Le métier d'observateur-tireur, ou tireur d'élite, au sein de la gendarmerie est une spécialité rigoureuse et exigeante, réservée aux agents les plus performants. Cette fonction ne se limite pas à neutraliser des cibles à longue distance avec des armes telles que le FRF2 et le PGM. Les missions de ces spécialistes sont variées et nécessitent un ensemble de compétences et de qualités spécifiques.
Missions du Tireur d'Élite
Les missions d’un tireur d’élite sont variées et peuvent inclure l’observation, la collecte d’informations, et la neutralisation de cibles à long rayon d’action. La majeure partie de son travail consiste à remplir des missions d’observation et de renseignement.
Sur le terrain, le tireur d’élite peut mettre en œuvre des techniques de camouflage et d’infiltration, pour opérer dans la plus grande discrétion. Chaque intervention est unique. Il peut être positionné sur le toit d’un bâtiment, dans un appartement ou bien à l’orée d’une forêt. Sa cible peut aussi bien se trouver à 50 mètres qu’à plusieurs centaines de mètres.
Plus précisément, les missions incluent :
- Exécution de tirs sélectifs sur des objectifs clés.
- Observation des environnements : Collecte d’informations précises.
Les tireurs d'élite de la gendarmerie interviennent principalement lors d’événements ou de crises, de jour comme de nuit, les week-ends et les jours fériés. Ils peuvent être amenés à travailler de jour comme de nuit, les week-ends et les jours fériés. Ce métier exige une grande disponibilité, de l’endurance et une forte résilience.
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Qualités et Compétences Requises
La vie de tireur délite n'est pas de tout repos. Si vous souhaitez embrasser une carrière de sniper, sachez que vous allez devoir vous armer d'une extrême patience car, avant de tirer et de remplir votre mission, vous serez susceptible de rester en mode observation pendant de très longues heures. La patience est probablement la qualité la plus importante, car un tireur peut rester en position immobile pendant de longues périodes. Il est également doté d’un excellent sens de l’observation et de discernement.
Pour exceller en tant que tireur d’élite, plusieurs qualités sont essentielles :
- Calme face à des situations stressantes.
- Patience lors de longues heures d’observation.
- Précision dans le tir, nécessitant une technique irréprochable.
- Condition physique permettant de rester en forme pour les exigences du terrain. Votre condition physique doit être irréprochable car, en mission, vous allez rester en position statique très longtemps pour fixer votre cible.
- Compétences en topographie pour une navigation efficace. Bon en topographie et réactif.
- Curiosité et capacité à analyser les situations rapidement.
- Maîtrise des armes.
Bien entendu, votre acuité visuelle doit être parfaite. Vous devez avoir le sens du devoir et des responsabilités chevillé au corps. Réactivité, sang froid et efficacité doivent être vos maîtres mots.
C'est un métier qui exige une grande disponibilité, de l’endurance et de la résilience.
Formation et Parcours pour Devenir Tireur d'Élite dans la Gendarmerie
Pour devenir tireur d’élite, un parcours militaire est souvent recommandé. La spécialité de tireur d’élite n’est pas ouverte aux gendarmes débutants. Avant de pouvoir devenir tireur d’élite, il faut d’abord devenir gendarme. Le candidat doit réussir des épreuves écrites, orales et sportives. À noter : il est possible d’intégrer la gendarmerie sans condition de diplôme grâce aux sélections de Gendarmes Adjoints Volontaires (GAV).
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Le candidat doit réussir des épreuves écrites, orales et sportives. L’organisation de ce concours est similaire à celle du concours de SOG. Il est composé d’épreuves écrites, sportives et orales, mais le niveau y est beaucoup plus élevé.
Pendant ces deux jours, les candidats passent des épreuves physiques, des épreuves de tir et de connaissances militaires. Les sélections sont éprouvantes. À l’issue des 48 heures, les plus performants sont sélectionnés pour suivre la formation de TEG. À la fin du stage, le tireur doit être capable de tirer sur un objectif de 15 cm de côté à 200 mètres de distance, en toute condition (jour, nuit, pluie, vent…).
La formation des tireurs d'élite dépend essentiellement de l'unité d'élite à laquelle ils appartiennent.
