La Fée Carabine : Résumé et Analyse

La Fée Carabine, roman policier de Daniel Pennac publié en 1987 chez Gallimard, est le deuxième volume de la saga Malaussène. Cette œuvre, à la fois réaliste et pleine de fantaisie, est une exploration des maux de la société occidentale contemporaine, tels que la solitude des personnes âgées, le trafic de drogue et le racisme, tout en conservant un optimisme certain. Le roman a été adapté en téléfilm en 1988, scénarisé par Daniel Pennac lui-même, et traduit en anglais en 1998.

L'Auteur : Daniel Pennac

Daniel Pennac, de son vrai nom Daniel Pennacchioni, est né en 1944 à Casablanca. Écrivain français célèbre, il s'illustre dans la littérature jeunesse et atteint la consécration avec la saga Malaussène. Il est aujourd'hui l'un des auteurs les plus vendus des éditions Gallimard.

Résumé de l'Intrigue

L'histoire se déroule à Belleville, un quartier de Paris, en hiver, à la fin du XXe siècle. De nombreux meurtres et vols sont commis sur des vieilles femmes. Parallèlement, un trafic de drogue impliquant des personnes âgées est découvert, entraînant des décès. Au début de l'histoire, l'inspecteur Vanini est tué par une vieille femme, sans doute apeurée, alors qu'il voulait l'aider à traverser la rue.

Les Personnages Principaux

  • Benjamin Malaussène : Protagoniste du livre, aîné de la famille, il s'occupe de tout le monde. Bouc émissaire professionnel, il est le coupable idéal de tous les crimes commis dans le quartier. Dans les quatre romans de Daniel Pennac, qu'il appelle lui-même "le quatuor de Belleville", revient le personnage principal de Benjamin Malaussène, "bouc émissaire professionnel". Benjamin est "frère de famille" : il est l'aîné de six enfants. C'est donc Ben qui doit subvenir aux besoins de tout ce petit monde et, après avoir exercé divers métiers, il a été embauché au Magasin comme "contrôleur technique". Ce terme officiel cache la réalité plus prosaïque de "bouc émissaire professionnel". Au début du deuxième roman, La Fée Carabine, Benjamin est toujours bouc émissaire, mais cette fois aux Editions du Talion. De même qu'autrefois le grand-prêtre choisissait le bouc du sacrifice, ici c'est la "Reine Zabo", "grande prêtresse des Editions du Talion" qui a embauché Benjamin. Elle le lui rappelle dès le début du roman : "Malaussène, je vous ai engagé comme bouc émissaire Vous êtes payé pour vous faire engueuler à ma place".
  • La famille Malaussène : Benjamin et toute la fratrie Malaussène sont de retour. Et alors que la mère attend son septième enfant d'un père qui une nouvelle fois répond aux abonnés absents, Benjamin chapeaute tout ce petit monde avec tendresse. il sert toujours de souffre-douleur pour les Editions le Talion, son job consistant à prendre les engueulades à la place de la directrice. Mlle Verdun Malaussène : portrait d'un nourrisson. Trois jours déjà ! C'est gros comme un rôti de famille nombreuse, rouge viande tout comme, soigneusement saucissonné dans l'épaisse couenne de ses langes, c'est luisant, c'est replet de partout, c'est un bébé, c'est l'innocence. Mais gaffe : quand ça roupille, paupières et poings serrés, on sent que c'est dans le seul but de se réveiller, et de le faire savoir. Et, quand ça se réveille : c'est Verdun ! Toutes les batteries soudain en action, le hurlement des shrapnels , l'air n'est plus qu'un son, le monde tremble sur ses fondations, l'homme vacille dans l'homme, prêt à tous les héroïsmes comme à toutes les lâchetés pour que ça cesse, pour que ça retrouve le sommeil, même un quart d'heure, pour que ça redevienne cette énorme paupiette, menaçante comme une grenade, certes, mais silencieuse au moins. Ce n'est pas qu'on dorme soi-même si elle se rendort, on est bien trop occupé à la surveiller, à prévoir ses réveils, mais au moins les nerfs se détendent un peu. L'accalmie, le cessez-le-feu… la respiration de la guerre. On ne dort que d'un oeil et sur une oreille. Dans notre tranchée intime, le guetteur veille. Et, dès le premier sifflement de la première fusée éclairante, à l'assaut, bordel ! Tous à vos biberons ! Repoussez-moi cette offensive ! Des couches, les infirmières, des couches, nom de Dieu ! Ce qui est englouti d'un côté déborde presque aussitôt de l'autre, et les hurlements de la propreté bafouée sont encore plus terrifiants que ceux de la famine. Des biberons ! Ca y est, Verdun s'est rendormie. Elle nous laisse debout, hébétés, chancelants, l’œil vide fixé sur l’ample sourire de sa digestion. C'est le sablier de son visage, ce sourire. Il va se rétrécir peu à peu, imperceptiblement, les commissures vont se rapprocher, et, quand la bouche toute rose ne sera plus qu'un poing noué, le clairon sonnera le réveil des troupes fraîches. De nouveau, le long hurlement vorace jaillira des tranchées pour investir les cieux. Et les cieux répondront par le pilonnage de toutes les artilleries : voisins cognant au plafond, martelant à la porte, jurons explosant dans la cour de l'immeuble… Les guerres sont comme les feux de broussailles, si on n'y prend garde, elles se mondialisent.
  • Les personnes âgées : Le portrait des veuves qui se défendent à coup de pistolet ainsi que des vieux drogués recueillis par la famille Malaussène est minutieusement brossé. On retrouve, entre autres, Semelle, ancien cordonnier, Verdun, qui a fait la guerre de 14-18, et Stojilkovicz, dit Stojil, joueur d’échecs et confident de Benjamin. Benjamin fait un tableau de la situation : lui et sa famille recueillent des grands-pères ex drogués pour les empêcher de replonger et les protéger contre « la bande de la jolie brunette piquouseuse de vieillards » qui cherche ses clients dans la tranche du troisième âge.
  • Les policiers : Le jeune inspecteur Pastor a été adopté par « Le Conseiller ». Il est un maître dans l’art de l’interrogatoire. Quant à l’inspecteur Van Thian, c’est un travesti qui enquête sous les traits de la veuve Hô. Les inspecteurs Pastor et Van Thian s'introduisent chez Benjamin pour essayer de trouver des indices. Malheureusement pour eux, ils ne trouvent rien d'intéressant. Le commissaire divisionnaire Cercaire appelle l'inspecteur Pastor, car il est très doué pour les interrogatoires et qu'il a besoin de lui.

