Les penalties manqués en Coupe du Monde sont des moments cruciaux qui peuvent changer le cours d'un match et même d'une compétition. Cet article explore les différents aspects de ces échecs, en analysant des exemples concrets et en mettant en lumière les facteurs psychologiques et techniques qui peuvent influencer le tireur.
La pression du moment décisif
Un penalty en Coupe du Monde est bien plus qu'un simple tir au but. C'est un moment de pression intense, où les espoirs d'une nation entière reposent sur les épaules du tireur. La fatigue physique et mentale accumulée pendant le match, combinée à l'enjeu colossal, peut transformer même les joueurs les plus expérimentés en proies de la nervosité.
L'exemple de Kolo Muani en finale 2022
Lors de la finale de la Coupe du Monde 2022 entre la France et l'Argentine, Randal Kolo Muani a eu l'occasion de donner l'avantage à son équipe dans les dernières minutes des prolongations. Son tir, arrêté par Emiliano Martinez, a marqué un tournant décisif. On peut aisément affirmer qu'en dépit du parfum d’irréel qui a baigné le stade de Lusail ce dimanche, les Bleus ne pouvaient pas gagner.
La loterie des tirs au but
Didier Deschamps a toujours considéré l'exercice comme une loterie et ne l'avait, par exemple, pas fait travailler avant le 8e de finale contre la Pologne et son présumé rideau de fer (3-1).
Quand vient l’heure décisive, au moment de se retrouver face à un tireur à 11 mètres de lui, sa cage semble trop grande pour son gabarit pourtant conséquent (1,88 m, 82 kg), alors que l’Argentin Martinez certes plus grand et massif (1,95 m, 85 kg) occupe tout l’espace.
Lire aussi: Armurerie La Loupe : Détails
Martinez déjà décisif en quart de finale. Déjà décisif en quart contre les Pays-Bas (deux tentatives néerlandaises repoussées), au bout d’une rencontre au scénario curieusement comparable à cette finale (2-2, 4-3 aux t.a.b.), le gardien d’Aston Villa a repoussé la tentative de Kingsley Coman et contraint Aurélien Tchouaméni à frapper à côté. Celui de Tottenham lui, a tout encaissé, en dégageant le même sentiment d’impuissance que lors de la déception helvète à l’Euro 2021.
Ou que Fabien Barthez à l’issue de la finale de la Coupe du monde 2006 face à l’Italie (1-1, 5-3 aux t.a.b.). Ou, plus loin encore, que Jean-Luc Ettori au bout de l’étouffante demi-finale devant la RFA, lors du Mondial 1982 (3-3, 5-4 aux t.a.b.), même si l’on oublie que le Monégasque avait réussi à repousser une tentative, celle d’Uli Stielike.
Les gardiens : héros ou simples spectateurs ?
Le rôle du gardien de but lors d'une séance de tirs au but est souvent perçu comme crucial. Certains gardiens, comme Emiliano Martinez, semblent exceller dans cet exercice, parvenant à déstabiliser les tireurs adverses et à réaliser des arrêts décisifs. D'autres, en revanche, semblent impuissants face aux tirs, même lorsqu'ils sont mal exécutés.
L'influence psychologique d'Emiliano Martinez
Lors d’une émission sur le sacre de l’Argentine au Mondial 2022, Emiliano Martinez est revenu sur la séance de tirs au but face à la France en finale (3-3, 4 tab à 2), en insistant sur la nervosité d’Aurélien Tchouaméni, qui a envoyé sa frappe hors cadre.
"Regardez-moi la tête de ce gamin, dites-moi qu’il n’est pas nerveux. J’ai vu depuis mon but qu’il était mort. Il regardait les gens, il était très nerveux. Et je me suis dit que s’il ratait, ils étaient quasiment finis et on serait champions", a lâché celui qui a reçu le trophée du meilleur gardien lors du Ballon d’or 2023, dans des propos rapportés par Marca.
Lire aussi: La finale de la Coupe du Monde 2006 analysée
L'impuissance de certains gardiens français
La stat est terrible : la France a encaissé les 14 derniers tirs au but qui ont été frappés face à elle lors d’une Coupe du monde ou un Euro. Pour trouver trace d’un raté, il faut remonter à l'ascension des Bleus d’Aimé Jacquet vers leur première étoile, en 1998, lors du quart de finale remporté contre la Squadra Azzurra (0-0, 4-3 aux t.a.b.) : une frappe de Luigi Di Biagio sur la transversale, qui venait après un tir de Demetrio Albertini repoussé par Barthez.
« Mon arrêt devant Albertini ? Je considère qu’un penalty arrêté par un gardien est avant tout un penalty mal tiré ! », lâchera le divin chauve bien plus tard, sur le site de la FIFA, à propos de la seule victoire française aux tirs au but de l’histoire en Coupe du monde avec le quart de finale face au Brésil en 1986 (1-1, 4-3 aux t.a.b.). La devise reste hélas ce dimanche celle des portiers français, et pousse les supporteurs des Bleus à prier pour qu’un joueur adverse veuille bien dévisser sa frappe à l’instant crucial. Mais depuis 24 ans, que ce soit Trezeguet en 2006, Mbappé en 2021 ou Coman et Tchouaméni aujourd’hui, l’erreur est toujours venue de notre camp.
Des stars qui trébuchent
Même les plus grands joueurs du monde ne sont pas à l'abri d'un penalty manqué. La pression, la fatigue et l'incertitude peuvent affecter leur performance, transformant un moment de gloire potentielle en un cauchemar.
