Le Pistolet Automatique Calibre .45 : Fonctionnement, Modèles et Héritage

Le pistolet automatique de calibre .45, en particulier le modèle 1911, est une arme emblématique, chargée d'histoire et de symbolisme. Cet article explore son fonctionnement, ses différents modèles, et l'évolution de sa popularité à travers le temps, en mettant en lumière son héritage tant militaire que civil.

Un Symbole de Puissance et de Tradition

Aux États-Unis, le pistolet 1911 est depuis longtemps un symbole de puissance et de tradition. Sa conception robuste, sa fiabilité et sa capacité à chambrer le calibre .45 ACP (Automatic Colt Pistol) en ont fait une arme de choix pour les forces armées et les civils. Après plus de 80 ans de service auprès de nombreuses armées et polices à travers le monde, le 1911 continue de gagner en popularité, cette fois auprès des civils.

L'Ingéniosité de John Browning

Le 1911 incarne l'ingéniosité de John Browning, un inventeur prolifique dont les créations ont révolutionné le monde des armes à feu. Fils d'une lignée d'armuriers mormons, Browning a d'abord travaillé pour Winchester avant de collaborer avec Colt. En 1890, il apporte à Richard W.H. Jarvis, président de la Cie Colt, les plans d'une mitrailleuse fonctionnant par emprunt des gaz. La même année, Browning dépose le brevet de son premier pistolet automatique, et réalise deux prototypes différents qu'il présente simultanément en 1897 à la Fabrique Nationale d'Armes de Guerre d'Herstal en Belgique, et à la Cie Colt. Le premier deviendra le Browning 1900 calibre 7,65 mm Browning (32 ACP). Le second sera le Colt Automatic cal. Ces deux premiers contrats vont décider du destin de John M. Browning. La F.N. obtient l'exclusivité de la fabrication de ses armes en Europe, mais elles porteront le nom de l'inventeur. De son côté, la Cie Colt emporte l'exclusivité de fabrication aux Etats-Unis, mais sans que le nom de Browning n'apparaisse sur ses armes.

Le (Browning) Colt 1900 fonctionne par court recul du canon, culasse verrouillée par deux biellettes situées à l'avant et à l'arrière du canon sous lequel est placé le ressort récupérateur.

Adoption par l'Armée Américaine et Modifications

En 1904, l'US Ordnance effectue une série de tests avec divers calibres sur des cadavres d'animaux et sur des boeufs vivants. Ces expériences confirment la puissance d'arrêt supérieure des gros calibres. L'affaire est entendue pour longtemps.L'Ordnance organise donc en 1907 un concours auquel vont être soumis plusieurs pistolets de type militaire de l'époque, tous en calibre 45, un Luger en calibre 45, un Bergmann, un Knoble, et un White & Merriil, ainsi qu'un « revolver automatique», le Webley-Fosbery. Un certain nombre de ces armes sont mises en service à titre d'essai dans la cavalerie qui les renvoie au bout de quelques mois, accompagnés de rapport venimeux et de pièces brisées. Les cavaliers demandent qu'on leur rende leurs revolvers. Mais les officiers de 1' Ordnance ne renoncent pas pour autant au pistolet. Ils vont procéder à de nouveaux essais avec la plupart des modèles de l'époque qu'ils font venir d'Europe. John M. Browning présente un nouveau prototype que fabrique naturellement la Cie Colt. La biellette frontale pour le verrouillage du canon est supprimée. La biellette arrière est renforcée. La carcasse et la platine sont améliorées. En novembre 1910, ce pistolet est opposé au Savage et au revolver New Service. Aux essais d'endurance, c'est ce dernier qui triomphe avec un seul incident de tir sur 6 000 coups tirés, tandis que le pistolet Colt enregistre 12 incidents et le Savage 43. Aux essais définitifs du 15 mars 1911, le nouveau pistolet Colt tire 6 000 coups sans aucun incident de tir. Ce terrible test d'endurance est effectué par séries de 100 coups avec refroidissement de cinq minutes entre chaque série et nettoyage tous les 1 000 coups. En face, le Savage enregistre encore 31 incidents et plusieurs de ses pièces ont sérieusement souffert, tandis que le Colt n'accuse que des traces d'usure mineures. Le 29 mars 1911, le War Department adopte officiellement ce pistolet sous l'appellation suivante : Automatic Pistol ca. 45 Mode! 1911. Le fabricant lui donnera d'autres noms: Colt Automatic Pistol Military Mode! 1911 cal. 45, ou encore Government Mode!.

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Après un service satisfaisant durant la campagne du Mexique contre Pancho Villa et durant la Première Guerre mondiale, plusieurs modifications mineures seront apportées en 1926, (au numéro 700 001 de la production militaire), notamment une modification de l'angle de prise en main de la poignée. Ce sera le Mode!.

Principe de Fonctionnement

Le principe de fonctionnement du Colt 45 de John M. Browning a été universellement copié. On ne compte plus ses imitations américaines ou étrangères: le Ballester-Molina en Argentine, les gros Star et Llama en Espagne, le Tokarev en Union soviétique, le Radom Vis 35 en Pologne, les P.A. 1935 et le MAC 50 en France, le SIG P. Les fabricants de pistolets automatiques ont tous eu à résoudre à l'origine le problème de l'hermétisme de la chambre lors de la mise à feu. Par définition, une arme automatique est munie d'une culasse mobile qui recule grâce à l'utilisation plus ou moins complexe de l'énergie du départ. Sur des pistolets de petit calibre à canon court (inférieur à 100 mm), la fermeture de la culasse est assurée par l'inertie de cette dernière et par la résistance du ressort récupérateur. En revanche, avec des calibres supérieurs au 7,65 mm Browning et des canons dépassant 100 mm, l'expérience devait prouver que de tels inconvénients graves étaient assurés. Il fallait donc maintenir le verrouillage rigoureux de la culasse durant la fraction de seconde nécessaire à la sortie du projectile. Plusieurs procédés plus ou moins compliqués furent imaginés, dont le « genoux » du Luger.

Verrouillage et Cycle de Tir

Le Colt 1911 utilise un système de verrouillage par court recul du canon. La partie supérieure du canon est munie de deux tenons qui se verrouillent dans des logements correspondants de la glissière, le canon étant maintenu en position haute par sa biellette, laquelle est alors verticale. Au départ du coup, la glissière (culasse) est verrouillée au canon. Au départ du coup, tandis que la balle est chassée vers l'avant par l'explosion de la charge, l'ensemble canon-glissière est projeté en arrière et recule sur quelques millimètres. La biellette du canon tourne autour de son axe inférieur fixe et tire le canon vers le bas, le désolidarisant de la glissière. Entre temps, le projectile est sorti du canon. La glissière, n'étant plus verrouillée au canon, poursuit sa course vers l'arrière et comprime son ressort récupérateur. L'étui tiré est éjecté. Une nouvelle cartouche, poussée par la plaque élévatrice du chargeur se place en position d'introduction. En fin de mouvement arrière, la glissière est repoussée vers l'avant par le ressort récupérateur placé sous le canon. Une nouvelle cartouche est introduite dans la chambre. En fin de mouvement avant, la biellette du canon se redresse autour de son axe fixe, et le canon, poussé vers le haut, se verrouille sur la glissière. L'action du séparateur évite, on l'a vu, que la gâchette ne libère aussitôt le chien, transformant le pistolet en mitrailleuse.

Le mouvement arrière de la glissière est obligatoirement limité par la butée de la carcasse. C'est vers l'avant que la glissière sera démontée.

Sécurités

Une autre sécurité, mécanique celle-là, est constituée par sine pièce articulée sur la carcasse, à l'arrière de la poignée, improprement appelée «pédale». En revanche, pas de sécurité de chargeur. Outre les diverses sécurités qui, rappelons-le sont des dispositifs constitutionnels ou mécaniques, agissant hors de la volonté du tireur, il existe une sûreté, par définition volontaire. C'est une pièce pivotante à l'arrière et à gauche de la carcasse. En position haute (facile à manipuler avec le pouce, arme en main) si le chien est armé, elle le bloque dans cette position, interdisant le départ du coup. Elle interdit également le mouvement arrière de la glissière.

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Inconvénients

Evoquer cette sûreté, c'est parler du défaut majeur du Colt 1911 par rapport, non aux pistolets de son temps, mais à ceux d'aujourd'hui: sa platine à simple action. Le chien, sur une telle platine, ne peut être armé par l'action de la détente lorsqu'il est à l'abattu. Il doit donc, pour le premier coup, être armé manuellement. Pour les coups suivants, l'armement se fait automatiquement par le mouvement arrière de la glissière. Cela présente un inconvénient évident pour une utilisation rapide de combat. Soit l'arme est portée chargée, chien à l'abattu, ce qui ne va pas sans risque au moment où l'utilisateur, ayant introduit une cartouche dans la chambre doit ramener le chien en douceur sur le percuteur. Dans cette position, le percuteur qui agit par inertie est maintenu à l'écart de l'amorce de la cartouche par son ressort. La deuxième position est celle du chien armé, sûreté en position. Elle est encore plus dangereuse. C'est pourquoi. les réglements militaires prévoient que l'arme doit être portée non chargée. En cas de besoin, il faut donc rapidement manipuler la glissière pour introduire une cartouche et armer le chien. Inutile d'insister sur les inconvénients de cette opération qui exige un peu de temps et les deux mains.

Autre inconvénient du Colt 1911, son poids. Avec ses 1,100 kg, il dépasse allègrement tous ses rivaux. Mais c'est la rançon même de sa robustesse. On lui reproche aussi à juste titre la faible capacité de son chargeur: 7 cartouches. C'est peu en effet, comparé aux 14 ou 15 cartouches de la nouvelle génération de pistolets militaires, Browning G.P. 25, Smith & Wesson M. 59, Merkuria CZ 75, MAB P. 15, HK VP 70, Beretta M. 92, etc. Mais un pistolet n'est pas une mitrailleuse. Il est rare d'avoir à tirer un très grand nombre de coups consécutifs.

Le Calibre .45 Auto est-il Dépassé ?

Depuis plusieurs années, l'efficacité du 45 Auto est fortement contestée. Army avec une équipe de médecins, pour le compte du ministère américain de la Justice. Ces expériences ont permis d'établir par une méthode statistique un indice de neutralisation de différents projectiles d'armes de poing. L'un des enseignements de ces travaux renversait quelque peu un postulat bien établi de la balistique classique. Les essais montraient en effet qu'il n'y avait pas de rapport directement proportionnel entre l'efficacité vulnérante d'un projectile et son énergie cinétique. Pour ne prendre qu'un seul exemple, le plus fort indice de neutralisation fut obtenu par une balle «speer » cal. 357 Magnum demi-blindée à pointe creuse, dont l'énergie cinétique était de 64 kgm, avec un indice de 44,4. Loin derrière, venait une autre 357 Magnum «Western» à tête ronde, avec une énergie cinétique supérieure : 75 kgm, mais un indice d'efficacité de seulement 21,1, soit moins qu'une balle de cal. Quand au calibre 45 Auto, son meilleur projectile s'essoufflait à l'indice 21, loin derrière la meilleure 9 mm Parabellum avec l'indice 38. Army tendaient à prouver que le facteur déterminant de l'efficacité vulnérante était la vitesse du projectile. De là à condamner définitivement et sans appel le calibre 45, il n'y avait qu'un pas. L'OTAN l'a franchi en adoptant le 9 mm Parabellum comme calibre standard des armes de poing. Les Etats-Unis font, (pour combien de temps?) bande à part pour des raisons évidentes d'économie. Le stock de pistolets Colt 1911 AI en bon état dans les arsenaux est considérable, comme celui des cartouches calibre 45 Auto. Aujourd'hui, l'arme de poing n'a plus le rôle décisif qui fut le sien au XIXe siècle. Dans cette fidélité au bon vieux Colt 45 intervient cependant peut-être aussi un reste de sagesse. Ordnance, des tests de 1904. Effectués, non sur des blocs de gélatine, mais sur des animaux morts ou vivants, ils semblent contredire les (tirs) sur blocs de gélatine.

Modèles Emblématiques

Plusieurs modèles de pistolets Colt 1911 sont devenus emblématiques au fil des ans :

  • Colt 1911 Government : Le modèle classique par excellence, disponible en calibre .45 ACP ou 9 mm, avec finition blued ou inox.
  • Colt Gold Cup Trophy : Version compétition du 1911, optimisée pour le tir de précision, avec visée réglable et détente allégée.
  • Colt Combat Elite : Déclinaison moderne avec design tactique et caractéristiques renforcées.

Ces pistolets, fabriqués avec soin, sont réputés pour leur fiabilité, leur précision et leur esthétique intemporelle. Ils séduisent les tireurs exigeants, les passionnés d'armes de tradition et les compétiteurs à la recherche de performances constantes.

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L'Héritage Français : Legacy Armament et le King Eleven ‘KII’

Premium Arms Int., un fabricant Français, a osé dérober une étoile au drapeau américain en créant les King Eleven ´KII’. LEGACY ARMAMENT est la marque du premier fabricant à oser dérober une étoile au drapeau américain en intégrant le raffinement à la française dans le domaine des pistolets 1911. Relever un tel défi n'était pas chose facile pour Legacy Armament. Après avoir conçu les AR15 et AR9 devenus rapidement très populaires en Europe, Premium Arms Int. Parmi les caractéristiques notables du King Eleven ‘KII’, citons l'ajustage minutieux de la culasse à la carcasse, le canon ‘Match’ couronné et biseauté à 45 degrés, la coupe HRT de l'arrêtoir de culasse, le guidon "gold dot" incrusté dans la culasse et non sur queue d’aronde, ainsi que les niveaux finitions exceptionnelles.

