Le Vieux Fusil : Analyse d'un Classique Choc

Le Vieux Fusil, réalisé par Robert Enrico, est un film français qui transcende les genres et continue de provoquer des réflexions profondes. Ce classique choque, qui n’a pas pris une ride, est la preuve absolue que le film de genre français peut être passionnant. Au-delà de son aspect de film de vengeance, il offre une critique poignante de la France pendant l'Occupation et explore les thèmes de la neutralité, de la mémoire et de la foi.

Robert Enrico : Un Cinéaste Versatile

Cinéaste versatile qui aimait jongler entre divertissement populaire et cinéma plus intime, Robert Enrico aura laissé au cinéma français une œuvre riche qui mérite d’être explorée en profondeur. C’est pourtant paradoxalement pour son œuvre la plus radicale et dérangeante que le cinéaste est cité. Malgré sa réputation sulfureuse, le film avait été un franc succès lors de sa sortie en dépassant les trois millions d’entrées en France. Ajoutons à cela les trois César remportés pour neuf nominations et l’on saisit immédiatement que le génie de Robert Enrico a été d’allier triomphe critique et plébiscite populaire. Et si le film résiste si bien à l’épreuve du temps, c’est parce qu’il parvient à être à la fois un film de genre redoutable et une œuvre politique majeure.

Un Film de Genre et une Œuvre Politique

Le Vieux Fusil est souvent catégorisé comme un film de "rape and revenge", un sous-genre cinématographique controversé. Bien qu’il y ait toujours matière à débat, la paternité du rape and revenge est communément attribuée au cinéaste Ingmar Bergman avec son film-choc La source en 1960. Il faudra cependant attendre la décennie suivante avant de voir ce sous-genre exploser, notamment dans le cinéma d’exploitation nord-américain. Wes Craven s’en empare avec La dernière maison sur la gauche. Avec son concept très littéral de mettre en scène un viol puis une vengeance brutale, il n’est pas étonnant de constater que le sous-genre a rapidement gagné une réputation très sulfureuse. Moralement douteux, politiquement crasse, le rape and revenge canalise souvent ce qui se fait de pire dans le cinéma d’exploitation.

Le film suit l'histoire de Julien Dandieu, un chirurgien interprété par Philippe Noiret, qui, après avoir perdu sa femme et sa fille dans un massacre commis par des soldats allemands, se lance dans une quête de vengeance impitoyable. Il est d’ailleurs aisé de comprendre toutes les polémiques déclenchées par le film à sa sortie tant il n’a rien perdu de son choc ni de sa violence crue. Impossible de ne pas mentionner la tristement célèbre séquence du viol, tout simplement insoutenable. Les nombreuses séquences de meurtres continuent de faire froid dans le dos. Là encore, la performance détachée et la bonhomie de Philippe Noiret jouent un rôle crucial dans le résultat final. Dans l’ensemble, Le vieux fusil conserve ainsi toute son efficacité en tant que pur film de genre.

Cependant, Le Vieux Fusil dépasse largement les limites du simple film de genre. Autre critère participant à l’effet de choc que produit toujours Le vieux fusil, Robert Enrico y dresse un portrait terrifiant de la vie française sous l’occupation allemande. Les séquences se déroulant à l’hôpital nous confrontent frontalement à l’horreur de la guerre. Les corps mutilés agonisent, l’hémoglobine recouvre les blouses des chirurgiens. Au-delà du film de genre saisissant, Le vieux fusil semble avant tout motivé par un propos politique bien plus complexe et nuancé qu’il n’y paraît. Robert Enrico utilise ses protagonistes comme des métaphores assumées de l’occupation et de la fin de la Seconde Guerre mondiale. En ce sens, on peut voir en Philippe Noiret un reflet de la France neutre qui finit par se révolter à l’usure. En début de récit, on nous le présente comme un simple citoyen qui attend discrètement la fin du conflit armé. Il affirme même ne pas faire de politique. Le film va alors questionner cette notion complexe de neutralité en période de guerre.

