L'histoire des armes à feu en France est riche et complexe, intimement liée aux grands événements qui ont façonné le pays, de la Révolution française aux conflits du XXe siècle. Du fusil de 1777, symbole de la prise de la Bastille et de la révolte vendéenne, au Lebel, emblématique de la Grande Guerre, en passant par le pistolet-mitrailleur MAT 49, familier aux anciens d'Algérie, et le Famas, en cours de remplacement, les armes ont toujours été associées à l'histoire militaire française.
L'Arme à Feu dans la Société Française
L'arme à feu occupe une place particulière dans la société française, oscillant entre fascination et méfiance. Si elle est un outil pour le soldat, elle imprègne également la société civile à travers différentes pratiques. La chasse, avec ses deux millions d'adeptes, conserve un rôle économique et culturel important. Les clubs de tir sportif, qui comptent 150 000 licenciés, témoignent de l'intérêt pour le maniement des armes dans un cadre réglementé. La vitalité des magazines spécialisés, à l'image de la célèbre Gazette des armes, confirme cet engouement.
Cependant, l'opinion publique et les médias s'alarment régulièrement du trafic d'armes de guerre et de la circulation croissante de kalachnikovs dans les milieux criminels et les quartiers sensibles. Face au nombre élevé de décès par arme à feu en France, incluant les suicides, des voix s'élèvent pour réclamer des réglementations plus strictes. Dans une société moderne pacifiée, l'arme à feu et l'image de virilité potentiellement agressive qu'elle semble véhiculer suscitent l'inquiétude.
L'Émergence du Pistolet Mitrailleur
Dès le début de la Première Guerre mondiale, la mitrailleuse démontre une efficacité redoutable sur les champs de bataille. Cependant, son poids et son manque de mobilité limitent son utilisation polyvalente en tant qu'appui de l'infanterie. La recherche et le développement se concentrent alors sur une arme d'appui plus facilement transportable.
L'historien soviétique David Numovich Bolotin souligne que les études russes sur la conception d'un fusil-mitrailleur précèdent la Première Guerre mondiale, mais ces projets sont restés lettre morte. Face à ce besoin, la Russie impériale a recours à des armes de conception étrangère, notamment les fusils-mitrailleurs Madsen, Lewis, Benet-Mercier Mle. 1909 et CSRG Chauchat, utilisant différents calibres, ce qui engendre des difficultés logistiques.
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Les Premiers Pistolets Mitrailleurs Soviétiques
Héritant de cette situation complexe, les Soviétiques entreprennent d'adapter la mitrailleuse Maxim en fusil-mitrailleur. Ivan Nikolaevich Kolesnikov et Fedor Vasilievich Tokarev sont chargés de cette tâche. L'idée est d'utiliser les infrastructures de production des mitrailleuses Maxim, existantes en Russie depuis le début du XXe siècle. L'utilisation d'une conception et de pièces communes représente un avantage opérationnel et logistique évident.
Cependant, le mécanisme de court recul du canon et le verrouillage "par genouillère" de la mitrailleuse Maxim rendent l'adaptation difficile. Les deux fusils-mitrailleurs issus de ces travaux, les "Maxim-Koleshnikov" et "Maxim-Tokarev", sont évalués, et le fusil-mitrailleur Maxim-Tokarev, ou "MT", est adopté le 26 mai 1925.
Ce premier fusil-mitrailleur soviétique est imparfait : lourd, encombrant et peu fiable. Les solutions proposées par F.V. Tokarev pour corriger ces problèmes sont rejetées car elles s'éloignent trop de la mitrailleuse Maxim 1910 réglementaire et exigent la production de nouvelles pièces. Le fusil-mitrailleur MT est produit à 2450 exemplaires à Tula entre 1926 et 1927.
Le Degtyarev (DP) : Un Tournant Décisif
En 1926, un rapport du comité d'artillerie stipule que l'URSS ne dispose pas d'assez de fusils-mitrailleurs et qu'aucune des armes en stock n'est chambrée pour la cartouche russe. Vassili Alexeïevitch Degtyarev, qui a commencé sa carrière dans l'armurerie à l'âge de 11 ans, travaille avec Vladimir Grigoryevich Fedorov sur la conception d'un fusil automatique. En 1916, V.A. Degtyarev conçoit sa première arme, utilisant un système associant un emprunt de gaz à une culasse à verrou mobile.
Il commence ses travaux sur un fusil-mitrailleur de sa propre initiative en 1923. Son arme est testée en 1924 et remarquée pour son originalité, sa fiabilité, sa cadence de tir et sa maniabilité. En 1924, V.A. Degtyarev et V.G. Fedorov sont convoqués à une réunion organisée par Mikhaïl Vassilievitch Frounze, un des pères de la pensée militaire soviétique. V.A. Degtyarev est encouragé à poursuivre ses travaux.
