L'Olympique de Marseille ne participera pas à l'édition 2023/2024 de la Ligue des champions. Malgré une performance améliorée par rapport au match aller, les hommes de Marcelino n'ont pas réussi à se qualifier. Leur victoire contre le Panathinaïkos dans un Vélodrome en ébullition n'a pas suffi (2-1), et les Grecs ont validé leur billet pour les barrages après une séance de tirs au but parfaitement exécutée (3-5). L'OM, qui a brillé pendant au moins une heure et a trouvé un second souffle pendant les deux périodes de prolongation, peut nourrir de profonds regrets compte tenu de sa domination, balayée par de nombreux vents contraires. Ce sera un premier coup dur à digérer dans cette saison qui vient de commencer. Cependant, les Marseillais joueront en Ligue Europa.
Un Match Aller Difficile Transformé par la Ferveur du Vélodrome
Tout ce qui a manqué à l'OM à Athènes lors du match aller, ils l'avaient cette fois-ci en stock. À commencer, peut-être, par son public : interdit de déplacement la semaine passée, le peuple marseillais était cette fois de la partie, bien avant le coup d'envoi (63 050 spectateurs, guichets fermés). Volcanique, le Vélodrome est sûrement à l'origine du début de match tonitruant des Phocéens face à des Grecs pétrifiés, et cueillis à froid par Pierre-Emerick Aubameyang, servi en profondeur par Ismaïla Sarr. Un crochet plus tard, le Gabonais a pu pousser le ballon dans le but vide et se diriger vers le poteau de corner pour son premier salto de la saison, au pied d'un virage sud en plein délire (1-0, 2e).
Aubameyang Brille, l'OM Domine : Un Récital Illusoire
L'histoire aurait pu être magnifique pour les Marseillais, surtout pour un homme en particulier : Pierre-Emerick Aubameyang. Transparent à Athènes six jours plus tôt, le Gabonais n'a pas tardé à faire exulter le Vélodrome dès sa première action, un appel parfait sur une passe d'Ismaïla Sarr (1-0, 2e). Une bonne manière pour lui de rappeler qu'il a été recruté pour ces joutes européennes, quand l'étau se resserre. La suite a ressemblé à un récital de l'OM, tant ce fut le jour et la nuit en termes d'état d'esprit par rapport à la première confrontation face au Panathinaïkos. Imprenables derrières, intenables devant, les Phocéens ont multiplié les occasions franches.
Délivrés du retard à remonter d'emblée, les Marseillais ont ensuite peu à peu hissé le curseur. Tantôt plein axe, tantôt sur la gauche, Iliman Ndiaye a fait passer plusieurs frissons dans l'arrière-garde du Pana (11e, 20e), tandis que Samuel Gigot est passé tout proche du break sur une belle tête (30e), tout comme Jonathan Clauss dans la foulée sur une reprise déviée (31e). Agressif dans les duels, supérieur techniquement, l'OM a imposé son rythme et dicté sa loi.
Aubameyang a offert le break à son équipe juste avant la pause, en reprenant parfaitement au premier poteau un centre idéal de Jonathan Clauss (2-0, 45e+2). Les Marseillais paraissaient alors invincibles, capables d'afficher les qualités physiques requises pour garder le cap. En face, les Grecs ont longtemps semblé inoffensifs et logiquement éjectés de la Ligue des champions.
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Le Vent Tourne : VAR, Penalty et Désillusion
Mais le vent a fini par tourner, quand les efforts olympiens ont trop coûté. Il y a d'abord eu ce but refusé à Sarr pour une position de hors-jeu (53e). Il y a surtout eu ce penalty accordé aux Grecs dans les ultimes instants du match, pour une faute de main de Mattéo Guendouzi qui n'a pas échappé au VAR (90e+7). Le même Guendouzi qui aurait pu avoir un penalty quelques minutes auparavant, quand il a été poussé dans son dos. Au forceps, grâce un contre-pied parfait de Fotis Ioannidis (2-1, 90e+9), le Panathinaïkos a su marquer ce but lui permettant de prolonger le suspense et de faire douter les Marseillais, qui ne mettaient déjà plus beaucoup un pied devant l'autre.