Le Concept du Bouc Émissaire

Le terme de "bouc émissaire" est totalement passé dans la langue courante avec le sens de "celui sur lequel on fait retomber les fautes des autres et qu'on accuse de tous les malheurs". Cette expression a son origine dans la Bible, dans Le Lévitique, où sont décrits les rites du "grand Jour des Expiations". La tradition du bouc émissaire est quasi universelle ; elle se retrouve dans tous les continents et s'étend jusqu'au Japon. On connaît par ailleurs le brillant travail de René Girard sur ce thème qu'il a longuement développé dans Le Bouc Emissaire, faisant suite et en quelque sorte concluant sa réflexion sur "la violence et le sacré".

Cette analyse est connue de Daniel Pennac puisque c'est une citation de René Girard qui sert d'exergue au premier roman, Au Bonheur des Ogres : "[…] Les fidèles espèrent qu'il suffira au saint d'être là […] pour qu'il soit frappé à leur place" (BO, 7).

Lire aussi: Lunettes de tir pour carabines à air comprimé : Le guide complet

Thèmes Abordés et Clés de Lecture

La Fée Carabine se déroule dans un univers réaliste, dans le quartier de Belleville à Paris. Pennac critique les maux de la société occidentale contemporaine, tels que la solitude des personnes âgées, le racisme et le développement des trafics de drogue.

Style et Langage

Le roman est écrit dans un langage libéré de la norme, avec beaucoup d'humour. Pennac est un génie, savoir donner autant de plaisir et de bonheur à ces lecteurs, il faut toute son écriture incroyablement imagée et riche pour réussir un tel pari. La fée carabine est celui de la série qui remporte la palme, drôlissime, inventif, poétique, des rebondissements en veux-tu, en voilà tout est parfaitement proportionné, Pennac est un orfèvre, un magicien, un bienfaiteur.

Le Manuscrit de Ponthard-Delmaire: Un Exemple

Benjamin va avoir rapidement l'occasion d'exercer ses talents : les Editions du Talion sont en effet chargées d'éditer le livre de l'architecte Ponthard-Delmaire et c'est Ben qui est allé chercher le manuscrit. La Reine Zabo prévient Ben : "C'est le moment où jamais d’utiliser vos talents de bouc émissaire".

Lire aussi: Guide : Sac à dos idéal pour la chasse

Lire aussi: Choisir sa Carabine Double Calibre

tags: #la #fee #carabine #resume #analyse

Articles populaires: