Dans le monde des armes à feu à poudre noire, les pistolets de poche occupent une place singulière, souvent méconnue malgré leur rôle essentiel dans la sécurité individuelle. Ces petits pistolets "coups-de-poing" à percussion, grâce à leur simplicité et leur coût abordable, ont démocratisé l'accès aux armes à feu pour un large public. Ils méritent d'être étudiés et collectionnés, d'autant plus qu'ils restent financièrement accessibles. Leur période de fabrication s'étend de Louis-Philippe à la fin de la Belle Époque, et cet article a pour but de vous aider à les identifier et à les classifier.
Origines et Étymologie
L'origine du mot "pistolet" est sujette à débat. Deux hypothèses principales se distinguent :
- Origine Tchèque : Le terme pourrait provenir du mot tchèque "Pist’ala".
- Origine Italienne : Une autre version suggère que le mot dérive de la ville de Pistoia en Italie, réputée pour sa production d'armes à feu.
Quant au mot "révolver", son origine est plus claire. Il dérive du verbe anglais "to revolve", qui décrit parfaitement le mouvement de rotation du barillet de cette arme, présentant une nouvelle munition face au canon à chaque tir.
Les Débuts des Armes à Feu Portatives
Les premiers pistolets sont apparus à l'aube de l'histoire des armes à feu. Les plus anciens pistolets connus ont été utilisés lors de la bataille de Towton en Angleterre le 29 mars 1461. Ces armes étaient d'une taille imposante, dotées d'un canon unique à chargement par la gueule et d'un système de mise à feu initialement par mèche, puis par rouet et enfin par silex. La poignée était souvent munie d'un lourd pommeau, appelé la calotte, en métal, qui permettait d'utiliser le pistolet comme une arme contondante après avoir tiré l'unique coup disponible.
Évolution des Systèmes de Mise à Feu
L'évolution des systèmes de mise à feu est un élément clé de l'histoire des pistolets :
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- Couleuvrines à Main (vers 1400) : Les premières armes à feu portatives étaient des couleuvrines à main. Elles consistaient en un simple canon percé d'une lumière, avec un fût de bois pour le maintenir à bras. Le chargement se faisait à l'avance, et la mise à feu était réalisée en posant une mèche enflammée directement sur la lumière.
- Platines à Rouet et à Mèche (jusqu'en 1700) : Ces systèmes ont permis d'améliorer la mise à feu. La platine à rouet, une sorte de briquet à ressort, était cependant fragile et délicate. La platine à mèche utilisait un bassinet contenant une petite quantité de poudre, enflammée par une mèche attachée à un chien.
- Platine à Silex (vers 1700) : Cette invention a marqué une révolution, permettant de tenir une arme à feu sur soi, prête à l'usage. La platine à silex utilisait les étincelles produites par la chute du silex sur une partie cémentée pour enflammer la poudre.
- Capsule à Percussion (vers 1820) : La découverte du fulminate de mercure a permis de simplifier encore davantage la mise à feu. La simple percussion d'une capsule mettait le feu à la poudre à travers la cheminée, sans l'aide d'un bassinet.
L'Invention du Révolver
Au XIXe siècle, Samuel Colt a inventé le système du barillet et du revolver (vers 1840). Cette arme, toujours à percussion, offrait l'avantage de pouvoir tirer plusieurs coups à la suite sans avoir à recharger.
L'Armement de la Gendarmerie : Un Aperçu Historique (1900-1940)
À la fin du XIXe siècle, la gendarmerie était équipée d'armes conçues après la guerre de 1870-1871. Les armées françaises ont été dotées de revolvers performants (modèles 1873 et 1874) et du système Gras. La gendarmerie a dû attendre pour rivaliser avec ses homologues étrangers en matière de moyens. Ces nouvelles armes ont permis de mieux lutter contre les hors-la-loi.
La guerre de 1870 a révélé les faiblesses des armées françaises. Le fusil Chassepot a été remplacé par le fusil Gras, qui utilisait une cartouche métallique. La culasse du Chassepot a été modifiée pour des raisons économiques.
La gendarmerie n'a pas reçu le fusil Gras, mais une version carabine (modèle "1874 Modifié 1880"). Cette arme plus courte facilitait les mouvements du cavalier et était plus adaptée aux affrontements de rue.
