d’honneur aristocratique, le duel se distingue des autres sortes de combats singuliers par ses codes. Il se présente comme une manière privée de régler une querelle d’honneur entre un « offenseur » et un « offensé », au risque de la mort. Cet article explore l'histoire du duel au pistolet, ses règles et son évolution à travers les siècles.

Origines et Évolution du Duel

À travers les siècles, la coutume du duel a évolué et a connu de multiples mutations. Si les duels sont principalement associés, de nos jours, à des usages strictement aristocratiques, ces derniers connaissent en réalité des formes très diverses.

Le duel héroïque date de l’Antiquité. Difficile parfois de distinguer mythe et réalité dans ce combat d’un guerrier qui représente tout un peuple et se bat à sa place, pour éviter des pertes humaines immenses. C’est Achille, le Grec, contre Hector, le Troyen ou David contre Goliath. Le duel héroïque est propre aux civilisations antiques, les plus fameux exemples nous en sont donnés par Homère : d’aucuns se souviennent du combat qui opposa Achille à Hector, représentants respectivement des Grecs et des Troyens.

Le duel judiciaire, ou ordalique, au Moyen Âge, intervient lorsque la justice des hommes ne parvient pas à régler un litige entre deux individus. Le vainqueur est innocenté par volonté divine. En 1386, Marguerite, l’épouse de Jean de Carrouges, accuse Jacques Le Gris de l’avoir violée. L’accusé dément. Les deux chevaliers se retrouvent dans un champ à Paris. Carrouges prend l'avantage et somme son adversaire d'avouer. Jacques clame son innocence. Jean lui enfonce sa dague dans la gorge. Dieu a rendu son jugement ! Le duel ordalique est une seconde forme de duel qui apparaît dès la fin de l’Antiquité. Celui-ci permet de résoudre des différends en ayant recours à la puissance de Dieu, qui accordera la force nécessaire pour triompher au juste, à celui qui dit la vérité. Cette forme de duel permet notamment de trancher sur des affaires judiciaires qui manquent de visibilité ou dont les preuves ne sont pas assez nombreuses pour déceler la vérité.

Le duel d’honneur connaît pour sa part son heure de gloire à l’époque moderne. En France, les rapports entre le duel et la législation ont toujours été très ambivalents. Un affront - parfois futile -, un gant jeté, des témoins convoqués et l’on se retrouve "sur le pré"; c’est D’Artagnan ou le duel au pistolet de Barry Lyndon.

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Le duel sportif, et plus particulièrement l’escrime, se développe aussi à partir du Moyen-Âge en Europe. Cette pratique, qui devient vite un art savant, arrive dans les milieux aristocratiques français à partir du XVIIe siècle, où elle devient un élément de l’éducation des nobles, permettant de développer la force physique et morale des jeunes individus.

Le duel d’Honneur est peut-être la forme la plus connue du combat ritualisé. Surtout prisé au XVIe siècle, ce duel ne se justifie pas par une nécessité martiale ou judiciaire, mais plutôt pour assurer sa réputation, son honneur. Sous l’Ancien Régime, le duel marquait l’appartenance à une classe sociale (bien qu’on compte quelques duels entre roturiers). Il consistait à affirmer l’honneur individuel, dans la lignée d’un idéal chevaleresque. Le duelliste tirait gloire de l’affrontement, quelque fût l’issue du combat. Car, vainqueur ou vaincu, tout duelliste qui se comportait vaillamment et loyalement, établissait sa réputation d’homme d’honneur.

Aujourd'hui, le duel (le dernier d'honneur a eu lieu en 1967 et a opposé les députés Defferre et Ribière) est uniquement un face-à-face sportif.