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Avec l'aide de V.G. Fedorov, Georgy Semyonovich Shpagin et Sergueï Gavrilovitch Simonov, le prototype de ce qui allait devenir la "Degtyarev Pekhotiny" (DP), ou "Degtyarev d'infanterie", est prêt en 1926. Bien que moderne dans sa conception, l'arme rencontre des problèmes de bris de pièces lors des essais. Après de nombreuses modifications, la DP est adoptée et sa production commence à l'usine de Kovrov en 1927.
Les Évolutions du Degtyarev
La DP est améliorée en 1928, notamment en termes de durabilité et d'interchangeabilité des pièces. Elle est également déclinée en mitrailleuse de char (Degtyareva Tankovy) et d'aviation (Degtyareva Aviatsionny).
Le "Degtyareva Pekhotiny Modernizirovanniy" (DPM), ou "Degtyarev d'Infanterie Modernisé", est adopté en 1944. Cette modernisation corrige les défauts de la DP : bipied repensé, relocalisation de l'ensemble récupérateur, nouveau dessin de l'extracteur, remplacement de la sûreté à pédale par un levier, et nouveau dessin de la crosse avec ajout d'une poignée pistolet.
Le "Rotnyy Pulemet 1946" (RP-46), ou "fusil-mitrailleur de Compagnie 1946", est une version de la DPM avec un système d'alimentation à bande, qui s'installe à la place du chargeur habituel. L'arme reçoit un nouveau canon et un nouveau régulateur d'emprunt de gaz.
Le fusil-mitrailleur DP a marqué l'histoire de l'Union Soviétique, participant à la Grande Guerre Patriotique. Construit en grand nombre, il est utilisé par les Allemands (sous l'appellation MG 120(r)) et les Finlandais. On le rencontre encore fréquemment sur de nombreuses zones de conflit, notamment en Afrique, au Moyen-Orient et en Ukraine.
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V.A. Degtyarev a également conçu les pistolets-mitrailleurs PPD-34, PPS-34/38 et PPD-40, et le fusil anti-char PTRD-41. Il a été nommé général, directeur de l'usine de Kovrov et décoré à de nombreuses reprises. Il est décédé à Moscou le 16 janvier 1949.
L'Héritage de Fedorov et Degtyarev
V.A. Degtyarev a pris parti pour le travail de ses concurrents au détriment de ses propres conceptions, notamment en militant en faveur de la mitrailleuse SG-43 de Petr Maximovitch Goryunov et en abandonnant ses travaux sur son Avtomat pour favoriser ceux de M.T. Kalashnikov.
Les armes développées en calibre 6,5×50 mm SR Arisaka par V.G. Fedorov ont été conçues comme "une arme individuelle entre le fusil et le fusil-mitrailleur". Au début des années 1920, des prototypes de fusil-mitrailleur réalisés sur la base du Fedorov 1916 ont été mis au point par V.G. Fedorov et V.A. Degtyarev. Ces prototypes ont semé l'idée de l'intérêt d'un système d'arme unifié autour d'un mécanisme, qui sera concrétisée par l'adoption généralisée des armes conçues autour du "système Kalashnikov".
Les Pistolets Mitrailleurs de la Seconde Guerre Mondiale
Les armes ont joué un rôle déterminant dans les affrontements de la Seconde Guerre mondiale. Parmi les pistolets mitrailleurs emblématiques de cette période, on retrouve :
- Le Pistolet Mitrailleur Thompson : Aussi connu sous le nom de "Tommy Gun", le Thompson est une arme automatique américaine chambrée en calibre .45 ACP. Sa forte cadence de tir en fait une arme redoutable dans les combats rapprochés. Son utilisation par des organisations criminelles a contribué à sa popularité. John T. Thompson, son inventeur, a supervisé la production d'armes légères pour l'armée américaine pendant la Première Guerre mondiale. Le Thompson a été commercialisé aux forces de maintien de l'ordre et a été utilisé par les Marines dans les Banana Wars et en Chine. Il a également été utilisé par l'IRA pendant la guerre d'indépendance irlandaise et la guerre civile irlandaise.
- Le Pistolet Mitrailleur Sten : Le Sten MKIV est une arme automatique britannique utilisée par les forces du Commonwealth lors de la Seconde Guerre mondiale. Sa simplicité de fabrication, son faible coût et son design compact en font une arme populaire. Malgré quelques problèmes de fiabilité, le Sten équipe la totalité des soldats britanniques et quelques résistants français et polonais.
- Le Pistolet Mitrailleur MP40 : Le MP40 est un pistolet mitrailleur allemand chambré en calibre 9 mm. Sa crosse pliable, son format compact et son poids léger le rendent facile à transporter. Il équipe principalement les troupes d'assaut allemandes et est massivement utilisé lors de la bataille de Stalingrad.
