L'histoire du pistolet à glace de la CIA est une plongée fascinante dans le monde obscur de l'espionnage de la guerre froide, où la réalité dépasse parfois la fiction. Cet article explore les origines de cette arme insolite, son fonctionnement, et le contexte dans lequel elle a été développée.
Origines et Développement
L’histoire du pistolet à crise cardiaque remonte au travail d’une certaine Mary Embree. Entrée à la CIA alors qu’elle n’avait que 18 ans et qu’elle était diplômée du lycée, Embree était secrétaire dans une division chargée de concevoir des microphones cachés et d’autres équipements de surveillance audio, avant d’être promue au bureau des services techniques. Finalement, on lui ordonne de trouver un poison indétectable. À son insu, Embree a été intégrée au projet MKNAOMI, un programme très secret consacré à la fabrication d’armes biologiques pour l’arsenal des États-Unis pendant la guerre froide et successeur du bien plus tristement célèbre projet MKULTRA.
Les travaux ont commencé dans un laboratoire de Fort Detrick, une base de l’armée consacrée à la recherche sur la guerre biologique depuis la Seconde Guerre mondiale. Là, les chercheurs, sous la direction du Dr Nathan Gordon, un chimiste de la CIA, ont mélangé de la toxine de mollusque et de crustacé avec de l’eau et ont congelé le mélange pour en faire une petite boulette ou une fléchette.
Le Projet MKNAOMI, auquel Embree a été intégrée sans le savoir, était un programme secret dédié à la création d'armes biologiques pour l'arsenal américain pendant la Guerre Froide. Il succédait au tristement célèbre Projet MKULTRA. Les recherches ont débuté dans un laboratoire de Fort Detrick, une base militaire spécialisée dans la recherche sur la guerre biologique depuis la Seconde Guerre Mondiale. Sous la direction du Dr Nathan Gordon, un chimiste de la CIA, les chercheurs ont combiné de la toxine de mollusques et de crustacés avec de l'eau, puis ont congelé le mélange pour former une petite boulette ou fléchette.
Fonctionnement du Pistolet à Crise Cardiaque
Le projectile fini était tiré à partir d’un pistolet Colt M1911 modifié équipé d’un mécanisme de mise à feu électrique. Lorsqu’elle était tirée sur une cible, la fléchette gelée fondait immédiatement et libérait sa charge toxique dans le sang de la victime. Tout ce qui restait derrière était un minuscule point rouge à l’endroit où la fléchette avait pénétré dans le corps, indétectable pour ceux qui ne savaient pas le chercher.
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Le pistolet de crise cardiaque peut sembler être une idée farfelue tirée d’un roman d’espionnage, mais la CIA avait des raisons de croire qu’il fonctionnerait parfaitement. Après tout, le tueur à gages du KGB, Bohdan Stashynsky, avait utilisé une arme similaire et plus grossière avec succès non pas une, mais deux fois, en 1957 et en 1959.
L'arme était conçue pour projeter une fléchette minuscule, fabriquée à partir d'une toxine congelée, directement dans le corps de la victime. Cette fléchette, une fois injectée, fondait instantanément, libérant la toxine dans le système sanguin et provoquant un arrêt cardiaque. L'avantage de cette méthode résidait dans son caractère indétectable : l'impact laissait seulement un petit point rouge sur la peau, souvent interprété comme une simple piqûre d'insecte, rendant l'empoisonnement difficile à prouver lors d'une autopsie.
Le pistolet était en fait un Colt M1911 modifié, équipé d'un mécanisme de mise à feu électrique. L'idée d'une telle arme n'était pas totalement nouvelle, car le KGB avait déjà utilisé des dispositifs similaires, bien que plus rudimentaires, pour des assassinats.
Le Contexte de la Guerre Froide
La guerre froide était une période de tensions extrêmes entre les États-Unis et l'Union soviétique, où l'espionnage et les opérations secrètes étaient monnaie courante. Dans ce contexte, la CIA était constamment à la recherche de nouvelles méthodes pour éliminer des ennemis ou influencer des événements à l'étranger. Le pistolet à glace s'inscrit dans cette logique, offrant une manière discrète et potentiellement intraçable de commettre des assassinats.
