Histoire du Stand de Tir de Bar-le-Duc : Un Héritage de Passion et de Précision

Le stand de tir de Bar-le-Duc, comme beaucoup d'autres en France, a joué un rôle crucial dans le développement du tir sportif et le rassemblement des sociétés de tir. Pour comprendre son importance, il est essentiel de se replonger dans le contexte de l'Union Nationale des Sociétés de Tir de France à la fin du 19e siècle.

L'Union Nationale des Sociétés de Tir de France et son Impact

L'Union Nationale des Sociétés de Tir de France, dont l'organe officiel était "Le Tir National", jouait un rôle central dans la promotion et l'organisation du tir sportif en France. En 1893, l'Union comptait 288 sociétés affiliées et trois fédérations régionales : celles du Nord, du Centre et de la région de Paris. Parmi ces sociétés, on trouvait celle de Bar-le-Duc, présidée par M. le Dr. Bryon.

L'Union organisait des championnats nationaux et encourageait la participation des tireurs en égalisant les chances de succès et en réduisant les coûts de participation. Ces championnats étaient considérés comme une manifestation commune à toutes les sociétés du territoire et un moyen de susciter l'intérêt des pouvoirs publics pour l'institution du tir.

Les sociétés de tir locales, comme celle de Bar-le-Duc, étaient les piliers de l'Union. Elles permettaient aux tireurs de se rencontrer, de s'entraîner et de participer à des compétitions.

Liste de quelques sociétés de tir affiliées à l'Union en 1893

  • Abbeville (Somme)
  • Agen (Lot-et-Garonne)
  • Aignay-le-Duc (Côte-d'Or)
  • Aix-les-Bains (Savoie)
  • Alger (Algérie)
  • Amiens (Somme)
  • Angers (Maine-et-Loire)
  • Bar-le-Duc (Meuse)
  • Bordeaux (Gironde)

Tir 2000 : Un Témoignage Moderne de la Passion pour le Tir

Pour illustrer la pérennité de la passion pour le tir, on peut évoquer l'exemple de l'armurerie Tir 2000, fondée en 1979 par Geneviève et Georges Giusti à Montbéliard. Après plus de quarante ans d'activité, ils ont pris leur retraite, laissant derrière eux un héritage de service et de passion pour les armes.

Lire aussi: TMNH : Histoire et impact

Georges Giusti, un passionné d'armes depuis son enfance, a transformé sa passion en métier en ouvrant son armurerie. Son expertise en réparation, montage et réglage de lunettes était particulièrement appréciée.

L'histoire d'un passionné : Georges Giusti

La hantise de Georges Giusti, c’est, dans un vieux western, de voir John Wayne, Gary Cooper ou Randolph Scott maltraiter un fusil d’époque - une Winchester modèle 1886 par exemple - en le jetant dans le sable ou dans une rivière. Il souffre alors physiquement, vraiment. S’il pouvait plonger dans l’eau pour le récupérer, il n’hésiterait pas ! confie Geneviève, son épouse. Entre Georges Giusti, 70 ans, et les armes, c’est une longue et grande histoire d’amour que les années ne sont jamais parvenues à émousser, bien au contraire. À tel point qu’il s’est plu à repousser à plusieurs reprises son départ à la retraite. « Enfant, je fabriquais des carabines à élastique pour les gosses de ma rue », se souvient-il. De sa passion il a fini par faire son métier en ouvrant en 1979, avec Geneviève, une armurerie place Saint-Martin à Montbéliard. Baptisée Tir 2000, elle est aujourd’hui amarrée au 49 avenue des Alliés. « Sans ma femme qui m’a épaulé dans cette aventure pendant quarante-trois ans, rien n’aurait été possible. » Né en Tunisie, Georges Giusti est arrivé en France, avec ses parents, à l’âge de 4 ans. Après des études au lycée technique de La Tour (aujourd’hui Germaine-Tillion), il est entré, comme beaucoup de jeunes de sa génération, chez Peugeot. Il a passé sept ans dans la gueule du lion. « Ce que je faisais ne me convenait pas », explique-t-il. « J’étais devenu un technicien scribouillard, loin des tâches manuelles que j’avais imaginées. » Revêtir les habits de l’armurier, c’est venu un peu par hasard. Enfin pas tout à fait. « J’étais tireur, je ne trouvais pas dans la région les armes que je voulais. » À la fin des années soixante-dix, la Cité des Princes comptait six armureries. « Armurier, c’est un métier traditionnel où le conseil est primordial », rappelle cet autodidacte. « Mon point fort, c’est la réparation, le montage et le réglage de lunettes. » Redonner vie à des armes antédiluviennes muettes, voilà son adrénaline. « Je peux passer une demi-heure, trois quarts d’heure devant une arme avant de la démonter pour essayer de comprendre l’astuce pour ôter une pièce. » Il a un « trésor de guerre » : des centaines, des milliers de pièces qu’il a chinées au fil des décennies en arpentant les bourses aux armes. Quand une pièce fait défaut, comme un ressort ou un extracteur, il la refabrique avec ses tours, fraiseuses, perceuses et autres meules. Son arme préférée ? « Vous parlez à un armurier ! » répond-il, amusé. « Je les aime toutes. » La chasse, le ball-trap, le pistolet, la carabine, la cible mobile… : il affectionne toutes les disciplines. Au mitan des années quatre-vingt, il a créé à Villars-sous-Écot un stand de tir fort aujourd’hui de plus de 400 licenciés, l’un des plus importants de Franche-Comté. Il avoue néanmoins avoir un amour immodéré pour les armes américaines fabriquées entre 1850 et 1950, qu’il collectionne. « Une belle arme, c’est magnifique. » Ses clients, il le dit avec une émotion aiguë, vont lui manquer quand il sera retraité, mais il gardera la tête, le corps, les mains et les pieds dans l’univers de l’armurerie. Un couple de repreneurs, originaire de la région et actuellement domicilié dans les Hauts-de-France, est sur les rangs pour leur succéder, « mais ce n’est pas encore sûr à 100% », tempère-t-il, prudent.

