Le Pistolet Mitrailleur Russe de 1940 : Caractéristiques et Héritage

L'année 1940 marque un tournant dans l'histoire de l'armement soviétique avec l'émergence de pistolets-mitrailleurs conçus pour répondre aux exigences du combat moderne. Cet article explore les caractéristiques techniques, le développement et l'impact de ces armes, en particulier le PPSh-41 et le PPD-40, tout en mettant en perspective d'autres modèles contemporains.

Genèse et Développement des Pistolets Mitrailleurs en URSS

Au lendemain de la Première Guerre mondiale et de la révolution d’Octobre, la place du pistolet-mitrailleur fut longuement débattue au sein de la toute jeune Armée Rouge. Ici comme dans la plupart des autres nations, le constat que l’arme de poing n’apporte rien de plus qu’une capacité de défense personnelle et que le fusil d’infanterie n’est pas adapté au combat rapproché fût rapidement établi. Cependant, la solution à apporter quant à l’équipement de base du soldat n’a alors rien de simple.

Le fusil d’infanterie (encore quasi-exclusivement à répétition manuelle) se taille encore la part belle de l’équipement du fantassin du monde entier. La munition des armes de poing est perçue par beaucoup comme « trop faible » pour un usage militaire. En URSS aussi, la tentation de la cartouche intermédiaire est déjà présente. Si les armes de Fedorov en 6,5×50 mm SR Arisaka avaient ouvert la voie à la réflexion sur la réduction de calibre, elles n’en restent pas moins plutôt des fusils-mitrailleurs légers et non de vrais fusils d’assaut.

Paradoxalement, c’est la fin de ce développement qui déclencha les travaux sur les premiers PM en Union Soviétique en 1925. Ainsi, le premier PM de conception locale testé cette même année par les Soviétiques est l’œuvre de Fedor Tokarev. L’auteur Russe D.N. Bolotin rapporte à ce titre que F. Tokarev n’envisagea pas la conception d’un PM avant que les travaux de Fedorov soient arrêtés : il semblait évident au concepteur du TT-33 que la solution qui s’imposerait serait celle explorée par le vénérable Fedorov, c’est-à-dire celle d’une arme remplissant le vide entre l’arme de poings et le fusil d’infanterie !

Ce premier PM de Tokarev, en calibre 7,62×38,5 Nagant, relève plus d’une « carabine automatique » que d’un véritable PM. Notons que la munition employée pour cette arme dispose d’une extrémité avant arrondie et non tronconique pour faciliter l’alimentation dans une arme à chargeur. Longuement étudiée (et comparée à des armes étrangères, notamment allemandes) par l’Armée Rouge, elle sera également déclinée en 7,63 Mauser, jugé de par sa puissance, plus apte aux missions militaires.

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Cette première arme sera suivie par une arme proposée par V.A. Degtyarev (en 1929), S.A. L’arme de Degtyarev est très inspirée par la production de son FM DP, récemment adopté. On y trouve des similitudes de construction et même un chargeur circulaire plat par-dessus lequel la visée est prise ! D’un concept plus proche d’un PM que l’arme de Tokarev, elle tire à culasse non calée employant un artifice de démultiplication dont le détail ne nous est pas connu.

L’arme de Korovin, encore plus « classique », fonctionne à culasse non-calée « simple », mais a comme originalité (pour un PM de cette période) de disposer d’un système de mise à feu par chien. L’évaluation des 4 armes (celles de Tokarev étant évaluées dans chaque calibre) fut lancée en 1930. Aucune arme n’apportant totalement satisfaction, les concepteurs sont renvoyés à leur planche. Le 11 février 1931, 500 PM Tokarev en calibre 7.62×38.5 seront tout de même commandés pour des essais en corps de troupe.

