Le porte-fusil en cuir, un accessoire qui a traversé les âges, est bien plus qu'un simple moyen de transporter une arme. Son histoire est intimement liée à celle des armées, de la chasse et du tir sportif. De sa conception à sa fabrication, chaque détail témoigne d'une époque et d'un savoir-faire particulier.
Les premiers modèles et leur évolution
L'un des premiers modèles de porte-fusil était l'USM6 en cuir. Par la suite, le fourreau USM8 a été conçu, mais initialement, il n'était pas équipé du double crochet permettant de l'accrocher à la ceinture de fusil standard M-36. On pensait que le fourreau M8 serait utilisé uniquement avec la ceinture des soldats équipés de pistolets ou de revolvers, et non avec le ceinturon spécifique au porteur du fusil, car un tireur porterait une baïonnette et n'aurait donc pas besoin d'un couteau de tranchée M3.
Le corps de ces fourreaux était fabriqué en toile thermo plastifiée de couleur vert-olive, avec une longueur d'environ 187 millimètres, chape en acier comprise. Un drain était aménagé au bas pour l'évacuation de l'eau et des impuretés, servant également au passage d'un lacet de retenue. Au dos, on trouvait le logo de VP (Victory Plastics) avec le numéro du moule pour le contrôle qualité. La chape en tôle d'acier phosphaté de 23 millimètres de hauteur était munie d'une large cuvette d'entrée et d'appendices recourbés sur les côtés. Une série de chiffres au format "B/N" indiquait le numéro du lot d'acier utilisé. Les fourreaux originaux M8 de la Seconde Guerre mondiale étaient numérotés de B-/1N à B2/1N, tandis que les versions M8A1 commençaient à B2/2N et allaient jusqu'à B5/0N. Une patte en L au dos de la chape servait d'embase au porte-fourreau.
À partir de février 1944, un double crochet de type M-1910 a été ajouté pour permettre le port du poignard M3 par tous les membres des forces américaines, indépendamment de leur équipement standard. La sangle en toile a été augmentée de 1,5 cm pour compenser le rétrécissement de l'ouverture causé par la couture du crochet. Notons qu'il existait des versions modifiées sans cette augmentation de longueur. La couleur OD7 a progressivement remplacé l'OD3 à partir de début 1943. En 1945, tous les contrats d'USM8 ont été annulés à la fin de la guerre.
L'évolution des étuis de revolver : un aperçu historique
L'adoption de nouveaux équipements militaires a souvent entraîné la nécessité de concevoir des étuis adaptés. En 1876, l'étui "jambon" a été créé, ainsi nommé en raison de sa forme distinctive. Officiellement adopté en 1878 sous la dénomination de modèle 1876, cet étui était destiné à accueillir les revolvers modèle 1873 et 1874. Sa forme triangulaire rappelait une fonte rigide, maintenue fermée par une patte de fermeture renforcée par une pièce de laiton. Au dos, un passant pour le ceinturon et deux dés en laiton permettaient de fixer une banderole.
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Avec l'adoption du nouveau revolver modèle 1892 en calibre 8 mm, l'étui modèle 1876 s'est avéré moins adapté, notamment en raison de la taille des alvéoles de la cartouchière. De nombreux étuis anciens ont donc été modifiés, laissant des traces visibles des anciennes coutures. En 1909, une nouvelle modification a été apportée, cette fois au dos de l'étui, avec la suppression des dés de fixation de la banderole. Une des dernières évolutions a consisté à simplifier la conception du rabat, en supprimant son aspect bombé.
Dans le même esprit que les cartouchières de type 1916 modifiées 1934 ou 1934/1936, certains étuis de revolver ont été adaptés pour accueillir les équipements modifiés 1934 et 1934/1936. Un triangle de suspension permettait de fixer le crochet des bretelles de suspension, et un anneau était ajouté sur le côté gauche pour l'arrimage du bidon (équipement 1934/1936). Une patte à téton permettait également de solidariser l'étui à la cartouchière de gauche, elle aussi modifiée. Les étuis simplifiés modifiés 1935 sont une autre évolution notable.
À partir de 1937, un étui dédié a été développé et adopté pour le nouveau pistolet automatique modèle 1935 A et 1935 S, intégrant dès sa conception les attributs spécifiques aux équipements du modèle 1935/1937. La partie haute était pourvue d'un dé permettant le passage des bretelles de suspension, et des logements supplémentaires étaient cachés par le rabat. L'agencement était similaire à celui des modèles précédents. Certains étuis pour revolver ont été modifiés pour accueillir des pistolets automatiques, comme l'étui simplifié modèle 1916 dont la cartouchière a été remplacée par un logement de chargeur.
Les étuis américains et les adaptations françaises
L'étui "Holster, Pistol, Cal 45 model 1916" de fabrication américaine a équipé les troupes américaines lors des deux guerres mondiales. Après la Seconde Guerre mondiale, l'armée française a été dotée d'armes de poing d'origines diverses, notamment des armes allemandes comme le P38 et le P08, ainsi que le Colt 1911 A1 américain. À la fin des années 1940, un étui pouvant accueillir différentes armes a été mis à l'étude. Le rabat était muni d'une double position de fermeture pour s'adapter au type d'arme, et un simple passant droit permettait le port au ceinturon. Il pouvait également accueillir le nouveau pistolet automatique modèle 1950. Certains des premiers étuis ont été modifiés en modèle M1, avec suppression du passant de ceinturon et ajout de passants de suspension.