L'Âge d'Or du Duel : Le XVIIe Siècle

Le duel connut son heure de gloire au XVIIe siècle où il constitua pour la noblesse un ultime moyen de revendiquer une certaine forme de liberté face au pouvoir royal de plus en plus absolu. Le phénomène du duel est intimement lié à la guerre et à deux grandes figures de héros, le chevalier et le mousquetaire. Dans le monde militaire, l’honneur a toujours été le moteur de la vaillance, un sentiment à même d’aider les soldats à affronter la mort. Toutefois, cet honneur les pousse à chercher querelle à leurs camarades avec, souvent, l’assentiment de leur hiérarchie.

Ils furent interdits par Saint Louis pour une double raison, à la fois chrétienne et politique. Car le duel, assimilé à un homicide (et parfois même à un suicide), était sévèrement condamné par l’Église, mais remettait également en cause l’autorité royale puisque le souverain était seul maître de la justice. Les ordonnances royales, de plus en plus sévères, se succédèrent. Par la grande ordonnance de Blois en 1576, Henri III déclara les duellistes coupables de crime de lèse-majesté. L’Église chercha également à interdire les duels.

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Devant le peu de succès des ordonnances, le pouvoir royal tenta de proposer une solution pacifique aux « querelles d’honneur ». Néanmoins, les duels continuèrent à se multiplier, d’autant plus que les peines prévues par les ordonnances royales n’étaient jamais appliquées. Louis XIII en vint à publier un édit en 1623, menaçant les duellistes de la peine de mort. Cet édit fit date car, pour la première fois, il fut réellement appliqué. Le choix du lieu lui fut fatal.

Ce contexte explique en partie le succès du Cid, joué pour la première fois le 7 janvier 1637. La pièce de Corneille met en scène deux duels, celui entre Rodrigue et le père de Chimène, qui est à l’origine de l’intrigue théâtrale, puis celui de Rodrigue et de don Sanche, champion de Chimène, avant que l’intervention du roi ne rétablisse l’ordre et l’harmonie.

Les Règles et le Déroulement d'un Duel au Pistolet

Si le duel a connu de nombreuses formes à travers les siècles, son caractère précis et ritualisé doit répondre à de nombreuses règles permettant d’assurer l’équité du combat. Les deux duellistes doivent être égaux devant la mort pour que la vérité puisse s’exprimer.

Pour qu'un duel au pistolet ait lieu, il devait y avoir un motif valable et une organisation préalablement définie par écrit. Celui qui demandait à venger son honneur était appelé l'"offensé". Celui qui était à l'origine de l'affront se nommait l'"agresseur". Les témoins qui assistaient aux provocations en duel pouvaient plaider en faveur de l'offensé ou non. Le but d'un duel au pistolet est de tirer sur son adversaire pour le blesser ou l'abattre. Le résultat permet de déterminer qui rétablit sa réputation.

La pratique du duel, répandue au XIXe s. en France parmi les mondains, en particulier les journalistes, écrivains, artistes, hommes politiques et officiers, suivait un rituel dont la forme la plus achevée fut pratiquée pendant plusieurs décennies sous une forme à peu près fixée.

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Parmi les éléments clés du déroulement d'un duel au pistolet, on retrouve :

  • L'offense : Caractérisation de l’offense et règles de désignation de l’offensé.
  • La nature des armes : Trois armes légales sont admises : l’épée, le pistolet et le sabre.
  • Le duel et l'appel : Procédures préliminaires au duel.
  • Les témoins : Définition de leur devoir.
  • Le duel à l'épée : Uniquement avec l’usage d’un seul bras.
  • Les duels au pistolet : À une distance variant de 50 à 15 pas ; sont admis : le duel au pistolet de pied ferme, le duel au pistolet à volonté, le duel au pistolet à marcher.