Les Armuriers Parisiens au Moyen Âge : Un Aperçu Historique

Les armuriers formaient une communauté importante du Paris médiéval, dont la relative prospérité était assurée par la présence de la cour royale et des nobles.

Organisation et Statuts

Comme l’a souligné Philippe Bernardi, le système corporatif demeure l’angle d’approche privilégié des métiers médiévaux et de leur organisation interne. Leur organisation puisait ses sources dans les statuts de métier, dont les premiers figurent dans le célèbre Livre des métiers d’Étienne Boileau, remplacé ensuite par les livres de couleur et de bannière du Châtelet de Paris. Ces statuts, destinés à réglementer l’organisation et la pratique professionnelles, laissent deviner un métier caractérisé par une tripartition hiérarchique entre maîtres, valets et apprentis, la présence de gardes et jurés représentant la communauté, l’existence d’une confrérie, réceptacle de la piété collective des armuriers, et le respect de règles encadrant la production de pièces d’armure.

Les armuriers parisiens appartiennent à la catégorie des métiers que l’on appelle parfois jurés et dont l’organisation est définie par des règles écrites, les statuts. Sept textes nous sont parvenus pour la fin du Moyen Âge (un premier non daté, peut-être octroyé dans le second tiers du xiiie siècle ; les autres datant de 1296, 1312, 1364, 1407, 1415 et 1467), transmis à la fois par le Livre des métiers, compilation ordonnée des premiers statuts des métiers parisiens, et par les registres connus sous le nom de livres de couleur et registres de bannières. Issu de l’action législative et réformatrice du prévôt de Paris Étienne Boileau sous le règne de saint Louis, le Livre des métiers contient vraisemblablement les premiers statuts des communautés de métier parisiennes et paraît servir ensuite d’outil de travail en matière de police et de réglementation des métiers. Vers la seconde moitié du xive siècle toutefois, les livres de couleur semblent prendre le relais. Ces livres sont des registres établis auprès du procureur du roi au Châtelet qui, à partir du xive siècle précisément, devient le premier juge conservateur des métiers de Paris. Il existe même des individus désignés comme platiers (fabricants de plates), ganteliers (fabricants de gantelets) et brigandiniers (fabricants de brigandines, un vêtement de guerre essentiellement composé de cuir renforcé de métal). Les statuts semblent refléter cette diversité des professions puisqu’on trouve des statuts octroyés aussi bien aux uns qu’aux autres.

Lire aussi: Tout savoir sur la réglementation

Hiérarchie et Formation

Le jeune armurier débute en apprentissage selon des modalités peu définies. Si les premiers statuts des haubergiers, probablement octroyés par Étienne Boileau, indiquent que chaque maître peut avoir autant d’apprentis qu’il le souhaite, les statuts des armuriers de 1296 et de 1312 restent muets sur cette question. À l’issue de sa formation, deux options s’offrent à l’apprenti : rester un simple ouvrier ou tenter sa chance pour obtenir la maîtrise.

En suivant la première voie, l’apprenti endosse alors la qualité de « valet » ou de compagnon, c’est-à-dire d’ouvrier salarié, employé par un maître. Les statuts nous renseignent assez peu sur les valets, au sujet desquels de rares dispositions sont énoncées.