De son côté, V.A. Degtyarev repense complètement son arme, en abandonnant les réminiscences du DP-28. Il en résulte une arme au dessin plus conventionnel pour un PM. C’est finalement cette arme qui sera adoptée par l’Armée Rouge sous l’appellation Pulmet Pistolet Degrtyarev 1934 ou PPD-34 (Pistolet Mitrailleur Degtyarev 1934). L’arme ne donna pas entièrement satisfaction et fut modifiée en 1938 pour devenir la PPD-34/38. Ces armes utiliseront un chargeur tambour de 71 coups avec un long « cou », source de nombreux enrayages.

Ces armes, qui ne seront pas produites en grand nombre, seront finalement retirées du service juste avant la guerre Russo-Finlandaise (appelée en Russie « La guerre d’hiver ») privant à cette occasion l’Union Soviétique de PM mais aussi du retour d’expérience de l’emploi de telles armes sur le front. Les Finlandais, eux, tirèrent un excellent parti du PM KP-31 Suomi : c’est ce constat qui favorisera le retour en grâce du PM dans l’Armée Rouge. Le 15 Février 1940 - soit un mois avant la fin de la guerre d’hiver - une dernière mouture de l’arme de Degtyarev est adoptée : le PPD-40 (Photo 06). Celui-ci introduit le chargeur tambour sans « cou » similaire à celui employé sur la PPSh-41.

Le PPSh-41 : Un Symbole de la Production de Masse

L’iconique pistolet-mitrailleur de l’Armée Rouge ne fut pas simplement un outil performant massivement mis à la disposition du soldat soviétique. Il constitua aussi un premier pas posé dans l’ère de la conception d’armes légères destinées à la fabrication de masse en URSS. Né en 1897, Georgiy Semenovich Shpagin travailla à Kovrov où officiaient également Fedorov et Degtyarev. G.S. Shpagin est présenté par l’auteur Russe D.N. Bolotin comme une personne particulièrement concernée par les problématiques de productivité et avant-gardiste en la matière. La simplicité mécanique semblait être au coeur de sa créativité…un trait finalement très commun chez les concepteurs soviétiques qui est sans doute inspiré par la doctrine soviétique ! Le début des années 1940 marquera un tournant dans l’utilisation de la tôle pliée et de la soudure électrique. Ainsi, G. La première mouture du PP de Shpagin date de 1940. Cette même année, l’arme de Shpagin va être confrontée au PPD-40 et à une arme conçue par Boris Shpitalniy. Cette dernière, sans être dénuée de qualité, se révéla moins conforme aux attentes d’une arme de guerre (coût de production, simplicité d’emploi et d’entretien…). Au terme de cette compétition, l’arme de Shpagin est adoptée le 21 Décembre 1940 sous l’appellation Pulmet Pistolet Shpagin 1941 soit PPSh-41…tout juste 6 mois avant l’opération Barbarossa. Son acronyme - PPSh - est prononcé « Pépésha » en russe, d’une façon très proche à « Papasha », un mot familier signifiant « Papa » de façon plutôt positive dans le contexte.

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Caractéristiques Techniques et Conception du PPSh-41

La fabrication de l’arme recourt donc à l’emploi de tôle pliée pour la construction d’une grande partie de ses pièces. Les tôles employées sont sensiblement différentes de celles habituellement rencontrées : elles font entre 2,5 et 3,1 mm d’épaisseur contre, le plus souvent environ 1 mm d’épaisseur sur d’autres productions, notamment plus tardives. La PPSh-41 va également initier une construction qui fera date - car reprise sur les PPS-43 et même les AK - celle du boîtier tôle en forme de « U ». Cette approche est très novatrice en comparaison des autres PM : souvent, ceux-ci recourent à un boîtier cylindrique (MP-18, 34, 38 et 40, KP-31, Beretta M38, STEN…et bien évidemment la PPD-34/38). Le boîtier cylindrique permet de réaliser une bonne partie des pièces en tournage, approche rationnelle avec les moyens de production de l’époque, car plus rapide et plus simple que de multiples opérations de fraisage. Pour la modernisation de la production du MP-38, les Allemands avaient adopté un boîtier en tôle, mais toujours de section cylindrique. Si quelques PM utilisent des boîtiers parallélépipédiques (Thompson dont la partie avant de la culasse est cylindrique ou MAS 1938 dont la culasse est entièrement…cylindrique !), ils sont plutôt rares et leur approche relève bien souvent - de notre humble avis - d’une immaturité productique…Et que dire du PM Steyr-Solothurne si ce n’est qu’il s’agit d’une arme magnifique…mais d’une folie industrielle ! Sur le PPSh-41, la culasse sera de section parallélépipédique sur sa portion inférieure et légèrement arrondie sur sa partie supérieure (Photo 07). Ce choix est sans doute dicté par une simplicité dans la maitrise de la mise en forme de la tôle, où une forme parallélépipédique est sans doute plus aisée à obtenir avec des tolérances convenables, qu’un boitier de section cylindrique.

