Introduction
La Belgique, bien que n'étant pas un pays traditionnellement belliqueux, a une longue et riche histoire dans la fabrication d'armes. Cette profusion d'armuriers belges, souvent issus de longues lignées, soulève des questions sur l'origine de ce savoir-faire historique et les raisons économiques qui ont permis à ce peuple de se trouver à la pointe de l'armement.
L'histoire de l'armurerie à Liège
Liège, en particulier, a été un centre névralgique de la production d'armes depuis le Moyen Âge. Dès le XVIe siècle, la ville fabriquait de la poudre et fournissait une grande quantité d'armes et de munitions, ce qui lui conférait une importance stratégique en temps de guerre. Son alliance était vivement recherchée par les parties belligérantes. Au XVIIe siècle, Liège fournissait armes et munitions à tous les partis. La ville offrait même des armes remarquables en cadeau à ses voisins puissants pour s'attirer leurs bonnes grâces.
Les fabricants liégeois vendaient leurs armes à des prix très compétitifs, ce qui émerveillait les étrangers. Au milieu du siècle dernier, la réputation des manufactures liégeoises s'étendait au loin. Liège exportait une grande quantité de fusils et de pistolets, de canons et de mortiers, ainsi qu'un nombre prodigieux de projectiles. Aujourd'hui, Liège expédie dans le monde entier ses armes à feu portatives, et sa fabrication a pris une extension considérable.
L'histoire de l'armurerie liégeoise est si ancienne qu'une tradition populaire la fait remonter au temps des Croisés. Le Métier des Febvres, qui regroupait tous les artisans travaillant les métaux, avait la préséance dans toutes les cérémonies, car il était le plus ancien des Métiers. Chaque classe de ces artisans formait un membre distinct du Métier des Febvres, avec ses propres chefs et statuts.
Les noms des rues de Liège témoignent de cette riche histoire. La rue Féronstrée, par exemple, était habitée par des forgerons, serruriers et taillandiers. Le quartier de l'Île abritait une rue occupée par des chaudronniers.
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John Moses Browning et son héritage
John Moses Browning, né en 1855, est une figure emblématique de l'armurerie. Fils d'armurier, il a grandi dans un environnement où les perfectionnements armuriers étaient en constante évolution. Il a déposé le brevet de sa première "invention" en 1884, en hybridant le verrou à bloc tombant Sharp et le système des Winchester 1873 & 1876. Il a ainsi obtenu le premier système à levier de sous garde compatible avec les cartouches les plus puissantes existantes.
Browning a également créé son premier fusil à répétition et à levier de sous garde en 1887, immédiatement commercialisé par Winchester. Il a ensuite mis au point le second fusil à pompe du monde, les modèles Winchester 1893 et 1897 brevetés en 1890. Vers cette période, il s'est tourné vers l'automatisme, créant ses premiers prototypes de mitrailleuses qui ont intéressé la Sté Colt. Ses travaux ont été couronnés par la mise en fabrication de son modèle COLT 1895 surnommé « Potato digger ».
Après les mitrailleuses, Browning s'est intéressé aux pistolets dits « automatiques ». Ses premières demandes de brevet datent de 1895 et 1896, et concernent quatre grands principes, dont deux sont toujours d'actualité :
- Canon fixe et culasse à déverrouillage par emprunt des gaz et piston perpendiculaire au canon (1895)
- Canon verrouillé lors du départ principe de déverrouillage par canon tournant
- Canon monté sur biellettes et portant la partie mâle du verrou
- Canon fixe, culasse immobilisée provisoirement par sa simple inertie (« Blow back »)
Browning est revenu vers les armes de chasse et l'automatisme, mettant au point dès 1898 son révolutionnaire fusil de chasse automatique, l'Auto 5. Cette arme, à la base de sa discorde avec Winchester, sera finalement produite par la FN à partir de 1903.
La période 1900-1914 a surtout consisté pour Browning dans l'amélioration de ses systèmes d'armes. La Première Guerre mondiale a orienté de nouvelles recherches vers des armes « full-auto » susceptibles de redonner aux alliés la supériorité de feu sur les armes automatiques du Reich. Ces recherches ont débouché sur deux nouvelles mitrailleuses fonctionnant par court recul du canon, une de 30 : M17 (1917) et surtout celle de 50 (1918) avec son nouveau calibre (50 BMG). Il a également développé un nouveau concept d'arme individuelle d'infanterie avec son révolutionnaire « fusil d'assaut » BAR (1917).
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Après la guerre, Browning a continué à innover, créant notamment les premiers prototypes du futur GP (ou HP) 35, un canon automatique de 37 mm, une carabine 22 « Trombone » et le superposé semi industriel B25. Il est décédé lors de mises au point de ce dernier au sein de l'usine FN de Herstal.
La Fabrique Nationale d'Armes de Guerre (FN Herstal)
L'histoire de la FN Herstal commence en 1889 lors d'une commande conséquente de fusils par le gouvernement Belge. En 1898, FN Herstal signe un contrat de collaboration avec Browning. Le site historique et siège actuel de la FN Herstal est situé à Herstal dans la région de Liège.
La FN Herstal est connue pour avoir produit des armes emblématiques telles que :
- La mitrailleuse lourde M2 : conçue par Browning et fabriquée sous licence par FN Herstal.
- Le fusil d'assaut lourd FN FAL : qui a inspiré le HK G3.
- Le FN SCAR : fusil type DMR adopté par de nombreuses armées occidentales.
- Le FN Five-Seven : arme en calibre 5,7x28.
- Le FN F2000 : fusil d'assaut bullpup en calibre 5,56 NATO.
- Le PDW FN P90 : utilisé par de nombreuses forces armées.
- La FN MAG : une mitrailleuse de soutien très répandue dans les armées occidentales.
Autres armuriers belges
Outre Browning et la FN Herstal, d'autres armuriers belges ont contribué à la renommée de l'armurerie du pays. Parmi eux, on peut citer :
- geanphy: Connu comme "le loup blanc".
- Dieudonné Saive: Disciple de John Moses Browning, il a mis au point le modèle définitif du GP (ou HP) 35 à la FN.
- Val A. Browning: Fils de John Moses Browning, il a également été un armurier de renom et a mis au point les derniers détails du superposé B25.
- Pierre ABET: Ayant acquis un savoir-faire conséquent dans le domaine de l’armurerie artisanale après avoir travaillé dans une prestigieuse armurerie et au custom shop Browning.
L'importance des archives
Les archives jouent un rôle essentiel dans la préservation de l'histoire de l'armurerie belge. Elles permettent de retrouver un ancêtre ou l'histoire de sa maison, de retracer la vie d'un personnage célèbre ou le déroulement d'un événement, et d'étudier le passé. Les archivistes réalisent des publications, des expositions et d'autres activités culturelles et éducatives pour valoriser les archives.
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En France, les services d'archives publiques sont répartis sur l’ensemble du territoire : Archives nationales, départementales, régionales, communales et intercommunales, Archives du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, du ministère des Armées et de nombreux autres organismes publics. Ces archives obéissent à des règles spécifiques de collecte, de traitement, de conservation et d'accès.
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