La Première Guerre mondiale, un conflit d'une ampleur sans précédent, a non seulement redéfini les frontières géopolitiques, mais a également servi de catalyseur pour l'innovation et le développement des armes de poing. Ces armes, autrefois considérées comme des accessoires pour les officiers, les spécialistes et les aviateurs, ont connu une évolution technique significative, influençant le cours des batailles et les stratégies militaires.
L'évolution de l'armement de poing avant la Grande Guerre
À la fin du XIXe siècle, l'armement de la gendarmerie française, par exemple, était encore ancré dans les conceptions post-guerre de 1870-1871. Les revolvers 1873 et 1874, ainsi que l'adoption du système Gras, ont marqué une avancée, mais il a fallu attendre plusieurs décennies pour que la gendarmerie puisse rivaliser avec ses homologues étrangers en termes d'équipement.
En 1874, le fusil Gras a remplacé le Chassepot, introduisant la cartouche métallique en lieu et place de la cartouche en papier. Bien que la culasse du Chassepot ait été conservée pour des raisons économiques, cette modification a permis d'améliorer le chargement et le déchargement de l'arme.
La gendarmerie a adopté la carabine Gras, une version plus courte du fusil, plus adaptée au service à cheval et aux affrontements en milieu urbain. Cependant, ces carabines souffraient d'une capacité de tir limitée à une seule cartouche, contrairement aux modèles allemands équipés de chargeurs.
En 1886, le Général Boulanger a imposé le fusil Lebel, suivi de la carabine modèle 1890, conçue par Berthier pour utiliser un chargeur de quatre cartouches. En 1892, la gendarmerie a adopté la carabine de l'Artillerie, mais l'arme la plus notable de cette période reste le pistolet-revolver 1892.
Lire aussi: Choisir le Meilleur Pistolet à Peinture à Batterie
Le pistolet-revolver 1892, avec son chien rebondissant et son percuteur frappant l'amorce perpendiculairement, était une arme révolutionnaire pour son époque. Son barillet basculant facilitait le chargement, et sa conception offrait une sécurité accrue.
Le Pistolet Ruby
Le pistolet Ruby est directement issu de la Première Guerre mondiale. En 1914, l’armée française sollicite la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne (MAS) afin que sa production d’armes de poing augmente. La société Gabilondo et Urresti, implantée au pays basque, produit alors un pistolet automatique appelé Ruby. C’est une arme au fonctionnement simple et à l’entretien facile. Il réside dans l’emploi d’une culasse non calée. La platine, quant à elle, est à simple action. Ce PA est chambré en 7,65 mm et muni d’un chargeur de neuf cartouches.
En 1924, une modification concernant la sécurité du PA est apportée. Un rivet à tête ronde est rajouté sur la face gauche de la glissière, dans le but d’empêcher la sûreté de se retirer inopinément lors de l’introduction de l’arme dans l’étui. Le Ruby est la copie d’un pistolet automatique (PA) existant : le Browning 1906. À son tour, le PA Ruby est reproduit par d’autres firmes. L’Astra est décliné en deux versions. La première dite de « troupe » est reconnaissable à un canon long et à son chargeur de neuf coups. L’autre variante, dénommée « officier », a un canon plus court et un chargeur de sept coups. Quelle que soit la finition, l’Astra est chambré en 7,65 mm.
L'impact de la Première Guerre mondiale sur l'armement de poing
La Première Guerre mondiale a mis en évidence la nécessité d'armes de poing à haute capacité de feu pour le nettoyage des tranchées et les combats rapprochés. Cette prise de conscience a conduit au développement et à l'utilisation de pistolets mitrailleurs, tels que le Bergmann MP18.
Le Bergmann MP18 : une révolution dans l'armement de poing
Le Bergmann MP18/1, utilisé en grande quantité par l'armée allemande à partir de 1918, fut le premier véritable pistolet mitrailleur. Conçu par Theodor Bergmann, ce pistolet mitrailleur se présentait sous la forme d'une petite carabine, avec une crosse en bois et un fût court.
Lire aussi: Avis et Comparatif : Pistolets à Peinture Sans Fil
Caractéristiques techniques du MP18
- Calibre : 9 mm Para
- Portée efficace : Environ 100 mètres, avec possibilité de tirs de saturation jusqu'à 200 mètres.
- Mécanisme : Culasse mobile non calée, mise sous pression par un ressort hélicoïdal.
- Sélecteur de tir : Permettant le tir en rafales ou au coup par coup.
- Alimentation : Chargeur droit ou de type "escargot" placé horizontalement sur le côté gauche de l'arme.
Le MP18, surnommé "Grabenfeger" (nettoyeur de tranchées), fut interdit de production en Allemagne par le traité de Versailles. Cependant, sa fabrication fut assurée par la Suisse à partir de 1920 (SIG Bergmann).
Le Colt 1911
Le Colt 1911 est une arme emblématique de cette époque. Les essais qui ont mené à l’adoption de cette toute première versions de cette arme mythique ont commencé en 1906. Sa première utilisation opérationnelle date de 1913 durant les tout derniers combats contre les Moros philippins. Son principal fait d’armes, à notre 1911 pas A1, en ce début de carrière et en cette première version, sera de combattre en France en 1915-1918.
Légèrement modifié en 1926 pour devenir l’iconique Colt 1911 A1, sa carrière militaire s’étendra sur tous les points du globe et dans tous les camps, pour devenir l’image même du pistolet semi-automatique de combat au XX° siècle.
