Définition et enjeux des séries de tirs de mortier

L'expression "série de tirs de mortier" a pris une place de plus en plus importante dans le discours public, notamment en raison de son association avec les violences urbaines. Il est donc essentiel de bien comprendre ce que recouvre cette expression, les différents types de mortiers existants, leur utilisation, les risques qu'ils engendrent et les réglementations qui les encadrent.

Qu'est-ce qu'une série de tirs de mortier ?

Une série de tirs de mortier fait référence à une séquence de tirs effectués avec un mortier, un type d'arme ou d'engin pyrotechnique conçu pour lancer des projectiles à des distances variables. Cependant, le terme "mortier" peut désigner deux types d'engins très différents : les mortiers d'artifice et les mortiers utilisés comme armes de guerre.

Mortiers d'artifice :

Ce sont des engins pyrotechniques utilisés par les professionnels des feux d'artifice. Ils sont constitués d'un cylindre en carton, en plastique ou en fibre de verre servant de guide aux bombes de feu d'artifice. Ces mortiers sont conçus pour être utilisés dans un cadre réglementaire strict, avec des distances de sécurité à respecter. Depuis juillet 2017, l’utilisation de mortiers est réservée aux artificiers professionnels, titulaires d’un certificat (niveau de qualification C4).

Mortiers (armes de guerre) :

Ces mortiers permettent de tirer des obus dans une trajectoire en arc pour atteindre des zones difficiles d’accès. Différents types de mortiers peuvent tirer des obus de 60 mm à 120 mm. Un mortier, ça tue et ça fait de très gros dégâts là où ça tombe.

Il est crucial de distinguer ces deux types de mortiers, car leur utilisation et les dangers qu'ils représentent sont très différents.

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Les mortiers d'artifice : détournement et dangers

Dans le cadre des violences urbaines, les individus utilisent les mortiers d'artifice de manière détournée, les saisissant à l'horizontal pour réaliser des tirs tendus vers leurs cibles. Cette utilisation détournée transforme un engin pyrotechnique festif en une arme potentiellement dangereuse.

Risques et dangers des mortiers d'artifice détournés

Bien que les tirs de mortiers d’artifices ne soient pas conçus pour être des armes létales, ils peuvent constituer un danger. Il existe des cas de personnes blessées par de tels dispositifs. Les risques associés à l'utilisation détournée des mortiers d'artifice sont multiples :

  • Blessures physiques : Tirés de manière tendue, les mortiers d'artifice peuvent générer des blessures et brûlures très importantes. Un policier a par exemple été blessé par un tir de mortier d'artifice à Grigny (Essonne).
  • Lésions auditives : Les explosions peuvent causer des lésions auditives pour la cible.
  • Incendies : Les projectiles peuvent provoquer des incendies s'ils tombent dans des zones inflammables.
  • Blessures pour les utilisateurs : Les néophytes qui manipulent ces engins risquent également des blessures.

Réglementation et sanctions

L'acquisition et l'utilisation de mortiers d'artifice sont strictement réglementées. En France, une habilitation est nécessaire pour acheter ces produits, qui entrent dans la catégorie F4 de la nomenclature administrative. Interdits à la vente aux moins de 18 ans.

La loi pour la sécurité globale de 2021 a durci les sanctions à l'encontre des contrevenants :

  • Acquérir ou utiliser des articles pyrotechniques « sans posséder les connaissances techniques particulières exigées par la réglementation » est puni de six mois d'emprisonnement et de 7 500 € d'amende.
  • Même sanction pénale pour les commerçants qui vendraient ce matériel à des personnes « ne possédant pas les connaissances techniques particulières ou ne répondant pas aux conditions d'âge exigées ». Les vendeurs sont tenus d'enregistrer la transaction et l'identité de l'acquéreur.
  • Les infractions « sont punies d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende lorsqu'elles sont commises au moyen de l'utilisation d'un réseau de communications électroniques ».

En complément, les municipalités ou les préfectures peuvent émettre des arrêtés afin d'interdire ou de réglementer l'utilisation des mortiers d'artifice dans certaines zones, à certaines périodes.

