L'histoire et la fabrication des anciens pistolets marocains

Introduction

Les pistolets marocains anciens, également appelés "moukhalas", sont des armes à feu emblématiques du Maroc, qui témoignent d'une riche histoire et d'un savoir-faire artisanal unique. Cet article explore en détail l'histoire de ces pistolets, leur fabrication, leurs caractéristiques distinctives et leur importance culturelle.

Origines et évolution des armes à feu au Maroc

Introduction de la poudre noire

L'histoire des armes à feu remonte au VIIIe siècle après J.-C., avec l'invention de la poudre noire par les Chinois. Ce mélange explosif, composé de salpêtre, de soufre et de charbon de bois, a ensuite été adopté par les Arabes vers 1150-1200, qui l'ont utilisé sous la forme de canons rudimentaires appelés "Madfaa". Ces canons primitifs projetaient des flèches trapues à courte distance.

Développement des armes à feu en Europe

Vers 1280, la poudre noire a été redécouverte en Europe, conduisant à la création de "pots de fer" capables de propulser de grosses flèches appelées "garrots". Au XIVe siècle, l'hacquebute, un canon à croc, est apparue, suivie au XVe siècle par l'arquebuse, ancêtre des carabines, des mousquets et des fusils.

Introduction des platines

Une avancée majeure dans l'évolution des armes à feu a été l'invention de la platine à rouet vers 1510-15, qui permettait un allumage sans mèche. Cependant, ce mécanisme coûteux et fragile était principalement réservé aux arquebuses de chasse et aux pistolets. En 1520, l'arquebuse à canon rayé a été inventée, améliorant considérablement la précision et la puissance de l'arme.

Les Moukhalas marocains

Caractéristiques générales

Les moukhalas marocains sont des fusils longs, souvent richement décorés, qui étaient utilisés par les guerriers et les cavaliers marocains. Ils se caractérisent par leur platine à silex, leur long canon et leur crosse ornée.

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Platines hollandaises à la chenapan

Un trait distinctif des moukhalas marocains est leur platine hollandaise à la chenapan, un mécanisme d'allumage fiable et robuste. Le premier moukhala présenté a une crosse à large plaque de couche en os de chameau, un élément caractéristique de ces armes.

Moukhalas algériens

Les moukhalas algériens, quant à eux, sont généralement plus fins que les marocains, avec une platine espagnole à la miquelet et une plaque de couche en os de chameau.

Fabrication et variations

Ces armes ont été fabriquées du XIXe siècle aux années 1940 sans variations significatives, les platines étant conformes aux modèles européens des XVIe et XVIIe siècles. Il existait également des fusils primitifs à silex d'origine subsaharienne, dont la plaque de couche était reprise d'un moukhala marocain.

Prix et restauration

Les moukhalas pouvaient être acquis à des prix relativement bas, nécessitant souvent une petite restauration. En raison de leur unicité, ils étaient prisés dès que le prix était abordable.

Production locale et importation d'armes au Maroc

Production locale limitée

Bien qu'il existât une production locale d'armes au Maroc, elle était limitée par le manque d'une industrie capable de réaliser des canons et des platines. Seuls le bois, les garnitures en laiton et les décorations étaient produits dans la région, souvent à partir de produits d'importation.

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Importation de canons et de platines

Les canons et les platines étaient souvent importés de Liège ou de Marseille, de même que les belles lames du XVIIIe siècle utilisées dans le nord de l'Afrique.

Arsenal marocain

Dans les années 1960, le Maroc a cherché à développer sa propre industrie d'armement, avec la construction d'un arsenal comprenant une cartoucherie et une manufacture d'armes. Cet arsenal devait produire des cartouches de divers calibres, ainsi que des armes de chasse.

Armes blanches africaines et du Moyen-Orient

Poires à poudre et couteaux

En plus des armes à feu, les armes africaines et du Moyen-Orient comprennent une grosse poire à poudre pour moukhala et divers couteaux.

Types de couteaux

Parmi les couteaux présentés, on trouve :

  • Un koummya marocain pour touristes
  • Un long poignard à lame droite et poignée en corne de gazelle, avec un fourreau en bois
  • Un beau couteau très aiguisé par martelage, avec un fourreau en cuir
  • Un couteau pour touristes, avec une poignée et un fourreau en bois décoré
  • Un très beau couteau à manche en ébène, avec un fourreau en cuir tressé avec de longues franges
  • Un autre beau couteau à manche en cuir repoussé, avec un fourreau du même genre

Fourreaux de flissa kabil

Il est noté qu'un des poignards présentés n'est pas assorti à son fourreau. Il s'agit d'un fourreau de flissa kabil avec un manche dit tête de chien. Ce modèle existe en sabre et en poignard.