La carcasse de l’arme est fabriquée en deux pièces : un boîtier inférieur et un boîtier supérieur tout deux réalisés en tôle pliée de forte épaisseur. Ils sont articulés autour d’un axe à l’avant, et verrouillés par un crochet actionné par un poussoir à l’arrière. Le boîtier inférieur accueille la culasse, le système de mise à feu, la crosse et le puits de chargeur, dont les spécificités sont très étroitement liées à la PPD-40…et quelque part au KP-31 ! Rendons à Cesar, ce qui est à César ! Le boîtier supérieur accueille le canon et les organes de visée. Sa partie avant se prolonge en grille de protection (poinçonnée de nombreuses ouvertures oblongues destinées au refroidissement) et se termine par un large dispositif de bouche (Photos 08 à 10). Ce dernier, orientant les gaz vers le haut et sur les côtés, officie en tant que frein de bouche et compensateur de relèvement. Le boîtier inférieur attire tout particulièrement l’attention : ses formes complexes témoignent d’une conception réfléchie (Photo 12). Au niveau de la culasse, le boîtier supérieur se contente d’officier comme « couvre-culasse ». Le choix d’une tôle de forte épaisseur est probablement lié à la nature de l’acier, de qualité moindre (quelques signes d’usure en témoignent). Ce qui se gagne ici en économie de matière « précieuse » (les aciers de qualité sont alors prisés pour des fabrications plus « nobles » que de l’armement d’infanterie) se paie en matière de poids. En effet, le PPSh-41 sans chargeur accuse les 3,875 kg à notre balance…plus lourd qu’un AK-47 Type 3 à crosse fixe…3,8 kg, lui aussi sans chargeur…oui, une des deux variantes à boitier forgé / usiné !

Le boîtier du mécanisme de mise à feu est également réalisé en tôle (Photo 13). Sur 17 pièces constitutives (de façon un peu abusive, nous comptons ici le corps de platine comme une seule et même pièce, car celle-ci est en réalité faite de plusieurs morceaux de tôle soudée), seules 3 sont usinées : la gâchette, la détente et le séparateur. Il s’agit des pièces soumises à des contraintes mécaniques : choc, frottement. Cela demeure une performance, surtout pour un dispositif qui propose un tir sélectif. De même, le boîtier inférieur n’accueille que deux pièces usinées : l’éjecteur (riveté) et le crochet de chargeur (Photo 14). La culasse est forgée puis usinée. Ses flancs sont évidés pour faciliter sa circulation dans le boîtier de culasse en présence de corps étrangers. Le percuteur, une pièce rapportée, y est emmanché / goupillé. Ceci constitue un plus pour la fabrication et pour la maintenance. L’arme dispose d’un amortisseur de culasse (Photo 16). Réalisé dans un matériau fibreux vulcanisé, celui-ci est destiné à éviter une usure prématurée du boîtier inférieur par la brutale mise en butée de la culasse à chaque tir.