Les Pistolets Lance-Fusées Allemands
L'Armée Allemande n'avait pas prévu que les pistolets lance-fusées seraient utilisés à grande échelle pendant la Première Guerre mondiale. Ces armes jouaient un rôle crucial dans la communication, en particulier en l'absence de moyens de communication modernes.
Le Pistolet de Signalisation Hebel
Le pistolet Hebel, adopté en 1894, était une arme de conception moderne et de fabrication soignée. Distribué initialement aux pionniers, il fut ensuite étendu à l'infanterie.
Lire aussi: PS4 & PS5 : les meilleurs jeux de tir
Caractéristiques du Hebel
- Matériaux : Acier usiné, avec des pièces finies à la main et bronzées en noir.
- Dimensions : Canon de 227 à 234 mm, longueur totale de 355 à 360 mm, poids d'environ 1,5 kg.
- Mécanisme : Double verrouillage du canon, système à bascule avec extracteur automatique.
- Marquages : Numéro de série, sigle du fabricant, poinçons des bancs d'épreuve et aigle impérial.
Certains modèles de Hebel étaient équipés d'un dispositif de tir vertical, permettant d'envoyer des fusées éclairantes pour le repérage et le réglage des tirs d'artillerie. L'Autriche-Hongrie a également produit un pistolet signaleur identique au modèle allemand, avec quelques différences mineures.
Le Pistolet de Signalisation Kommandantur Lille
Fabriqué à Liège pendant l'occupation allemande de la Belgique (1914-1918), le pistolet Kommandantur Lille était une arme de fabrication rustique, entièrement en acier.
Caractéristiques du Kommandantur Lille
- Dimensions : Canon de 206 mm, longueur totale de 358 mm.
- Mécanisme : Simple action, avec un percuteur linéaire armé manuellement.
- Marquages : Numéro de l'arme, lettre D et lettre I surmontée d'une couronne, inscription "MKD Lille".
Le Pistolet de Signalisation Druckknopf
Le pistolet Druckknopf, caractérisé par son canon long et sa fabrication simpliste, possédait un système d'ouverture différent des autres modèles.
Caractéristiques du Druckknopf
- Dimensions : Longueur de 343 mm, canon de 248 mm, poids d'environ 1,125 kg.
- Mécanisme : Verrouillage du canon commandé par un bouton-poussoir situé sur le côté gauche de la carcasse.
- Détente : Type "à éperon", sans pontet.
- Marquages : Poinçons du banc d'épreuve, initiales du fabricant et numéro de série.
Le revolver 1892
Tel est contée la mort du lieutenant Castex le 22 juin 1940 face à plus de vingt adversaires. C’est un révolver (arme de poing) utilisé pour le combat rapproché, il fut crée en 1891 a la demande de la cavalerie, c’est pourquoi le barillet « tombe » à droite : la cavalerie tenait le revolver de la main gauche et le sabre de la main droite ce qui rendait le rechargement plus facile. Adopté en 1892, il équipera dans un premier temps les officiers puis, par la suite, il sera distribué à plus de personnel. Le « 92 » participera activement au premier conflit mondial puis au second bien que sa fabrication se soit arrêtée en 1927, remplacé par le pistolet M 1935. Cette arme mesure 240mm de long pour 170 mm de haut. -l’étui de fabrication de guerre, extrêmement simplifié et peu coûteux, le système de fermeture n’est pas renforcé. Elle a deux compartiments qui contiennent, pour l’un de la graisse et, pour l’autre du cirage. La cartouche 8mm a été réalisée en France vers 1887, et adoptée à partir de 1892 pour le revolver Saint-Étienne Mod.
L'armement de la gendarmerie française entre les deux guerres
Après la Première Guerre mondiale, la gendarmerie française a expérimenté des armes allemandes, notamment le Mauser Bolo 1912, en raison d'un manque d'armes de poing dans l'armée française. Le pistolet Ruby, issu de la Première Guerre mondiale, a également été utilisé par la gendarmerie.
Dans l'entre-deux-guerres, la gendarmerie a reçu un nombre important de pistolets automatiques, mais l'évolution des mousquetons est restée limitée. En 1921, l'institution a préféré le modèle 1916, avec un nouveau chargeur de cinq coups.
Les bouleversements de la Seconde Guerre mondiale
La Seconde Guerre mondiale a entraîné des bouleversements dans l'armement des unités. Pendant la campagne de 1939-1940, les gendarmes ont utilisé les armes en dotation dans l'armée française. Après la défaite, l'occupation a entraîné une restriction de l'armement des unités, les gendarmes ne pouvant plus disposer que de leur pistolet individuel.
Après la Libération, la gendarmerie a utilisé un large éventail d'armes alliées et ennemies, notamment le pistolet-mitrailleur américain Thompson et la mitraillette anglaise Sten, ainsi que des armes allemandes comme le MP 38 et le MP 40.
Vers une lente gendarmisation de l'armement
Après la Seconde Guerre mondiale, la gendarmerie a recensé un grand nombre d'armes alliées et ennemies. Les pistolets Luger P 08 et Walther P 38, pris aux Allemands, ont été utilisés de 1945 au début des années 1970. Les pistolets automatiques français PA 35 A et 35 S, ainsi que le pistolet-mitrailleur MAS 38, ont également été utilisés.
tags: #pistolets #utilisés #première #guerre #mondiale
