La quête de la balle de fusil la plus rapide du monde : un record insaisissable

La recherche de la balle de fusil la plus rapide du monde est une quête qui a passionné les armuriers, les balisticiens et les tireurs sportifs pendant plus d'un siècle. Cette course à la vitesse a conduit à des innovations significatives dans la conception des cartouches, la technologie des balles et la compréhension de la balistique.

L'âge d'or des "wildcatters" et des petits calibres rapides

Les travaux sur les petits calibres rapides ont connu leur apogée dans les années 1980, stimulés par les compétitions de bench rest, le tir à longue distance et la chasse aux petits animaux tels que les chiens de prairie. Les "wildcatters", ces armuriers indépendants et expérimentaux, ont joué un rôle crucial dans cette évolution. Des figures comme Donaldson (avec son 219 Wasp) et Wotkyns (un des initiateurs du 22-250) ont exploré l'idée d'utiliser de plus grosses cartouches avec plus de poudre pour propulser de petits projectiles.

Cependant, ils se sont heurtés à une difficulté fondamentale : plus le calibre est petit, plus il est difficile de brûler efficacement la poudre. Malgré cette quadrature du cercle, l'entre-deux-guerres a été marqué par les travaux de Niedner et C.Newton, ainsi que par des calibres comme le 22 Savage Hi Power et le 220 Swift. Ce dernier, lancé en 1935, était alors considéré comme le plus rapide du monde, atteignant une vitesse de 1220 m/s.

Cette époque a été fertile en avancées, notamment en ce qui concerne les limites des vitesses de rotation, les températures des gaz, l'influence des ondes de choc et les formes des cartouches. P.O. Ackley lui-même, pionnier des minuscules calibres en "17" dans les années 1960, s'est heurté au "mur" des 1500 m/s avec des cartouches de laboratoire aux noms humoristiques.

Les limites technologiques et les défis balistiques

Ackley a expérimenté avec des cartouches comme le 22 Eargesplitten Loudenboomer (basée sur une cartouche de 378 Weatherby Mag surmontée d'une balle de 50 grains) et une autre de 22-250 avec une balle de 25 grains. Malgré des efforts considérables, il n'a pas pu dépasser 1400 m/s. L'Australien Bill Hambly Clark a réussi à atteindre 1462 m/s avec une cartouche de 22-250 à balle de 25 grains, mais uniquement dans un canon de 52 pouces (1,30 m) qui devait être remplacé tous les 100 coups.

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Ces expériences ont mis en évidence les limites de la technologie des balles à ces vitesses extrêmes. La force centrifuge, combinant régime et vitesse de rotation, désagrégeait la veste de la balle et entraînait le noyau vers le bas, compromettant la précision et la stabilité.

L'ascension du 22 CHeetah et autres calibres rapides

Parallèlement à ces recherches, le 30-30, avec sa grande disponibilité de laiton, a donné naissance à une multitude de "wildcats" (219 Stingray, 219 Zipper, 219 Wolverine, 219 Donaldson Wasp, 22-250 AI). Ces calibres étaient rapides, mais plus sages en termes de conception. Le 225 Winchester a brièvement dominé le marché (1964-1967), avant que Remington n'adopte finalement le 22-250.

D'autres calibres étranges ont vu le jour, comme le 22 Wasp (balle de 47 grains sur douille 303 British) et le 22 Prairie Dog Killer (50 grains, 1150 m/s) développé par RW Winett sur une douille 6,8 SPC. Le 17-32 Mag (balle de 20 grains, 1000 m/s), un équivalent du 17 HMR moderne, est né de l'initiative d'un employé de Sierra qui cherchait à utiliser de vieilles douilles de 32 HR Mag.

Le 22 CHeetah de Jim Carmichel, un célèbre "gunwriter", a marqué une étape importante. Basé sur un étui de 308 BR rétréci et un col soufflé pour une balle de 223, il a atteint 1545 m/s. Un projet de l'US Army, utilisant une base 30-378 Weatherby Magnum avec une balle en alliage spécial de 90 grains, visait même les 2000 m/s.