En 1886, le fusil Lebel a été adopté. Berthier a créé une carabine (modèle 1890) avec un chargeur de quatre cartouches. En 1892, la gendarmerie a adopté la carabine de l'Artillerie. Le pistolet-revolver 1892 était une arme révolutionnaire pour son époque, avec un chien rebondissant et une portière de chargement servant de verrou au barillet.
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L'Impact de la Première Guerre Mondiale
La Première Guerre mondiale a entraîné un développement important de la fabrication des armes de poing. Les officiers, les spécialistes et les aviateurs étaient souvent équipés de pistolets automatiques.
Suite aux conditions du traité de Versailles, une partie du personnel de la gendarmerie a expérimenté une arme allemande : le Mauser Bolo 1912. Cette arme, bien que présentant des inconvénients (encombrement et poids), a été attribuée à la prévôté en raison d'un manque d'armes de poing françaises.
Le pistolet Ruby, issu de la Première Guerre mondiale, a été fabriqué par la société Gabilondo et Urresti. C'était une arme simple, chambrée en 7,65 mm et munie d'un chargeur de neuf cartouches. Le Ruby était une copie du Browning 1906 et a été reproduit par d'autres firmes (Astra et Izarra).
L'Entre-Deux-Guerres et la Seconde Guerre Mondiale
Pendant l'entre-deux-guerres, la gendarmerie a reçu un nombre important de pistolets automatiques. Le Berthier 1892 était toujours en service, mais le modèle 1916 était préféré. En matière d'armement, la Seconde Guerre mondiale a provoqué de profonds bouleversements. Après la défaite de 1940, l'Occupation a entraîné une restriction de l'armement des unités. Les gendarmes ne pouvaient plus disposer que de leur pistolet individuel.
Lors de la Libération, les connaissances du personnel de la gendarmerie en matière d'armement ont été appréciées par les maquis.
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L'Après-Guerre et la "Gendarmisation" de l'Armement
Après la Seconde Guerre mondiale, la Gendarmerie nationale disposait d'un arsenal varié, comprenant des armes alliées et ennemies (Thompson, Sten, MP 38, MP 40). Les pistolets Luger P 08 et Walther P 38 ont été utilisés de 1945 au début des années 1970. Ces armes ont été récupérées dans les usines Mauser à Oberndorf.
Le P 08 était une version améliorée du pistolet Borchardt, avec un système d'ouverture à genouillère. Le P 38 a remplacé le P 08 dans l'armée allemande en 1942.
La France a également produit des PA (35 A et 35 S) et un PM (MAS 38). Le PA 35 A était fabriqué par la Société Alsacienne de Construction Mécanique, et le PA 35 S par la MAS. Ces armes utilisaient la munition de 7,65 mm long.
Exemples de Modèles Historiques
- Révolver Le Faucheux : En 1868, la Marine souhaitait commander 4000 revolvers supplémentaires du type 1858 à Eugène Lefaucheux.
- Révolver Modèle 1873 : Le revolver modèle 1873 fut la première arme de poing moderne de l’armée française, fabriqué de 1873 à 1890. Bien que remplacé par le modèle 1892, il fut encore utilisé pendant la Grande Guerre.
- Pistolet Le Français : De 1913 à 1969, Manufrance a produit et vendu le pistolet Le Français en plusieurs versions.
- Pistolet Ruby : Le pistolet Ruby est un automatique fabriqué pendant la Première Guerre mondiale, utilisé par l’armée française.
- Pistolet MAC modèle 1950 : Le MAC modèle 1950 est un pistolet semi-automatique développé à partir de 1946 pour remplacer les nombreux modèles d'armes de poing en dotation dans les armées françaises.
- Pistolet Glock : En 1980, l’armée autrichienne cherchait un remplaçant au Walther P38 et Gaston Glock a conçu le Glock 17, un pistolet semi-automatique avec une carcasse en polymère.
Les Munitions : Un Élément Clé
La cartouche métallique est un élément essentiel de l'arme de poing. Elle n'a pas fondamentalement évolué dans son principe au cours des 100 dernières années. Les amorces ont abandonné le fulminate de mercure corrosif pour d'autres produits. La poudre a également évolué, passant d'un explosif soufflant à des produits chimiques générateurs de gaz et de pressions plus élevées. Les balles se sont blindées pour résister aux frottements de vitesses élevées.
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