Les Pistolets Mitrailleurs Modernes
Les pistolets mitrailleurs modernes se caractérisent par leur compacité, leur puissance de feu et leur capacité à être dissimulés. Voici quelques exemples :
- Heckler und Koch MP 7 (Allemagne) : Le MP7 est un pistolet mitrailleur répondant au principe d’Advanced Personal Defense Weapon (APDW) qui vise à combler le fossé entre le pistolet mitrailleur conventionnel et le fusil d'assaut. Léger, compact et modulable, il tire une munition spécifique de petit calibre ayant une vitesse à la bouche élevée.
- Arasaka : Une configuration se rapprochant du pistolet de gros calibre, facilement dissimulable dans un veston, avec un chargeur à évacuation centrale.
- Cricket : Peut être dissimulée dans une veste, avec un chargeur de 15 balles et en démontant le canon prévu à cet effet.
- Calico : Déterrant leur vieux design de pistolet mitrailleur à chargeur hélicoïdal, Calico effectue un come-back remarqué avec cette arme moderne et adaptée à son époque. Une arme à dominante polymères plastiques, bon marché et d'une précision aléatoire.
Les Pistolets Mitrailleurs Français
Le début des pistolets-mitrailleurs français commence réellement après la Première Guerre mondiale. Les caractéristiques du futur PM de l’armée française sont fortement inspirées par celles du Bergmann MP18/I. Le programme d'armement de 1921 définit les caractéristiques du futur PM : forme d’une carabine raccourcie, poids entre 3 et 4 kg, munition identique à celle du pistolet de l’armée, chargeurs de 25 cartouches au moins, tir en mitrailleuse, cadence de tir de 400 à 500 coups par minute, arme rustique et simple, principe d’une arme à culasse non verrouillée, précision dans le tir sur appui à 100 mètres, hausse avec des crans de 100 et 200 mètres, bipied.
Plusieurs prototypes sont proposés à l’armée, notamment par des établissements d’état et des fabricants étrangers, en calibre 9 mm Parabellum. Les services techniques de l’armée expérimentent également la cartouche de .30 Pedersen.
En 1938, le dernier prototype de pistolet-mitrailleur conçu par la Manufacture d’Armes de St-Etienne, le SE MAS 1935, devient le MAS modèle 1938. Utilisé lors de la Seconde Guerre mondiale, il est compact, facilement contrôlable et jouit d’un mode automatique impressionnant. Cependant, sa faible puissance et sa courte portée de tir sont critiquées. Sa production est ralentie à cause de son prix.
En 1939-1940, la société SACM propose un pistolet-mitrailleur en tôle emboutie, beaucoup plus économique à construire que l’usinage du Mas 1938. Il est adopté par l’état-major sous le nom de modèle 1939.
L’ETVS met au point un nouveau PM doté d’une crosse et d’un chargeur repliables. Deux prototypes sont construits et testés en 1937. Le PM ETVS est doté d’une culasse ingénieuse, à l’intérieur de laquelle est intégré un ralentisseur de recul actionné par un volant à inertie.
Le choix de la munition de 7,65 mm Long a souvent été critiqué. Il était justifié par des performances à peu près identiques à la 9 mm Parabellum sur le plan de la précision et de la perforation jusqu’à 600 mètres pour un poids plus faible.
Les Répliques Denix : Une Alternative pour les Passionnés
Les répliques Denix de la Seconde Guerre mondiale sont parfaites pour les passionnés d’histoire militaire, les reconstitutions, le cinéma ou la collection. Ces reproductions fidèles d’armes emblématiques de 1939-1945 offrent un réalisme bluffant, sans danger ni réglementation contraignante. Elles imitent à la perfection le poids, les dimensions et parfois les mécanismes, sans pouvoir tirer de projectiles. Elles sont idéales pour les reconstitutions historiques, le cinéma, le théâtre, le cosplay, la collection et la décoration.
L'Armement de la Résistance
La Résistance disposait d'armes d'origine, de conception et de dates différentes, constituant un armement hétérogène. Elle ne possédait pas d'armement lourd. Parmi les armes utilisées, on retrouve :
- Armes françaises : Revolver modèle 1892, mitrailleuse Hotckiss modèle 14, fusil-mitrailleur FM 24/29, fusil MAS 36, mousqueton modèle 1892-1916.
- Armes étrangères : Pistolet Colt 1911, mitraillette Sten, fusil Lee-Enfield N° MK I, antichar PIAT, antichar Bazooka US AT M1 A1, carabine US M1, pistolet mitrailleur US M3 A1, fusil-mitrailleur Bren MKII, mortier anglais de deux pouces, grenade Gammon, pistolet mitrailleur Marlin UD M 42, mitrailleuse légère Browning M 30, mitrailleuse Browning M 50, mitrailleuse Maschinengewehr (MG) 34 Mauser.
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