Legacy Armament s’engage à maintenir des normes de qualité et de précision inébranlables sur tous ses modèles de KII. Les pistolets King Eleven ‘KII’ sont bien au delà qu'un modèle de plus. Legacy Armament a réussi à redéfinir le pistolet 1911, tout en relevant le défi de bousculer l'héritage américain. Ils incarnent une révolution dans le monde des armes à feu, une étoile française brillant au-dessus du drapeau américain.

Modèles King Eleven ‘KII’

  • Le modèle TROPHY MASTER à partir de 1990€ : Disponible également en QPQ noir Matt et en Hard Chrome mais cette fois avec les flans polis satin à la main.
  • Le modèle SIGNATURE, qui lui couronnera la gamme des KII à partir de 3490€.

Le Colt 1911 en France : Un Passé Historique

Apporté par les «Sammies » en 1917, il était en service dans l'armée française à la fin de la Première Guerre mondiale. Dans le Manuel de chef de section d'infanterie de janvier 1918 (Imprimerie nationale), on lit, page 133, que les officiers et adjudants, les sergents-majors et tambours ainsi que les hommes de troupe montés sont normalement dotés du revolver Mie 1892, lequel «peut-être remplacé par le pistolet automatique Colt de 11 mm 25…». Passons sur la bizarrerie du calibre. Pourquoi ce 11,25 mm?. On trouvait encore exceptionnellement quelques Colt 45 dans l'armée française de 1940.

Les parachutages destinés à la Résistance en dispensèrent peu. En revanche, les F.F.L. Les débarquements alliés de Normandie et de Provence, le déferlement des troupes américaines sur les routes de France devaient s'accompagner d'un vaste troc qui ne portait pas seulement sur les cigarettes et l'essence. Combien de Colt 45 furent ainsi échangés contre quelques bouteilles de cognac ou de calva? Il est impossible de le savoir, mais le nombre n'est certainement pas modeste. Beaucoup de ces reliques des temps héroïques donnent aujourd'hui paisiblement dans l'hospitalité secrète de demeures honnêtes. Le Colt 45 n'est donc pas pour les Français une arme exotique. Erwan Bergot a raconté l'extraordinaire aventure d'Yves Prigent, ce parachutiste de la France Libre parachuté en Bretagne en juin 1944, capturé avec le maquis de Saint-Marcel, mitraillé à bout portant avec les autres prisonniers et miraculeusement par sauvé son Colt : « En un ultime réflexe, Prigent s'est jeté à terre avant que ne l'atteigne la rafale meurtrière. Puis, à la nuit, après avoir réussi à s'extraire de l'amas de cadavres sous lesquels, il était enfoui, il a jailli, au nez de la sentinelle ennemie. Il avait réussi à conserver son Colt. Une balle a suffi. L'Allemand est tombé. Sans un cri. Alcirs, Prigent a foncé, au hasard, droit devant lui…». Il s'en tirera. Un sursis de dix ans.

Utilisations et Perception Actuelles

Bien que le Colt 1911 puisse convenir à un tireur débutant, une bonne prise en main est essentielle. Les tireurs sportifs recherchent avant tout la précision, la fiabilité et une détente de qualité. Il est important de noter que les tireurs sportifs peuvent également être des collectionneurs, et vice versa. Cependant, leurs priorités diffèrent généralement en fonction de leur objectif principal.

Le Colt 45 a été "fabriqué depuis 1911 à des millions d'exemplaires" d'abord par des armuriers américains puis, une fois le brevet tombé dans le public, par des dizaines de sociétés nord-américaines, argentines et même chinoises. De 1911 à 1985, ce pistolet a été l'arme de poing des officiers de l'armée américaine. Le général George Patton portait toujours, durant la seconde guerre mondiale, un Colt 45 à la crosse recouverte de nacre.

Des milliers de Colt 45, provenant directement des soldats américains ou des parachutages aux maquis, ont ainsi été introduits en France dans les années 40 avant de se retrouver dans les mains des malfaiteurs pour l'équivalent de quelques centaines d'euros. Ce fut l'arme préférée des tueurs, en raison de son impact, lors des règlements de comptes dans le Milieu avant d'être peu à peu remplacée par le fusil d'assaut kalachnikov ou le pistolet-mitrailleur Skorpio.

Un Colt 45 neuf vaut de 600 à 1.000 euros, selon le modèle. Son achat dans une armurerie est lié à un permis de détention d'armes. Un tireur, qui désire en faire l'achat, doit être enregistré dans un club de tir sportif au minimum depuis six mois.

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