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Origine des poignards

Le troisième poignard est du Zaïre, le dernier est du Tchad, et l'avant-dernier est des peuplades nomades du Tchad.

Armes au Maghreb et au Sahara pendant la Préhistoire

Outillage paléolithique

Durant les temps paléolithiques, les hommes qui occupèrent le Maghreb et le Sahara utilisèrent, en plus des outils et armes connus ailleurs ; bifaces, éclats et lames plus ou moins retouchés, deux objets caractéristiques, typiquement africains, le hachereau (qui paraît plus un outil qu’un arme) et plus tard, à l’Atérien, la pointe pédonculée qui armait manifestement un javelot ou un épieu.

Armement néolithique

Ce n’est qu’après l’Épipaléolithique (Ibéromaurusien et Capsien) et surtout au Néolithique qu’il est possible de cerner les groupes paléoberbères. Tout au long des quatre millénaires que dure le Néolithique, ces populations se servent d’un petit nombre d’armes dont nous retrouvons les éléments dans les gisements : Ce sont des armatures de flèches, plus rarement des pointes de lance ou de javelot, des lamelles aiguës dont nous savons, pour les avoir trouvées fichées dans des os qu’elles armaient des traits, des poignards en os, des haches.

Usage de l'arc

L’arc fut d’un usage courant dans tout le Sahara jusqu’à la deuxième phase de l’école bovidienne (style d’Iheren-Tahilaï), les gisements sahariens, surtout ceux des grands ergs du Sahara septentrional ont livré des milliers de pointes diverses de formes très variées et d’une finesse de retouche qui fait l’admiration.

L'âge des métaux

Art rupestre

L’âge des Métaux, qui fut longtemps méconnu en Afrique du Nord a été révélé surtout par les œuvres rupestres du Haut Atlas marocain. Il est vrai que les armes et les outils en cuivre ou en bronze sont si rares dans ces régions qu’ils pouvaient être considérés comme de simples produits d’importation, surtout ibérique, puisqu’ils sont totalement absents à l’est du méridien d’Alger.

Armes métalliques

Le Haut Atlas marocain est l’un des grands centres d’art rupestre protohistorique des pays riverains de la Méditerranée occidentale. Sur les dalles gréseuses des trois grands sites principaux de l’Oukaïmeden, du Yagour et du Rat furent reconnus des milliers de pétroglyphes, dont bon nombre reproduisent des armes, à l’évidence métalliques.

Première phase

La première phase est culturellement liée au Bronze ancien. On y trouve, mêlés, des objets autochtones vraisemblablement néolithiques et des armes métalliques dont les prototypes proviennent des cultures du Bronze ancien ibérique. Le premier ensemble comporte des représentations de boucliers composés de rectangles emboîtés généralement pourvus d’un décor central de lignes parallèles horizontales ou verticales, rectilignes ou ondées, et parfois dotés d’appendices circulaires aux quatre coins. On y trouve également ce que les différents auteurs ont qualifié de « haches-peltes » et qui peut se décrire comme une arme au tranchant très courbe, emmanchée en ce qui apparaît comme une zone fortement concave, sur un manche caractéristiquement anglé. Avec ces éléments autochtones lato sensu se retrouvent des figurations dont les originaux furent conçus dans la Péninsule Ibérique. Ce sont d’abord les hallebardes. La hallebarde protohistorique est constituée par une sorte de robuste lame de poignard qui est emmanchée perpendiculairement sur un manche court, telle une hache. La Péninsule Ibérique fut, avec l’Irlande et, dans une moindre mesure, la zone italique, un des grands centres de production de cette arme si particulière au Bronze ancien. On y trouve également des figurations de poignards sans garde marquée dont une partie au moins pourrait correspondre à des armes argariques. Il en va de même pour les quelques représentations de haches au profil trapézoïdal simple dont on a pu retrouver deux exemplaires à l’oued Akrech et au Kef el Baroud, et qui pourraient également avoir cette même origine.

