L'affaire de l'assassinat de Karim Tir, manager du rappeur Jul, a connu un nouveau rebondissement judiciaire. Après un premier procès en mars 2023, un procès en appel s'est tenu devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône. Retour sur les faits, les enjeux et le verdict de cette affaire complexe.
Contexte de l'Affaire
Le 12 juin 2014, Karim Tir, alors âgé de 30 ans, est retrouvé mort au volant de sa voiture à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Le véhicule est criblé de balles. L'assassinat est rapidement lié à une guerre des clans marseillais, opposant les familles Tir/Berrebouh et Remadnia/Seghier, sur fond de trafic de stupéfiants.
Avant de devenir le manager de Jul, Karim Tir avait purgé une peine de cinq ans de prison pour trafic de stupéfiants. Après sa sortie de prison, il avait quitté Marseille pour s'installer en région parisienne et changer de vie. Sa reconversion dans le management musical lui avait ouvert les portes du succès.
Le Premier Procès et l'Appel
En mars 2023, la cour d'assises des Bouches-du-Rhône a condamné Mohamed Seghier, 45 ans, et Juan Marti, 41 ans, à 25 ans de réclusion criminelle pour l'assassinat en bande organisée de Karim Tir. Un troisième homme, Youser Titouh, a été acquitté. Le parquet et la défense ont fait appel de cette décision.
Lors du premier procès, la cour d'assises avait estimé que le tireur était Zakary Remadnia, un jeune homme abattu quelques mois plus tard à Marseille. Mohamed Seghier aurait déposé le tireur, qui aurait ensuite été récupéré par Juan Marti.
Lire aussi: L'ascension de Karim Jebli
Le Procès en Appel
Le procès en appel s'est ouvert le 9 septembre devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence. Trois hommes étaient à nouveau jugés : Mohamed Seghier, Juan Marti et Youser Titouh.
Durant les débats, Mohamed Seghier a nié toute implication dans l'assassinat, se décrivant comme un simple "voleur de voitures". Il a réfuté être en guerre avec les Tir, dénonçant un "fantasme judiciaire". Ses avocats, Mes Pascal Roubaud et Mehdi Khezami, ont plaidé l'acquittement.
La défense de Juan Marti, assurée par Mes Anna-Maria Sollacaro et Antoine Guglielmi, a également plaidé l'acquittement, contestant le rôle de pilote de moto attribué à leur client.
L'Absence de Jul et son Amende
Jul, le rappeur dont Karim Tir était le manager, était attendu comme témoin au procès en appel. Il avait déjà été absent lors du premier procès. Cette fois, il a justifié son absence par des raisons professionnelles à l'étranger, mais le président de la cour a refusé sa demande de dispense. Jul a été condamné à une amende de 3 000 euros pour son absence. Le juge à souligner que sa présence était indispensable compte tenu de sa relation étroite avec son ex-manager qu’il avait côtoyé quelques heures avant ce drame tragique. Julien Mari, connu sous le nom de Jul, devait donc comparaître devant la cour d’appel. Malgré une lettre envoyée par son avocat expliquant qu'il ne pouvait être présent pour des raisons professionnelles à l'étranger, le président de la cour a fermement rejeté cette demande.
Le Verdict
Au terme de trois semaines de procès et dix heures de délibéré, la cour d'assises d'appel des Bouches-du-Rhône a rendu son verdict dans la nuit de vendredi à samedi. Mohamed Seghier, 46 ans, et Juan-Gino Marti, 42 ans, ont été reconnus coupables de l'assassinat en bande organisée de Karim Tir. Leur peine a été alourdie, passant de 25 à 30 ans de réclusion criminelle. Youser Titouh a été condamné à quatre ans de prison dont deux ans avec sursis pour association de malfaiteurs alors qu'il avait été acquitté en première instance.
L'avocat général Christophe Raffin avait requis 30 ans de réclusion contre les deux accusés, inscrivant l'assassinat dans une "vendetta" entre équipes criminelles marseillaises.
tags: #procès #de #Karim #Tir #faits #et