En 1957, l'étui modèle 1948 a été modifié à nouveau. Spécifiquement conçu pour le pistolet automatique modèle 1950, cette nouvelle version était légèrement plus courte. Au début des années 1960, un étui en cuir chromé jaune est apparu, suivi d'une version en cuir chromé noir destinée à la gendarmerie et à l'armée de l'air. Un étui 1948 GT M2 doté de deux anneaux au niveau du passant existait également. En 1950, dans le cadre de la mise au point de l'équipement en coton filé pour les troupes parachutistes, l'étui de pistolet a été adopté. Fabriqué dans une toile verte épaisse, il se fermait par un bouton pression et était renforcé par un rivet plein. Un double passant en toile permettait le port glissé au ceinturon, et un crochet de type modèle 1910 US offrait une alternative de fixation.
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L'utilisation sur le terrain a rapidement révélé les faiblesses de ce nouvel étui, notamment au niveau des coutures des passants. En 1954, une fermeture par sangle en toile a été mise en place. Le pistolet automatique MAC modèle 1950 a été adopté pour remplacer les armes de poing en service. L'étui a été raccourci pour s'adapter au MAC 50. Dans les années 1960, des étuis datés du 2ème semestre 1962 présentaient le numéro de nomenclature matériel. Un étui sans marquage, dont les coutures étaient faites en fil synthétique, existait également.
Les étuis modernes et les cartouchières
L'étui F1 a été développé dans le cadre de la mise en place du nouveau fusil d'assaut, le FAMAS. Bien que le pistolet automatique MAC 1950 soit resté l'arme de poing réglementaire, l'évolution n'a pas été fondamentale. L'étui F1 était compatible OTAN et possédait les attributs de l'étui TAP en coton, avec un passant de ceinturon surmonté d'un crochet de type M1910 US. Une sangle en PVC et un logement dédié permettaient de transporter un chargeur supplémentaire. Une nouvelle version de l'étui F1, distribuée dans les années 1990, était fabriquée en toile PVC. Une version blanche pour cérémonies existait également.
Les grenadières, ces bagues métalliques placées sur le fût du fusil, sont des accessoires indispensables pour fixer la bretelle de l'arme. Il existe différents types de grenadières, adaptées à divers besoins et types d'armes, comme les grenadières Ardesa en acier traité, les anneaux de grenadière PUSH & GO fabriqués en Allemagne avec des composants en acier inoxydable, les anneaux de grenadière UTG avec bouton-poussoir pour le détachage rapide, et les grenadières pour fusil superposé calibre 12. Les tireurs avertis utilisent souvent une sangle pour une meilleure stabilité lors du tir, et les chasseurs l'utilisent pour transporter leur fusil confortablement.
Les bretelles et sangles tactiques sont des accessoires essentiels pour optimiser le port, la maniabilité et la réactivité de l'arme. Conçues pour s'adapter à tous les environnements, les sangles 1 point, 2 points ou 3 points offrent un maintien fiable et un confort d'utilisation supérieur. Des marques comme Magpul, GrovTec et Blackhawk proposent des systèmes avec réglage rapide, boucles anti-bruit, attaches QD (Quick Detach) ou crochets métalliques renforcés.
Les cartouchières, quant à elles, ont également connu une évolution significative. La cartouchière modèle 1916, fabriquée massivement au cours de la première moitié du XXe siècle, a connu quelques variantes de production. Dès juin 1919, une commission chargée des futurs équipements du fantassin a demandé la suppression des courroies qui barraient la poitrine et l'allègement général du paquetage. La modification de 1934 visait à libérer le torse du soldat des sangles du bidon et des musettes. En 1936, les cartouchières ont été à nouveau modifiées pour les rendre solidaires l'une de l'autre. Les cartouchières modèles 1935, de plus grand volume, étaient rendues solidaires par une patte de cuir et comportaient un dès en métal pour fixer la sangle des bretelles de suspension.
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À la fin de la Seconde Guerre mondiale, un nouveau modèle de cartouchière en cuir souple a été étudié, avec deux compartiments de taille identique et deux passants en cuir pour le ceinturon. Des cartouchières en cuir rigide ont également été produites, avec une découpe facilitant l'extraction des munitions. L'adoption du pistolet mitrailleur MAS 1938 a entraîné la création d'une cartouchière adaptée aux chargeurs de l'arme. Des porte-chargeurs modèles 1949 ont également été fabriqués pour le PM MAT 1949.
Les gendarmes, au même titre que les soldats, étaient équipés de cartouchières pour y loger les munitions de leur arme. La cartouchière modèle 1927, en cuir rigide, a fait une longue carrière dans la gendarmerie. Des passants de ceinturon ont également évolué en parallèle des cartouchières au cours du XXe siècle. La modification apportée en 1934 au havresac modèle 1893 permettait le port de ce dernier en position lombaire.
Conseils pour les collectionneurs et les reconstitueurs
Il est important de noter que l'utilisation de matériel original pour la reconstitution historique est déconseillée, car ces pièces sont souvent fragiles et peuvent être endommagées lors de l'utilisation sur le terrain. Il est préférable d'opter pour des copies de qualité.
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