Ceux qui font partie des antennes du GIGN, des PSPG, de la GTA et de la Garde républicaine effectuent deux stages de Moniteur Tireur d’Élite Gendarmerie (MTEG) par an.
Les tireurs d’élite suivent des programmes de formation spécialisés qui incluent des cours sur le tir à longue distance, la balistique, ainsi que la connaissance approfondie des armes et des munitions. Ces formations se divisent en sessions théoriques et pratiques, permettant aux candidats d’acquérir les compétences nécessaires dans des conditions réelles. Des stages de perfectionnement sont aussi organisés pour les tireurs expérimentés.
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Il faut d’abord survivre aux conditions climatiques, pour le moins capricieuses, du camp de Canjuers. Situé dans le Var, le plus grand champ de tir d’Europe culmine à une altitude d’environ 1 000 mètres. Du 3 au 14 janvier, dates de la formation, il était recouvert d’une épaisse couche de neige de 20 centimètres. Début des cours à 7 h 30, pour une fin prévue entre minuit et une heure.
C’est pourquoi la formation se déroule sans matériel, c’est-à-dire « sans aides pour déterminer les solutions balistiques », telles que des télémètres laser, des équipements de mesure météorologique ou des ordinateurs portables et leurs logiciels de prédiction cinétique.
Auparavant baptisés « tireurs TIKKA », en référence à l’armement utilisé, le fusil de précision à verrou TIKKA type TAC-A1, de calibre 7,62 mm, de la manufacture d’armes finlandaise SAKO, les TEG sont désormais répartis dans quatre branches de la gendarmerie.
Outre le GIGN et ses antennes, on trouve des tireurs d’élite au sein de la Garde républicaine (G.R.), de la Gendarmerie des transports aériens (GTA), et plus récemment des Pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG), chargés de protéger les centrales nucléaires.
Évolution de Carrière et Rémunération
Devenir tireur d’élite représente un objectif important pour de nombreux gendarmes. Cela dit, comme tous les gendarmes, un tireur d’élite a des opportunités d’évolution de carrière.
Les évolutions de carrière pour un tireur d’élite peuvent prendre plusieurs directions en fonction des compétences acquises et des expériences professionnelles vécues. Au sein de l’armée, un tireur d’élite peut gravir les échelons pour devenir chef de groupe ou occuper des postes de commandement qui intègrent des responsabilités plus vastes, telles que la gestion d’une équipe de tireurs d’élite ou l’élaboration de stratégies d’intervention. Des spécialisations supplémentaires en sécurité ou en formation des nouveaux tireurs peuvent également ouvrir des portes vers des rôles consultatifs ou de formation.
Le salaire d’un tireur d’élite de la gendarmerie est appelé la solde. Il se compose d’une rémunération fixe et de diverses primes et indemnités. Le salaire d’un tireur d’élite varie en fonction de son expérience et de son affectation.
En plus de la solde de base, les gendarmes reçoivent des primes et indemnités. Par exemple, un sous-officier de gendarmerie débutant peut toucher environ 2.145€ net par mois dès la sortie d’école. À noter qu’un TEG a déjà plusieurs années d’expérience dans la gendarmerie lorsqu’il intègre cette spécialité. Le salaire brut mensuel d'un débutant est d'environ 1 500€.
Comme tout militaire, le salaire d’un tireur d’élite dépend du grade. Un jeune soldat débute autour de 1 150 € brut/mois. Un caporal-chef ou un sergent peut espérer entre 1 700 € et 2 000 €. Les tireurs d’élite perçoivent des primes de risques et d’opérations extérieures. Ces bonus varient de quelques centaines à plus de 1000 € selon la durée et la difficulté des missions. Le salaire du tireur d’élite reste légèrement inférieur à celui de certaines unités spéciales comme les commandos marine ou les pilotes de chasse.
Avantages et Inconvénients du Métier
Avantages :
- Travail au sein d’unités d’élite, offrant un statut et une reconnaissance.
- Opportunité de travailler sur des missions variées et stratégiques.
- Développement de compétences techniques et de tir de précision.
- Formation continue et accès à des équipements de pointe.
- Possibilité de participer à des interventions qui peuvent aider à protéger la vie humaine.
