RAID et Tirs Ciblés : Définition et Cadre Légal

Cet article explore la définition et les implications des tirs effectués par des unités d'«intervention spécialisée» (UIS) comme le RAID, en France et à l'étranger, en tenant compte du cadre légal, de la formation et des enjeux liés à l'anonymat des policiers.

I. Unités d'Intervention Spécialisée : Missions et Opérations

Les unités spécialisées, telles que le RAID (Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion) et le GIGN (Groupe d'Intervention de la Gendarmerie Nationale), sont formées pour répondre efficacement à des situations de crise nécessitant des techniques et des moyens spécialisés. Leurs missions sont variées :

  • Maintien de l'ordre.
  • Protection d'autorités françaises essentielles (en particulier à l'occasion de visites).
  • Opérations à l'étranger dans des contextes de crise.
  • Missions de contre-terrorisme.

L'objectif principal de ces unités est de limiter le nombre de victimes et d'agir dans des délais contraints. Le RAID, créé en 1985, a pour mission de lutter contre le crime organisé, le grand banditisme et le terrorisme. Contrairement à la BRI (Brigade de Recherche et d’Intervention), le RAID n’a pas de mission judiciaire, mais uniquement d’intervention.

A. Opérations Notables

Le RAID mène en moyenne 400 missions par an. Parmi les interventions les plus marquantes, on peut citer :

  • Décembre 1985 : Négociation et libération d'otages lors d'un procès au Palais de Justice de Nantes.
  • Février 1987 : Interpellation de membres d'Action Directe retranchés dans une ferme.
  • 1993 : Neutralisation d'Éric Schmitt lors de la prise d'otage d'une école maternelle à Neuilly-sur-Seine.
  • 1996 : Interpellation du gang de Roubaix.
  • Mars 2012 : Assaut contre le terroriste Mohammed Merah.
  • Janvier 2015 : Intervention lors de l'attentat de la Porte de Vincennes (Hyper Cacher).

II. Cadre Légal de l'Usage des Armes à Feu

L'usage des armes à feu par les forces de l'ordre est strictement encadré par la loi française.

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A. La légitime défense

La légitime défense est un élément central de ce cadre, permettant aux forces de l'ordre d'utiliser leurs armes pour conjurer une attaque, à condition que la riposte soit proportionnée à l'objectif poursuivi. Les policiers ont le droit d’intervenir avec leurs armes « sauf s’il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace », comme le rappellent les articles 122-5 du code pénal (légitime défense des personnes et des biens) et 122-7 (état de nécessité).

B. Articles de Loi Pertinents

L'article L. est une référence essentielle, définissant les conditions dans lesquelles les forces de l'ordre peuvent faire usage de leurs armes. Cet article est complété par d'autres dispositions, notamment celles du code pénal (art. 122-4) et du code de la défense (art. L. 1142-1 et L. 4123-12). Les conditions incluent :

  • La légitime défense.
  • L'ordre de la loi.
  • La nécessité absolue de protéger des vies humaines.

L'article R. prévoit des règles spécifiques pour la gendarmerie nationale, assurant que l'usage des armes est lisible et prévisible.

C. Jurisprudence

La Cour de cassation joue un rôle crucial dans l'interprétation de ces textes, en appliquant les principes de nécessité et de proportionnalité aux cas concrets. Des affaires comme Mc Cann c. Royaume-Uni, Ülüfer c. Turquie, et Guerdner et autres c. illustrent la complexité de cette application.

III. Formation et le Tir de Confiance

Le "tir de confiance" est une épreuve emblématique du GIGN, visant à renforcer la confiance entre les membres de l'unité.

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A. Description de l'Épreuve

Cette épreuve consiste à tirer à balles réelles sur une cible d'argile placée sur le gilet pare-balles d'un autre membre de l'équipe, à une distance de 15 mètres. L'objectif est de démontrer une confiance absolue dans les compétences du tireur et la capacité du porteur à rester calme.

B. Objectifs Pédagogiques

Le but de cet exercice n'est pas de former l'aspirant au tir, mais de tester la confiance mutuelle entre les membres. Le tireur doit avoir confiance en ses propres capacités et en son camarade, tandis que le porteur doit avoir confiance en lui-même et en le tireur.

C. Critiques et Pertinence

Certains remettent en question la pertinence de cet exercice, arguant qu'il ne représente pas les conditions réelles d'une intervention. Cependant, ses partisans soulignent qu'il s'agit d'un rite de passage symbolique, renforçant la cohésion et la confiance au sein de l'unité.