Révélations et Conséquences
Comme un certain nombre d’autres créations du MKNAOMI, le pistolet de crise cardiaque n’aurait peut-être jamais été détecté sans une prise de conscience croissante des activités illégales menées par la communauté du renseignement des États-Unis. Le comité Church a rapidement appris que l’ancien président Richard Nixon avait fermé le MKNAOMI en 1970. Il a également appris que le Dr Gordon, contre les ordres du Dr Sidney Gottlieb, le chef insaisissable du projet MKULTRA, avait sécrété 5,9 grammes de toxine de crustacés - près d’un tiers de toute la toxine de crustacés jamais produite à l’époque - et des fioles de toxine dérivée du venin de cobra dans un laboratoire de Washington. Lors d’une audition très médiatisée, le directeur de la CIA William Colby lui-même a été appelé à témoigner devant la commission. De plus, on ne sait pas non plus si l’arme a jamais été utilisée. En partie à cause des conclusions du comité Church, le président Gerald Ford a signé en 1976 un décret interdisant à tout employé du gouvernement de « se livrer ou de conspirer à des assassinats politiques ».
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L'existence du pistolet à glace a été révélée au public dans les années 1970, lors des enquêtes menées par le Comité Church sur les activités de la CIA. Ces révélations ont conduit à un examen minutieux des opérations de l'agence et à l'adoption de nouvelles réglementations visant à limiter ses pouvoirs. En 1976, le président Gerald Ford a signé un décret interdisant les assassinats politiques, une mesure qui visait à empêcher la CIA de recourir à des méthodes aussi controversées à l'avenir.
Le comité Church a rapidement appris que l’ancien président Richard Nixon avait fermé le MKNAOMI en 1970. Il a également appris que le Dr Gordon, contre les ordres du Dr Sidney Gottlieb, le chef insaisissable du projet MKULTRA, avait sécrété 5,9 grammes de toxine de crustacés - près d’un tiers de toute la toxine de crustacés jamais produite à l’époque - et des fioles de toxine dérivée du venin de cobra dans un laboratoire de Washington.
Lors d’une audition très médiatisée, le directeur de la CIA William Colby lui-même a été appelé à témoigner devant la commission. De plus, on ne sait pas non plus si l’arme a jamais été utilisée. En partie à cause des conclusions du comité Church, le président Gerald Ford a signé en 1976 un décret interdisant à tout employé du gouvernement de « se livrer ou de conspirer à des assassinats politiques ».
Le Pistolet à Glace et les Tentatives d'Assassinat de Fidel Castro
L'une des figures les plus emblématiques de la Guerre Froide, Fidel Castro, a été la cible de nombreuses tentatives d'assassinat orchestrées par la CIA. Bien que le pistolet à glace ne soit pas directement associé à ces tentatives, il est intéressant de noter l'ingéniosité et parfois l'absurdité des plans conçus pour éliminer le leader cubain. Parmi les projets les plus insolites, on peut citer :
- Le stylo empoisonné : En 1963, un agent de la CIA devait remettre à Castro un stylo contenant un poison mortel.
- La tenue de plongée empoisonnée : La CIA avait envisagé d'offrir à Castro une combinaison de plongée contaminée par un champignon provoquant une maladie de peau incurable.
- Le cigare piégé : Les services secrets américains ont imaginé introduire du poison ou un explosif dans les cigares que Castro fumait régulièrement.
- La crème glacée empoisonnée : La CIA avait recruté Marita Lorenz, une ancienne maîtresse de Castro, pour empoisonner sa crème glacée. Cependant, Castro aurait déjoué le complot en mettant un pistolet chargé entre les mains de Lorenz et en la défiant de l'abattre.
- Le LSD dans un studio télé : Il avait été prévu de disperser du LSD sous forme de gaz dans un studio pendant une interview télé en direct du dirigeant cubain. Le but était de le plonger dans un état délirant devant des millions de spectateurs. Mais l’interview a été annulée à la dernière minute.
- Le dépilateur chimique : Les espions US ont tenté de faire tomber la légendaire barbe de Fidel Castro grâce à un dépilateur chimique très puissant.
Ces tentatives, aussi rocambolesques soient-elles, témoignent de l'obsession qu'avait le gouvernement américain pour Castro et de la détermination de la CIA à trouver un moyen de l'éliminer.
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La CIA à Paris : Douceur d'Espionner dans la Capitale
La CIA n'opère pas uniquement dans des zones de conflit ou des pays hostiles. Paris, avec son ambiance cosmopolite et son réseau d'influence, est également un lieu d'opérations important pour l'agence. Les agents de la CIA basés à Paris mènent des activités de renseignement, recrutent des sources et entretiennent des contacts avec d'autres services de renseignement.