Surtout qu’on peut noter que la course de culasse est très courte : elle ne dépasse que légèrement le chargeur afin de prendre en compte une munition. Ceci explique une cadence de tir impressionnante (annoncée à 1000 coups par minute par le manuel soviétique, et mesuré à 1086 cpm sur la vidéo disponible en fin d’article). Comme évoqué précédemment, l’arme est adoptée seulement 6 mois avant l’opération Barbarossa. Ainsi, à l’entrée en guerre de l’URSS, l’arme n’est clairement pas à « maturation ». Il en va ainsi de la quasi-totalité des armements mis en service : il est toujours nécessaire de faire des ajustements. La PPSh-41 ne fera pas exception : mais ces ajustements se feront dans un contexte particulier celui d’une entrée en guerre pour le moins prématurée. Cette immaturité fera d’ailleurs le lit d’une autre arme : la PPS-43 (dont l’article est disponible ici). Cette immaturité porte, certes, sur des problèmes (mineurs) de fabrication, mais aussi sur une chose qui ne peut être imputée à G.S. Shpagin : le concept général de l’arme. Dans ces dimensions, le PPSh-41 reste une arme d’infanterie « longue » et lourde. Avec 842 mm de long, il est moins de 30 mm plus courts qu’un AK-47…à crosse fixe (Photo 17)! La comparaison dimensionnelle entre les deux armes n’est pas anodine : elle sera au cœur de certaines réflexions en URSS au lendemain de la guerre. Cependant, l’arme va être corrigée et améliorée par son concepteur. Au cours de l’année 1942, c’est une mouture plus apte qui est mise en production. La plupart des modifications ne sont pas directement palpables par l’utilisateur (épaisseur des tôles, dimensions de certaines pièces). En revanche, l’adoption d’une hausse basculante à deux positions en lieu et place de la hausse tangentielle précédemment rencontrée (qui permet un réglage jusqu’à 500 m - Photo 18) sur des fusils d’infanterie témoigne d’une rationalisation du concept d’emploi.

Production et Utilisation du PPSh-41

L’arme va être rapidement mise en production en Union Soviétique. Dans un premier temps, elle va être produite dans plusieurs usines, recourant notamment à la technique de la sous-traitance. La plupart de ces usines n’étaient pas initialement dédiées à la production d’armement.

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  • L’usine automobile ZIS (Завод имени Сталина - Zavod Imeni Stalina) à Moscou, bien connue pour ses camions. Son symbole sera le « Z » cyrilique (З).
  • L’usine Scetmach à Moscou, avec pour symbole le « C » cyrilique, soit un « S » en alphabet latin.
  • L’usine d’emboutissage « Rouge » (Красный штамповщик - Krasny Schtampovshik) à Moscou. Le symbole sera un Ш dans un К stylisé.
  • L’usine Avitek à Kirov, qui comme son nom l’indique était plutôt spécialisée dans la production aéronautique. Son symbole sera le marteau et la faucille dans un cercle lui-même inscrit dans une étoile aux grandes branches inférieures.
  • L’usine de tracteurs de Stalingrad / Volgograd « F.Dzerzhinskly » où étaient également construit des éléments de T-34. L’usine servait aussi d’atelier de réparation pour ces mêmes chars. Le symbole est constitué des lettre Ф et Д dans un ovale soit « FD », les initiales de F. Dzerzhinskly, héros de la Révolution d’Octobre et de la toute jeune URSS.
  • Le complexe industriel de Kovrov qui regroupe de nombreuses industries, dont l’usine où travaillait G.S Shpagin (avant de partir pour Viatskie Poliany) et d’autres concepteurs soviétiques. Cette usine s’appelle aujourd’hui « Завод имени В. А. Дегтярёва » soit « Usine V.A Degtyarev » ! Le symbole est une flèche avec empennage dans un ovale très étiré verticalement.
  • L’usine d’instrument de précision de Tbilisi (en Géorgie). Le symbole est une étoile à 5 branches dans un cercle aplani et ouvert sur sa portion inférieure.
  • L’usine de train de Tbilisi (en Géorgie).
  • L’usine instrumentale de Voskov (en fait, il s’agit de l’ancien arsenal de Sestroretsk), mais il n’est pas fait mention de la production de PPSh-41 ou de pièces d’après nos recherches…seulement la photo du marquage d’une arme « BB » (VV en russe) dans un article de l’excellent Frank Innamico.
  • L’usine métallurgique de Leningrad (Leningradsky Metallichesky Zavod), ici aussi, aucune trace de production trouvée.
  • L’Usine A. A. Kulakov…aucune trace de l’usine !