Lire aussi: Décryptage du film Le Vieux Fusil

La Question de la Neutralité et la Remise en Question du Passé

Le film soulève des questions complexes sur la neutralité en temps de guerre et la responsabilité individuelle face à l'oppression. On peut voir Le vieux fusil comme une extension de ce mouvement du cinéma français des années 70 consistant à remettre en question le rôle de la France durant la Seconde Guerre mondiale. À peine un an avant la sortie du film, c’est le cinéaste Louis Malle qui déchaînait les polémiques avec Lacombe Lucien, qui portait un regard trouble et lucide sur la collaboration. À son tour, Robert Enrico analyse méticuleusement les mécaniques de soumission et la passivité d’un peuple dans son ensemble. À la lumière de cet angle de lecture, la démarche du cinéaste est limpide. Il ravive les mémoires traumatiques d’un pays cherchant à idéaliser son passé. De manière là encore métaphorique, Dandieu est un personnage qui ne vit plus qu’à partir de bribes de souvenirs. Même après avoir commis des meurtres barbares, il s’enfermera dans une bulle factice. Le bon docteur n’assumera jamais sa propre passivité. Après tout, il prend si peu d’initiatives que c’est son ami qui le pousse à envoyer sa femme et sa fille dans le village où aura lieu le massacre. La fin du récit voit Dandieu embrasser totalement ce refus de vérité. Après quelques secondes de lucidité absolument déchirantes, le protagoniste se déconnecte volontairement du réel.

Critique Sociale et Deuil de la Foi

Si le récit s’inspire de plusieurs faits divers, notamment le massacre de Tulle, on peut cependant noter une dernière critique sociale inhérente au déroulement de ce massacre. En sous-texte, le cinéaste questionne la place de la religion en France. Ainsi, la plupart des corps des villageois sont retrouvés dans l’église. Après avoir découvert les cadavres de sa famille, Dandieu va détruire les statues du Christ et de la Vierge. Le film semble alors raconter le deuil de la foi. Au-delà d’une histoire de vengeance, on assiste à l’histoire d’un pays qui doit sacrifier une tradition désuète et ancrée dans le passé. Le long-métrage semble d’ailleurs se demander comment croire dans le Bien absolu après avoir assisté au pire de l’horreur humaine.

Un Message Réactionnaire ?

Parmi les critiques récurrentes que subit le film, on retrouve souvent son message prétendument réactionnaire. Robert Enrico se ferait ainsi l’avocat de la justice expéditive, voire même de la peine capitale. Comme énoncé précédemment, le rape and revenge est lié par essence à certains courants politiques conservateurs. Les films de Charles Bronson en sont un exemple typique. Prenons tout d’abord le contexte. Robert Enrico ne remet pas en question la pertinence du système judiciaire moderne. Son film se déroule dans une période extrêmement précise de fin de guerre où les entités légales n’existent plus. Plus précisément, elles sont contrôlées par des tortionnaires qui agissent donc en toute impunité et avec le sentiment d’urgence d’une débâcle annoncée. Mais bien plus important encore, Le vieux fusil s’émancipe totalement de la notion de Bien et de Mal, tout comme son protagoniste s’émancipe de la morale chrétienne. La question n’est jamais de savoir si Dandieu a raison d’agir comme il le fait. Au passage, il n’est jamais filmé comme un héros viril et valeureux de film d’action. Bien au contraire, il se transforme progressivement en prédateur. Ce que le film raconte n’a donc rien à voir avec le schéma héroïque souvent douteux du film de vengeance. Le vieux fusil ignore la notion d’héroïsme autant que celle de justice. C’est essentiellement le récit d’une déshumanisation.

La Psychologie Complexe de Dandieu

Tout le génie du long-métrage se condense dans la psychologie complexe du docteur Dandieu. Un personnage fébrile et maladroit, incarné avec une grâce infinie par Philippe Noiret. Sa quête reste désespérée. Même la séquence inoubliable du lance-flammes ne le présente pas en héros vengeur qui offre au public une catharsis jubilatoire. Jusqu’au bout, Le vieux fusil nous aura présenté un homme en perdition.

