L'histoire de Nordine Achouri, alias "Nono", et d'Eddy Tir, alias "Barabas", est intimement liée à la criminalité marseillaise, en particulier dans la cité de la Castellane. Leurs parcours, bien que distincts, se croisent dans le contexte du trafic de stupéfiants, des règlements de comptes et de la lutte pour le contrôle territorial.
Nordine Achouri : Ascension et Chute d'un "Gérant Hors Pair"
Nordine Achouri était considéré comme la tête d'un vaste réseau de trafic de stupéfiants opérant à la cité de la Castellane, une plaque tournante de la drogue à Marseille. Sans profession déclarée ni compte bancaire, il menait un train de vie luxueux, fréquentant les casinos, voyageant à Marbella et possédant même un cheval.
Un empire financier bâti sur le trafic
Le réseau dirigé par Achouri générait un chiffre d'affaires considérable, estimé entre 50 000 et 80 000 euros par jour, soit près de 2 millions d'euros par mois. Cette "entreprise", comme la décrit le procureur, était structurée de manière à optimiser sa rentabilité, avec une organisation du travail flexible, des salaires, des primes et même des jours de repos pour ses employés.
Des "nourrices" stockaient la drogue, l'argent et les armes, tandis que des "guetteurs" assuraient la surveillance, touchant jusqu'à 1 000 euros avec prime de nuit. Le réseau offrait également des logements de refuge, des gilets pare-balles et une prise en charge de la détention pour ceux qui étaient arrêtés, à condition qu'ils n'aient commis aucune faute.
Un train de vie ostentatoire
Malgré l'absence de revenus officiels, Achouri affichait une richesse insolente. Il possédait une Rolex, fréquentait les hôtels de luxe et aimait "flamber" dans les casinos. Son cheval, Titus, était un symbole de son opulence.
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Arrestation et Condamnation
L'ascension d'Achouri a pris fin en 2013, lors d'un vaste coup de filet à la Castellane. Lors de son interpellation, il aurait jeté plus d'un million d'euros par la fenêtre. En 2015, il a été condamné à huit ans de prison pour trafic de stupéfiants.
Assassinat
Trois mois après sa sortie de prison, Nordine Achouri a été assassiné à l'arme de guerre, dans la nuit du 25 décembre. Cet assassinat a ravivé les tensions liées au trafic de drogue à Marseille.
Eddy Tir : Un Nom Lié aux Règlements de Comptes
Eddy Tir, connu sous le pseudonyme de "Barabas", est un autre acteur du banditisme marseillais. Son nom est associé à des règlements de comptes et à la lutte pour le contrôle de la Castellane.
Implication dans les conflits
Depuis sa cellule de Luynes, Tir aurait proféré des menaces à l'encontre d'Achouri, l'accusant d'être responsable de la situation à la Castellane et faisant référence à l'assassinat de Malek Tachouaft.
Une figure de la criminalité marseillaise
Eddy Tir est présenté comme le petit-fils du caïd des quartiers Nord, Saïd Tir, tué en 2011. Il est également considéré comme le meurtrier présumé de Kamel, un jeune homme abattu à la Castellane en 2011.
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La Castellane : Un Territoire En proie au Trafic et à la Violence
La cité de la Castellane est un lieu central dans l'histoire de Nordine Achouri et d'Eddy Tir. Construite en 1972, elle comprend un peu plus de 1 200 logements pour 4 500 habitants. Son organisation en labyrinthe en fait une "forteresse" difficile d'accès pour les forces de l'ordre.
Un lieu stratégique pour le trafic
La Castellane est une plaque tournante du trafic de stupéfiants à Marseille. Son urbanisme particulier facilite l'organisation des réseaux et la surveillance des allées et venues.
Un projet de rénovation urbaine
Face à la situation de dégradation et de criminalité, un "protocole de préfiguration" a été signé en 2015, prévoyant la destruction et la reconstruction d'une partie du quartier. Ce projet vise à désenclaver la cité, à reconnecter ses habitants à leur environnement et à contrarier la prise en main du territoire par les réseaux de trafic.
Une lutte constante contre le trafic
Malgré les opérations policières et les projets de rénovation, la lutte contre le trafic de stupéfiants à la Castellane reste un défi majeur. Les réseaux s'adaptent et se reconstituent, alimentant un cycle de violence et de criminalité.
Marseille : Une Ville Marquée par le Banditisme
L'histoire de Nordine Achouri et d'Eddy Tir s'inscrit dans un contexte plus large de banditisme et de criminalité à Marseille. La ville est marquée par des règlements de comptes, des trafics de stupéfiants et des luttes pour le contrôle territorial.
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Une augmentation des homicides
En 2016, Marseille a connu une augmentation du nombre d'homicides liés au trafic de stupéfiants, avec 27 morts recensés. Cette violence est souvent liée à des conflits entre clans rivaux pour le contrôle des territoires.
Une réponse policière renforcée
Face à cette situation, les autorités ont renforcé la présence policière et multiplié les opérations de démantèlement des réseaux de trafic. Cependant, ces actions ne suffisent pas à éradiquer le problème, qui nécessite une approche globale prenant en compte les aspects sociaux, économiques et urbains.
Des procès médiatisés
Les procès liés aux affaires de banditisme à Marseille sont souvent très médiatisés. Ils mettent en lumière les mécanismes des réseaux, les enjeux financiers et les conséquences humaines de la criminalité.
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