IV. Anonymat des Policiers

A. Nécessité de l'Anonymat

L'anonymat des policiers est justifié par la nécessité de protéger leur vie, celle de leur famille et de leurs proches, face à des menaces potentielles. Des cas de divulgation d'informations personnelles de policiers ont été recensés, mettant en danger leur sécurité et celle de leurs familles. Des policiers ont ainsi vu leurs noms scandés et diffusés, ou la localisation de leur famille révélée.

B. Cadre Juridique de l'Anonymat

Le recours à un numéro d'immatriculation administrative est une pratique courante pour préserver l'anonymat des policiers dans les procédures pénales. Cette pratique est encadrée par des dispositions spécifiques, garantissant que l'identité réelle du policier ne soit révélée qu'en cas de nécessité et avec l'autorisation des autorités compétentes.

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C. Procédures et Recours

Les policiers bénéficient de protections spécifiques dans les procédures pénales, notamment la possibilité de témoigner sous couvert d'anonymat et de demander des mesures de protection, comme un changement d'adresse. En cas de contestation de l'anonymat, des recours sont possibles devant les juridictions compétentes.

V. Formation et Aptitude Professionnelle

L'accès aux métiers de la sécurité privée et le port d'arme sont strictement encadrés en France, nécessitant une formation adéquate et une aptitude professionnelle certifiée.

A. Exigences de Formation

Les agents de sécurité privée doivent justifier d'une aptitude professionnelle adaptée, attestée par des organismes de formation agréés par le ministère de l'Intérieur. Cette formation est encadrée en termes de formation initiale et de formation continue.

B. Contrôle des Organismes de Formation

Le ministère de l'Intérieur est compétent pour contrôler les organismes de formation et s'assurer de la qualité de l'enseignement dispensé.

VI. Opérations Nationales de Protection du Territoire

Outre les interventions spécialisées, les forces armées françaises sont engagées dans plusieurs opérations de protection du territoire national.

A. Opération Sentinelle

Lancée à la suite des attentats de janvier 2015, l’opération Sentinelle lutte contre le terrorisme et vise à protéger la population française aux côtés et en complément des forces de sécurité intérieure. Elle mobilise 10 000 soldats, dont 7 000 présents en permanence sur le territoire national et 3 000 en réserve stratégique.

B. Opération Héphaïstos

Lancée en 1984, l’opération Héphaïstos lutte contre les feux de forêt qui se déclenchent chaque année en été. Présente dans 23 départements d’Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur, elle est issue d’un protocole signé entre le ministère de l’Intérieur et le ministère des Armées.

C. Opération Harpie

Lancée en février 2008, l’opération Harpie a pour objectif de lutter contre l’orpaillage illégal et les trafics illicites en Guyane. 2100 militaires composent les Forces armées en Guyane qui, aidées des Forces de gendarmerie, sont chargées de démanteler les sites d’exploitation d’or illégaux.

D. Opération Titan

Lancée en décembre 1979 à l’occasion du premier lancement de la fusée Ariane, l’opération Titan vise à sécuriser et protéger le centre spatial guyanais. 50 militaires sont mobilisés dans cette mission de surveillance permanente. Lors des phases de transfert ou de lancement qui ont lieu cinq jours par mois, ce nombre peut atteindre 400 militaires mobilisés.

VII. Conditions pour Devenir Policier au RAID

La première étape consiste à intégrer les rangs de la Police Nationale et de justifier de 3 années d'expérience dans le métier de Policier. Les candidats sont recrutés parmi les Gardiens de la Paix ou les Officiers. Pour les Gardiens de la Paix, l'âge limite au moment de la sélection pour intégrer le RAID est de 35 ans maximum (au 31 décembre de l'année d'admissibilité). Pour les officiers, l'âge limite est de 38 ans.

A. Intégrer la Police Nationale

Pour devenir Gardien de la Paix, il faut avoir un niveau Bac (ou équivalent) et répondre aux critères (nationalité française, casier judiciaire vierge, âge requis, libre des obligations militaires). Le concours est composé d'épreuves orales et écrites et de tests visant à évaluer la condition physique et psychologique du candidat.

Si vous avez un niveau Bac + 3 (ou équivalent), vous pouvez présenter directement le Concours d'Officier de Police. Vous devez répondre aux critères de sélection et réussir le concours qui est également composé d'épreuves orales et écrites et de tests physiques et psychologiques pour intégrer la Police Nationale.

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