Le 22 CHeetah, dont la genèse est bien documentée, mérite une attention particulière. Jim Carmichel, successeur de Jack O'Connor à la tête de la revue Outdoor Life, était également un tireur de précision émérite. Les deux premières majuscules de son nom, 22 CHeetah, rappellent ses deux concepteurs, dont Fred Huntington, fondateur de RCBS (Rock Chuck Bullets Swage). La première version du 22 CHeetah utilisait une version particulière de 308 avec un épaulement à 40° et une petite amorce Remington (308 WRBR), qui était sensible au froid et à la pression élevée, et difficile à former au feu. La seconde version, avec un épaulement à 28°, utilisait le laiton 243 Winchester, plus courant. Avec une balle de 50 grains, elle atteignait 1250 m/s, et 1120 m/s avec une balle de 60-65 grains. Ce calibre, promu par un grand nom de l'âge d'or des "gunwriters", a rapproché la chasse et le bench-rest, donnant naissance à des calibres 22 à percussion centrale très rapides.

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L'influence du bench rest et les calibres modernes

Le bench rest a eu un impact profond sur le tir de chasse, influençant la conception des armes, des munitions et même l'entretien des fusils. Les recherches incessantes dans ce domaine ont conduit à des impasses et des "missions impossibles", mais ont également permis des avancées significatives. On lui doit la prolifération des canons flottants, le bedding, la fabrication de balles spécifiques, les crosses composites et même hybrides bois-fibre. Les produits d'entretien et les optiques se sont également adaptés aux exigences de précision du bench rest.

Aujourd'hui, les balles "usine" les plus rapides pour un usage courant sont le 204 Ruger (1280 m/s), suivi de près par le 22-250, le 220 Swift et le 17 Remington (1971). Ces calibres, populaires auprès des adeptes du varminting, ont relégué les approches artisanales de la balistique au rang de sports coûteux et exotiques.

Les limites actuelles et les perspectives d'avenir

À l'approche des 1500 m/s, le canon lisse pourrait offrir une solution pour propulser un projectile ensaboté avec une énergie plus importante, réduisant ainsi la friction et la résistance liées aux rayures. L'effet gyroscopique pourrait être obtenu par le déploiement d'ailettes dès la sortie du canon, comme c'est le cas pour les projectiles antichars.

Records de tir à longue distance

Un tireur d'élite ukrainien a récemment revendiqué un record du monde en abattant un envahisseur russe à une distance de 3,8 km avec un fusil anti-matériel Horizon's Lord de fabrication ukrainienne. En 2022, un autre sniper ukrainien anonyme avait revendiqué le deuxième tir mortel le plus long de l'histoire.

En octobre 2016, un tireur de précision français, Benjamin Gineste, a établi un record du monde de tir à longue distance avec une carabine "Custom" chambrée en .408 CheyTac, en réussissant à placer trois tirs dans une cible située à 4 150 m.

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Plus récemment, un nouveau record de distance a été établi à 6012 yards (5497 m). Bien que les détails spécifiques de ce tir ne soient pas disponibles, il témoigne des progrès constants réalisés dans le domaine du tir à très longue distance.

Vitesse et records dans d'autres sports

La quête de la vitesse ne se limite pas au tir. Dans d'autres sports, les athlètes et les ingénieurs repoussent également les limites de ce qui est possible.

  • Badminton : Le record de vitesse d'un volant de badminton est de 493 km/h, établi par le Malaisien Tan Boon Heong en 2013. En 2023, Satwiksairaj Rankireddy a pulvérisé ce record avec un smash à 565 km/h.
  • Tennis : L'Australien Samuel Groth détient le record du service le plus rapide avec une balle chronométrée à 263 km/h.
  • Football : La frappe la plus puissante enregistrée sur un terrain de football a été réalisée par Hami Mandirali, avec une vitesse de 211 km/h.
  • Biathlon : Le Norvégien Martin Uldal a réalisé un 5/5 au tir debout en seulement 12,5 secondes lors d'une épreuve de Coupe du monde, établissant un nouveau record du monde.

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