Face à l’avancée des Allemands, la plupart de ces usines seront déménagées à un peu moins de 1000 km de à l’est de Moscou, dans le complexe industriel de Viatskie Poliany. Son symbole est une étoile à 5 branches d…

Le PPSh-41 a été fabriqué entre 1941 et 1949, avec une production dépassant les 6 000 000 d'exemplaires. Ironie de l'histoire, alors que les Allemands adaptaient à de nombreuses reprises le PPSh-41 aux munitions 9 mm Parabellum, les Soviétiques faisaient de même avec les MP40 capturés en raison du mauvais approvisionnement en munitions de l'Armée rouge.

Le PPD-40 : Un Précurseur Important

Le pistolet-mitrailleur PPD-40 (Pistolet Degtyaryov-Pulemyot Modèle 1940 Goda) est une arme de poing soviétique conçue par Vassili Degtyaryov et adoptée par l'Armée rouge en 1940. Tirant la cartouche TT de 7,62 × 25 mm, le PPD-40 était une évolution des modèles précédents PPD-34 et PPD-34/38, offrant une puissance de feu élevée et une grande fiabilité en combat rapproché. Malgré une production limitée en raison de son coût élevé, le PPD-40 joua un rôle important au début de la Seconde Guerre mondiale et influença la création du PPSh-41, produit en série. Son chargeur tambour distinctif et ses garnitures en bois en firent un symbole reconnaissable de l'armurerie soviétique.

Développement et Production du PPD-40

Dans les années 1920, l'Armée rouge commença à étudier les mitraillettes, inspirées du MP 18 allemand. En 1934, Vassili Degtyarev développa le PPD-34, qui fut adopté en quantités limitées par le NKVD et les troupes frontalières. La production fut assurée à l'usine de Kovrov de 1940 à 1942, mais en raison de son coût élevé (environ 900 roubles contre 500 pour le PPSh-41), seuls 90 000 exemplaires environ furent produits. Le PPD-40 fut utilisé par l'Armée rouge au début de la Grande Guerre patriotique, mais fut rapidement supplanté par le PPSh-41, moins cher et plus répandu. Les PPD-40 capturés furent utilisés par la Wehrmacht sous la désignation MP 717(r). Après la guerre, le PPD-40 fut utilisé pendant la guerre de Corée (1950-1953) par les troupes soviétiques et chinoises, ainsi que dans d'autres conflits.

Caractéristiques Techniques du PPD-40

Le PPD-40 est un pistolet mitrailleur à culasse ouverte, ce qui simplifie le tir, mais réduit la précision du premier coup par rapport à une culasse fermée comme le pistolet mitrailleur Colt 9 mm. Le PPD-40 possède une carcasse en acier avec une chemise de canon perforée pour le refroidissement et la protection des mains. La crosse et le garde-main en bois offraient une prise en main confortable, mais augmentaient le poids. La poignée d'armement, située à droite, reste fixe lors du tir. Le sélecteur de tir, situé à droite de la carcasse, permettait de passer du mode semi-automatique au mode automatique, et la sécurité bloquait la culasse en position arrière. La cartouche 7,62 × 25 mm TT offrait une bonne pénétration et une bonne portée, surpassant la 9 × 19 mm Parabellum MP 40, mais était inférieure à la .45 ACP Thompson en termes de puissance d'arrêt. L'absence de supports optiques ou de silencieux limitait la modularité par rapport au QCW-05.

