Les Francs-Tireurs : Histoire et Héritage

Introduction

L'histoire des francs-tireurs est complexe et variée, s'étendant sur plusieurs conflits et régions. Cet article explore l'histoire des francs-tireurs, en particulier en France, en mettant en lumière leur rôle pendant la guerre de 1870-1871 et leur héritage dans la mémoire collective.

La Guerre de 1870-1871 et les Francs-Tireurs

La guerre de 1870-1871 opposa la France à une coalition d'États allemands dirigée par la Prusse. Ce conflit, qui eut lieu du 19 juillet 1870 au 28 janvier 1871, fut une conséquence de la défaite prussienne lors de la bataille d’Iéna de 1806. Après la défaite de l’armée impériale de Napoléon III à Sedan et la capitulation de celle-ci le 2 septembre 1870, la résistance s’organisa face à l’avancée des troupes ennemies sur les Vosges.

Composition des Troupes

Les armées étaient constituées de soldats qui effectuaient au minimum cinq ans dans l’armée. Cependant, face à l'invasion, des troupes disparates se formèrent, composées de gardes mobiles, de francs-tireurs et de civils. Les francs-tireurs étaient des engagés volontaires, formant des unités irrégulières qui opéraient souvent en marge de l'armée régulière.

Rôle et Stratégies

Les francs-tireurs étaient particulièrement efficaces dans les opérations de harcèlement et d'embuscade. Leur connaissance du terrain et leur mobilité leur permettaient de surprendre les forces ennemies et de perturber leurs opérations. Un exemple de leur tactique est illustré par le lieu-dit La Roche, à Bannalec (Finistère), où des espaces boisés importants offraient de nombreuses possibilités de cachette en cas d’arrivée de patrouilles allemandes. De plus, les routes étroites et peu pratiques pour les camions allemands étaient propices à des embuscades.

Exemples Régionaux

Dans le massif de Repy, on trouve la roche des Francs-Tireurs, qui culmine à 560 m d’altitude. C’est une roche qui présente une dépression, un abri sous roche, où des francs-tireurs de la guerre de 1870-1871 auraient trouvé refuge au moment des conflits, tout en se trouvant à un endroit stratégique. La bataille la plus importante de la région a lieu le 6 octobre 1870 dans le secteur de La Salle-Nompatelize, dont elle portera le nom. Cette bataille se livre au carrefour d’importants lieux de passage vers Épinal par les cols du Haut du Bois, de Mon Repos et de la Chipotte. La victoire reviendra à la brigade badoise du général Degenfeld.

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Après la Guerre : Occupation et Commémoration

À la suite de la paix signée le 10 mai 1871 à Francfort, la ville est occupée par un bataillon du 9e régiment poméranien, qui logera chez l’habitant puis dans des baraquements qui seront construits et achevés fin décembre 1871. Le 14 novembre 1872 ce bataillon est remplacé par le 2e bataillon du 73e régiment de fusiliers hanovriens. Ils administrèrent Raon-l’Étape avec les autorités civiles, sans trop d’incidents majeurs. En revanche, pendant l’occupation, la ville eut à payer de nombreuses contributions, amendes pour un total de 33 840 francs. Le 30 juillet 1873, les troupes d’occupation quittèrent la ville en direction de Baccarat vers la nouvelle frontière. C’est avec une grande allégresse que la ville fêta ce départ.

Monuments et Mémoire

La mémoire des soldats morts pendant la guerre de 1870 est honorée par des monuments et des cérémonies. À La Roche-sur-Yon, par exemple, les noms des soldats yonnais morts en 1870 et 1871 sont désormais inscrits auprès du monument aux morts place Simone-Veil. Le 13 septembre 1891, le conseil municipal de la ville vota l’érection d’un monument, une colonne où sont inscrits les noms des morts pour la patrie.

Les Francs-Tireurs Pendant la Seconde Guerre Mondiale

Le terme "francs-tireurs" a été réutilisé pendant la Seconde Guerre mondiale pour désigner les résistants.

Francs-Tireurs et Partisans (FTP)

Les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) étaient une organisation de résistance armée créée en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils étaient affiliés au Parti communiste français et ont joué un rôle important dans la lutte contre l'occupation allemande.

Actions de Libération

Les FTP ont participé à de nombreuses actions de sabotage, d'embuscade et de libération de villes. Par exemple, à Saint-Paul d’Eyjeaux, un camp d’internement emprisonnant les “indésirables” fut libéré par les Francs-tireurs et partisans le 11 juin 1944. De même, le 14 juillet 1944, la ville de Saint-Junien est libérée par les maquisards menés par le commandant Le Lay.

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Exemples de Résistance Locale

Plusieurs villes et villages ont été le théâtre d'actes de résistance notables.

Bannalec

À Bannalec, le lieu-dit La Roche était un endroit stratégique pour les maquisards en raison de ses espaces boisés et de ses routes étroites, propices aux embuscades. Ce groupe pouvait aller jusqu’à 60 personnes et était associé au groupe Louis d’Or de Scaër.

Montbrison

À Montbrison, bien que la ville n'ait pas été directement visée par l'aviation alliée, des alertes étaient signalées par des coups de sirène, et des caves voûtées étaient utilisées comme abris antiaériens.

La Vendée et les Guerres de Vendée

La Vendée, région marquée par des conflits historiques, a également vu des actions de résistance notables.

Charette et la Résistance Vendéenne

Charette, figure emblématique des guerres de Vendée, mena une résistance acharnée contre les troupes républicaines. Ses stratégies incluaient des embuscades et des déplacements constants pour échapper à la capture.

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Capture et Exécution de Charette

Après de nombreuses péripéties, Charette fut finalement capturé et exécuté à Nantes. Son exécution marqua la fin d'une époque, mais sa mémoire continua d'inspirer la résistance vendéenne.

La Bataille de Torfou

La bataille de Torfou, qui eut lieu le 19 septembre 1793, est un exemple significatif des affrontements entre les troupes républicaines et les forces vendéennes.

Contexte et Stratégies

La bataille opposa les troupes républicaines, commandées par le général Jean-Baptiste de Canclaux, aux forces vendéennes, dirigées par des chefs tels que Charrette, Louis de Lescure et Maurice d’Elbée. Les Vendéens, bien qu'étant une masse sans véritable expérience militaire, réussirent à infliger une défaite significative aux troupes républicaines.

Déroulement de la Bataille

Les Vendéens utilisèrent leur connaissance du terrain pour tendre des embuscades et harceler les troupes républicaines. La bataille se déroula sur un terrain difficile, avec des chemins étroits et des zones boisées, ce qui favorisa les tactiques de guérilla des Vendéens.

Conséquences

La bataille de Torfou fut une victoire importante pour les Vendéens, renforçant leur moral et leur capacité à résister aux forces républicaines. Cependant, elle ne marqua pas la fin du conflit, et les affrontements se poursuivirent pendant plusieurs années.

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