Assurément, d’après les statuts, la condition de maître est plus enviable que celle de valet, dans la mesure où elle procure plus de liberté, et suppose aussi, a priori, de disposer de ressources suffisantes pour en assurer l’exploitation. Dans les statuts de 1296, il semble que la maîtrise ne soit pas subordonnée à la compétence et que son obtention dépende du seul acquittement d’un droit d’entrée dans le métier de 12 sols parisis. Absent des statuts du xive siècle, le droit d’entrée est de nouveau mentionné dans les statuts de 1407 et de 1415, à la hausse puisqu’il passe de 12 à 60 sols.

Malgré cette évolution, il est sans doute assez vite apparu que le seul droit d’entrée n’était pas suffisamment discriminant pour juguler l’arrivée de nouveaux maîtres. S’est donc progressivement imposée l’idée d’un examen de compétences connu sous le nom de chef-d’œuvre, consistant en la fabrication d’une pièce type soumise au jugement des gardes du métier. La première mention officielle de ce chef-d’œuvre apparaît dans les statuts de 1364, où il est dit que l’aspirant à la maîtrise doit réaliser une « piece d’œuvre de sa main ». Plus que celle de maître, la véritable position privilégiée au sein de la communauté est celle de juré et garde du métier. À Paris, la plupart des métiers possèdent un droit de juridiction sur eux-mêmes, assuré par des « jurez » qui sont soit élus par les autres membres du métier, soit nommés par le prévôt de Paris, à charge pour eux de veiller aux intérêts de la communauté et de faire respecter les statuts. On trouve mention des jurés dans la plupart des statuts des armuriers, même si rien n’est dit sur les conditions à remplir pour être éligible à la fonction. En revanche, les statuts de plus en plus détaillés au fil du temps font apparaître assez clairement une évolution du champ de compétences des jurés, qui passent de simples gardiens des statuts à inspecteurs des marchandises produites et importées.

Confrérie et Piété Collective

La structure du métier d’armurier se complète d’une confrérie professionnelle qui n’a malheureusement pas donné lieu à une production écrite abondante : seuls les statuts de 1407 et de 1415 font référence à une confrérie Saint Georges « aux armeuriers ». Son emplacement et son fonctionnement restent à ce jour dans l’ombre. Alfred Franklin, dans son Dictionnaire historique, affirme sans citer ses sources que les armuriers érigent leur confrérie en 1516 dans l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie et qu’il existait même, dans la chapelle qui leur était consacrée, une statue représentant saint Georges en pied, grandeur nature.

Lire aussi: Sport et tradition à Romans

Pour le Moyen Âge, une autre hypothèse est probablement à envisager, puisque des fragments de comptes du duc de Bourgogne font état, en 1413, d’« une feste des armuriers en l’eglise du Sepulcre a Paris le jour de monseigneur saint George ». C’est en janvier 1326 que Louis de Bourbon fait don d’un terrain sis rue Saint-Denis, en face du cimetière des Saints-Innocents, au croisement avec la rue Aubry-le-Boucher, à la confrérie du Saint-Sépulcre pour y construire une église et y entretenir la dévotion des Croisés. La vocation « militaire » de l’église du Saint-Sépulcre, achevée en 1327, est manifeste car dédiée avant tout au soutien des soldats et des croisés de Terre sainte.

Il reste difficile de dater précisément la naissance de cette confrérie et son implantation éventuelle dans l’église du Saint-Sépulcre. Elle apparaît au plus tôt, dans les sources, dans les statuts des haubergiers de 1407, évoqués plus haut. Elle est ensuite mentionnée dans les comptes des ducs de Bourgogne en 1413 et l’est de nouveau dans les statuts des heaumiers de 1415. Par la suite, nous n’en trouvons plus mention nulle part et il semble bien qu’elle réapparaisse en 1516, mais dans l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie. Notons par ailleurs qu’en 1399 Charles VI fonde en l’église du Saint-Sépulcre une chapelle Saint-Georges.