Au sein de la direction des opérations, les agents qui ont travaillé dans la capitale française forment un club aussi fermé qu’envié. Leur quotidien est en effet plus proche de celui d’Emily in Paris que de la série d’espionnage Jack Ryan, dont le héros ne fait qu’un passage éclair dans l’Hexagone, pistolet au poing, pour traquer des terroristes en Seine-Saint-Denis, rebaptisée en toute subtilité « quartier musulman ».
Sitôt le travail terminé, le chef de poste (chief of station) a tout loisir de courir les expositions, les vernissages et les cocktails. Et la garden-party de l’ambassade américaine, le 4 juillet, est presque plus recherchée par les socialites parisiens que celle du 14 juillet qui se tient désormais, pour des raisons d’économie, dans les jardins du ministère de la défense et non plus dans ceux de l’Élysée.
La liste des établissements fréquentés par les fonctionnaires de la CIA à Paris donne une idée de la douceur d’espionner dans la capitale. L’éternelle Tour d’argent, qui surplombe la Seine, quai de la Tournelle, est quant à elle réservée aux adieux des petites mains du poste hexagonal, secrétaires et autres, pour qu’elles repartent des étoiles parisiennes plein les yeux. Entre « gens du métier », français et américains, en revanche, rien ne vaut un bon bistrot du Ier arrondissement ou du quartier des ministères, dans le VIIe.
Pour se fondre dans la masse des gastronomes parisiens, le renseignement américain a tout prévu. Avant d’être envoyés à Paris, les espions les moins bien dégrossis sont soumis à une formation pour les familiariser avec « l’étiquette » locale. Pendant très longtemps, c’est l’équipe d’un petit restaurant d’Alexandria (Virginie), La Bergerie, tenu par Laurent Janowsky et sa femme Margaret, qui se chargeait d’apprendre aux analystes militaires américains le savoir-vivre à la française. Par groupes d’une trentaine d’officiers, auxquels se joignaient parfois des agents de la CIA, les fonctionnaires du renseignement se rendaient dans cette banlieue de Washington pour mémoriser l’usage des fourchettes disposées de chaque côté de l’assiette, et bien sûr, à goûter le vin sans ressembler à un Texan qui engloutit un Coca.
La Motte-Picquet: Nid d'Espions
Si l’on veut éviter de les rencontrer à domicile, c’est à Paris qu’on a une chance de les croiser. C’est encore plus vrai pour les dirigeants africains et maghrébins : tous ont vécu en France à un moment de leurs vies, et tous y reviennent, que ce soit pour se détendre ou pour se faire soigner. Sans compter tous les opposants et les conseillers déchus qui ont choisi de s’exiler dans l’Hexagone.
D’autant plus que Paris, ville touristique par excellence, dispose d’un parc hôtelier presque inépuisable, dont la CIA fait un usage très particulier. Vanity Fair a retrouvé la trace d’un vétéran de l’agence qui a écumé les halls de ces établissements dans un but bien précis : « Je devais aller rencontrer nos sources, nos assets, issus de pays d’Afrique et du Moyen-Orient dans lesquels nous ne pouvions pas opérer, de passage dans la capitale française. Ils venaient à Paris dans une délégation, pour suivre un traitement médical, pour un week-end de shopping en famille », explique Mark Bent, longtemps agent au sein du poste parisien.
Et la capitale française se révèle un lieu de rêve pour effectuer ce métier d’officier traitant. « Quand un asset sensible vient en ville sous une fausse raison, vous ne pouvez pas prendre le risque de le rencontrer dans un restaurant ou dans un palace : si vous marchez dans un hall de grand hôtel et qu’un concierge ou un serveur vous remarque, vous êtes grillé instantanément », raconte-t-il, yeux rieurs sous la mèche blanchie. Fort heureusement, la ville dispose d’une pléthore de petits hôtels discrets. « J’ai beaucoup “opéré” dans le quartier autour de cette station de métro, car elle offre beaucoup de sorties [cinq accès], de directions possibles [la ligne 6 aérienne, les 8 et 10 en sous-sol qui partagent le même quai vers l’est de Paris], de routes différentes [vers le XVIe, vers le VIIe, vers Montparnasse…], etc. Pour déjouer les filatures, il y a tant de petites rues, de petits recoins… Et vous pouvez filer dans le métro, qui, à cette station, a tellement de couloirs qui s’entremêlent. Le quartier autour compte un nombre impressionnant d’hôtels “de rue” dans lesquels on pouvait donner rendez-vous discrètement ainsi que des petits bistrots très sympas tout autour. »
La procédure est à chaque fois bien rodée. « En premier lieu, vous annoncez à l’avance à votre source : “Rencontrons-nous près de tel restaurant.” Puis, lorsque vous la voyez, vous lui passez une clé pour une chambre d’un de ces petits hôtels où vous vous rejoindrez un peu plus tard. » Dans le jargon de l’agence, ce type d’opérations s’appelle un « brush pass ». « Là, vous aurez plusieurs heures pour la débriefer tranquillement. » Dans l’exiguïté de la chambre de l’hôtel de l’Avre, du Saphir ou de l’Amiral-Fondary, la mystique qui a donné ses lettres de noblesse au roman d’espionnage opère.