Comment se déroulait un duel au pistolet ? Au début d'un duel au pistolet, les adversaires doivent se séparer d'une trentaine de pas. Leurs armes ont été préalablement scellées dans une boîte pour éviter toute tricherie. L'arbitre de la rencontre est tenu de charger les armes de trois balles maximum devant les combattants et les témoins. Une fois les duellistes placés, ils doivent attendre le signal du directeur du combat pour pouvoir tirer. Après chaque coup, ils doivent s'avancer d'un certain nombre de pas, puis tirer à nouveau. Selon les règles du duel, l'arme peut être tenue soit avec le canon en l'air, soit le long du corps. S'il s'agit d'un duel au premier sang, le combat s'arrête quand l'un des deux adversaires est blessé. Dans le cas d'un duel à mort, il prend fin quand l'un des duellistes succombe.

Également, la présence de témoins se veut aussi être une règle indispensable du duel. Ces derniers sont les garants de la bonne tenue du combat ainsi que de l’équité entre les combattants et leurs armes, et à ce titre jouent un rôle aussi important que les duellistes.

Interdictions et Considérations Spécifiques

Un duel d'honneur au pistolet ne peut pas débuter immédiatement après le conflit entre l'agresseur et l'offensé, mais la rencontre doit avoir lieu dans les 48 heures. Les armes d'un duel au pistolet sont choisies avant la rencontre. Ni l'agresseur ni l'offensé n'ont le droit d'utiliser des armes et des balles non réglementaires. La fiabilité des pistolets est vérifiée au préalable par une tierce personne.

Les duellistes ne peuvent pas tirer avant le grand retentissement de l'arbitre, sinon il s'agirait d'un acte de tricherie. Il ne doit y avoir aucune intervention des témoins ni de quiconque pendant un duel au pistolet. L'agresseur n'a pas le droit d'annuler le combat après avoir accepté un duel, sauf s'il présente ses excuses et si l'offensé les prend en compte.

Le Duel Judiciaire et son Interdiction en France

Depuis l’ordonnance de 1306 de Philippe Le Bel relative aux gages de bataille, le pouvoir royal a toujours officiellement condamné le duel qui, outre les importantes pertes humaines qu’il entraîne et le fait qu’il soit moralement condamné par le clergé, constitue un affront à l’autorité du roi. Cependant, le duel est également la marque de l’appartenance des combattants à la noblesse, noblesse dont est issue le roi.

Le cardinal Richelieu, ministre du roi Louis XIII, a promulgué un édit interdisant les duels le 6 février 1626. Quelques mois plus tard, le 2 juin, il prend la décision de punir de mort les duellistes récidivistes. Malgré les avertissements, le duel au pistolet, le duel au sabre et le duel avec d'autres armes ont persisté un peu partout en France. Plus de 200 hommes ont péri dans un duel à mort entre 1826 et 1834.

Il faudra attendre la fin de la Première Guerre mondiale pour que les duels connaissent un véritable changement. En effet, la mort en masse des populations européennes lors de la Grande Guerre fait changer l’opinion publique, qui n’accepte plus que l’on meure pour des prétextes futiles. Le duel se fait alors le plus souvent jusqu’à la première blessure, et perd petit à petit de son sens.

Le Dernier Duel et Son Contexte

Le dernier duel pour l'honneur a eu lieu le 21 avril 1967. Les combattants étaient Gaston Defferre, alors maire de Marseille, et le gaulliste René Ribière. Il s'agissait non pas d'un duel au pistolet, mais d'un duel à l'épée. Ce combat s'est soldé par la défaite de Ribière sur décision de l'arbitre. Au final, les deux hommes s'en sont sortis vivants.

Codes et Manuels de Duel

La pratique du duel, répandue au XIXe siècle en France parmi les mondains, en particulier les journalistes, écrivains, artistes, hommes politiques et officiers, suivait un rituel dont la forme la plus achevée fut pratiquée pendant plusieurs décennies sous une forme à peu près fixée. Une autre raison présidait aussi à l’élaboration d’un tel code, c’était la difficulté pour les tribunaux de statuer sur les homicides par fait de duel qui leur étaient soumis.