Inconvénients :
- Pression et stress élevés en raison de la nature des missions.
- Exposition à des situations dangereuses pouvant mettre en péril la vie. Dans les zones de guerre, votre vie même est susceptible d'être mise en jeu à la moindre erreur. De vous, dépendront aussi la réussite d'une mission et la survie des soldats sur le terrain. Le métier de tireur d'élite est particulièrement stressant et dangereux.
- Formation rigoureuse et exigeante, nécessitant un engagement physique et mental important.
- Horaires de travail irréguliers et disponibilité en cas d’urgence.
- Isolement possible lors de missions prolongées ou sensibles.
Différences Clés entre Tireur de Précision et Tireur d'Élite
Bien que les termes soient souvent utilisés de manière interchangeable, un sniper se concentre souvent sur des missions d’observation et de dissimulation, tandis qu’un tireur d’élite exécute des tirs avec un objectif opérationnel clairement défini.
En règle générale, un tireur d'élite commence sa carrière en tant que tireur de précision au sein d'une unité d'infanterie de l'Armée de terre. Après plusieurs années d'expérience sur le terrain, il peut espérer être promu au poste de tireur d'élite qui constitue, en quelque sorte, une consécration pour un sniper. Si vous parvenez à ce niveau d'excellence, vous disposerez alors d'une totale autonomie que ne possèdent pas les tireurs de précision. Cela signifie qu'en mission, vous serez amené à gérer votre propre survie en emportant votre nourriture, vos vêtements, vos munitions. Tout cela augmentera considérablement le poids de votre sac.
Il faut également savoir qu'un tireur d'élite travaille généralement en binôme avec un observateur que l'on appelle le chef de pièce. Bien souvent, ce dernier est un ancien tireur d'élite. Si son rôle principal est de donner les corrections de tir au sniper, il peut toutefois le remplacer lorsque la mission d'observation dure plusieurs heures.
| Caractéristique | Tireur de Précision | Tireur d'Élite (Sniper) |
|---|---|---|
| Missions | Appui à courte et moyenne distance | Observation, dissimulation, neutralisation à longue distance |
| Autonomie | Limitée, intégré à un groupe de combat | Totale, survie autonome |
| Équipement | Fusil de petit ou moyen calibre, semi-automatique | Fusil de moyen ou gros calibre, répétition manuelle |
| Camouflage | Non prioritaire | Essentiel (Ghillie suit) |
| Objectifs | Soutien direct, réduction des dommages collatéraux | Cibles stratégiques, contre-sniping, destruction de matériel |
Armes Utilisées
Le fusil de précision (aussi appelé entre autres fusil à lunette ou fusil de sniper) est destiné à permettre des tirs plus précis qu'un fusil d'assaut classique. Il s'agit de l'arme des tireurs d'élite. Tous les fusils de précision comportent une lunette de visée télescopique qui par son zoom permet de mieux voir sa cible (même s'il y a quelques rares exceptions comme le fusil type 99 en 7,7 mm japonais de 1939).
- FRF2: Le FR-F2 (Fusil à Répétition modèle F2), produit par GIAT Industries est l'arme actuellement utilisée par les tireurs de précision de l'armée française. Il s'agit d'une évolution du FR-F1, lui-même basé sur un système dérivé du MAS 36. Le FR-F2 existe en deux versions : l'une a un fût en bois, l'autre un fût composite. Il est muni d'un tube anti-calorique qui évite un échauffement excessif du canon, et dissipe la chaleur préjudiciable à la précision du tir. Cette arme est équipée d'une lunette APXL 806, ou SCROME J8 pour le tir de jour, et peut être aussi équipée d'une lunette de nuit SOPELEM OB-50 et d'un désignateur laser AIM-DLR. Son calibre en 7,62 OTAN permet d'engager des cibles jusqu'à 850 mètres. Au-delà est utilisé le fusil longue portée PGM Hécate II de 12,7 mm.
- PGM Hécate II: Le Hécate II peut recevoir plusieurs types de montages de lunettes : un montage de lunette à démontage instantané STANAG OTAN, ou un rail Picatinny incliné à 20 MOA, 30 MOA ou 1°, ce qui autorise l'utilisation de la plupart des lunettes de visée et d'intensificateurs de lumière existants. La lunette la plus courante est la LTE (Lunette de Tireur d'Elite) J10 modèle F1 de grossissement 10 x 40 mm de la société française Scrome.