Comparé au QCW-05, le PPD-40 est plus lourd (3,63 kg contre 2,2 kg) et plus long (788 mm contre 500 mm), mais sa cartouche est plus puissante. Le PPD-40 fut produit à l'usine de Kovrov de 1940 à 1942, à environ 90 000 exemplaires (PPD-34 et PPD-34/38 inclus). Les pièces usinées et les boiseries le rendaient coûteux (environ 150 dollars au prix des années 1940), ce qui limitait sa production en série par rapport au PPSh-41 estampillé. La production fut réalisée en temps de guerre, utilisant des ressources pour produire des modèles moins chers. Les chargeurs de 71 et 25 coups étaient fiables, mais le chargeur à tambour nécessitait un entretien minutieux pour éviter tout dysfonctionnement.

Utilisation et Héritage du PPD-40

Le PPD-40 fut utilisé par l'Armée rouge au début de la Grande Guerre patriotique (1941-1942), notamment lors des batailles près de Moscou et de Leningrad. Sa cadence de tir élevée (800 à 1000 71 coups/min) et son chargeur de 200 coups le rendaient efficace au combat rapproché, tandis que sa portée allant jusqu'à 41 mètres le rendait apte à être utilisé contre des cibles légèrement blindées. Les PPD-40 capturés furent utilisés par la Wehrmacht, notamment lors de combats urbains comme à Stalingrad (1942-1943). Après la guerre, le PPD-40 fut utilisé pendant la guerre de Corée par les forces soviétiques et chinoises, ainsi que lors de conflits locaux en Asie.

Le PPD-40 est un pionnier des pistolets-mitrailleurs soviétiques, jetant les bases des PPSh-41 et PPS-43. Comparé au QCW-05, il est plus lourd et moins compact, mais plus puissant grâce à sa cartouche de 7,62 x 25 mm. Comparé au MP 40, le PPD-40 est plus polyvalent grâce à son tir sélectif, mais il est plus cher et plus difficile à fabriquer. L'héritage du PPD-40 réside dans son rôle de premier pistolet-mitrailleur de l'Armée rouge produit en série, malgré une production limitée. C'est un objet rare et précieux pour les collectionneurs, disponible en exemplaires désactivés ou en répliques airsoft. Le PPD-40 est un pistolet-mitrailleur emblématique qui a joué un rôle majeur au début de la Grande Guerre patriotique. Sa puissance de feu élevée, son chargeur à tambour et sa fiabilité en ont fait un pistolet efficace malgré son coût élevé. Remplacé par le PPSh-41, le PPD-40 est entré dans l'histoire comme un pionnier ayant influencé le développement des armes soviétiques.

Le Modèle 1939 Français : Une Tentative Avortée

En 1939-1940, la France doit combler ses lacunes tactiques, mises à nu lors des escarmouches durant la drôle de guerre. La société SACM a proposé à l’état-major l’une de ses inventions créée en 1935 par son ingénieur PETTER, le créateur du pistolet 1935 A déjà adopté par l’armée. Il s’agit d’un pistolet-mitrailleur dont la particularité est d’être en tôle emboutie, beaucoup plus économique à construire que l’usinage du Mas 1938. La culasse avait son ressort récupérateur au-dessus du canon, permettant de gagner en compacité. Grâce à sa munition 7.65 longue, les ingénieurs pouvaient créer des pistolets-mitrailleurs légers et compacts, tout en conservant une forte pénétration pour une munition d’arme de poing. Un avantage que ni le 9mm Parabellum ni le .45 ACP ne pouvaient prétendre à l’époque. Il fonctionnait à culasse non calée. L’état-major français, après des essais enthousiastes, a décidé officiellement d’adopter en complément des pistolets-mitrailleurs Mas 1938 en le nommant modèle 1939. Peu seront construits avant la fin des hostilités ; le pistolet-mitrailleur modèle 1939 est arrivé trop tard pour être construit en masse.

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