Des codes similaires avaient été publiés auparavant en Europe, en particulier le code irlandais (Irish Code Duello, comprenant 25 règles) adopté en 1777 aux assises d’été du tribunal de Clonmel et le British code of duel publié à Londres en 1824. D’autres suivirent dans la seconde moitié du XIXe s., comme le Nouveau Code du duel, Histoire, législation, droit contemporain du comte Charles du Verger Saint-Thomas (1879), l’Art du duel d’Adolphe Tavernier (1885), le Jeu de l’épée : Leçons de Jules Jacob, suivies du duel au sabre et du duel au pistolet, et de conseils aux témoins d’Emile André (1887) et Le Duel à travers les âges, Histoire et législation, duels célèbres, code du duel de Gabriel Letainturier-Fradin (1892), suivi de l’ouvrage du même auteur : Faut-il se battre ? Le duel moderne, Sauvons l’honneur ! (1901).

Chateauvillard s’étend, dans plusieurs passages du livre, sur ses motivations, essentiellement « philanthropiques » ; il s’agit, tout en préservant l’honneur (motivation essentielle du duel), d’encadrer les combats et « d’éviter ainsi des fautes qui compromettent l’existence d’un ami, des assassinats qu’on croit devoir passer sous silence, pour ne pas donner aux familles le déshonneur d’une récrimination ».

La popularité du règlement de Chatauvillard tient peut-être à la liste, publiée dans le volume, des militaires hauts gradés -dont une dizaine de pairs de France- qui ont apporté leur approbation aux règles exposées.

Ces codes définissent notamment :

  • De l’offense (caractérisation de l’offense et règles de désignation de l’offensé)
  • De la nature des armes (trois armes légales sont admises : l’épée, le pistolet et le sabre)
  • Du duel et de l’appel (procédures préliminaires au duel)
  • Des témoins, de leur devoir
  • Du duel à l’épée (uniquement avec l’usage d’un seul bras)
  • Des duels au pistolet (à une distance variant de 50 à 15 pas ; sont admis : le duel au pistolet de pied ferme, le duel au pistolet à volonté, le duel au pistolet à marcher, id.

Le Duel dans la Société et les Professions

Mais, à travers les siècles, on retrouve des duels dans toutes les couches de la société, du duel roturier du XVIIIe siècle aux combats d’« apaches » parisiens du XIXe siècle. De la même manière, si le duel porte en lui un caractère à dominance masculine, on peut noter aussi la présence de grandes duellistes féminines à travers l’histoire. Intimement lié à la notion de genre, le combat était surtout prisé des jeunes hommes qui y voyaient un rite de passage à l’âge adulte au cours duquel le jeune combattant prouve sa valeur en démontrant son courage. La femme, quant à elle, est souvent l’objet même du combat. Enfin, le duel connait une place spéciale dans la mentalité des militaires, car ils témoignent de l’idéal chevaleresque qui anime les officiers et les troupes qui se préparent au combat.

Toutefois, les journalistes sont les premiers duellistes de France dans les années 1830-1848 dans la mesure où ils utilisent régulièrement les colonnes des journaux pour régler leurs comptes avec des confrères mais aussi des hommes politiques : en effet, « dans une tradition solidement établie depuis le début du XIXe siècle (…), l’offensé préfère défier l’offenseur en un combat singulier. Jusqu’en 1914, la pratique du duel reste, sinon fréquente, du moins présente dans le monde de la presse. Comme jadis, les immeubles des journaux comportent souvent une salle d’armes. (…) Opération publicitaire qui comporte d’indéniables périls physiques, elle est aussi l’expression d’un sentiment d’appartenance à une aristocratie de l’écriture, qui obéit à un code d’honneur. Le roman Bel-Ami de Maupassant, par exemple, décrit de manière réaliste un duel fictif entre les rédacteurs de La Plume et de La Vie Française, Louis Langremont et Georges Duroy.