Réception Critique et Controverses

La violence du film a suscité des réactions passionnées, allant de l'admiration au dégoût. Dans Les Cahiers du Cinéma, Jean-Pierre Oudart parla à la sortie d’un « film abject », relayé des années plus tard par Louis Skorecki, dans Libération, évoquant « les indécences obscènes » du film. Leur lecture du film, qui bien qu’assez sommaire trouve encore aujourd’hui des souscripteurs, le réduisait à une chasse à l’homme dans lequel un « gentil » se rendait justice lui-même en tuant des « méchants », associant de fait le film aux œuvres de « justicier » telles qu’on pouvait alors les voir alors aux Etats-Unis, par exemple sous les traits de Charles Bronson dans la série des Death Wish.

Lire aussi: Bruniquel : Un Voyage à Travers le Temps

Si l'on peut donc (sans forcément en appeler à l’abjection ou à l’obscénité) avoir des réserves d’ordre moral sur le film, elles ne doivent donc pas tant être sur ce qu’il décide de raconter que sur la manière dont il le fait. Philippe Noiret (sur l’apport duquel nous reviendrons plus tard) évoque dans sa Mémoire cavalière sa déception de ne pas avoir vu ce sujet délicat traité avec plus de retenue ou de subtilité. Et, de fait, Robert Enrico ne cherche pas spécialement à prendre des pincettes quand il s’agit de décrire ou les massacres perpétués par la division nazie ou la séquence d’assassinats vengeurs de Dandieu : il y opte à la fois pour des mécaniques de film de genre (avec une représentation explicite des choses, y compris les plus sanglantes) et de mélodrame (en opérant sur le contraste entre la violence des actions et la douceur des souvenirs, pour mieux susciter l’émotion). On peut notamment lui reprocher, dans cette logique, des caractérisations grossières (tous les personnages allemands, sans aucun doute (1)) et des transitions malhabiles, comme ce fondu enchaîné entre un corps calciné et la flamme d’une bougie dans un flash-back…

Contexte et Thèmes

Tout d’abord, le film est tourné, au milieu des années 70, à une époque où la France commence à interroger son passé d’une manière un peu différente : au niveau cinématographique, notamment, des films comme Lacombe Lucien de Louis Malle, ont fait polémique en remettant à plat les comportements individuels durant le conflit. Non, tous les Français n’étaient pas résistants, tous les Français n’étaient pas des héros, tous n’ont pas eu une attitude morale irréprochable face à l’Occupation. (2) Dandieu, par un prisme différent, incarne lui aussi cette reconnaissance de l’inexemplarité individuelle : il n’agit probablement pas comme il faudrait qu’il le fasse, mais (sempiternelle question) qui sait comment il faut se comporter face à l’ignominie et - plus encore - qui sait comment il ou elle se comporterait en telle situation ? Dans les premières minutes du film, Dandieu nous est présenté d’emblée comme un Français quelconque : ni collabo ni résistant, il continue de travailler, et ce n’est de toute façon pas un personnage politisé, ni même engagé, à titre individuel, dans ce conflit. De fait, parce qu’il adopte un strict point de vue individuel, Le Vieux fusil est un film qui envisage beaucoup moins de considérations générales sur l’humanité que ce que l’on a voulu lui attribuer, en bien comme en mal d’ailleurs. Et c’est précisément ce qui explique, également, sa forme mélodramatique (pathétique, même) : les dédales, portes dérobées, vitres sans tain qui peuplent ce château ne sont pas là que pour alimenter (de façon tout à fait palpitante) la manière romanesque du récit, ils traduisent l’état mental d’un personnage qui (littéralement) erre dans les méandres de ses souvenirs ou qui, face à un miroir, ne parvient même plus à se voir.

