Le pistolet de dotation dans la douane française : un aperçu historique et actuel

L'armement des agents des douanes françaises a connu une évolution significative au fil des siècles, reflétant les changements technologiques, les besoins opérationnels et les politiques gouvernementales. Cet article explore l'histoire de l'armement des douaniers français, des fusils et sabres du XIXe siècle aux pistolets modernes Sig Sauer et Glock, en passant par les revolvers Manurhin.

Les origines de l'armement douanier

Après la Révolution française, l'article 15, Titre XII de la loi organique des Douanes du 22 août 1791, a conféré aux préposés des Douanes le droit de porter des armes à feu et autres armes dans l'exercice de leurs fonctions. Initialement, cet armement consistait en un fusil et un sabre. Les agents des brigades des Douanes, souvent issus de l'infanterie, portaient un sabre court, appelé « briquet », suspendu à un baudrier. Le sabre briquet était couramment utilisé comme arme secondaire par l'infanterie du XVIIIe siècle, en complément du fusil et de la baïonnette.

Jusqu'à cette époque, l'armement était disparate et les employés devaient souvent payer leur propre équipement.

L'uniformisation de l'armement au XIXe siècle

Au début du XIXe siècle, l'administration des douanes a tenté d'harmoniser l'armement de ses agents. En août 1817, le Directeur général a constaté les difficultés de cette entreprise, certains directeurs demandant des fusils d'infanterie, tandis que d'autres préféraient des fusils de dragons, car leurs préposés étaient déjà équipés de ce type d'arme.

En 1832, des plaintes ont été adressées au Directeur général concernant la qualité inférieure des mousquetons fournis aux douaniers par rapport à ceux destinés au département de la guerre. Il a été décidé que l'administration des douanes ne demanderait que des fusils de voltigeurs conformes au modèle régulier de 1822 pour l'armement de ses agents.

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Cependant, les agents avaient pris l'habitude d'utiliser un fusil plus ancien la nuit pour préserver leur fusil neuf. Cette pratique, bien que tolérée, allait à l'encontre de l'harmonisation recherchée, car elle perpétuait l'utilisation d'armes obsolètes. Une instruction du 18 décembre 1841 a rappelé ce principe, stipulant que « les fusils de nuit devraient toujours être complètement en état de faire feu » et que « tout fusil de chasse, tout fusil de fantaisie doit être sévèrement proscrit ».

En 1845, la dotation de l'armement est devenue fonctionnelle, les agents devant laisser leurs armes dans la Direction qu'ils quittaient en cas de mutation et recevoir de nouvelles fournitures dans leur nouvelle affectation. L'administration a opté pour un fusil court, facile à dissimuler sous un manteau, auquel serait adaptée une baïonnette longue. Le choix s'est porté sur le fusil à percussion établi pour la Gendarmerie le 17 février 1844, une arme de calibre 11 mm avec 4 rayures.

En septembre 1845, les piquets de cavalerie ont vu leur équipement renouvelé, avec le remplacement des mousquetons de cavalerie légère et des pistolets d'arçon par le mousqueton et le pistolet de la Gendarmerie.

L'évolution de l'armement au XXe siècle

Au XXe siècle, l'armement des douaniers a continué d'évoluer, avec l'introduction d'armes de poing. En 1970, l'administration a envisagé de modifier l'armement des brigades et a cherché à normaliser la situation en abandonnant les dotations d'armes étrangères.

L'administration a ainsi envisagé de se doter de 3000 armes de poing, dont 255 pour la direction de Bayonne en 1970. Ces armes, 236 Smith & Wesson modèle 10 en 4 pouces et 19 Chief Special 3 pouces, ont été reçues en décembre 1970. Parallèlement, l'administration a contacté la firme Colt, dont elle a sollicité plusieurs échantillons en juin 1971. 250 revolvers Colt type Detective Special ont été livrés en 1972 et 1973, avec un canon de 3 pouces, une spécification exigée par l'administration. Ces armes ont servi à équiper les directions de la frontière suisse.

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À partir de 1979, l'administration a abandonné la commande de Colt pour privilégier les armes Smith & Wesson, notamment les modèles 13 en 3 pouces et 36 en 2 pouces. En 1982, l'administration a tenté d'acheter des revolvers Taurus, modèle 85, à la place des Smith & Wesson 2 pouces, et des revolvers Manurhin, modèle Special Police, qui ont été affectés en priorité à la direction régionale de Mulhouse.

En 1985, l'administration a été confrontée à une augmentation sensible du coût des armes Manurhin, en raison des difficultés financières de l'entreprise.

L'armement actuel des douaniers français

Aujourd'hui, l'armement des douaniers français est moderne et adapté aux besoins de leurs missions. Les douaniers sont équipés de pistolets automatiques de calibre 9 mm, notamment le Sig Sauer SP2022, qui est l'arme de dotation principale. Ce pistolet est apprécié pour sa conception robuste, sa simplicité d'entretien et son rail Picatinny intégré pour accessoires.

Certains agents des douanes, notamment ceux affectés à des unités spécialisées, utilisent également le Glock 17, un pistolet autrichien réputé pour sa légèreté, sa fiabilité et sa grande capacité.

Le Manurhin MR 73, un revolver français de calibre .357 Magnum, reste en service pour des missions très spécifiques et symbolise l'excellence française en armurerie.

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Formation et utilisation des armes

La formation des douaniers à l'utilisation des armes est rigoureuse et continue. Les agents doivent suivre des séances d'entraînement régulières pour maintenir leur niveau de compétence et respecter les consignes de sécurité. L'usage de l'arme à feu est un ultime recours, encadré par des circonstances extrêmement strictes, conformément à la loi.

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