« La relation entre un asset et un officier traitant est des plus intimes. Dans leur pays, les assets collectent des informations pour vous pendant des mois, dans une tension extrême, et ils ne peuvent en parler à personne. Honnêtement, la plupart d’entre eux sont terrifiés. Ils attendent longtemps cette rencontre. La première chose à faire quand vous les voyez pour les débriefer, c’est de s’enquérir de leur niveau de stress, de les détendre un peu, de créer un environnement sympa. De leur dire que vous serez toujours là pour eux, que vous ne les laisserez jamais tomber… Alors, seulement à ce moment, ils commenceront à vous confier des informations sur leur pays. »
Paris, Labyrinthe Mondain
Pour opérer dans le labyrinthe bureaucratico-mondain qu’est Paris, la CIA sélectionne des fonctionnaires qui maîtrisent en profondeur nos codes culturels et sociaux. William Green a étudié le français à Tours pendant deux ans à la fin des années 1970 avant de suivre les cours de Sciences Po à Paris et de lire Raymond Aron (« J’allais à l’école du Louvre aussi : c’est fantastique pour apprendre des adjectifs et des adverbes »). Pendant ses vacances, l’étudiant américain a sillonné le pays à vélo : « J’ai appris l’attentat contre Reagan [en mars 1981] en Bretagne, chez un habitant qui avait accepté de m’héberger pendant une randonnée. Et j’étais à la Bastille le soir de l’élection de Mitterrand ! » Il poussera son histoire d’amour avec la France jusqu’à épouser une Française. L’expérience accumulée lui permettra, quand il revient dix ans plus tard, cette fois en tant qu’agent de la CIA, de comprendre le mode de pensée de ses interlocuteurs français.
Cette montée en puissance de l’antiterrorisme va bouleverser les rapports entre les renseignements français et américain. Si la DGSE, le service extérieur français, garde traditionnellement ses distances avec son homologue américain - il n’existe pas de services amis dans le monde du renseignement -, le contre-espionnage français joue le jeu des échanges soutenus avec la CIA. Occasionnelle dans les années 1990, la coopération antiterroriste est devenue quasi institutionnelle après les attentats du 11-Septembre.
À la tête de l’antenne française de la CIA à cette époque, Bill Murray, physique d’acteur de western des années 1950, se souvient : « Jacques Chirac a été le premier chef d’État étranger à se rendre à New York après le 11-Septembre. Il a même survolé la ville. De ce que je sais, il a été choqué par ce qu’il a vu et lorsqu’il est rentré à Paris, il a convoqué une réunion avec ses services de renseignement où il a dit : “Ce n’était pas un attentat contre les États-Unis ; c’était un attentat contre la civilisation. En ce qui me concerne, …
Les Femmes à la CIA
Depuis qu’elle a été nommée directrice des opérations de l’agence d’espionnage en décembre 2018, Elizabeth Kimber, 58 ans, supervise toutes les opérations du service américain. Une fonction prestigieuse qui vient couronner une ascension sans faute : auparavant, elle a dirigé le très secret National Clandestine Service, équivalent du « bureau des légendes » à la CIA, qui gère les agents sous couverture à l’étranger. Sa promotion, au côté de la directrice Gina Haspel, a été une révolution : c’était la première fois, depuis sa création en 1947, que l’agence était dirigée par un tandem féminin. Mais ce bouleversement, œuvre de Donald Trump, en cachait un autre, plus secret : Beth Kimber est l’une des premières responsables de la CIA à être mariée à un étranger - en l’occurrence, un Français.
Car les mariages binationaux sont rares au siège, à Langley. La CIA les a longtemps considérés comme une faille de sécurité majeure, incompatible avec une carrière d’espion. Une règle exceptionnellement assouplie pour des conjoints européens, en majorité britanniques, parfois aussi français. Dans ces cas-là, l’agence demande aux époux d’obtenir la nationalité américaine et, parfois, les intègre au corps diplomatique. C’est ce qui est arrivé en 2005 au mari de Beth Kimber, lequel a pu suivre sa femme dans la plupart de ses postes.
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