Le code du duel distingue le duel à l’épée et le duel au pistolet : les hommes de la haute société utilisent plus volontiers l’épée tandis que les hommes politiques et de lettres préfèrent le pistolet. Dans les deux cas, les duellistes se trouvent en présence de témoins mais aussi du directeur du combat et de médecins. Dans les deux cas, les pistolets doivent être scellés dans une boîte avant la rencontre par les témoins et ne peuvent être chargés que par le directeur du combat qui les remet ensuite aux duellistes.

Les deux hommes politiques se rencontrent en 1892 sur le champ de courses du château de Saint-Ouen : ils échangent six balles à 25 mètres sans aucun résultat. Les deux hommes sont pourtant des duellistes de renom. Le récit de cette rencontre est classique mais il arrive que les duels prennent une dimension romanesque : un journaliste aurait, par exemple, reçu pour un même article plus de 30 provocations en duel de la part de militaires.

Motivations et Codes du Duel

La pratique du duel, répandue au XIXe s. en France parmi les mondains, en particulier les journalistes, écrivains, artistes, hommes politiques et officiers, suivait un rituel dont la forme la plus achevée fut pratiquée pendant plusieurs décennies sous une forme à peu près fixée.

Chateauvillard s’étend, dans plusieurs passages du livre, sur ses motivations, essentiellement « philanthropiques » ; il s’agit, tout en préservant l’honneur (motivation essentielle du duel), d’encadrer les combats et « d’éviter ainsi des fautes qui compromettent l’existence d’un ami, des assassinats qu’on croit devoir passer sous silence, pour ne pas donner aux familles le déshonneur d’une récrimination » (p.

Une autre raison présidait aussi à l’élaboration d’un tel code, c’était la difficulté pour les tribunaux de statuer sur les homicides par fait de duel qui leur étaient soumis. Une affaire judiciaire en particulier eut un grand retentissement dans l’opinion, à la suite du duel qui opposa en 1828 à Hellemmes (Nord) deux négociants lillois, Aimable Auguste Lemaire et François Simon Pierre Huet et qui se solda par la mort de l’un des duellistes, âgé de 25 ans.

La popularité du règlement de Chatauvillard tient peut-être à la liste, publiée dans le volume, des militaires hauts gradés -dont une dizaine de pairs de France- qui ont apporté leur approbation aux règles exposées.

Des codes similaires avaient été publiés auparavant en Europe, en particulier le code irlandais (Irish Code Duello, comprenant 25 règles) adopté en 1777 aux assises d’été du tribunal de Clonmel et le British code of duel publié à Londres en 1824. D’autres suivirent dans la seconde moitié du XIXe s., comme le Nouveau Code du duel, Histoire, législation, droit contemporain du comte Charles du Verger Saint-Thomas (1879, publié chez E. Dentu à Paris, 465 p.), l’Art du duel d’Adolphe Tavernier, escrimeur et écrivain (publié chez Marpon et Flammarion en 1885 avec une préface d’Aurélien Scholl, 239 p.), le Jeu de l’épée : Leçons de Jules Jacob, suivies du duel au sabre et du duel au pistolet, et de conseils aux témoins d’Emile André -pseudonyme d’Emile-André Raballet, journaliste et escrimeur- (1887, Ollendorff, 278 p.) et Le Duel à travers les âges, Histoire et législation, duels célèbres, code du duel de Gabriel Letainturier-Fradin, sous-préfet (1892, Flammarion, 304 p.), suivi de l’ouvrage du même auteur : Faut-il se battre ? Le duel moderne, Sauvons l’honneur ! (1901, Flammarion, 54 p.).

Duels Célèbres et Leurs Conséquences

Parmi les duels célèbres du XIXe siècle, citons celui qui se conclut par la mort du jeune mathématicien Evariste Gallois le 30 mai 1832, touché à l’abdomen par une balle, celui du journaliste Armand Carrel, mort le 24 juillet 1836 à la suite de son duel avec Emile de Girardin ou celui qui opposa Pouchkine au vicomte d’Archiac, attaché d’ambassade à Saint-Pétersbourg, le 29 janvier 1837 et qui se solda par la mort de l’écrivain russe, fauché d’une balle dans le bassin.