Harry Kane : du rêve au cauchemar
Harry Kane a précipité l'élimination de l'Angleterre, battue par la France samedi en quart de finale (2-1), en manquant le penalty de l'égalisation en fin de match. Le capitaine anglais a expédié le ballon au-dessus de la barre de son ami, Hugo Lloris, presque désolé pour son coéquipier à Tottenham. Mais il a tout le soutien de son équipe pour rebondir.
"C'est comme recevoir un coup en plein dans le menton et ça va faire mal, c'est sûr. Tout le match va faire mal, parce que nous étions très confiants dans ce que nous étions en train de faire, a-t-il déclaré. Je ne pourrais pas être plus fier des garçons. Une Coupe du monde, c'est tous les quatre ans, ce n'est pas comme si nous allions avoir une nouvelle chance l'année prochaine. Mais nous avons fait une excellente Coupe du monde et tout s'est joué sur un petit détail dont je prends la responsabilité."
Lire aussi: Records des tirs au but
Robert Lewandowski : la pression d'un buteur
Lionel Messi, Cristiano Ronaldo et Robert Lewandowski ont un point commun. Ils ont tous les trois tiré un penalty, lors de la première journée de la Coupe du monde 2022. L'ennui, pour l'attaquant polonais, c'est qu'il a manqué le sien, qu'il avait provoqué. Mais la frappe de l'avant-centre du FC Barcelone manquait de tranchant et, dans cette situation, toute une nation n'attendait rien d'autre qu'un but de sa part.
L'échec de "Lewy" a eu des conséquences, puisque la Pologne a concédé le match nul face au Mexique (0-0). "Il était affecté, comme nous tous, a réagi Grzegorz Krychowiak, au micro de BeIN Sports. Quand on rate un penalty, cela reste dans la tête."
Robert Lewandowski a en effet manqué ses deux derniers penalties en date. Face à Almeria le 5 novembre, il a gratifié le Camp Nou d'une prise d'élan à la Neymar… puis trop fermé son pied droit : à côté. Contre le Mexique au Qatar, il a effectué une course bien plus classique, avant d'ouvrir son pied sans plus de succès.
Deux contextes différents - le Barça a gagné 2-0 ce match de Liga -, deux façons de faire diamétralement opposées, pour deux résultats similaires et l'impression qu'il se cherche en la matière. Mais si on se penche sur l'ensemble de sa carrière, l'ancien finisseur du Bayern affiche 71 buts dans l'exercice, contre seulement 9 échecs.
L'histoire se répète
Les penalties manqués sont souvent liés à des moments clés de l'histoire du football. Des erreurs passées peuvent hanter les joueurs et influencer leur performance, créant ainsi un cycle de déceptions.
Le spectre de 2010 pour le Ghana
"Revanche". Si les Ghanéens, coach et joueurs, refusaient d'utiliser le mot, les supporters des "Black Stars" n'avaient qu'un seul mot à la bouche avant de retrouver l'Uruguay en Coupe du monde, vendredi 2 décembre. Douze ans après le quart de finale perdu aux tirs au but avec la fameuse main de Luis Suarez au bout de la prolongation et le penalty manqué d'Asamoah Gyan, André Ayew et ses coéquipiers pouvaient faire coup double : expier le spectre de 2010 et valider leur billet pour les huitièmes de finale.
Très vite, les "Black Stars" ont donné l'impression d'être sur la bonne voie. Ils ont même été récompensés d'un penalty par la VAR, le gardien uruguayen Sergio Rochet intervenant dans les pieds de Mohammed Kudus plutôt que sur le ballon. Mais l'histoire est taquine et le penalty a été manqué (21e).
Luis Suarez réveille les hantises ghanéennes. « Certes, j’ai sorti le ballon de la main, mais ce n’est pas moi qui ai manqué le penalty. C’est le joueur ghanéen. J’aurais pu m’excuser si j’avais taclé et blessé un joueur tout en prenant un carton rouge, mais dans cette situation, j’ai pris un rouge, le penalty a été sifflé, mais ce n’est pas de ma faute si le Ghanéen a raté son penalty.
Les séries noires
Pour sa sélection, en revanche, élargir le spectre n'est pas de bon augure. Les trois derniers penalties tentés par la Pologne en Coupe du monde se sont soldés par un raté : Kazimierz Deyna en 1978, Maciej Zurawski en 2002 et, donc, Robert Lewandowski en 2022. Une série de loupés inédite depuis qu'Opta analyse l'événement, soit 1966.
Facteurs techniques et tactiques
Au-delà de la pression psychologique, plusieurs facteurs techniques et tactiques peuvent influencer la réussite d'un penalty. Le choix de la course d'élan, la technique de frappe, la lecture du gardien et même les conditions du terrain peuvent jouer un rôle déterminant.
L'importance de la préparation
Didier Deschamps a toujours considéré l'exercice comme une loterie et ne l'avait, par exemple, pas fait travailler avant le 8e de finale contre la Pologne et son présumé rideau de fer (3-1).
Les stratégies des gardiens
Lors d’une émission sur le sacre de l’Argentine au Mondial 2022, Emiliano Martinez est revenu sur la séance de tirs au but face à la France en finale (3-3, 4 tab à 2), en insistant sur la nervosité d’Aurélien Tchouaméni, qui a envoyé sa frappe hors cadre.
"Regardez-moi la tête de ce gamin, dites-moi qu’il n’est pas nerveux. J’ai vu depuis mon but qu’il était mort. Il regardait les gens, il était très nerveux. Et je me suis dit que s’il ratait, ils étaient quasiment finis et on serait champions", a lâché celui qui a reçu le trophée du meilleur gardien lors du Ballon d’or 2023, dans des propos rapportés par Marca.
tags: #qui #a #raté #le #penalty #coupe