Après avoir loupé le 3-0 de peu plusieurs fois, notamment sur une reprise parfaite de Sarr au bout d'un centre déposé de l'extérieur du pied par Aubameyang (hors-jeu, 53e), ou sur un autre de Vitinha (81e), les Phocéens ont joué à se faire peur. Pau López, décisif face à Tin Jedvaj (77e) et Daniel Mancini (85e), a retardé l'échéance, alors que l'ambiance s'était tendue d'un cran en tribunes : la frappe tout juste trop croisée de Sebastián Palacios, juste avant, avait en effet soudainement rappelé que rien n'était acquis (76e). Pire : le point fatidique a finalement été désigné quelques instants plus tard, dans l'autre surface, pour une main de… Guendouzi sur corner, après intervention de la VAR, cette fois. Une sentence transformée par Fótis Ioannídis, pour aller crucifier l'OM et arracher la prolongation (2-1, 90e+9).
Prolongations et Tirs au But : Le Coup de Poker Raté
Les prolongations ont quand même été à sens unique, à l'avantage de l'OM. Vitinha, qui a remplacé Aubameyang, a même cru libérer les siens sur une offrande de Guendouzi. Mais Sarr était encore en position de hors-jeu, pour quelques centimètres, qui plus est dans une situation de cafouillage rejugée par le VAR (110e). Vitinha avait auparavant loupé une occasion à bout portant (81e) et vu sa reprise être repoussée sur sa ligne par Hördur Magnusson (104e).
Le premier gros rendez-vous de l'OM cette saison s'est donc joué sur la difficile épreuve des tirs au but. Marcelino a tenté un coup de poker en remplaçant Pau Lopez par Ruben Blanco. La tactique n'a pas fonctionné puisque le deuxième gardien n'a pas stoppé une seule tentative grecque, contrairement à Alberto Brignoli. Déjà impeccable dans le temps réglementaire, le portier grec a idéalement lancé les siens en repoussant la frappe un peu molle de Guendouzi, avec une main ferme qui risque de hanter le joueur de l'OM. À l'arrivée, le scénario est cruel pour Marseille. Le même Guendouzi qui a condamné l’OM en loupant le premier penalty lors des tirs au but.
Le VAR, Acteur Controversé de la Soirée
Après un match aller (défaite 1-0) à l'arbitrage discutable, l'Olympique de Marseille a été éliminé de la course à la Ligue des champions par le Panathinaïkós, à l'issue d'une rencontre marquée par deux interventions de la vidéo en défaveur de l'OM, et un non appel de l'assistance après un contact sur Mattéo Guendouzi dans la surface grecque. La première a offert le penalty de la prolongation au Pana (90e+9), tandis que la seconde a annulé le but vainqueur de Vitinha (107e).
Deux décisions logiques de la part de l'arbitre Michael Oliver, mais difficiles à avaler pour les locaux. Autant vous dire que le Vélodrome pète un cable à chaque coup de sifflet contre l'OM.
Conséquences Économiques et Sportives
Pour l’OM, les conséquences de cet échec sont de nature à la fois économiques et sportives, largement imbriquées. En ne disputant pas la Ligue des champions, en compagnie du PSG et de Lens, Marseille laisse filer une fortune, et ampute d’autant son futur standing à court et moyen terme.La seule qualification en phase de groupes de C1 lui aurait rapporté 15,5 M€ contre 4 millions en C3. En phase de groupe de C1, 2,8 M€ sont attribués par victoire et 930 000 euros par match nul. Une participation aux huitièmes de finale rapporte 9,6 M€. « Avec la C3, c’est le jour et la nuit, résume l’économiste Pierre Rondeau. Une victoire finale en Ligue Europa (C3) rapporte autant qu’une qualification en C1… » Sans parler des droits télé spécifiques à la C1, qui auraient fait tomber une manne supplémentaire estimée autour de 15 M€ dans l’escarcelle de l’OM.
Au lieu de ça, le club phocéen va se retrouver dans l’obligation de vendre des joueurs d’ici à la fin du mercato. Et à son agenda, comme Rennes et Toulouse, l’OM va devoir inscrire la phase de groupes de C3 (laquelle sera tirée au sort 1er septembre et débute le 21). Et cocher les jeudis soir, ces « mauvais » soirs dans l’optique des matchs du week-end suivant en championnat. En résumé, l’échec de ce mardi pourrait d’ores et déjà freiner l’OM dans sa quête de podium en Ligue 1.
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