Il faut alors repenser à la séquence essentielle, traumatisante, qui déclenche cette violence : celle où Dandieu, découvrant les corps de son épouse et de sa fille, « voit » ce qui s’est passé. Il ne s’agit alors pas forcément tant d’un flash-back (et, à ce titre, cet exemple matriciel sert à envisager différemment tous ceux qui suivront) que d’une « vision », une manière de faire entrer dans l’esprit du personnage. Et c’est là que le rôle de Robert Enrico, que l’on a jusqu’ici pas forcément présenté de la manière la plus estimable qui soit, se définit plus précisément. Ancien élève de l’IDHEC (section mise en scène) et monteur à ses débuts, Enrico sait aussi bien que quiconque que le cinéma est un art des images et des sons, qui prend du sens par la manière dont ceux-ci s’agencent les uns avec les autres. Et la séquence dont nous parlons, précisément, a pour vocation de créer sur le spectateur un impact émotionnel comme seul les moyens cinématographiques peuvent le permettre : pour dire les choses sommairement, si on devait dresser un palmarès des séquences les plus traumatisantes de l’histoire du cinéma populaire français, cette séquence arriverait en très haute position. Pour des générations entières de spectateurs (pas forcément cinéphiles, on y arrive tout de suite), Le Vieux fusil, c’est la séquence du lance-flammes, et les frissons que son souvenir procure inévitablement. Sans cette séquence, le film n’aurait pas été le même, et il n’aurait, sans aucun doute, pas eu la même postérité. (3) Surtout, le cheminement du personnage de Dandieu n’aurait pas été, en tout cas dans la même mesure, aussi « justifiable » (à tort ou à raison). On peut, lorsque l’on porte en haute estime les moyens cinématographiques, trouver qu’il s’agit là d’une forme de manipulation peu glorieuse. Car, enfin, placé dans la cohérence d’une filmographie qui vaut certainement plus que la manière dont elle est souvent considérée, Le Vieux fusil ne choque pas : des Grandes gueules (avec le personnage de Bourvil) à Fait d’hiver (celui de Charles Berling), en passant par Les Aventuriers (Ventura), Ho ! (Belmondo), Pile ou face (Serrault) et quelques autres, l’histoire centrale du cinéma de Robert Enrico, c’est la manière dont un type quelconque, a priori équilibré, va être amené par les circonstances à basculer malgré lui dans la violence, voire la folie. Autrement dit, ce qui intéresse Enrico, ce n’est pas la violence à proprement parler, ce sont les mécanismes qui la déclenchent. A cet égard, Le Vieux fusil a quelque chose de l’ordre de l’évidence, et le coeur du film ne se trouve pas dans les actes commis par Dandieu, mais dans la manière dont ceux-ci le transforment. A la fin du film, récupéré par son ami François, Julien lui parle comme si ce qui venait de se produire n’avait pas eu lieu, comme si les choses étaient comme avant… La violence, dans le cinéma vigilante, a quelque chose de libératoire, d’exutoire et de résolutoire ; dans Le Vieux fusil, elle acte la perte (de raison, voire d’humanité) du personnage, et son emprisonnement dans l’illusion de l’ « avant ». Julien ne redeviendra jamais lui-même : il s’est définitivement égaré dans ces ruines dévastées.

Interprétations et Analyses

Le Vieux Fusil est un film aux multiples facettes, qui peut être interprété de différentes manières. Dans le cadre d’un exercice d’appréhension critique d’une œuvre cinématographique, il est nécessaire (en particulier sur un film qui a déjà fait couler beaucoup d’encre) d’avoir à l’esprit les quelques questionnements complémentaires qui vont guider l’analyse, sous peine de n’envisager qu’un bout de la lorgnette : que raconte le film ? dans quel contexte de narration ou de production ? avec quelle approche thématique ou stylistique ? Parfois, ces interrogations se fondent, formant une essence cohérente de laquelle on tire facilement les chefs-d’oeuvre. Et parfois, c’est beaucoup moins simple : selon l’angle avec lequel on l’aborde, Le Vieux fusil est un film qui a parfois figé ses commentateurs dans la posture, que celle-ci soit d’ailleurs pour sa défense ou violemment à charge. Ces positions, sur lesquelles nous allons revenir, nous paraissent pour la plupart en partie compréhensibles, mais aucune ne nous paraît en réalité suffisante. Le Vieux fusil, qu’est-ce, finalement ? Un revenge (voire un rape-and-revenge) movie ? Un film de guerre ? Un document historique, en ce qu’il commente des faits historiques avec le regard rétrospectif de son époque ? Un mélodrame en temps de guerre ? Ou un film signé Robert Enrico ? Un peu tout cela, peut-être.