- TIKKA type TAC-A1: Le fusil de précision à verrou TIKKA type TAC-A1, de calibre 7,62 mm, de la manufacture d’armes finlandaise SAKO, les TEG sont désormais répartis dans quatre branches de la gendarmerie.
Unités d'Affectation
Outre l'armée de terre et ses unités d'infanterie, les tireurs d'élite peuvent également travailler au sein du GIGN, de l'unité d'élite de la Police nationale (RAID), du Service de protection des hautes personnalités (SPHP), de la Brigade de recherche et d'intervention - Brigade anti-commando (BRI-BAC) de la préfecture de police, de la Garde républicaine et de la Gendarmerie des transports aériens (GTA), des Pelotons de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (PSIG), des Pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG) ou encore du Groupe de sécurité du président de la République (GSPR).
Malgré les différentes unités d'élite au sein desquelles les tireurs d'élite peuvent intervenir, le métier reste néanmoins réservé aux agents les plus performants.
Le Groupe d'Observation et de Surveillance (GOS) de la Gendarmerie Nationale
Le Groupe d'Observation et de Surveillance (GOS) de la Gendarmerie Nationale est une unité d'élite spécialisée dans la surveillance, l'observation, la filature et l'intervention. Composée de gendarmes hautement qualifiés, cette unité assure des missions essentielles pour la sécurité nationale. Contrairement à leurs collègues d'autres unités, les gendarmes du GOS doivent se fondre dans la masse pour assurer leurs missions. Ils sont donc le plus souvent en tenue civile. Ils font donc généralement le choix d'équipements en port discret (holster, gilet pare-balle…). Tout comme les vêtements, leurs véhicules sont le plus souvent civils.
L'objectif d'un gendarme du GOS est donc d'aider les enquêteurs à accumuler des éléments de preuve concrets qui leur permettront de résoudre des affaires aussi variées que le trafic d'armes, le trafic de stupéfiants, la délinquance itinérante, le terrorisme ou le grand banditisme. Pour obtenir ces informations essentielles, les gendarmes de cette unité peuvent poser des systèmes d'écoute, des caméras, baliser un véhicule. Ils peuvent aussi être amenés à prendre en filature un ou plusieurs individus pendant plusieurs jours ou semaines pour en apprendre plus sur leur environnement, leurs habitudes, leurs fréquentations.
Les conditions de travail au sein du GOS sont exigeantes. Vous devez être prêt à travailler dans des environnements variés, parfois hostiles. La disponibilité, la résistance physique et le courage sont des qualités nécessaires pour faire face aux défis que vous rencontrerez. Les opérations peuvent durer plusieurs jours, exigeant une grande endurance. L'augmentation du nombre de GOS en France permet de limiter le nombre de déplacements à quelques semaines par an seulement. Cependant, les horaires sont souvent irréguliers.
Pour espérer intégrer un Groupe d'Observation et de Surveillance, il faut déjà servir dans les rangs de la Gendarmerie et avoir quelques années de service à son actif. Plus que des compétences techniques, ce genre d'unités recherche avant tout des « profils » qui répondront aux besoins opérationnels. Les épreuves de sélection sont toujours exigeantes. Elles se déroulent généralement sur une semaine et seuls les meilleurs candidats seront retenus après avoir été mis à rude épreuve, enchaînant les exercices de jour comme de nuit.
Une fois sélectionnés, les candidats intègrent un GOS et effectuent plusieurs stages qui les formeront à leur futur métier. Selon les besoins opérationnels et leurs profils, ils ne suivront pas tous les mêmes formations. Certains gendarmes peuvent se spécialiser dans la filature et suivre des stages de conduite par exemple, tandis que d'autres se spécialiseront dans la pose de balise ou dans l'utilisation de mallettes d'interception téléphonique.
Le salaire des gendarmes du Groupe d'Observation et de Surveillance est aligné sur celui des gendarmes, avec des primes spécifiques pour les missions à haut risque. Le salaire varie en fonction de l'échelon (ancienneté), du grade, des diplômes et des primes perçues.
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