Deuxième phase

La deuxième phase traduit un degré supplémentaire dans l’intégration du Bronze méditerranéen dans le milieu atlasique. Elle se caractérise par des figurations de boucliers circulaires, généralement pourvus d’un décor central complexe soigneusement représenté, et souvent dotés de barbelures périphériques. Ces armes sont associées à des pointes de lance à lame triangulaire étroite, aux bords convexes et pourvue de nervure qui pourraient être les mêmes que celles qui furent représentées sur les stèles gravées ibériques, et sont identifiées comme des armes du Bronze final. On y trouve aussi des poignards à garde fortement marquée. Ils sont particulièrement nombreux sur le site du Rat, où ils se retrouvent associés aux mêmes types de pointes de lance et de boucliers, ce qui pourrait faire de ce site le plus récent du trio atlasique. C’est également l’arme qui fut exclusivement représentée sur le seul site de gravures protohistoriques connu sur le versant saharien de l’Atlas, l’Aougdal n’Oumghar.

Confirmation de l'âge des métaux

L’apparition de ces figurations d’armes dans le Haut Atlas présente un double intérêt. Tout d’abord, elle est une évidente confirmation de l’existence d’un âge des Métaux au Maghreb. Si celle-ci n’est plus maintenant contestée, il n’en était pas de même encore naguère. En effet, l’extrême rareté des vestiges métalliques du Chalcolithique et de l’âge du Bronze au Maghreb avait pu laisser supposer que ses populations étaient passées directement d’un Néolithique aux racines très archaïques à l’âge du Fer.

Nouvelle iconographie

En effet, l’irruption du thème des armes dans l’art rupestre est un phénomène directement lié au monde des Métaux. Auparavant, l’art rupestre, si riche dans l’Atlas saharien et le Sahara, avait eu pour sujets de prédilection les animaux et les hommes, représentés sous forme de scènes, souvent d’une manière très narrative, traduisant ainsi les soucis d’un monde néolithique de pasteurs. Cette nouvelle iconographie, même si elle se développe sur ce substrat culturel, n’a plus qu’un sujet principal, souci central de cette nouvelle idéologie qui exclut tout autre thème de son monde et fait valoriser en lui-même le fruit essentiel et illustre des premières productions métalliques : l’arme. L’existence, dès l’origine - la faiblesse des figurations zoomorphes du Haut-Atlas en témoigne -, d’ensembles exclusivement composés de figurations de ce type montre bien que, dès lors, ce nouveau monde culturel régnait en maître et avec une force telle que, récupérant les objets anciens à ses schémas conformes, il en permettait l’apparition dans son iconographie, mais ordonnés selon ses structures nouvelles exclusives.

Expressions rupestres

Les débuts de l’âge du Bronze qui, tout autour de la Méditerranée occidentale, suscita les mêmes types d’expressions rupestres d’où furent exclus hommes et animaux et magnifiées les seules armes métalliques, dans les terres qui ont maintenant nom Italie, France, Espagne et Portugal. La preuve de l’existence de la Protohistoire du Maroc est donc là, flagrante, éclatante.

Datation

En effet, les armes d’El Argar sont ainsi datées entre 1700 et 1500 av. J.-C, et celles de type Carrapatas, moins bien cernées, entre 1700 et 1100/1000 av. J.-C. Les pointes de Palmella sont datées, dans la Péninsule ibérique, de la fin du IIe millénaire av. J.-C.

Armes défensives

Les armes les plus représentées sont les armes défensives. Le bouclier rond, à umbo plus ou moins étendu, équipe les cavaliers protohistoriques aussi bien ceux du sud marocain (Tinzouline) que ceux de l’Aïr (Ekaden Ararni) et ceux des stèles libyques de Kabylie (Abizar*). On les retrouve, accompagnés d’inscriptions libyques sur des stèles de Numidie. Ces mêmes boucliers, isolés, figurent, sans doute en raison de leur valeur protectrice, sur des monuments funéraires (mausolée du Khroub) des sanctuaires (monument de Chemtou), des stèle funéraires (Volubilis) des stèles d’offrande (sanctuaire d’El…

Les poignards marocains

Déclin de la fabrication d'armes

Parmi les industries d'art mises en péril par la présence européenne au Maroc, la fabrication des armes est certainement l'une de celles qui ont subi le recul le plus prononcé. Les protectorats français et espagnol, en désarmant les habitants venus à l'obédience, en introduisant dans le pays leurs propres armes, et surtout en instituant le régime d'une sécurité permanente, ont donné le coup fatal à la fabrication locale.

Persistance du poignard

Une arme pourtant paraît avoir manifesté quelque résistance. C'est le poignard, porté encore par les caïds du Sud et leurs mokhaznis beaucoup plus pour la parade qu'à titre vraiment utilitaire.

Caractéristiques du poignard

On n'en doute pas quand on le considère d'un peu près. Sa lame pointue, solidement…

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