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Trafic et vente illégale

Malgré ces réglementations, les ventes de mortiers d'artifice font l'objet de trafic, en particulier sur Internet, où il est facile de s'en procurer. Ce trafic alimente l'utilisation illégale de ces engins dans les violences urbaines.

Les mortiers comme armes de guerre : définition et utilisation

Un mortier, aussi appelé lance-mine ou lance-grenade pour les modèles plus petits, est une bouche à feu conçue pour le tir à inclinaison élevée (plus de 45°), facilitant les tirs indirects. Cette trajectoire particulière permet d'atteindre des cibles situées derrière des obstacles, une capacité que les canons, avec leur trajectoire tendue, ne peuvent pas offrir. Différents types de mortiers peuvent tirer des obus de 60 mm à 120 mm.

Historique

Le mortier moderne est né pendant la Première Guerre mondiale, dans la boue des tranchées, lorsque l'infanterie a eu besoin d'une arme pour atteindre l'ennemi dans la tranchée opposée. En 1915, Sir Wilfred Stokes a mis au point son "trench mortar", qui est devenu le premier mortier moderne. Les soldats français l'appelaient "crapouillot". Cette arme et ses dérivés ont été utilisés tout au long de la guerre avec un grand succès. En effet, sa trajectoire courbe permet d'atteindre plus facilement les tranchées adverses que l'artillerie qui tire très en arrière du front.

Après la guerre, ces armes ont été améliorées et ont donné le mortier tel qu'il existe de nos jours. Il est rendu démontable et transportable par de petites équipes et les munitions sont rendues extrêmement efficaces par l'emploi de la fusée percutante, explosant au choc. C'est la société Brandt qui fixe le standard du mortier d'infanterie, avec ses deux modèles conçus dans les années 1920, le mortier Mle 27/31 de 81 mm et le 60 mm.

Fonctionnement et caractéristiques

L'énergie produite par le recul est directement absorbée par le sol ou par la plate-forme renforcée d'un véhicule. L'arme a un tube court et généralement lisse, sans rayures. Dans la plupart des cas, il est chargé par la bouche, la munition étant mise à feu en tombant sur un percuteur fixe. Une autre variante peu utilisée du mortier est celle dite à spigot, où le projectile enveloppe le lanceur réduit alors à une simple tige guide.

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Les mortiers se distinguent par leur simplicité et leur mobilité. Démontable en trois parties - l'embase, le tube et le bipied - ils peuvent être transportés par de petites équipes à pied. La munition standard, un obus de 81 mm, est équipée d'une queue empennée autour de laquelle est fixée la charge propulsive. L'utilisation est intuitive : l'obus est simplement lâché dans le tube, où l'amorce est mise à feu par un percuteur fixe au fond.

Ce principe simple permet une cadence de tir élevée, atteignant vingt à vingt-cinq obus par minute pour un tireur entraîné. Le pointage et la mise en batterie sont aisés, ne nécessitant ni personnel nombreux ni équipements spécifiques, contrairement à l'artillerie conventionnelle. La portée se règle en inclinant le tube et en ajustant la charge propulsive, tandis que l'observation et le réglage du tir se font à la jumelle.

Composants principaux

Les mortiers classiques se composent de trois parties principales :

  • Le tube : En acier lisse, il comprend généralement le dispositif de mise à feu constitué d'un sorte de percuteur placé au fond du tube.
  • La plaque de base : Elle supporte la partie arrière du tube.
  • Le bipied : Il supporte le tube ainsi que le système de pointage permettant de régler le tir en direction et en angle.

Caractéristiques techniques (exemple)

CaractéristiqueValeur
Poids62 kg
Poids du tube57 kg
Longueur du tube1,143 mm
Poids de l'obus3.5 kg
Calibre81.4 mm
Elévation45° à 90°
Traverse10° à 23°
Cadence de tir15-25 coups/min
Vitesse en sortie de bouche174 m/s
Portée maximum2,400 m

Types de projectiles et munitions

La stabilité des projectiles est assurée par un empennage à ailettes, qui accueille également les charges relais permettant de propulser l'obus. Le nombre de ces charges varie en fonction de la distance à atteindre. Outre les obus brisants et fumigènes, il existe aussi des projectiles d'illumination, utilisés pour faciliter les attaques au sol par l'aviation.

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