Réglementation et Contrôle de la Production

Tout comme d’autres métiers parisiens, les armuriers se doivent d’abord de respecter des règles générales relatives au temps de travail et à la fiscalité. La question de la taxe due par les armuriers sur la vente de leurs pièces est mieux connue. Deux régimes d’imposition semblent coexister : d’une part, l’impôt perçu par le roi sur les ventes réalisées, dont semblent exemptés les haubergiers et, d’autre part, la redevance perçue au titre de son droit de juridiction par le grand Écuyer. Au-delà de l’encadrement général du temps de travail et de la fiscalité professionnelle, des contraintes spécifiques pesaient sur la production armurière parisienne. Si les méthodes de fabrication des différentes pièces d’armures sont plus que lapidairement décrites, deux procédés particuliers ont tout de même retenu l’attention des statuts. Il s’agit d’abord de l’opération de poinçonnage, consistant à imprimer dans le métal un signe, une sorte de signature personnelle à chaque artisan, permettant de certifier l’origine d’une pièce et, théoriquement, de déjouer les problèmes de contrefaçon. Ce sont les statuts de 1415 qui, pour la première fois, imposent à chaque armurier la possession de ce poinçon, désigné sous le nom de « seing ».

En plus de l’apposition du poinçon, une formalité de taille s’impose aux armuriers, celle de soumettre leur produit fini à un test de solidité appelé épreuve. Tout comme les pièces d’artillerie, notamment à poudre, les armures étaient en effet soumises à un contrôle qualité rigoureux, tant les conséquences pouvaient être dramatiques en cas de déficience. À l’origine, on déchargeait sur l’armure des carreaux d’arbalètes puis les essais à arme blanche furent progressivement remplacés par des décharges d’armes à feu. La pratique de l’épreuve n’apparaît qu’à partir des statuts de 1467 qui imposent aux armuriers de concevoir « ouvrage bon, marchant, loyal et raisonnable, c’est assavoir lesd. armeuriers et brigandiniers harnoys blanc et brigandines d’espreuve d’arbaleste a tillolles ou demie espreuve, a tout le moins, d’arbaleste a ticq ou dart ».

La norme se fait également l’écho de contraintes techniques liées aux matériaux employés, même si les textes demeurent pour le moins laconiques. Il s’agit surtout de se montrer rigoureux sur la qualité des textiles, cuirs et métaux nécessaires à la confection des doublures et des pièces d’armure elles-mêmes. Il n’est ainsi pas rare de trouver mentionnées la longueur que doivent avoir les pièces de tissu et l’épaisseur des doublures réalisées ; de même, on insiste sur l’emploi de « bonnes et souffisantes estoffes » et de tissus neufs dont l’aune doit avoir coûté un prix défini.

Infractions et Sanctions

Chacun des statuts s’attache à dénoncer fermement toute infraction, sans pour autant les caractériser de façon détaillée, et à édicter des peines en conséquence. Il convient de lire en creux les dispositions énoncées par les statuts de 1296 comme autant de cas d’infractions potentielles ; un avertissement final et général menace de sanction « quiconques mesprendra en aucun des articles desusdiz ». À partir du xive siècle, les statuts sont plus détaillés, de même que les délits et les peines s’y rapportant sont mieux définis, chaque disposition se concluant par l’annonce de la sanction prévue.

La première infraction réellement qualifiée est ainsi celle de malfaçon en 1312 ; au fil du temps s’y ajoutent les délits caractérisés de tromperie sur la marchandise, de soustraction à l’inspection des jurés, d’absence de poinçon, et surtout de contrefaçon. Si les statuts tendent à s’allonger, et avec eux la liste des entorses à la loi, seuls deux types de sanctions, d’ailleurs aisément associables dans le dispositif répressif, sont prévus par les textes : l’amende et la saisie pouvant entraîner une destruction des marchandises.

Absence des Femmes et Rôle Post-Mortem

Les statuts restent muets sur bien des points. Les femmes sont totalement absentes des statuts des armuriers, alors que certaines d’entre elles sont amenées à jouer un rôle dans le métier après la mort de leur mari. Comme l’affirme Diane Frappier-Bigras, « le veuvage s’avère un des moyens les plus efficaces » aux femmes pour entrer sur la scène professionnelle, puisqu’elles peuvent reprendre les rênes de l’atelier.

On retrouve ainsi Agnès, veuve du haubergier du roi Jehan des Portes, qui s’associe avec un second armurier, Gilet le Clerc, dans un marché passé en 1384 avec le maître de l’arsenal rouennais du Clos des Galées, portant sur 500 harnois de corps et 300 harnois de jambes. Il y a également Ysabel, veuve de l’armurier du roi Ymbert le Damoisel, qui en 1388 donne quittance au trésor royal après la perception de sommes importantes reçues pour plusieurs séries de pièces exécutées par son mari en 1385. Une troisième veuve, Marguerite, femme du haubergier du roi Philippe de Carville, apparaît dans plusieurs comptes du duc de Bourgogne et du duc de Berry après l…

tags: #stand #de #tir #Bar-le-Duc #histoire

Articles populaires: