L'identification des poinçons présents sur les armes à feu, notamment les fusils de chasse, est essentielle pour déterminer leur origine, leur date de fabrication et les épreuves qu'elles ont subies. La Belgique, avec son riche passé armurier, possède un système de poinçons complexe et fascinant. Cet article vise à éclaircir la signification de ces marquages, en se basant sur les informations disponibles et les discussions entre experts.
Introduction aux poinçons d'épreuve belges
Les fusils de chasse, qu'ils soient à chiens extérieurs ou à clef, trouvés en France proviennent souvent d'éléments fabriqués à Saint-Étienne ou à Liège. Les armes à poudre noire fabriquées en France portent le poinçon F couronné de Saint-Étienne. En Belgique, le poinçon ELG dans un ovale, le calibre, les lettres de contrôle P.V étoilée ou couronnée et la lettre de l'année sont des éléments clés.
Le Banc d'Épreuves de Liège (BEL)
Le Banc d'Épreuves de Liège (BEL) est l'organisme officiel chargé de tester les armes à feu en Belgique. Créé par décret impérial le 14 décembre 1810, son rôle est de garantir la sécurité des armes mises sur le marché. Le poinçon ELG, marque distinctive du BEL, a connu plusieurs formes au fil du temps, reflétant les évolutions des normes et des types d'épreuves.
Les différents poinçons et leur signification
Le poinçon "ELG"
Le poinçon "ELG" est le marquage le plus emblématique du Banc d'Épreuves de Liège. Il indique que l'arme a subi avec succès les tests d'épreuve réglementaires. Cependant, sa signification précise varie en fonction de sa forme et des symboles qui l'accompagnent.
- ELG dans un ovale sans couronne ni étoile: Ce poinçon est utilisé dès le début du XIXe siècle, à partir de 1811, pour les épreuves standard à poudre noire.
- ELG dans un ovale surmonté d'une couronne et avec une étoile en dessous: Ce poinçon, toujours d'actualité, est utilisé depuis 1924. Il semble indiquer une épreuve supérieure, avec des charges supérieures de 50 % à la charge nominale en "semi-smokeless" ou de 30 % en "black powder". Il est crucial de noter que ce marquage a pu être utilisé pour d'autres tests auparavant.
- Variantes du poinçon ELG couronné: Il existe des variantes de ce poinçon, notamment celles avec une couronne fine (épreuve supérieure de poudre noire), une couronne à quatre branches (armes de salon ou à percussion annulaire) ou un "A" à la place de l'étoile (acceptation de canons éprouvés avec une charge plus forte).
Le poinçon "R couronné"
Le poinçon "R couronné" est utilisé pour les canons rayés, de 1898 à 1968. Il peut également indiquer une réépreuve après transformation ou réparation.
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Le poinçon "EW couronné"
L'interprétation du poinçon "EW couronné" est plus incertaine. Il pourrait s'agir du marquage d'un fabricant ou d'une firme plutôt que d'un contrôleur. Parmi les candidats possibles, on trouve Emile Warnant ou Ernest Wilmart, deux armuriers liégeois.
Autres poinçons importants
- Le Perron: Ce poinçon, représentant un perron (escalier) stylisé, est quasi-omniprésent sur les fusils belges.
- Lettre de l'année: Une lettre indique l'année de fabrication, selon un code spécifique. Par exemple, 1922 = a ; 1923 = b ; 1924 = c ; etc.
- P.V. étoilée ou couronnée: Indique les lettres de contrôle.
Datation des armes : l'importance des lettres et des codes
La lettre de l'année est un indice précieux pour déterminer la date de fabrication d'une arme belge. Le tableau suivant répertorie les correspondances entre les lettres et les années :
- 1922 = a
- 1923 = b
- 1924 = c
- 1925 = d
- 1926 = e
- 1927 = f
- 1928 = g
- 1929 = h
- 1930 = i
- 1931 = j
- 1932 = k
- 1933 = l
- 1934 = m
- 1935 = n
- 1936 = o
- 1937 = p
- 1938 = q
- 1939 = r
- 1940 = s
- 1941 = t
- 1942 = u
- 1943 = v
- 1944 = w
- 1945 = x
- 1946 = y
Le cas des marquages allemands
Il est important de noter que certaines armes belges peuvent également porter des marquages allemands, notamment les Waffenamt (WaA). Ces poinçons indiquent que l'arme a été acceptée par l'armée allemande. L'exemple du code 237, attribué à tort à Mauser alors qu'il s'agit de Berlin Lubecker Maschinenfabrik, illustre la complexité de l'identification de ces marquages.
Les fusils militaires allemands ou étrangers ayant subi l'épreuve dans les arsenaux allemands ou étrangers sont dispensés d'une nouvelle épreuve en Belgique, sauf modification structurelle importante. Cette disposition peut rendre l'identification et la datation des armes plus complexes.
Les armuriers liégeois : une multitude de fabricants
La région de Liège a abrité une multitude d'armuriers et de fabricants d'armes. Identifier le fabricant d'une arme peut s'avérer difficile, mais certains marquages, comme le "EW couronné", peuvent fournir des indices précieux. Parmi les noms à considérer, on trouve Emile Warnant et Ernest Wilmart.
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Importance de l'expertise et de la documentation
L'identification précise des poinçons armuriers belges nécessite une expertise et une documentation approfondies. Les ouvrages de référence, tels que le "Standard Directory of Proof Marks" de Gerhard Wirnsberger, sont des outils indispensables. De plus, les échanges entre experts et passionnés, comme ceux que l'on trouve sur les forums spécialisés, peuvent apporter des éclaircissements précieux.
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