« Un duel déplorable a enlevé hier aux sciences exactes un jeune homme qui donnait les plus hautes espérances, et dont la célébrité précoce ne rappelle cependant que des souvenirs politiques. Le jeune Evariste Gallois, condamné il y a un an pour des propos tenus au banquet des « Vendanges de Bourgogne », s’est battu avec un de ses anciens amis, tout jeune homme comme lui, comme lui membre de la Société des « Amis du Peuple », et qui avait, pour dernier rapport avec lui, d’avoir figuré également dans un procès politique. On dit qu’une affaire de femmes a été la cause du combat. Le pistolet étant l’arme choisie par les deux adversaires, ils ont trouvé trop dur, pour leur ancienne amitié, d’avoir à viser l’un sur l’autre, et ils s’en sont remis à l’aveugle décision du sort. Chacun d’eux a été armé d’un pistolet, et a tiré à bout portant ; une seule de ces armes était chargée. Gallois a été percé d’outre en outre par la balle de son adversaire ; on l’a transporté à l’hôpital Cochin, où il est mort au bout de deux heures.

Les décès d’Evariste Gallois et d’Armand Carrel eurent un retentissement politique important, tout comme la mort du journaliste républicain Victor Noir, assassiné par le prince Pierre Bonaparte le 10 janvier 1870, alors qu’il venait se présenter comme témoin de duel au domicile du prince.

Les Pistolets de Duel : Objets d'Art et de Collection

Les pistolets de duel sont bien plus que des objets métalliques ; ce sont des témoins matériels d’une culture qui a su transformer l’honneur en cérémonie et la violence en protocole. Imaginez la brume de l’aube dans un champ isolé, deux figures enveloppées dans des redingotes, respirant calmement tandis que le rituel du duel se déroule. Cette scène, tant de fois recréée dans la littérature et le cinéma, résume la force symbolique des pistolets de duel et la culture qui les entourait.

Le pistolet a démocratisé le duel : contrairement à l’épée, qui favorisait l’expertise et l’entraînement, le pistolet offrait une technique plus accessible. Le geste de viser était moins dépendant de la pratique et, pourtant, suffisamment solennel pour maintenir la dimension rituelle du duel. Techniquement, les pistolets de duel ont été développés pour offrir des tirs aussi équilibrés que possible entre les adversaires. L’étui n’était pas un simple contenant : il faisait partie du langage de l’honneur. Un étui de pistolets de duel attestait du statut de son propriétaire et de la qualité de l’arme. Les armuriers de prestige soignaient chaque pièce : le fraisage du canon, le bronzage, les ressorts et les gravures. Certains détails, comme les micro-fusions ou l’ajustement de la queue de culasse, faisaient la différence entre un objet pratique et une œuvre d’art.

Aujourd’hui, en contemplant une réplique ou un étui dans un musée, nous pouvons mieux comprendre comment les sociétés construisent et déconstruisent les symboles de dignité.

Le Duel et l'État : Une Relation Ambigüe à Travers l'Histoire

Si le duel a parcouru des siècles d’Histoire, cela est dû à la position ambigüe qu’il a entretenue au fil des époques avec l’État. Dès l’Antiquité, le duel jouit d’un statut spécial, car sa pratique est condamnée en principe, mais tolérée dans les faits. Dès 1602, avec la création d’un tribunal chargé de régler les litiges par le compromis, Louis XIII affirme sa volonté de réduire les duels dans la société française. Il emploie alors des lieutenants qui représentent ce tribunal dans les provinces françaises. De même, l’édit contre les duels et les rencontres, promulgué par Louis XIV en 1679, tente de lutter contre la pratique des duels.

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