Analyse des Personnages

Ce que l’on retient, ce sont les conséquences de ces actes qui sont terriblement dramatiques; on les vit au travers des yeux du personnage principal. Julien Dandieu est un homme plutôt sympathique, tout en rondeur. Un professionnel de santé exposé à la souffrance du quotidien. Plus il soigne et plus on lui envoie de blessés, avec toujours moins de médicaments. Il vient en aide aux blessés, sans discrimination, y compris les miliciens. Même s’il apporte un soutient discret à la Résistance, il ne s’engage pas.

Lire aussi: Le pistolet à poudre noire : un aperçu

Clara le trouve laid. Julien lui offre un peu de sécurité. Elle se marie donc avec lui. Lorsque l’ennemi approche, Julien ne prend pas de décision. Il laisse François décider pour lui et va le regretter puisqu’il ne reverra plus jamais ni sa femme, ni sa fille. Sans le savoir, il les a données en pâture aux sauvages. Une fois. Il se refait le film des événements. S’en veut. Les femmes de sa vie, celles qu’il se devait de protéger, sont mortes par sa faute. Il les a abandonnées. Sa culpabilité est énorme, sa colère sourde. La barbarie de la guerre est en train de le transformer. Cet homme qui a pour habitude de sauver des vies condamne désormais les bourreaux de sa femme et de sa fille à la peine de mort. Il devient le vengeur, machine à broyer l’ennemi. Julien pousse le vice jusqu’à mentir aux Partisans pour mieux en finir avec les Nazis, seul. Julien fait le ménage. Il liquide tous les Nazis de sang froid, sans dire un mot. Lorsque François le retrouve, Julien est égal à lui même malgré le drame qu’il vient de traverser. Il n’a pas changé alors qu’il vient de tuer une dizaine d’hommes : il devient un monstre. Puis il revient à lui même et retrouve son humanité l’espace de quelques secondes. Prend conscience de l’atrocité qu’il vient de subir - et de commettre. Les larmes montent. Puis sa nature reprend le dessus.

Acteurs

D’ailleurs, le personnage de Dandieu devait initialement être confié ou à Yves Montand ou à Lino Ventura. Quand bien même Noiret aura rétrospectivement émis quelques réserves sur sa participation au Vieux fusil, on peut légitimement penser (et avec toute l’estime que l’on porte aux deux comédiens sus-mentionnés) que le film aurait été différent, plus viril, moins fragile et probablement plus problématique. Face à lui, irradie le charme incomparable de Romy Schneider, filmée lors des flashba… pardon, des souvenirs de Julien comme un être solaire, habité simultanément d’une joie de vivre et d’une tristesse renversantes.

Impact et Héritage

En 1975, Le Vieux fusil réunit 3 365 471 spectateurs. C’est le cinquième meilleur résultat de l’année au box-office France. Le film triomphera lors de la toute première cérémonie des César en remportant trois statuettes : meilleur film, acteur et musique (à titre posthume pour François de Roubaix, disparu peu avant). Le temps confirmera cet engouement. En 1985, Le Vieux fusil sera élu comme César… des César par la même profession. Il y a peu de films et de musique dans une vie qui vous laissent des images et des sons ancrées dans votre mémoire de manière indélébile : Le Vieux fusil en fait partie. Beaucoup de choses plus ou moins bonnes ou mauvaises ont été dites sur le sens profond a donné au message délivré par ce film, mais il n'en reste pas moins que c'est une œuvre absolument marquante à cause de son impact psychologique et émotionnel puissant.

Anecdotes de Tournage

C'est dans la très chic brasserie parisienne de la Closerie des Lilas que se tournent les premières séquences du Vieux fusil. Il s'agit de la première rencontre entre Julien Dandieu (Noiret) et Clara (Schneider), de celle qui lance le tourbillon d'une vie. Lui, banal et empoté. Elle, souveraine, portant un voile pour mieux atténuer la fulgurance de sa beauté. Pour l'heure, Noiret est attablé et bien coiffé. Mais pas de Romy à l'horizon. Le goujat patiente à nouveau. L'Autrichienne s'est fait porter pâle à la dernière minute. Enrico flippe. Son affaire sent décidément le brûlé.

tags: #le #vieux #fusil #film #analyse

Articles populaires: